Pour ce "Replay", encore un disque paru avant l'été, et toujours bêtement négligé à l'époque. Nous voilà fin 2011 et le voici réhabilité grâce à la simplicité de sa formule qui fait des (petites) merveilles : drum machine + guitare tricoteuse + basse ondoyante + voix soyeuse = plaisir immédiat servi par Love Inks sur leur album "E.S.P".
Une formule pourtant fort connue depuis l'ère post-punk et new wave et qu'on pourrait croire souvent usée et pas toujours concluante (voir Chairlift ou Warpaint). Car manier des ingrédients si simples nécessite tout de même qu'une étincelle jaillisse pour emporter la conviction.
Heureusement, le trio de Love Inks la possède grâce à ses chansons, minimalistes et gracieuses. Son climat, épuré et cotonneux propice au mystère, tissé par Adam Linnell et Kevin Dehan. Et surtout la voix sensuelle et atmosphérique de son atypique chanteuse Sherry LeBlanc, voisine des langueurs de Hope Sandovalou du magnétisme de Victoria Legrandde Beach House) :
Un disque dont la légèreté et le minimalisme n'ont l'air de rien mais finalement vous accompagnent sur la longueur, alternant bombinettes pop (Blackeye), pièces plus capiteuses (Skeleton Key) ou reprise rock (le Rock Onde David Essex).
Qu'importe que parfois la formule semble moins prégnante, tant l'ensemble, pourtant de courte durée, possède une belle unité. Et puis, on fond quand un groupe est capable de vous offrir les petites perles que sont le beau "In My Dreams"ou l'addictif"Leather Glove" :
Finalement, malgré les nombreuses références qu'il évoque (la figure historique des séminaux Young Marble Giants d'abord) et des cousinage récents (du minimalisme de The xx au climat brumeux des Chromatics), l'épure modeste mais gracieuse de Love Inks est une belle réussite du revival indie comme la dream pop vaporeuse des Still Corners, autre jolie révélation de cette année.
Rien de nouveau sous le soleil ? Quand c'est réalisé avec tant de fraîcheur et de talent, on aurait tort de bouder son évident plaisir.
Tracklist :
1. Wave Goodbye 2. Blackeye 3. Leather Glove 4. Can't Be Wrong 5. Skeleton Key 6. Down And Out 7. Too Wild 8. Rock On 9. In My Dreams 10. Too Late
Love Inks. "E.S.P." (Hell, Yes!/PIAS)sorti le 3 mai 2011 ♥♥♥♥ en écoute sur spotify &deezer 3 titres sur la Playlist Replay 2011 à lire sur hop blog, nextmusic,magic et un petit mot par Dominique A
Encore un petit "Replay" de l'année, on ne traîne pas, le temps presse. L'occasion d'un petit voyage en coolitude absolue avec le disque de Peaking Lights paru avant l'été et qui garde toutes ses couleurs même en hiver.
Un disque plus que jamais dans l'actualité d'ailleurs, auparavant paru sur Not Not Funet maintenant disponible sur Weird Word, filiale de l'excellent label Domino. Raison de plus pour se replonger dans le monde au temps étiré des Peaking Lights, psyché pop vaporeuse entre expérimentation soft et culture dub.
Album proposant une couleur tenue tout du long assez loin du formatage pop, "936" ravira ceux pour qui un disque est d'abord l'occasion de s'immerger dans un univers libre détaché du monde et des critères d'une hype musicale souvent prévisible.
Une fois adapté à la musique aux contours flous du duo californien Aaron Coyes et Indra Dunis, aux vocaux clairs et langoureux d'Indra, aux tempos hypnotiques et climats brumeux du bidouilleur Aaron, difficile de ne pas céder à la pop primitive et sophistiquée du couple, bulle parfaite aux effets psychotropes, qu'elle soit sous influence de douces substances en tous genres ou pas :
Entre minimalisme pop (lointains échos de Young Marble Giants) et plongée tête la première dans le reggae et la culture dub des années 70, Peaking Lights propose une relecture aux effluves radieuses, psyché pop ralentie un rien baba teintée d'expérimentation et sonorités cold doucement tribales.
Comme si Broadcast ou des Portishead décoincés avaient décidé de revisiter la discographie du jamaïcain Lee 'Scratch' Perry. Un mariage voluptueux du froid et du chaud, douce oasis brumeuse et confortable à la spontanéité naïve, dont vos oreilles, une fois acclimatées à la température et aux rythmes du lieu, ne voudront plus se passer :
Petit ovni atypique imposant ses propres règles et sa couleur arc-en-ciel, "936" mériterait d'être à l'affiche des nombreux listes et tops des galettes de l'année avec son côté tombé du ciel.
Car ilserait dommage ne pas partir en ballade aux côtés de ce couple discret dont la musique aux vertus curatives tombe à point nommé pour échapper à la morosité de petits matins et soirées d'hiver grisâtres. "Amazing And Wonderful" comme le précise un de leurs meilleurs titres, un parfait anti stress et relaxant, à prescrire matin, midi et soir.
Tracklist : 1. Synthy 2. All The Sun That Shines 3. Amazing And Wonderful 4. Birds Of Paradise (Dub Version) 5. Hey Sparrow 6. Tiger Eyes (Laid Back) 7. Marshmellow Yellow 8. Summertime
Peaking Lights. "936" (Weird WorldRecords) Sorti le 11 octobre et en juin sur Not Not Fun Records ♥♥♥ en écoute surspotify &deezer