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dimanche 18 mars 2012

REVOLVER et THE SHINS : les mirages de la perfection pop ?

On sait que passer l'épreuve du deuxième album n'est pas chose aisée et les jeunes musiciens de Revolver n'échappent pas à la règle.
Vite révélés en 2009 avec leur premier opus intimiste Music For A While, leurs harmonies vocales et leur refrains à l'unisson, le trio parisien avait, à défaut de rien inventer, l'avantage de leur très grande jeunesse, la joliesse pop et la délicatesse harmonique, héritage de leur éducation classique. 
Vus en concert, malgré les risques d'une maladresse occasionnelle, Revolver respirait à la fois la timidité et la fraîcheur des premiers pas, la promesse des lendemains, en émules juvéniles des Beatles ou Donovan.

Devenus un enjeu commercial vu le succès de leurs 100 000 albums vendus, les trop gentils Ambroise, Jérémie et Christophe ont beau avoir intitulé la suite Let Go, on attend encore en vain le "lâcher prise" promis. Plus formatée et banalisée, leur musique de jeunes gens sages confié aux (mauvais) soins du producteur Julien Delfaud les voit enfiler l'ordinaire et le tout-venant des habits pop, en vagues photocopies de Phoenix (trop lisses Wind Song ou Brothers). Du nanan pour les radios grand public :



Distillés mollement sous l'étouffoir d'un vernis lisse sans saveur où rien ne dépasse, les titres de Let Go, obsédés par une certaine perfection pop, procure plus l'ennui qu'autre chose. Et confirment le risque de fadeur inhérente des compositions des garçons, la trop grande gentillesse ou inoffensivité de leur politesse de bons élèves. On sauvera toutefois un Losing You d'inspiration Crosby Still Nash & Young ou un Cassavetes plus americana qui laisse entrevoir ce que le groupe aurait pu faire la bride moins sur le cou.

Bon, on réécoute mieux les Fleet Foxes - qu'ils adorent mais dont ils sont très loin - on vit un peu, et on revient avec un peu d'expérience et une approche plus mûre. Sinon, on vous zappera vite, les gars !

Revolver. Let Go (EMI Music) paru le 12 mars

spotify & deezer
avis pour sur les inrocks, contre sur magic et déçu sur pop revue express


L'immaturité n'est pas ce qui menace James Mercer, l'homme étant auteur à la tête de ses Shins d'une jolie discographie, dont l'inaugural Oh, Inverted World en 2001 ou le petit sommet pop Wincing The Night Away de 2007.
Révélé à tous par la ballade New Slang sur la bande-son du film culte Garden State, le talent mélodique, la précision instrumentale et la voix de vocaliste hors pair du one man band sont autant d'éléments de choix dans un parcours toujours mouvant. Même si la parenthèse Broken Bells avec Danger Mouse avait prouvé sa capacité à changer d'univers, on avait envie de le retrouver depuis ses longues années.


Chose faite avec un retour aux affaires comme pilote de son navire principal : The Shins réappareillent pour un retour au port (Port Of Morrow). Si ce quatrième volume qui sort demain célèbre nos retrouvailles avec sa pop liquide soignée, ces  mélodies à tiroirs et une maîtrise intacte, avouons aussi que, survenant après son inventif opus pop de 2007 qui le voyait réinventer son groupe néo-sixties en groupe moderne entre ombre et lumière, Port Of Morrow paraît en  agréable, mais évident pilote automatique.

Ainsi, victime de sa volonté d'efficacité, Mercer semble se réfugier derrière une grosse production immaculée dont témoigne l'aspect nouveau riche du single Simple Song


Sévérité de notre regard, mais qu'on aurait accepté de la part d'autrui ? Surtout l'aspect fondamentalement décousu d'une collection de titres anciens qu'il avoue avoir accumulé au fil du temps, d'où le côté inégal d'un recueil de chansons sans vrai unité artistique.
Le disque, s'il comporte faiblesses ou facilités (No Way Down, It's Only Life) affiche cependant aussi mélodies catchy (Bait And Switch, 40 Mark Strasse) ou trouvailles inspirées (Port Of Morrow, le titre) :



Ce qui déçoit en fait, c'est son aspect plutôt anecdotique en regard de ses capacités, et surtout l'obsession sonore et de la perfection clinique dans lesquels Mercer semble s'être installé. Des pièges qui menacent de scléroser son inspiration et surtout limiter son champ d'action et notre intérêt. La perfection peut être voisine de l'ennui, en musique comme dans la vie.

