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lundi 16 mai 2011

WESTERN POP. La BO sixties de Danger Mouse & Daniele Luppi


Rien que lundi et nous voici déjà avec une grosse sortie, voire LA sortie de la semaine. Un album nommé tout simplement "Rome". Et une fois de plus, on doit ce projet sorti de nulle part à l'insaisissable Danger Mouse.

Planqué derrière son pseudo qu'on croirait sorti d'un James Bond, Brian Burton, l'homme des projets Broken Bells ou Gnals Barkley - producteur incontournable du moment au même titre que David Sitek ou Dave Fridmann - nous emmène dans une Italie fantasmée : celle du cinéma des années 60 et surtout celle des films mis en musique par Ennio Morricone.


Référence omniprésente revendiquée par Burton (à droite) épaulé de plus par Daniele Luppi (à gauche), l'un des plus disciples actuels d'Ennio, "Rome" est un retour aux sources à la musique qui illustra tant de classiques du cinéma européen, western-spaghettis ou pas.

La bande-son d'un film imaginaire qui confirme le carnet d'adresses fourni de l'énergumène puisqu'en mini-metteur en scène, il a réservé à Jack White et Norah Jones les chansons racontant la vie d'un couple sur un album par ailleurs plutôt orchestral :



Bel exercice de style qui confirme les lubies de musiciens respectueux et scrupuleux (c'est tout fait à l'ancienne, Madame, le tout enregistré en analogique dans la ville éternelle!), l'entreprise réactive tout l'amour qu'on a porté à un cinéma et à des B.O. jamais oubliées. D'autant que sur le premier titre instrumental, on retrouve la voix d'Ella Dell'Orso, la mythique voix de sirène qui a illuminé tant de chefs-d'oeuvre de Sergio Leone :





Ballade d'une qualité et d'une élégance jamais prise en défaut, hantée de-çi de-là par le fantôme de Gainsbourg (la guitare de Black ou Her Hollow Ways), disque à illustrer de ses propres images, "Rome" a au bout du compte le mérite (et la faiblesse aussi) de ressusciter l'esprit musical d'une époque. Mais accuse parfois les limites des entreprises passéistes de ce genre (on pense à Air), voire celles de son auteur.


Danger Mouse & Daniele Luppi - "Black" feat. Norah Jones

Car pour aussi accompli que soit l'hommage, malgré son ambiance garantie vintage et ses guitares western réactivées, au bout du compte l'ensemble reste un poil trop maîtrisé, assez décoratif, comme en retrait.
Y manquent, je pense, la fougue et le lyrisme échevelé qui caractérisait les sommets Morriconiens, voire son versant le plus sombre. Danger Mouse, grand perfectionniste ne se met jamais TROP en danger, avez-vous remarqué ?

Mais on saluera le don de cet homme pour rendre plus troublante la par ailleurs bien fade Norah Jones (ici d'une grande classe sur "Black"), voire un Jack White souvent agaçant, qu'on trouve touchant sur la belle ballade "The Rose With The Broken Neck" :





Et plus largement, sans être vraiment aussi enthousiaste que la majorité de l'accueil critique reçu actuellement par "Rome", on ne reniera pas le plaisir éprouvé par ce distrayant itinéraire italien. Romantisme classique, mini-cinéma intime et souvenirs sixties garantis qui donnent de suite envie de revenir aux originaux : pas une si mauvaise récolte finalement pour un disque finalement agréable et léger.

Tracklist :
1. Theme Of Rome
2. The Rose With The Broken Neck (feat Jack White)
3. Morning Fog Interlude
4. Season’s Trees (feat Norah Jones)
5. Her Hollow Ways Interlude
6. Roman Blue
7. Two Against One (feat Jack White)
8. The Gambling Priest
9. The World Interlude
10. Black (feat Norah Jones)
11. The Matador Has Fallen
12. Morning Fog
13. Problem Queen (feat Norah Jones)
14. Her Hollow Ways (feat Jack White)
15. The World (feat Jack White)


Danger Mouse & Daniele Luppi. "Rome" (EMI Records)
♥♥ (♥)
Sortie ce lundi 16 mai
en écoute sur Deezer et Spotify et 3 titres sur la Playlist Pop
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Rome