L'album "Steve McQueen" en 1985 : une poignée de titres tous plus nostalgiques, délicats et sensibles (When Love Breaks Down, Appetite, Goodbye Lucille #I, Bonny entre autres) à la douceur ineffable et à la douleur contenue, illuminés par les vocalises diaphanes de sa blonde girlfriend Wendy Smith. Avec ce disque, McAloon n'a pas seulement composé un des disques les plus justes sur le sentiment amoureux et l'un des albums automnaux les plus touchants...

... il a fait du coup jeu égal avec les song writers les plus doués, émule de Ray Davies, Elvis Costello, Andy Partidge (XTC) voire Brian Wilson ou McCartney.Ou même plus anciens, vu la culture du bonhomme et son goût pour les "musicals" : Cole Porter ou George Gershwin. Cet érudit pop catégorie premier de la classe n'a-t-il pas écrit plus tard - à l'époque de Jordan : The Comeback, dans le titre Paris Smith - qu'il aurait aimé "être le Fred Astaire des mots" ? Et a depuis enfanté quelques possibles héritiers, de Neil Hannon (The Divine Comedy) à Conor O' Brien (Villagers).
"Le beau Goobye Lucille #1", sorti aux U.S.A. sous le titre "Johnny Johnny" :
Mais affublé d'un nom à faire fuir ("chou préfabriqué", quelle idée!) et de looks improbables, plus doués en studio que sur scène, trop sophistiqué pour le grand public, trop littéraire et précieux pour les rockeurs, trop mainstream pour les new waveux, McAloon et son groupe souffriront toujours d'un certain entre-deux.
Est-ce ce qui les poussa à faire appel au super-producteur Thomas Dolby, qui leur offrit une méga-production lustrée "easy listening" d'époque ? Ce qui eut au moins le mérite de clarifier le song writing parfois inutilement alambiqué de son auteur (l'album Swoon de 1984),
mais de façon souvent intempestive face à la finesse de dentelle de
chansons somme toutes intimes et remplies d'un spleen profond.Un exemple avec "Cruel" tiré de "Swoon" :
Question : que seraient-il advenus s'ils avaient croisé George "The Beatles" Martin ?


Et surtout de la voix de McAloon elle-même : claire, expressive, habitée et chaleureuse, élément capital - ainsi que celle de Wendy Smith - du magnétisme de ces pop songs aussi désabusées dans leur propos que lumineuses dans leur forme.
Plus personnellement, Prefab et cet album, c'est le meilleur moyen de faire revivre d'un seul coup mes années lycée : l'enthousiasme et l'ennui de l'adolescence, les emballements et les doutes de cette période étrange, si lointaine et si proche, mais désormais enfuie.
Ainsi quoi de mieux que le souvenir de cette "Bonny" inchangée, définitivement ma préférée :
1. Faron Young
2. Bonny
4. Appetite
5. When Love Breaks Down
6. Goodye Lucille #1
7. Hallelujah
8. Moving The River
9. Horsin 'Around
10. Blueberry Pies
Et je sais bien ne pas être le seul à faire partie du club des accros de ce disque et de ce groupe fétiche jamais abandonné, n'est-ce pas Mrs Michka Assayas ou François Gorin ? (lire sa chronique "Disque Rayé" dans Télérama).








































"C'est avec une profonde tristesse que nous vous informons que Mick a finalement perdu son combat contre le cancer et est décédé paisiblement à 16h30 aujourd'hui, le 4 Janvier 2011 à son domicile de Chelsea, à Londres. Il était entouré par sa famille et ses amis et sera profondément regretté par tous." 






