Affichage des articles dont le libellé est Nicolas Comment. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nicolas Comment. Afficher tous les articles

samedi 18 décembre 2010

TOPS 2010 (1). Top des flops 2010


On finit 2010 comme tout le monde avec la manie des bilans, des palmarès et des tops, sauf que chez moi c'est tout nouveau.
En effet, Les Chroniques de Blake ayant moins d'un an d'existence ce sera donc la première fois que je me prête à l'exercice.
Pour commencer, un petit "top des flops" très disparate sur les disques que j'ai trouvés décevants ou surestimés par les médias. Un exercice subjectif et peu charitable, à voir comme une mise en jambes avant les choses sérieuses et donc par essence une chronique multi-sujets !

10. Gorillaz - "Plastic Beach"
Le vrai-faux groupe virtuel de Damon Albarn confirme avec cet opus assez fantomatique le statut de groupe-joujou-gadget qu'il a toujours eu à mes yeux depuis le début. Super pro mais désincarné, avec sa tonne d'invités de prestige (Lou Reed en tête) qui ne parviennent pas à donner corps à cette pâlichonne fête électro-hip-hop-pop. Une vraie machine musicale en plastique ?
deezer et spotify



 

9. Bryan Ferry - "Olympia"
J'aurais aimé que sa Majesté Bryan Ferry, dandy historique du rock, évite de pondre un album paresseux qu'on croirait conçu comme les chutes de ses albums 80's les plus clinquants.
Un zeste d"Avalon" de 1982, un doigt de "Bête Noire" en 1987 : des rythmes funky vieillots, des invités prestige à la pelle qui s'annulent (encore) et des choeurs féminins kitsch : la recette ne prend plus, malgré son timbre de crooner voilé. Le plus regrettable étant cette inutile reprise du "Song To The Siren" piqué à Tim Buckey et This Mortal Coil.
Qu'on ne t'y reprenne plus, Bryan !
deezer et spotify


8. Arcade Fire - "The Suburbs"
Alors, oui, dans mon anti-top, il y a la formation chouchou du rock indé. Et je serai franc, j'aurai mauvaise grâce à décréter que "The Suburbs" soit vraiment un mauvais disque de bout en bout.
Mais que voulez-vous, je n'ai jamais été très sensible au lyrisme appliqué, soit naïf, soit emphatique du couple Win Butler & Régine Chassagne, ces bons éléves indé qui manquent surtout selon moi de vraie folie.
Et comme ne les ai pas vus en live où il semblent exceller et que la presse spécialisée se répand partout en superlatifs un poil outranciers, ce n'est pas cette petite place ici qui va leur porter tort, vous en conviendrez.

7. Sade
- "Soldier Of Love"
Vous me direz : qu'attendre d'un disque de Sade en 2010 ? C'est parce que vous n'avez pas passé votre adolescence avec dans les oreilles le doux feulement sensuel de miss Helen Adu, dont les deux premiers albums restent des modèles de soul jazzy grand public.
Hélas, si la dame est resté d'une belle élégance, ce disque lisse sans histoire n'est pas à la hauteur de son absence de dix ans. Comme conservée dans le formol, la pop mid-tempo calibrée et mollassonne de Sade reste inchangée depuis 20 ans et confirme le peu de risque pris par une chanteuse en surplace artistique permanent.

6. Antony And The Johnsons - "Swanlights"
Voilà l'album qui confirme ce qui m'avait toujours gêné chez le pourtant estimable Antony trop souvent jugé intouchable. Une fois passée la découverte de son timbre androgyne sur son "I Am A Bird Now" (2005) inaugural, le vibrato dramatique appuyé (maniéré) du géant androgyne ennuie, à force d'usage fort répété au long de compositions trop semblables.
Ici la formule est clairement au bord de l'usure et l'ornière artistique pointe, sans parler d'un duo pénible avec Björk.
Et s'il rejouait les divas transgenre néo-disco avec les Hercule & Love Affair, ou allait voir vraiment du côté de l'électro ?
deezer et spotify