Allez, on médite et dort là-dessus, une nouvelle semaine s'annonce !

The Shins. Port Of Morrow (Rural Apothecary/Columbia Records) parution lundi 19 mars
entre ♥ et ♥♥
écouter sur spotify & deezer
avis pour sur la quenelle culturelle et mitigé sur les inrocks 

dimanche 11 mars 2012

L'oiseau ANDREW BIRD fait le printemps

Ça y est, on tient le bon bout, le printemps n'est pas loin ! Preuve en est avec ce disque libre et ouvert à tous vents, nouvel album de l'insaisissable Andrew Bird. Des années déjà que l'infatigable baladin de formation classique promène son archet en maître-violoniste accompli, ses mélodies à tiroirs et son folk pop aussi aérien que changeant. 

Parcours sinueux que celui du faux solitaire de Chicago, autant que ses compositions remplies de chausse-trapes souvent en équilibre subtil entre Americana rurale et indie pop sophistiquée. Pas toujours aisé de s'y retrouver chez cet adepte des chemins de traverse qu'on a connu flirtant à la limite de l'expérimentation (Armchair Apocrypha) et qu'on avait quitté en 2009 sur le brillamment pop Noble Beast

Mais pour peu qu'on l'ait découvert comme moi avec son rayonnant Weather Systems de 2003, disque d'une liberté musicale complète entre joie pop et mélancolie instrumentale, on reste toujours attaché au travail précieux du musicien.

Ici, à première vue, les habitués trouveront sans doute que l'américain a assez peu changé ses fondamentaux : ambiance cosy tranquille, pizzicati de violons et effets sonores (qu'il appelle des "loops"), sifflements guillerets qu'ils prendront pour ses marques de fabrique :



Fausse impression : rien n'a changé et pourtant, tout vibre, respire, frémit d'une impression nouvelle : la joie du partage.
Plus insouciant et spontané, le virtuose a laissé de côté l'aspect un peu cérébral de sa musique au profit d'une liberté instrumentale acquise lors de l'enregistrement très "jam sessions" de ce Break It Yourself. Le perfectionniste a laissé plus de place au feeling et au hasard, heureux de l'émulation positive avec ses musiciens qui développaient les idées qu'il lançait. 

Un travail à ciel ouvert où se sent la joie palpable de la création collective du moment, enluminé d'un violon retrouvé qu'Andrew Bird a remis à sa place d'honneur. Excursion indie fok champêtre enchanteresse relevée de banjo et cordes enveloppantes, qui nous promène de balade caraïbe aux accents country square dance (Danse Caribe) en pop song ciselée (Near Death Experience Experience), d'une inattendue rock song (Eyeoneye) en explosion de joie pure (Orpheo Looks Back) :



Une libération visible qui s'exprime aussi dans le chant de l'artiste, dont la voix n'a jamais été aussi affirmée, d'une fraternité touchante, épaulé parfois par la voix d'Annie Clark de St-Vincent. Si retour sur ses fondamentaux artistiques s'effectuait pour chacun de manière si éclatante, nul doute qu'on aurait des merveilles à écouter chaque semaine. 

Classique instantané, un des plus beaux de ce début d'année et un des meilleurs albums, avec Weather Systems, de son auteur, pas décidé à céder sa place à Owen Pallett ou Peter Broderick. Beau comme l'émouvant Hole In The Ocean Floor, clou incontestable de cet opus épanoui et radieux :



Si la pochette de cet album n'était pas d'un goût si discutable, on tenait là un vrai sans-faute, monsieur Bird ! Blague à part, ne faites pas l'erreur de passer à côté de ce moment réjouissant pas loin du futur classique.

