Un rapide billet pour entamer ce weekend, qui saluera impulsivement un album et un groupe difficile à caser, et dont justement l'aspect puzzle, composite et rempli d'embardées en tous genres satisfont chez moi en ce moment un désir de chaud et de froid, sage et énergique, calme et tempêtueux en même temps.
Bonne pioche avec "Circuital", septième album à l'oeil vert inquiétant de My Morning Jacket, le gang de loustics mené par la force de la nature Jim James. Unboulimique compositeur qui mêle sur ses albums country rock, ballades alternatives, blues rock, indie pop, le moderne et l'ancien. Comme s'il ne savait pas choisir entre Neil Young, Mercury Rev ou Grandaddy, James et sa bande s'offrent le tout, énergie brute, envolées rock ou recueillement acoustique.
Un banquet où le meilleur est au début, avouons-le avec un "Victory Dance" quasi prog-rock d'influence Pink Floydienne/Supertrampienne qui tâche un peu et finalement assez addictif...
... suivi d'un "Circuital" épique, sensuel et habité auquel je reviens sans faillir :
Soyons franc, un morceau qui doit toute sa structure et déroulement au célèbre "Creep" de Radiohead ou au lyrisme d'un Jeff Buckey,vérifiez par vous-même ci-dessous. Mais malgré (ou grâce à) cette similarité, qui finit par posséder un sacré caractère, lyrique et envoûtant :
Et ça continue le long de ce disque digne d'une montagne russe, boulimique, imparfait, hirsute, mais jamais prévisible.
"Holding On To Black Metal", titre lourdaud et débraillé vous déplaît ? "Outta My System", une pop song digne des Troggs qui joueraient avec Jesus & The Mary Chain vous redonne le sourire alors que "Wonderful (The Way I Feel)", une ballade apaisée d'une naïve candeur vous cueille par surprise.
Si James et son clan refusent de choisir, se rêvant à la fois cowboys country-blues amoureux de leur slide guitar ou indie rockers alternatifs, abdiquant tout jugement définitif sur ces électrons libres, on se laisse juste aller au partage de ce repas d'ogre tous azimuts. Quitte à le relativiser demain, on se laisse aller avec plaisir à l'ivresse temporaire de se sentir bien vivants en leur compagnie.
Tracklist : 1. Victory Dance 2. Circuital 3. The Day is Coming 4. Wonderful (The Way I Feel) 5. Outta My System 6. Holdin On To Black Metal 7. First Light 8. You Wanna Freak Out 9. Slow Slow Tune 10. Movin Away
My Morning Jacket. "Circuital" (Ato Music) ♥♥♥ sorti le 20 juin en écoute sur spotifyet deezer 2 titres sur la Playlist Pop chronique sur pomme de pinetarticle sur magic
Alors que les albums à écouter se bousculent à la porte et que je devrais être en train d'écrire des papiers sur certains, voici par pur esprit de contrariété le moment idéal pour botter en touche et sortir du grenier où elle prenait la poussière la rubrique "Memory Of The 80's".
Pour en extraire un souvenir qui ne devrait pas apparaître ici, puisque l'album sur lequel elle figure est paru au tout début de l'année 90, même si la chanson était en fait plus ancienne, une "Shine On" bien nommée.
"Shine On", au riff de guitare irrésistible, au refrain si si si simple mais si addictif pour un titre envoûtant, grand souvenir de "quand j'étais jeune", illuminé par la voix sombre et magnétique de Guy Chadwick de The House Of Love :
L'un des morceaux de bravoure et plus gros succès de ce groupe qui fut l'un des chouchous de la sphère rock indé fin des années 8o et des étudiants en lettre, fit les beaux jours des Inrocks de la grande époque mais reste bien négligé à tort depuis.
1990 fut la grande année de The House Of Love, nom tiré d'un livre d'Anaïs Nin et groupe au croisement du rock du Velvet Underground et de la new wave psychédélique de leurs aînés Echo & The Bunnymen.
Un espoir de la scène britannique des eighties finissantes dont la carrière débuta sous les meilleurs auspices avec un premier opus éponyme paru en 1988 sur le mythique label Creation d'Alan McGee (My Bloody Valentine, Jesus & Mary Chain, Oasis).
Un premier opus dont certains disent que c'est le meilleur album du groupe, rempli des classiques "Destroy The Heart", "Real Animal" et surtout la culte "Christine" témoignant du talent du groupe à marier des guitares carillonnantes ligne claire à la Smiths sur une pop-rock ténébreuse à la Jesus & Mary Chain :
Personnellement, j'ai un faible pour le deuxième album plus familier, le "Butterfly Album" surnommé ainsi pour le différencier du premier également sans titre.
