
Pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, cette semaine voit la sortie du deuxième album très attendu d'un groupe très en vue, les Fleet Foxes.
Et, au risque d'être insistant, puisque j'ai déjà pas mal parlé ici-même de ce disque qui me berce depuis déjà moult semaines, permettez-moi de recommencer en remettant abusivement le couvert.
Et, au risque d'être insistant, puisque j'ai déjà pas mal parlé ici-même de ce disque qui me berce depuis déjà moult semaines, permettez-moi de recommencer en remettant abusivement le couvert.
Je ne pense pas que "Helplessness Blues" soit le disque le plus novateur de l'année. Aucune idée si c'est ou pas le meilleur album du moment. Mais nul doute que cette nouvelle livraison des jeunes folkeux barbus de Seattle menés par Robin Pecknold soit à l'origine de ma plus belle émotion musicale de cette saison.
Tout simplement mon must-à-moi-du-moment.

Tout simplement mon must-à-moi-du-moment.

Aucune argumentation intellectuelle n'entre en compte, seul ici joue l'affectif et la sensibilité.
À l'écoute des pièces de cet album lumineux, évocateur de grands espaces autant réels qu'intérieurs, une étrange exaltation autant physique que mentale passe à travers les enceintes et transforme la rituelle écoute d'un disque en expérience où se mêle joie, plaisir et émotion devant la beauté, lâchons le mot.
À l'écoute des pièces de cet album lumineux, évocateur de grands espaces autant réels qu'intérieurs, une étrange exaltation autant physique que mentale passe à travers les enceintes et transforme la rituelle écoute d'un disque en expérience où se mêle joie, plaisir et émotion devant la beauté, lâchons le mot.
Et restons objectif ? Si leur premier disque éponyme de 2008 avait suscité la curiosité et mérité son succès (un des plus grands succès des labels Sub Pop et Bella Union), la folk musique vocale et pastorale de ces jeunes gens m'avait séduit et intéressé, mais sans plus...


Alors, qu'à l'inverse de médias plus circonspects devant ce nouvel essai maintes fois retardé et longtemps attendu, "Helplessness Blues" est pour moi une vraie splendeur, à l'image du morceau-titre, déboulant avec son énergie, son exaltation, ses choeurs en apesanteur et son refrain lyrique :
La belle porte d'entrée d'une musique héritière des grands artistes folk U.S. (évidemment Crosby Stills Nash & Young) mais aussi anglais (Donovan, John Martyn, le vétéran Van Morrison) où l'auteur Robin Pecknold a fait mûrir son song writing en y rajoutant son vécu et ses expériences.
Développant de somptueuses compositions qui se déploient en liberté,
mêlant réflexions sur la vie (superbe Grown Ocean), la vieillesse (Montezuma), références bibliques (The Shrine) et exploration des relations intimes (Someone You'd Admire, court sommet d'émotion), le jeune chanteur au timbre nasal et élégiaque est à l'origine de beaux moments d'anthologie et de chair de poule :
mêlant réflexions sur la vie (superbe Grown Ocean), la vieillesse (Montezuma), références bibliques (The Shrine) et exploration des relations intimes (Someone You'd Admire, court sommet d'émotion), le jeune chanteur au timbre nasal et élégiaque est à l'origine de beaux moments d'anthologie et de chair de poule :
"Helplessness Blues" : un disque épique, produit minutieusement par Phil Ek, à l'instumentation plus étoffée, à la profusion d'instruments (cordes, flûtes, percussions, comme dans l'orientalisant Bedouin Dress) et d'arrangements plus électriques. Mais toujours chantournés, ouvragés comme des chants de ménestrels médiévaux, à l’image de l'esthétique de sa superbe pochette.Tout le monde, évidemment, ne partage pas ce sentiment (si, si, j'en entends certains) ... On me rétorquera que les Foxes sont juste des boy-scouts chantant en choeur, vêtus de laines et barbus comme des bûcherons, des néo-hippies et caricatures de folkeux qui n'inventeraient rien.

Je leur répondrai : et quand bien même ? L'écoute de ce disque intemporel et radieux, émaillé d'embardées "free-jazz" plus accidentées - les huit minutes de The Shrine/An Argument - où se balade la figure poétique d'un marcheur aux yeux grand ouverts, "The "Eyed Wide Walker", amène à se régaler d'un simple plaisir. Celui du partage d'une douce félicité, d'une chaleur, à l'image de leur sincérité et leur joie presque enfantines.

Ces gens-là ne semblent pas cyniques, invitant à une jolie fraternité humaine, comme des artisans-compagnons itinérants modernes, dégageant (osons encore le mot), un petit supplément d'âme et une sorte de modeste spiritualité.
Fleet Foxes - "Someone You'd Admire" :
Très loin de l'habituel cirque rock et bien naïf de croire à tout cela ? C'est peut-être aussi, en-dehors de toute considération musicale, que je remercie en secret les Fleet Foxes. Pour m'avoir touché par surprise et pour croire encore, juste durant l'écoute d'un disque, à l'existence modeste de valeurs humaines de moins en moins courues de nos jours.
Certains artistes rêveurs nous sont parfois indispensables, et je ne vous parle plus si vous passez à côté de ce disque-là !
La magnifique vidéo de "Grown Ocean" :
Tracklist :
1. Montezuma
2. Bedouin Dress
3. Sim Sala Bim
4. Battery Kinzie
5. The Plains/Bitter Dancer
6. Helplessness Blues
7. The Cascades
8. Lorelai
9. Someone You'd Admire
10. The Shrine/An Argument
11. Blue Spotted Tail
12. Grown Ocean
Fleet Foxes. "Helplessness Blues" (Bella Union) Coup de coeur ♥♥♥♥ SORTI LE 2 MAI
en écoute sur Deezer et Spotify et 5 titres sur la Playlist Pop
concert complet au Bataclan à Paris le 30 Mai, en première partie : Josh T. Pearson
article sur Magic et plein d'autres avis sur Les chroniques de Charlu, Muziksetcultures, Dance to the Tuner, Funk You Dear, Des Oreilles dans Babylone
Fleet Foxes
J'attends vos avis - même différents - sur le nouvel album de nos renards américains.