1. Desperation Breeds
2. Polynation
3. Danse Caribe
4. Give It Away
5. Eyeoneye
6. Lazy Projector
7. Near Death Experience Experience
8. Behind The Barn
9. Lusitania
10. Orpheo Looks Back
11. Sifters
12. Fatal Shore
13. Hole In The Ocean Floor
14. Belles

Andrew Bird. Break It Yourself (Mom + Pop/Fargo) paru le 5 mars 2012
♥♥♥♥♥ COUP DE COEUR
écouter sur spotify & deezer
article sur l'album sur magic et interview d'Andrew Bird sur les inrocks 

andrew bird

dimanche 26 février 2012

Le spleen PERFUME GENIUS


On ne brisera pas le rythme au ralenti de ce weekend. Juste un atterrissage en douceur, et en beauté, en compagnie des dernières complaintes intimistes de Perfume Genius.

Ce n'est pas qu'avec cette nouvelle livraison, le torturé Mike Hadreas ait modifié les éléments qui présidaient à son premier opus Learning : ballades désolées, piano triste, filet de voix chagrine. Mais sans rien changer, ou si peu, à sa formule musicale, à son inspiration de garçon sensible et l'imagerie gay qu'il revendique, avouons que ce Put Your Back N°2 It retient bien plus l'attention et touche durablement.

Partageant le même penchant maniériste, voire l'affectation qui peuvent en rebuter certains chez ses confères Antony &The Johnsons ou Scott Matthew, le frêle Hadreas réussit ici à transcender le risque d'auto-apitoiement ou de complaisance que guette parfois ce genre d'exercice délicat.



Recueil désolé mais ô combien habité de pièces courtes à l'humeur changeante, d'inspiration gospel ou folk indie, son nouveau journal intime affiche une couleur mélodique plus affirmée, habillé d'orchestrations plus colorées (batterie, guitares, synthés). Lesquelles donnent corps et chair au spleen permanent de l'artiste (solitude, abandon, addiction diverses) plongeant au plus profond de la tristesse pour en trouver la force qui permet d’affronter le lendemain et pour que l’ensemble évite de très loin le piège de la monotonie :



Pour un récit à la tonalité grave, toujours émouvant, voire bouleversant (No Tear, Dirge, Take Me Home) mais à la luminosité permise (Normal Song) parsemée de touches atmosphériques ambient (Floating Spit, All Waters) dignes d’une B.O. de David Lynch qui ajoutent une part de grandeur et de mystère à ses vignettes indie.
Cherchant dans l'éternel mélancolie des romantiques un début de réconfort et d'apaisement tout en laissant se déployer l'énergie de ses morceaux, Perfume Genius réussit à dénicher de beaux moments hors du temps et de beauté fragile (rien que le morceau-titre), pas si loin de Patrick Watson ou Youth Lagoon :



Un très beau disque qui confirmera aux habitués familiers des vertiges du spleen - comme votre serviteur - la singularité de la mélancolie. Pour peu qu'on s'y adonne armé de bréviaires si lumineusement inspirés comme ici, il n'est souvent pas de bonheur plus doux.


Perfume Genius. Put Your Back N 2 It (Turnstile / Matador) paru le 21 février
♥♥♥♥♥
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lire sur esprits critiques et magic 
myspace perfume genius

jeudi 2 février 2012

L'étrange weekend de PORCELAIN RAFT



Un peu tôt pour entamer le weekend, mais difficile de résister à la perspective quand elle prend les atours séduisants de la musique de Porcelain Raft. Qu'est-ce donc que Porcelain Raft ? Le projet derrière lequel se cache le "one man band" Mauro Remiddi. Encore un italien - décidément ! - mais cette fois en solo et qui a élaboré aux États-Unis cet album typique de la tendance dominante.

