
Mais "Never Let Me Go" est surtout l'adaptation d'un roman du même nom (en VF "Auprès de moi toujours) de l'écrivain britannique Kazuo Ishiguro.



Kathy, Ruth et Tommy ont grandi depuis les années 60 dans un établissement clô où il était impossible de franchir librement les murs extérieurs. Leur éducation soignée mais stricte les a formé à être des citoyens dociles et obéissants.
Elevés dans un pensionnat à l’écart du monde, ils vont découvrir une fois parvenus à l'âge adulte la raison de leur éducation à l'écart et leur vraie nature... Fable uchronique (récit d'une réalité parallèle), l'histoire d'Ishiguro est le miroir à peine anticipé de notre société et au peu de valeur qu'elle accorde à la vie humaine, ou du moins, à certaines...


Je m'explique : fidèle jusqu'à la lettre à l'atmosphère faussement ouatée du roman, de la chronique de ces enfances secrètes au sein de Hailsham, institution british hors d'âge jusqu'à leur découverte comme des poussins égarés du monde extérieur et de leur vraie place, le film ne se pare de douceur classique que pour mieux masquer le pessismisme de son propos, mais ne suscite pas un trouble assez profond.
Anti-film de SF conventionnelle, son sujet se révèle plus fort que le film lui-même.
Cette vision pertinente et subtile d'une société qui dénit leur état d'êtres humains à des êtres de remplacement qui acceptent avec soumision leur destin, devrait nous glacer et nous émouvoir.

Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, les scènes où les trois jeunes et attachants héros prenant conscience de leur destin la larme à l'oeil ne manquant pas... Une fois, c'est très touchant, répétée trois-quatre fois, ça devient plutôt un truc facile de cinéaste sans scrupules...

Un cinéaste qui a pourtant bien dirigé son trio de jeunes comédiens (Andrew Garfied, vibrant et plus convaincant que dans le David Fincher, Keira Knightley assez juste en fausse rebelle, et surtout la fine Carey Mulligan, frêle et blonde "accompagnante" du destin de ses compagnons, douce récitante qui met un peu de l'intensité voulue à ce film fort digne, mais un peu corseté.



Pour autant, pour ce sujet fort et visionnaire, le citoyen moyen devrait apprécier qu'on fasse appel à son questionnement moral. Le cinéphile, lui, aurait voulu qu'on lui propose aussi un vrai moment de cinéma qui mérite d'être retenu, pas seulement un joli support idéal pour un débat sur la bioéthique et la nécessaire déontologie du clonage humain à venir ...

Avec : Carey Mulligan (Kathy), Andrew Garfield (Tommy), Keira Knightley (Ruth), Charlotte Rampling (Miss Emily), Sally Hawkins (Miss Lucy), Nathalie Richard (Madame).
autres avis, du plus emballé au plus négatif : Cinéaddict, Il a osé! et Plan-C
Pour les lecteurs curieux, le très recommandable "Auprès de moi toujours" est paru en 2005 aux Éditions des 2 terres et est également disponible en poche chez folio Gallimard.
Pour les lecteurs curieux, le très recommandable "Auprès de moi toujours" est paru en 2005 aux Éditions des 2 terres et est également disponible en poche chez folio Gallimard.


Merci pour le lien :)
RépondreSupprimermais de rien Félix, une critique du film très intéressante et un blog à l'avenant ;-)
RépondreSupprimer... j'ai vu le film ce dimanche, je suis d'accord avec ta chronique mais ai tout de même passé un très beau et bon moment car ce film est fidèle dans le fond et la forme au roman de Ishiguro... la densité est là et au cinéma cela fait du bien des film à la lenteur pensive
RépondreSupprimeramitiés
christo