L'album du succès naissant dans la foulée de leur "Shine On" tubesque. Moins post-new wave que le précédent, cet album au papillon arbore un son plus dynamique, alternant standards rock évidents : "Hannah", "In A Room " et ballades gracieuses, "Beatles And The Stones", "Shake AndCrawl"ou "Blind". Mais ce qui devait être leur porte d'entrée vers une carrière radieuse fut paradoxalement le début de leur fin :
Signant sans clairvoyance sur le label Fontana chez Mercury (celui déjà qui abrégea la carrière des sublimes Cocteau Twins) le groupe n'évita pas les pièges habituels du rock-business : usage immodéré des drogues, rivalité grandissante entre Guy Chadwick et le guitariste virtuose Terry Bickers, l'égal d'un Johnny Marr (The Smiths)ou d'un Bernard Butler (Suede), qui préféra s'éclipser pour aller former Levitation.
Dépourvu d'un pilier créatif essentiel, mal managé par un directeur artistique (Chadwick : "le type qui nous a signé avait signé Tears For Fears et Def Leppard (!) et ne voulait que des tubes avec des refrains faciles"), The House Of Love joue de malchance en publiant leurs disques suivants en 1992-1993 : la scène rock s'emballe pour l'incendie Madchester allumé par les Happy Mondays, la folie sonique du shoegaze, le grunge américain qui bourgeonne autour de Nirvana et la brit-pop avec la rivalité Blur-Oasis naissante.
Vus déjà comme des has been dépassés, les ex-espoirs londoniens ne firent pas le poids avec leurs albums aux pochettes de plus en plus hideuses (voir dessous), leur chanteur pas assez beau gosse, et leurs nouveaux titres se contentant de reconduire les mêmes schémas. Le tout aggravé par la tendance de Chadwick à virer crooner rock, pourtant parfait sur la suave "The Girl With The Loneliest Eyes".
Pour autant, il est vrai de trouver injuste le relatif oubli qui entoure ce groupe aux qualités pop-rock maintenant classiques, qui fut très inspiré à sa grande époque.
Redécouvrez donc ce "I Don't Know Why I Love You" d'un Chadwick vachard envers sa girl friend ou un "Marble" tiré de leur troisième LP "A Spy In The House Of Love", en fait compilation de B-sides d'un niveau que certains groupes actuels aimeraient bien avoir comme déchets :
Et pour être honnête, The House Of Love, en-dehors de son statut de groupe injustement jeté aux oubliettes de l'histoire du rock, c'est surtout lié pour moi à la fin d'une époque que j'étais content de voir se refermer : souvenir heureux d'avoir fêté la fin de mon service militaire au son d'un "Shine On" libérateur dans une boîte rock de Bordeaux.
Eh oui, c'est un vieux qui a fait son armée qui vous parle. Alors comment ne pas chérir un peu le souvenir de The House Of Love avec ça ?
"Destroy The Heart" en version live :
Tracklist : 1. Hannah
2. Shine On
3. The Beatles & The Stones
4. Shake & Crawl
5. Hedonist
6. I Don't Know Why I Love You
7. Never
8. Someone's Got To Love You
9. In A Room
10. Blind 11. 32nd Floor
12. Ze Dest The House Of Love. "The Butterfly Album" 1990 (Fontana/Mercury)
♥♥♥♥♥
en écoute sur deezer et spotify The House Of Love sur la Mini Playlist 80's
Évidemment la sortie d'un nouveau PJ Harvey - dès demain lundi - ça ne passe pas inaperçu. Et l'écoute des quelques titres envoyés en éclaireur avant l'album, au climat étrange avec voix déformée, avaient de quoi retenir l'attention et intriguer.
D'autant plus intrigant que, avouons-le, depuis son album introductif (Dry) en 1992 qui a posé le personnage - rock lyrique, voix et guitare farouche - je n'ai pas toujours été un inconditionnel de la rockeuse anglaise.
Séduit en leur temps par le flamboyant "To Bring You My Love" ou l'original "Is This Desire", agacé par la routine rock-à-guitare de "Uh Hu Her" ou franchement rebuté par les expérimentations radicales avec John Parish en 2009, PJ Harvey ne fait pas toujours partie de mon panthéon personnel d'artistes.
Seulement, le dépouillé "White Chalk" de 2007 qui la voyait baser un album entier sur le piano et développer une voix angélique indiquait que Polly Jean, au fil du temps, se donnait le droit de changer, d'éviter de se répéter : une artiste en perpétuelle évolution.