À savoir : un individu isolé, des complaintes intimes et de l'électro pop vaguement chillwave se parfumant au revival shoegaze.
"Pouce! Assez!" est-on tenté de crier tant le marché devient saturé de cette tendance omniprésente (Twin Shadow, Blood Orange, Neon Indian and co).

Sauf que, c'est visible dans ces pages, elle continue à m'attirer. Et même si la formule en a déjà lassé certains, il est difficile de balayer d'un revers de main ce disque qui ne semble pas payer de mine à la première écoute, mais impose son évidence.
Tout simplement car l'italien, déjà auteur du mémorable Dragonfly, sait écrire d'excellentes chansons et développer une belle atmosphère :



Atmosphère qui n'a rien de neuf c'est vrai, tant sa musique semble brasser les figures imposées du genre (dream rock brumeux, drums machines, réverbération) qui, de Lush à Slowdive, ont posé les bases du shoegazing. Mais l'ensemble au son parfait, presque trop maîtrisé, s'avère d'une fluidité évidente. D'une qualité d'écriture et vraie inspiration mélodique (les irrésistibles deux morceaux d'entrée) pour que ce "radeau de porcelaine" dépasse l'exercice de recyclage.

Deux, trois références démontrent le niveau d'exigence atteint par ce globe-trotter de chambre : les échos de guitare réverbérées striant tout l'album évoquent le lyrisme mal léché des grands Jesus And Mary Chain et son électro intimiste voisine avec la désolation solitaire d'Atlas Sound ou les complaintes récentes d'un Youth Lagoon :



On pourrait jouer longtemps à un stérile jeu des ressemblances (Electronic, Suede, The Big Punk). Mais on préférera se réjouir des vrais progrès vocaux de Remmidi, hier un peu trop proche du maniérisme d'un Brian Molko. Et on succombera au charme d'un album dont le but n'est pas le moins du monde révolutionnaire. Juste de proposer, entre intimisme et fougue tranquille, passé et présent, sa petite musique séduisante et sa marque élégante.
Modeste mais très réussi programme de fin de semaine.

Porcelain Raft. Strange Weekend (Secretly Canadian) paru le 24 janvier
♥♥♥♥

Bonus, la vidéo de Dragonfly (Gone Blind EP, 2010) :

lundi 30 janvier 2012

DJANGO DJANGO est là (et moi, aussi, un peu)


Sans statuer sur le destin définitif encore incertain de cet espace, réactivation du blog à la faveur d'un peu de temps que cette semaine semble m'accorder et surtout grâce à une actualité musicale plus fournie et vraiment plus emballante. Une remise en route temporaire avant une mise en chantier plus générale ou sort plus définitif, à voir. Sinon, les habitués de facebook savent qu'on peut m'y retrouver ici régulièrement depuis que j'ai découvert les joies de l'objet.

À tout seigneur tout honneur, ce lundi 30 voit la sortie effective de celui qu'on attendait mais qu'on n'espérait plus depuis trois ans : l'album de DJANGO DJANGO est enfin sorti aujourd'hui ! NON ? SI !
 En effet, ce qui a longtemps failli être l'arlésienne du rock indé a ENFIN vu le jour, une galette toute fraîche et pimpante de treize titres parue chez Because Music, où ceux qui avaient craqué (dont votre serviteur) sur la pop azimutée et minutieuse aperçue sur leur singles Love's Dart et Wor il y a deux ans, retrouveront l'univers accueillant de ces remuants zigotos.











Lesquels ont pris le temps de digérer retards à l'allumage et accidents de parcours tout en satisfaisant leurs penchants de musiciens perfectionnistes. La musique de l'excentrique combo écossais, c'est en fait un évident mélange de folie douce dans l'inspiration et de maîtrise sonore et esthétique rempli de bombinettes pop irrésistibles déjà connues comme Waveforms ou Storm.

