21. Zomby - Dedication (4AD/Naïve)

Électro machinique et glacée, la musique du jeune producteur anglais est une dérive fascinante, bande-son idéale de nos cauchemars intimes. Beats syncopés, samples et vocaux hantés (dont Panda Bear) dessinent un décor de fin du monde, dont cependant, on fouille avec curiosité les recoins. Petit regret : la brièveté du voyage et de ses courts morceaux.
22. Love Inks - E.S.P. (Hell, Yes!)

Dans un créneau indie fort encombré, ce trio auquel on s'attache en un éclair, entre néo Young Marble Giants et The xx en plus dynamiques, ne révolutionne rien mais impose son évidence.

Entre relecture du post-punk 80's et new wave sépulcrale à la Joy Division, l'américain décalé célèbre les noces du minimalisme et de l'activisme, du romantisme pince-sans-rire et de l'intégrité rock. Rétro-futuriste et malicieuse, une bizarrerie à l'énergie diablement stimulante.
24. Gruff Rhys - Hotel Shampoo (Wichita/Turnstile)
Heureuse époque pour la pop anglaise qui compte un autre prétendant au titre de nouveau Brian Wilson ou Burt Bacharach en la personne de Gruff Rhys.
Avec son insouciant Hotel Shampoo, le gallois débonnaire vient de signer la plus radieuse carte postale pop de l'année, petite bulle d'insouciance et de légèreté intemporelle parfumée d'arrangements vintage craquants. Plus pop de luxe qu'easy listening kitsch, une lotion musicale à verser dans son bain musical et applicable dans toutes les occasions.
spotify25. Idaho - You Were A Dick (Talitres)

Pas sûr qu'il rameute les foules avec son album ouaté où s'épanouit l'air de rien sa douce mélancolie, distillant une harmonieuse lumière en demi-teintes, mais on s'en fiche. Un art subtil, réservant une collection de vraies perles habillées d'un piano rêveur et intimiste. Un peu de lumière en plein hiver, ça fait du bien.
26. Connan Mockasin - Forever Dolphin Love (Because Music)

L'oiseau rare de l'année. On n'oublie pas comme ça le lutin Connan Mockasin, néo-zélandais à la voix de pantin suraigüe avec son Forever Dolphin Love déroutant, porte d'entrée de sa pop aquatique décalée qui fit sensation au printemps.
Peu convaincu alors par l'aspect malsain de son grand disque malade, force est d'avouer que je suis revenu depuis régulièrement à son indie pop barrée, zébrée de jazz et de psychédélisme Pink Floydien.
Si sa formule aurait mérité à être un peu moins délayée, avouons que cette parade inquiétante, mise au service souvent de vraies perles pop, a de quoi fasciner durablement.
spotify27. Vetiver - The Errant Charm (Sub Pop/Bella Union)

Une grâce d'artisan au service de compositions d'une fluidité chaleureuse et sensuelle. Une élégance peu vue depuis la sunshine pop des sixties, qui ne changera pas le monde de la pop, mais délicieuse comme votre sieste en été.
28. Erland And The Carnival - Nightingale (Full Time Hobby)
Pop

Un song writing apparemment classique en fait déréglé par un goût du baroque et de l'étrange qui fait se balader le groupe d'Erland Cooper entre Doors alternatifs et héritiers des tocades sonores de Syd Barrett. Déroutante fête au parfum de douce étrangeté, mais inventif et accueillant Nightingale.
29. Part Time - What Would You Say ? (Mexican Summer)

Autant hommage à l'électro-pop des pionniers de Suicide et relecture de l'italo-disco que journal de bord des déambulations de son leader David Speck, une échappée qui échappe au simple flash-back pour proposer la relecture bien actuelle d'un genre inspirant décidément toujours le monde de l'indie rock.
30. The Middle East - I Want That You Are Always Happy (Play It Again Sam/PIAS)

Perles au spleen slowcore, pièces expérimentales et ballades fraternelles émaillent le parcours de cette équipée peut-être hétéroclite. Mais qui témoigne du caractère singulier de la bande menée par Jordan Ireland, formation folk imprévisible attachante, comme Lost In The Trees.
zu folgen (à suivre)
Beaucoup de surprises, c'est là que je vois que je n'ai pas toujours été très attentif à l'actualité musicale... Ca fait des choses à rattraper du coup, et mieux vaut tard que jamais:
RépondreSupprimerQuand on n'a pas que ça à faire comme toi, je crois, c'est normal !
RépondreSupprimerEt puis comme tu dis, mieux vaut tard et ça justifie tous ces blogs, les tops de fin d'année et mes bavardages. Tant mieux, ça me fait plaisir :)
Bon, d'après ce que je vois, My Brightest Diamond serait dans ton top 20 (voire 10?). Quant au premier, je le connais déjà ;)
RépondreSupprimerJ'aime bien ton top Blake même si y'a des albums que j'aurais vu plus haut mais bon chacun ses goûts ! ;-) En tout cas tu en as écouté du disque !! Je suis parfaitement incapable de faire un top 50 perso.
RépondreSupprimerOuais, RESPECT pour toutes ces écoutes ET ces chroniques ! Du coup, j'ai lu ta critique de l'album de Mockasin (que j'ai vu sur scène, début décembre) Moi, c'est pas trop mon truc, mais j'ai plutôt apprécié le live.
RépondreSupprimer@ vincent : oui, j'aurais du garder ça secret chez toi plutôt que de vendre la mèche mais bon, pas grave, on est grands !
RépondreSupprimer@muffin man : pas évident, mettre en ordre les disques qu'on a aimé, mais l'essentiel est qu'ils soient là. Et puis je crois que tu pourrais le faire, t'en écoutes plein toi aussi, voyons !
@J.-P. : merci ! Ça doit être sympa à vivre un concert du néo-zélandais. À + :)