Évolution confirmée avec ce "Let England Shake", dixième album de sa carrière. On y reconnaît la patte PJ, elle n'a pas tout bouleversé, juste déplacé, dérangé les éléments de son univers pour un disque à l'abord étrange au début, ensuite totalement familier une fois accoutumé à son climat.
Comme imprégné par l'atmosphère intemporelle de l'église isolée du Dorset dans lequel l'anglaise a enregistré avec Parish et le producteur Flood, "Let England Shake" déroule une singulière atmosphère : entre comptines tordues et chants ésotériques envoûtants, évocatrice de curieux tableaux d'une Angleterre de guerres violentes, de champs d'honneur, de combats héroïques perdus.
Une thématique belliciste poétique qui voit la voix de PJ, soutenue par la voix grave de Parish dans les choeurs, plus sorcière que jamais, jeter ses sortilèges ludiques sur fond de charges de cavalerie (The Glorious Land) ou trompettes héroïques (The Words That Maketh Murder) ou de saxos piqués à Morphine (The Last Living Rose), quand elle ne semble pas invoquer les esprits d'une voix de fée irréelle (On Battleship Hill).
Philtre musical à la composition secrète, tissage sonore complexe rempli de samples (il y a sûrement la magie blanche du sorcier du son Flood là-dessous), composant un paysage fort réussi (mais parfois crispant, voir sur England), variant les rythmes et les climats.
La fin de l'album la voit même se muer en grande cousine des Cocorosie (Hanging In The Wire) ou soeur évanescente de Liz Fraser pour un mix étonnant de dream pop et de dub à l'ambiance très Primal Scream (Written On The Forehead).
De quoi rendre encore plus imprévisible la figure de Miss Harvey, chanteuse assez insaisissable, un brin distante, pas vraiment émouvante, mais certes une artiste inspirée et libre. Écoutez-la, vous devriez succomberez. "Let It Burn, Let It Burn".
PJ Harvey. "Let England Shake" (Island/Universal Music) ♥♥♥ Sortie ce lundi 14février en écoutesur deezer et spotify
Avant d'ouvrir grandes ses oreilles aux nouveautés de la rentrée, rattrapons quelque peu notre retard et faisons place nette en farfouillant dans la pile des - rares - disques sortis durant l'été qui se termine. Autrement dit, faisons les soldes !
On commence avecle sixième album de p'tits gars venus de Liverpool - oui, comme ceux auxquels vous pensez - les cinq "lads" de The Coral, perpétuant la tradition des groupes à guitares et chansons mélodiques tout droits venus des paru années 60.
Et il est vrai qu'à l'écoute de ce "Butterfly House" paru le 30 juillet dernier, on croirait entendre les Shadows qui joueraient à être les Byrds en chantant les harmonies des Beach Boys. Sans oublier la voix du chanteur James Skelly aux accents voisins du bon vieux McCulloch de leur aînés liverpudliens d'Echo & The Bunnymen récemment évoqué ici.
Un vrai voyage rétro dans le temps d'une époque pop révolue. Et c'est peut-être le problème de The Coral, dont souvent la presse rock s'étonne qu'il ne soit pas plus reconnu.
J'oserai avancer que c'est parce qu'il propose un rock tellement classique et référencé qu'on croirait presque entendre un groupe d'époque. Il est donc logique que, malgré tout leur talent, leur démarche très mimétique assez figée artistiquement ne soulève pas un enthousiasme débordant en dehors des amateurs.
Un voyage agréable à défaut d'être nouveau, un peu long aussi - à choisir, je crois préférer le précédent "Roots & Echoes" - à entreprendre pour quelques perles (Sandhills, 1000 Years, Walking In The Winter) et un charme d'antiquaire nostalgique.
Tracklist : 1. More Than A Lover 2. Rowing Jewel 3. Walking In The Winter 4. Sandhills 5. Butterly House 6. Green Is The Colour 7. Falling All Around You 8. Two Faces 9. She's Comin' Around 10. 1000 Years 11. Coney Island 12. North Parade 13. Into The Sun 14. Coming Through The Rye 15. Dream In August 16. Another Way 17. Circles
Disque paru le 21 juin dernier, "Movement In A Storm" est le deuxième album de James Yuill, discret artisan folk-pop oeuvrant dans le folktronica (folk + électro), une formule dont, à défaut d'être vraiment l'inventeur, il est un représentant inspiré, à l'instar de The Notwist ou The Postal Service.