Entre surf rock sixties à la Shadows, post pop barrée à la Devo et électro rétro-futuriste tendance, les Django Django renouent avec l'esprit de quarante ans d'excentricité et de folie underground en touillant néo-psychédélisme, dance music mutante et mini laboratoire indie pop. Le tout en un mix de séduction, de minutie sonore et de grâce désinvolte qui forme un ensemble très ludique :


Le plus du groupe, c'est leur identité vocale peaufinée par le leader Vincent Neff incarnée dans leurs choeurs parfaits, radieux et entêtants, rencontre improbable de l'angélisme des Beach Boys et des fantaisies sonores des trop sous-estimés Beta Band dont ils semblent perpétuer avec discrétion mais vaillance l'esprit d'indépendance :



Joyeux, bigarré, réjouissant et rempli de gimmicks sonores loufoques ou d'instrumentaux barrés dignes des géniaux B-52's (l'orientalisant Skies Over Cairo), Django Django L'Album nous rassure sur la capacité du quatuor à varier les styles et les références, de l'acoustique folk cosy à l'électro dingo.

Une bouffée d'air frais hautement recommandable qu'un peu moins d'obsession clinique de la maîtrise et une pincée de spontanéité auraient rendues encore plus incontournable.

Des reproches de chipoteur, car gouleyante et rafraîchissante, cette sympathique cuvée Django Djangoienne, sans être toutefois le Graal indie pop espéré par certains, s'annonce déjà sous sa pochette exotico-surréaliste comme un des très bons crus revitalisants de ce début d'année. Allez à bientôt, j'espère.

Django Django. "Django Django" (Because Music) le 30 janvier
♥♥♥♥
spotify et deezer

Le groupe sera en concert le 14 à La Boule Noire, autres dates de la tournée sur leur site.

django django
because music

samedi 10 décembre 2011

REPLAY 2011 (6). ANE BRUN


Voilà un disque d'hiver par excellence, album-cocon à écouter chez soi bien au chaud et dont la quiétude classique apaisera vos éventuelles tensions. Calme et apaisé, mais ne l'empêchant pas de vibrer d'une belle chaleur contagieuse.

"It All Starts With One" est le nouvel album d'Ane Brun (qu'on prononce Ana Broun), élégante chanteuse norvégienne, aux racines folk, et dont ce quatrième album, à l'orchestration et arrangements de grande tenue, est plus ouvertement pop. Belle occasion, si vous la connaissez mal, de découvrir la voix chaude et expressive de la demoiselle dans cet écrin soigné et atmosphérique. 
Entouré de complices de talent (First Aid Kit, Loney Dear à la batterie, José González de Junip en duo), elle y rayonne de toute l'expressivité de sa voix au vibrato troublant, bien plus vivant que celui d'une Alelia Diane :


Et la production de Tobias Froberg et de Peter Moren (de Peter Bjorn & John, une référence), est un vrai modèle d'élégance et d'intensité illuminé de cordes tombées du ciel, à la Jean-Claude Vannier, et percussions subtiles.
Un emballage luxueux idéal pour révéler la pureté de chansons épurées qui, derrière leur apparente quiétude, révèlent une vraie gravité, voire solennité dramatique pudique (touchants The Light From One et Undertow). Quant au duo avec José González, c'est un sommet folk pop magnétique tissé de leurs voix complémentaires :



Album classique mais d'un accomplissement évident, "It All Starts With One" est une douce réussite, plus emballante, dans un sillage artistique proche, que les derniers opus trop timides d'Agnes Obel ou Lykke Li, et par moments, proche de la clarté du dernier My Brightest Diamond.

Lumières éclairant la nuit ou l'inverse, un bel opus où la norvégienne rejoint la séduction grave dispensée sur les derniers albums de son indispensable consoeur suédoise Anna Ternheim et dont la voix aérienne évoque plus d'une fois celle de sa compatriote trop rare, Anneli Drecker, l'âme des Bel Canto.
À noter que l'album existe en édition deux disques, le second encore plus intime, constitué de titres bonus, folk ou acoustiques, souvent au piano, dont une touchante ballade triste de fin en espagnol. Bonne raison de s'attarder encore avec elle :