5. Sufjan Stevens - "The Adge Of Adz"
Un qui n'a pas eu peur de plonger dans l'électro jusqu'au coup, c'est le père Sufjan Stevens, le petit surdoué très aimé du folk américain. Apparemment pris d'une envie mégalo de publier le disque le plus surproduit de l'histoire, son "The Adge Of Adz" qui prend déjà pour certains fans figure de nouvelle cathédrale pop, a plus pour moi l'allure d'une grosse pièce montée (ou un kouign aman) surchargé d'harmonies vocales et d'effets à faire passer Phil Spector et Trevor Horn pour des producteurs au rabais. 
Une démarche qui ne laisse pas indifférent pour un disque fascinant par instants, mais souvent "too much" et qui manque surtout d'un certain dosage pour ne pas s'avérer vite saoulant. Et l'émotion, dans tout ça, Mr Stevens ? Sacrifiée sur l'autel de l'ambition, on dirait.
en écoute sur son Bandcamp

4. Nicolas Comment - "Nous étions Dieu"
J'en avais déjà parlé en mal, et j'y reviens, ça tourne sans doute à l'acharnement. Mais, à l'heure où une flopée d'artistes de la nouvelle scène française publient de bons albums (Marchet, Lallemant, Belin) il est désolant que certains aient pu trouver un quelconque intérêt dans ce copier-collé pas inspiré et mal écrit des pires tics de Gainsbourg ou Daniel Darc, le tout marmonné avec toute la glaciale morgue d'un pseudo-dandy arrogant qui se voudrait poétique.
C'est à s'en désabonner de Libé ou de Magic, pour autant qu'on y soit abonné, c'est vrai, au fait.
deezer et spotify


3. Orchestral Manoeuvres In The Dark - "History Of Modern
Je sais, c'est pas beau de tirer sur les ambulances, d'autant qu'on entend peu parler d'eux et de leur nouvelle galette. Et ce n'est pas un mal, car on se demande pourquoi McCluskey & Humphreys ont réactivé le dinosaure OMD si c'est pour le faire avec si peu d'inspiration et d'idées. À quoi sert de souiller nos souvenirs z'émus de leurs Enola Gay, Electricity ou ...Souvenir pour les polluer avec ces pop songs synthétocs basiques et racoleuses ?
Le problème n'est pas de continuer, chers ex-vedettes, mais plutôt de respecter le public en évitant de surfer opportunément sur la nostalgie 80 sans l'avoir réactualisée. De quoi réévaluer à la hausse les derniers Depeche Mode ou Killing Joke, voire les p'tits jeunes de Violens.
 
2. Goldfrapp - "Headfirst"
Ceux-là, en d'autres époques, auraient mérité le goudron et les plumes pour avoir sabordé de manière si radicale une des formations pop hier les plus séduisantes, début des années 2000.
Will Gregory
et Alison Goldfrapp, auteurs des capiteux "Felt Moutain" ou "Seventh Tree" ont définitivement vendu leur âme au diable et au dieu show-biz, Alison se rêvant sans doute en nouvelle Madonna ou Lady Gaga indie.
Sinon pourquoi nous infliger ces neuf titres néo-disco d'une banalité affligeante, genre sous-Giorgo Moroder, où le vulgaire le dispute au kitsch ? Sans être le groupe le plus expérimental du monde, on n'imaginait pas un tel abandon de la moindre ambition artistique. Un triste gâchis.

AND THE WINNER IS :   

1. Kanye West - "My Beautiful Dark Twisted Fantasy"
Je ne suis pas très amateur ou connaisseur de hip-hop et il est sans doute mal venu de critiquer un album d'un genre qu'on connait mal. Mais comme il est difficile ces derniers temps de ne pas avoir lu d'éloges de ce qui serait déjà un classique, voire LE chef-d'oeuvre 2010, tous genres confondus.
Si c'est le cas, je m'inquiète et je comprends mieux pourquoi je ne suis pas sensible au hip hop, avec cet étalage de morgue auto-satisfaite à base de vocaux clichetonneux et de gros son tape-à-l'oeil (oreille). Kanye West croit peut-être avoir publié l'équivalent rap moderne des "What's Going On" de Marvin Gaye ou "Songs In The Key Of Life" de Stewie Wonder et se verrait sans doute dans la peau d'un néo-Quincy Jones. Avec cet objet voyant et boursouflé, on serait plus près de la bande-son de blockbusters cinéma épate-gogos.
Que la critique cède à sa campagne de promotion et veuille faire passer pour le comble du raffinement un gros Big Mac étouffe-chrétien confirme bien le peu de crédibilité qu'on doit lui accorder ces temps-ci. Raté ! Et ce n'est pas ça qui me rendra plus curieux du hip hop.