En témoigne son réjouissant premier opus "Turning Down Water For Air", un de mes disques préférés de l'an dernier. Armé de son ordinateur portable et sa guitare acoustique, en homme-orchestre ou solitaire, il y réussissait le difficile alliage de l'intimisme mélancolique et des rythmes synthétiques (Over The Hils ouThis Sweet Love, petites perles d'équilibre entre acoustique et électro).
Ce jeune trentenaire londonien aux airs de trader bossant à la City a donc récidivé, en accentuant le caractère plus rythmé et groovy de ses arrangements, conférant un aspect plus dynamique à ses morceaux (Crying For Hollywood, My Fears), voire new wave à la New Order(First In Line) typique de ses travaux annexes de remixeur.
Un aspect à première vue plus mainstream et vendable de sa musique, qui ne fait pourtant pas oublier que Yuill est bien un orfèvre folk ouvrageant de modestes tableaux intimistes d'inspiration très Nick Drake (Foreign Shore) certes enrobés d'un habillage très contemporain.
Mais qui ne trompera pas sur les qualités d'écriture et le tempérament mélancolique de son auteur (Taller Son, beau morceau triste de fin).
Certes, on est encore loin du talent plus intense d'un Loney Dear avec son "Dear John", l'ensemble reste toujours un peu sage, mais finalement la voix blanche un peu en retrait de son auteur ajoute à l'attachement. Et le tout est assez délicieux que pour être recommandé.
Tracklist : 1. Give You Away 2. Crying For Hollywood 3. First In Line 4. Foreign Shore 5. On Your Own 6. Sing Me A Song 7. My Fears 8. Wild Goose At Night 9. Ray Gun 10. Taller Son
James Yuill. "Movement In A Storm" (Kitsuné/Moshi Moshi Records) ♥♥♥ en écoute sur deezer
On termine ces soldes estivales avec le nouvel album sorti le 17 août de Eels, autrement dit l'hurluberlu Mark E. Everett, le grand escogriffe au regard abattu et à la voix pâteuse de la pop indépendante U.S.
Quatorze ans, depuis le mémorable "Beautiful Freak" qu'il nous distille ses vignettes cocoono-dépressives, comme un "beautiful loser", balançant l'air de rien ses états d'âmes, souvent chaotiques, dans ses albums aux faux airs d'auberges espagnoles musicales.
Pop, folk, blues, soul, bidouillages électro, western : ontrouve de tout chez Eels et cet album-ci, le troisième en à peine un an, ne déroge pas à la règle.
Et même si Everett change peu les bases de sa pop personnelle - les habitués trouveront que ça ronronne un brin - l'individu en a assez sous le pied pour proposer un album fort plaisant à écouter, même une fois passé le moment des retrouvailles.
De ballades cassées (What I Have To Offer, I like The Way This Is Going) en gospels alternatifs (Looking Up) en passant par de mini-voyages sonores (This Is Where Its Gets Good, Oh So Lovely), il est fort agréable de se promener dans les chemins de traverse d'un artiste fort prolifique d'accord, mais sans jamais encore nous (me) lasser.
Tracklist : 1. In Gratitude For This Magnificent Day 2. I'm A Hummingbird 3. The Morning 4. Baby Loves Me 5. Spectacular Girl 6. What I Have To Offer 7. This Is Where It Gets Good 8. After The Earthquake 9. Oh So Lovely 10. The Man 11. Looking Up 12. That's Not Her way 13. I Like The Way This Is Going 14. Mystery Of Life
Et si j'ai oublié de mentionner la sortie du troisième album publié par un groupe qui commence par Arcade et finit par Fire, c'est exprès : oui, je ne suis pas connaisseur ni très amateur de la musique de ce groupe qui finit par Fire et commence par Arcade.
Dans une petite douzaine de jours, The National publie son cinquième album "High Violet" chez le label culte 4AD, qui succèdera à leur très recommandable "Boxer" sorti en 2007. Dans un music-business qui tournerait plus rond, ce groupe remplirait les stades à la place de Coldplay ou U2,et Matt Berninger, son chanteur, serait une star. À l'écoute de la voix intense et profonde de Berninger, on imagine Johnny Cash toujours vivant et jouant avec un groupe de rock, ou Ian Curtis de Joy Division chantant encore de nos jours.
La qualité de la musique produite par son gang, mélancolique, classique mais racée, qui renoue avec la rigueur de la New Wave, mérite la reconnaissance du (grand) public.
En attendant la gloire mondiale - pourquoi pas cette année ? - The National aligne l'air de rien une discographie sans reproche, toujours à (re)découvrir.