Tracklist :
1. These Days
2. Words
3. Worship (feat. Jose Gonzalez)
4. Do You Remember
5. What's Happening With You And Him
6. Lifeline
7. One
8. The Light From One
9. Oh Love
10. Undertow

Disc 2 :
11. Dirty Windshield
12. Take It Slow
13. One Last Try
14. Queen And King
15. Du Gråter Så Store Tåra (English version)
16. I Would Hurt A Fly
17. Another World
18. Alfonsina Y El Mar

Ane Brun. "It All Starts With One" (Ballon Ranger Recordings/Universal) sorti le 20 septembre 2011
♥♥♥♥
en écoute sur spotify & deezer
3 titres sur la Playlist 2011

à lire sur à l'écoute et pop revue express

vendredi 9 décembre 2011

La lumière pop de KORALLREVEN et de SNAKADAKTAL

Ce temps de début décembre, pluvieux et détrempé vous abat ? La lumière de l'été vous manque déjà ? Envol vers des horizons musicaux dégagés de tout nuage pour refaire le plein d'énergie et bien entamer votre weekend avec deux groupes dont la musique est aussi aérienne que leur noms sont à rallonge.

Départ direct en Suède avec le premier album des Korallreven, rempli de vocaux translucides et mélodies filantes. Duo composé de Daniel Tjäder, claviériste des indispensables The Radio Dept. flanqué de son pote Marcus Joons, Korallreven rêve des îles polynésiennes et des langueurs océanes en les recréant au gré d'une pop cristalline et limpide.

Atmosphérique, synthétique et rêveuse, l'électro pop en suspension du tandem, modeste mais minutieuse, embarque, séduit et aère l'esprit, pas si éloignée de la brume sonore de The Radio Dept., mais évocant surtout le meilleur d'une certaine chillwave évanescente, celle de l'excellent Chad Valley : 

Korallreven - "As Young As Yesterday"





Une croisière charmeuse au trajet sinueux, les pieds dans l'eau (chaude) et la tête dans les étoiles, agrémentée de la touche vocale féminine de Victoria Bergsman de Taken By The Trees.

Impossible de ne pas avoir l'esprit en paix une fois arrivé à destination. Pour prolongation du plaisir, appuyer juste sur "replay" et le voyage recommence.





Tracklist :
1. As Young As Yesterday (ft. Victoria Bergsman)
2. Sa Sa Samoa
3. The Truest Faith
4. Keep Your Eyes Shut
5. Loved-Up
6. Comin' Closer
7. Pago Pago
8. Honey Mine (ft. Victoria Bergsman)
9. A Surf On Endorphins
10. Comin' Down

Korallreven. "An Album by Korallreven" (Hybris/Warner)
Sorti le 14 novembre 2011
♥♥♥♥
en écoute sur spotify, absent sur deezer
à lire sur des chips et du rosé
myspace korallreven

Le deuxième voyage est moins exotique, mais ne manque pas de charme. Vu la pochette de leur EP, évocatrice de fjords et la sonorité rugueuse de leur nom, on pourrait croire qu'ils viennent du Nord. Mais Snakadaktal est en fait un tout jeune groupe venu de Melbourne, Australie.
Oeuvrant dans une indie pop plus classique, la dream pop des jeunes australiens, avec 2 garçons et 1 fille au chant, fait cependant preuve d'une fraîcheur revigorante et la nature mélodique de leur pop songs addictives entre gaieté radieuse et léger spleen ne fait que s'accroître au fur et à mesure des écoutes :








Si le jeune quintet, qui glisse parfois de l'électronica dans sa pop, cite souvent Metronomy comme influence première, c'est plus au minimalisme post-adolescent de The xx ou des Foals qu'on songe à les rapprocher. Et surtout à la pop en clair-obscur de Dark Dark Dark sur deux titres (Chimera, Air) tenus par la voix claire de la mignonne Phoebe qui évoque à s'y méprendre la belle voix de Nona Marie Envie, atout vocal des trop méconnus Dark Dark Dark.

