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mardi 18 octobre 2011

La lumière de MY BRIGHTEST DIAMOND

Dans le tir groupé d'albums signés par la gent féminine sorti récemment, c'est finalement la moins exposée qui sort son épingle du jeu. Car ni Zola Jesus avec son "Conatus" très plat, ni "Biophilia" le dernier Björk très ennuyeux (mais quoi de surprenant avec l'islandaise surcôtée) ni le "Ilo Veyou" de Camille, au début séduisant, mais assez décevant car anecdotique, ne marqueront durablement les esprits, enfin le mien surtout.


On est d'autant plus ravi pour Shara Worden a.k.a My Brightest Diamond en découvrant la bonne surprise que révèle "All Things Will Unwind", son troisième album.

Car la jeune américaine ne manquait pas d'attraits en déboulant en 2006 avec sa pop sombre et tourmentée : vibrato de chanteuse lyrique, rock fougueux griffé de tempête électrique, "Bring Me The Workhorse" imposait son caractère, catégorie amazone indépendante, proche d'une Joan As Police Woman.
Un tempérament reconduit sans le même éclat dans "A Thousand's Shark Teeth", son album suivant deux ans plus tard.












Plus apaisé car ouvrant sur d'autres portes musicales largement déployées, ce nouvel opus révèle un vrai changement de décor. Disque de lumière et d'harmonies, "All Things Will Unwind" a été enregistré avec le super-orchestre de chambre yMusic, ensemble que se sont arrachés tour à tour Sufjan Stevens, Antony & The Johnsons, Bon Iver ou encore Son Lux.


Dernière mode de l'indie rock américain ou pas, l'aventure a profité à l'excentrique diva Shara Worden, manifestement épanouie par l'expérience. Tapissé d'arrangements foisonnants de cordes, de bois et de cuivres élégants et joueurs, l'album révèle une luminosité radieuse et émerveillée alors que les arrangements du même ensemble conféraient au superbe dernier Son Lux une magnétique noirceur ténébreuse.

Au croisement de la musique savante et de l'indie pop exigeante, le folk orchestral et raffiné de "All Things Will Unwind" révèle la beauté des compositions de Shara Worden, entre mini-symphonies (l'héroïque Be Brave) et douceur et douleur mêlées (Reaching Through To The Other Side ou le splendide I Have Never Loved Someone inspiré par sa récente maternité).





Pop sophistiquée qui dépasse l'exercice de style, une vraie grâce habite cette parenthèse musicale aérienne inspirée, même si un ou deux titres folk (High Low Middle) semblent plus sages, sonnant un peu comme Madeleine Peyroux ou du Moriarty.

Sensuelle parenthèse sur laquelle la voix de chanteuse classique Shara Worden révèle son caractère unique sans jamais tomber dans la démonstration, mais parant cette ludique aventure d'une distinction constante et irréelle. Une fort belle réussite au caractère addictif, et d'ores et déjà une des bandes-son de cet automne débutant.  
Precious Miss Diamond...

Tracklist :
1. We Added It Up
2. Reaching Through To The Other Side
3. In The Beginning
4. Escape Routes
5. Be Brave
6. She Does Not Brave The War
7. Ding Dang
8. There’s A Rat
9. High Low Middle
10. Everything Is In Line
11. I Have Never Loved Someone

My Brightest Diamond. "All Things Will Unwind" (Ashmatic Kitty) Sorti le 17 octobre
♥♥♥♥
en écoute sur spotify et grooveshark
chronique sur musique-indie et article sur magic

My Brightest Diamond
yMusic

jeudi 1 septembre 2011

SON LUX. Et la lumière fut...

Rien de mieux que de tomber amoureux par hasard d'un disque pour renouer avec l'actualité musicale de la rentrée prête à se déverser. Publié ces jours-ci en CD mais pourtant apparu dans l'inertie de cet été rare en grandes sorties, "We Are Rising" impose d'emblée son caractère unique et addictif.
Chef-d'oeuvre de la saison ? Disque de chevet immédiat en tout cas.

"We Are Rising" donne la sensation de pénétrer dans les méandres d'un cerveau foisonnant d'idées révélant une production d'une précision maniaque. L'aboutissement du travail obsessionnel de Son Lux sur le son, dont on a déjà eu l'aperçu à travers ses remixes de Radiohead, Beirut ou Owen Pallet, pour ceux qui étaient passés à côté de son premier LP "At War With Walls & Mazes" en 2008.

Disque fou et inspiré, rétif aux catégorisations, tant solaire que nocturne, aussi radieux que taciturne, ce deuxième album d'une beauté irréelle révèle au grand jour le talent surprenant de cet alchimiste sonore, faux solitaire bien entouré.
Entre électro tortueuse, abstract hip-hop, musique contemporaine et pop brûlante, Ryan Lott alias Son Lux mixe le tout transmutant son projet en cathédrale sonore rêvant d'un art total :



Vaisseau spatial à l'atmosphère nocturne et inquiétante, peuplée d'une forêt d'arrangements néo-classiques, de beats à la précision chirurgicale et de choeurs éthérés, l'album est une machine de guerre (WAR) agissant comme un poison profond au caractère explosif.

Musicien de formation classique ayant collaboré à l'écriture de musique de ballets, Son Lux réussit le mariage de l'expérimentation laborantine et de la pop immédiate, alliant rigueur chirurgicale du son (Rising, All The Right Things) et folie baroque des arrangements (Chase ou un Flickers inaugural qui donne le frisson).

Une richesse sonore, fruit de son travail avec l'ensemble yMusic (choeurs divins dont DM Stith ou Shara Worden de My Brighest Diamond) et instrumentale (cuivres, cordes, piano, bois, électronica) d'une maturité magistrale. Surtout quand on découvre que le tout a été conçu en UN SEUL MOIS, résultat du défi lançé par le magazine RPM !



On pourrait évidemment entendre dans cette pop mutante, cérébrale et organique, les échos d'autres "petits génies" multiformes : le Sufjan Stevens de "The Adge Of Adz" en cent fois plus maîtrisé, le lyrisme orchestral d'Owen Pallett, l'onirisme de Sin Fang, l'éclectisme de Yellow Ostrich.











Seulement, Son Lux impose sa suprématie en combinant luxuriance orchestrale et mélancolie lyrique. Volontiers sombre, introspective et comme illuminée de l'intérieur, sa pop flamboyante impose sa mélancolie majestueuse portée par une voix de mystique habité, d'autant plus troublante dans cet écrin clinique parfait. On songe alors à l'ombre de Radiohead et surtout à The Eraser de Thom Yorke, mariage du feu et de la glace, parent éloigné de ce joyau ou aussi à la récente production inspirée (Scratch My Back) d'un certain Peter Gabriel.

Mais le génie de cet enfant du laptop et du New York Philarmonic est assez grand finalement pour se passer de références et n'attend plus que vous pour succomber.

Quant à la géniale "Leave The Riches", dont je n'ai pas fini d'admirer la richesse, aux choeurs célestes et à la fascinante dimension gothique, elle résonne comme le diamant noir envoûtant de cet album addictif, d'ores et déjà élu une des merveilles de l'année :

Son Lux - Leave The Riches

Tracklist :
1. Flickers
2. All The Right Things
3. Rising
4. Leave The Riches
5. Flowers
6. Chase
7. Claws
8. Let Go
9. Rebuild

Son Lux. "We Are Rising" (Anticon)
♥♥♥♥♥ COUP DE COEUR 
à écouter sur spotify, deezer & grooveshark

bel article sur Magic et avis emballés des voisins sur playlist society, hop blog, little reviews, le noise, funk you dear