Et en avant-goût de leur nouvel opus aux onze nouveaux titres, l'impeccable "High Violet" - en tout cas les quelques titres déjà entendus - qui sort donc lundi 11 mai,et écoutable en streaming sur leur site, le premier single "BloodbuzzOhio" est d'ores et déjà un immanquable de la saison, d'ailleurs disponible en téléchargement légal (et gratuit ) sur le site de "High Violet".
Petite sélection musicale de nouveautés dont le seul dénominateur commun est la couleur rose qui figure sur la pochette de chacun des albums ! Pas une volonté de ma part, mais le hasard le plus complet...
On commence en chanson avec "La vie Saint-Laurent", le dernier opus d'Alain Chamfort, album-concept retraçant la vie et la carrière du couturier Yves Saint-Laurent. Une sorte de biopic musicaltaillé sur mesure (je sais, elle est facile...)
On y retrouve tout l'art de mélodiste habituel de Chamfort dans un écrin sonore remarquablement soigné, aux textures musicales différentes selon les époques évoquées, accompagné d'un livre-album. Noble démarche et bel objet...
Mais j'avoue ne pas être entièrement convaincu par le projet. La faute au côté linéaire trop appliqué du projet, collé à la vie de Saint-Laurent. Et surtout aux textes assez peu inspirés, plutôt souvent maladroits.
L'ensemble est à la fois séduisant et bien trop sage. À l'image d'Alain Chamfort lui-même, musicien irréprochable mais souvent trop corseté (oui, facile encore...)
Alain Chamfort. "La Vie Saint-Laurent" (Tessland/pierre&eau) en écoute sur Deezer
"À la droite de Dior", le premier extrait :
Deuxième album en rose : "Broken Bells", nouveau projet musical du musicien hyper-actif Brian Burton alias Danger Mouse, l'âme de Gnals Barkley (le tubeCrazy) associé ici au chanteur James Mercer du groupe The Shins.
Une sorte de super-groupe donc, concept souvent effrayant sur le papier. Mais ici, l'alchimie est probante dès le premier titre The High Road.
Un album à la fois pointu et référencé (soul années 60, production électro, hip-hop, B.O. de film) mais immédiatement accessible à tous. Un grand écart réussi entre son de super-pros et efficacité pop grand public (le tubesque The Ghost Inside).
Manque peut-être un grain de folie, mais voilà un disque assurément cohérent du début à la fin, hautement habité par la voix chaude de James Mercer et musicalement très haut de gamme.
The Ghost Inside et Mongrel Heart en écoute sur la Playlist printemps-été
La vidéo du single"The High Road" :
Grosse déception par contre pour "Head First", la dernière livraison du groupe Goldfrapp, composé de Will Gregory, musicien tête-pensante & Alison Goldfrapp, chanteuse autrefois envoûtante.
Jadis auteur de merveilles pop, en l'occurrence le fascinant "Felt Mountain" (2000) et le vaporeux "Seventh Tree" (2008), le duo se lance sans vergogne à l'assaut des charts commerciaux et des dance-floors avec un disque hyper-formaté, au son néo-disco assez assommant, sans aucune fantaisie ni originalité.
Rien ne dépasse de ces neuf morceaux sans aspérités qui semblent vouloir empiéter sur le territoire de Madonna. Ambitions bien revues à la baisse, donc pour un duo jouant ici les mercenaires et qui perd son âme en chemin. Une démarche musicalement sans aucun intérêt. Passez votre route sans regret...
Goldfrap. "Head First" (Mute Records) Je vous épargne le clip, encore plus nul que la musique.
Dernier album de cette mini-sélection, celui-ci était l'outsider français de ma petite sélection : "(Isn't my bedroom) A Masterpiece" des French Cowboy.
La couronne (rose) sur la pochette appartient à Federico Pellegrini, créateur du groupe Little Rabbits, parfois complice des folies de Katerine en scène. Ici, c'est son dernier projet en date, "French Cowboy."
Un disque très anglophile, référencé et éclectique (rock garage, new wave, folk ombrageux) mais d'une dimension à la fois sérieuse et ludique.
Un disque de chambre (le "My Bedroom" du titre n'est pas là pour rien) comme un album-portrait de son auteur, miroir de ses influences multiples.
Comme toutes les chambres, c'est parfois un foutoir, disons le mot, mais un plutôt beau foutoir, inspiré quoique inégal, sombre et lumineux à la fois. Plaira surtout aux amateurs de pop torturée.
French Cowboy. "(Isn't My Bedroom) A Masterpiece" (Havalina Records) en écoute sur Deezer♥
Une sélection rose pâle, donc : deux disques - surtout l'un, devinez lequel - fort recommandables pour deux autres, décevants.
À vous de les écouter maintenant en cliquant sur les liens, et de vous forger vos avis...