Un groupe tout neuf qui n'en est qu'à ses tout premiers pas, et prometteur une fois qu'ils s'éloigneront un peu de leur modèles. Si l'album qui devrait suivre bientôt est de la même tenue, voilà une formation à ne pas quitter de l'oeil.

Et dont je remercierai ici un lecteur récent du blog (williams) de m'avoir fait découvrir l'existence. Un blog n'est rien sans ses visiteurs, j'en ai la preuve évidente tous les jours, donc merci !

Tracklist : 
1. Wake Up
2. Chimera
3. Air
4. Carnival (Lobster Monster)
5. Skin
6. Boy

Snakadaktal. "Snakakdaktal EP" (I Oh You)
Sorti le 15 août 2011
♥♥♥
en écoute sur spotify, absent sur deezer
à lire sur La Peppynière
my space snakadaktal et facebook

vendredi 21 octobre 2011

REPLAY 2011 (2). THE PHOENIX FOUNDATION

On poursuit la petite rubrique "Replay" afin de ne pas oublier les bonnes surprises de l'année non encore traitées ici.
Ainsi, il aurait été dommage de ne pas évoquer la dernière livraison d'un groupe venu de Nouvelle-Zélande, stars chez eux et encore trop méconnus chez nous, The Phoenix Foundation.

Une joyeuse bande menée par Samuel Flynn Scott, dont le dernier album "Buffalo" fut le premier à atteindre nos contrées alors que c'est déjà leur quatrième. Et qu'il est urgent enfin de dire partout tout le bien que méritent ces précieux mélodistes pop, au charme immédiat entre psychédélisme intemporel et électro ludique.
Impossible de résister à leur hymne "Buffalo", à rendre jaloux MGMT, une bombe pop au gimmick électro-rock en boucle, qui aurait méritée d'être la bande-son indie de l'été :



Et au-delà, car The Phoenix Foundation est bien loin d'être le groupe d'une seule chanson ! Plutôt de brillants alchimistes capable de mélanger sunshine pop digne des sixties (Pot), héritage d'orfèvres mélodistes dignes de leurs ancêtres australiens Go-Betweens ou des anglais de House Of Love (Bailey's Beach) et cousinage électro pop ludique (Skeleton).
Comme des Flaming Lips qui joueraient avec des Animal Collective décontractés.

Pop moderne ayant digéré le passé et tournée vers le futur, la musique des néo-zélandais est d'une constante séduction, autant joueuse que romantique et d'une parfaite luminosité.

Dix titres d'une partageuse fluidité et spatiale zénitude bercés par le timbre tranquille de crooner indie de Samuel Flynn Scott, un vrai havre de félicité qui gagne en qualité au fur et à mesure des écoutes. Je vous défends de ne pas avoir le sourire aux lèvres à l'écoute de perles comme la joviale "Pot", la craquante "Wonton" ou la fantaisiste "Orange & Mango" :


De quoi donner envie sur le champ, sinon de déménager en Nouvelle-Zélande (quoique...), mais surtout de se plonger dans la discographie d'un groupe qui n'a vraiment rien à envier à ses cousins américains, je songe aux Freelance Whales ou autres Local Natives.
Et qui devraient - du moins pour ceux qui l'auront écouté - se retrouver en position enviable dans les palmarès de fin d'année.

Comment ça, on s'en rapproche à grands pas, déjà ? Vite, un petit coup de The Phoenix Foundation pour me remonter le moral !


The Phoenix Foundation - "Bitte Bitte"

Tracklist :
1. Eventually
2. Buffalo
3. Flock Of Hearts
4. Pot
5. Bitte Bitte
6. Skeleton
7. Orange & Mango
8. Bailey's Beach
9. Wonton
10. Golden Ship

The Phoenix Foundation. "Buffalo" (Memphis Industries/PIAS)
Sorti le 10 janvier
♥♥♥♥

à écouter sur deezer & spotify et en version DeLuxe avec titre bonus
3 titres sur la Playlist Replay 2011
à lire sur benzine, hop blog et article sur les inrocks

The Phoenix Foundation