Ont échappé au top in extremis, faute de place et eu égard à leur glorieux parcours : Massive Attack, Brian Eno, Edwyn Collins.













à suivre bientôt : Bilans 2010, la suite...

dimanche 28 novembre 2010

SCÈNE FRANÇAISE. Bastien Lallemant, Florent Marchet, et humeur sur quelques autres...


Suite et fin de ce ponctuel tour d'horizon de la scène française, côté chanteurs, qui prend dans un premier temps un air de session de rattrapage express.

Surtout concernant le dernier album du très discret Bastien Lallemant, paru au début du mois de ... mai dernier !

Ami et collaborateur de Bertrand Belin, Bastien Lallemant signe avec "Le Verger" un disque intemporel à l'évidente filiation gainsbourienne, qui ressuscite parfois à s'y méprendre vocalement le grand Serge, période La Javanaise-Les Goémons.


Plus narratif que Belin, moins post-moderne qu'un Arnaud Fleurent-Didier, l'art de Lallemant se révèle plus classique en terme d'inspiration et de composition.

Une flânerie poétique de belle tenue, où Lallemant, épaulé de quelques compagnons de jeu - Belin, Armelle Pioline de Holden aux choeurs, Pascal Parisot - distille une belle élégance sans afféterie et une certaine malice au long de jolies compositions (L'empoisonneuse, Les fougères).
Le tout composant un tableau soigné, quoiqu'un peu sage et trop ordonné, qui a donc le défaut de séduire sans toutefois surprendre.

À lui de proposer maintenant un parcours aux reliefs plus accidentés, pour peu que le public lui prête un peu attention.

Bastien Lallemant. "Le Verger" ♥♥ en écoute sur MusicMe

chroniques sur Culturopoing et Les chroniques de Charlu allez donc voir chez lui, un excellent blog ...



Myspace Bastien Lallemant

Arrive ensuite le cas du dernier Florent Marchet, qui avec "Courchevel" bénéficie d'une jolie mise sur orbite en terme d'exposition grand public qui lui avait manqué en 2007 à l'époque de son impeccable "Rio Baril" d'excellente mémoire, un disque désabusé de haute tenue.

Et peut-être la raison pour laquelle j'étais resté moyennement convaincu par ce nouvel opus lors de l'écoute à sa sortie en octobre : plus direct, plus simple avec ses pop songs efficaces (trop?), voire propre et calibré pour les passages radio (le single Benjamin en tête).

Seule l'inspiration, l'observation des petites misères et frustrations de la classe moyenne, reste toujours si peu consensuelle.


Seulement, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
À la faveur d'une récente prestation chez Lenoir sur Inter (voir sur La Musique à papa) - et en comparaison d'autres productions moins fréquentables, j'y viendrai - force est d'avouer la cohérence et l'intégrité du personnage.

Même s'il a un peu "électro popisé" son approche musicale ainsi que développé un look néo-Deschiens très trendy, il est bien loin d'en être réduit à bêler avec le ventre mou de la variété française des plateaux télé grand public.

Ne cédant en rien sur l'ironie et le spleen qui fonde ses vignettes chantées désabusées sans pathos (La Famille Kinder, La Charrette), Marchet, en petit frère pop de Dominique A - influence principale, un peu encombrante quand il essaye d'imiter ses inflexions de voix - va-t-il réussir à déambuler en équilibre entre chanson d'auteur et variété intelligente ?

Pari lancé mais que l'intéressé devrait tenir, s'il sait garder son cap, et je ne doute pas qu'il y parvienne en artiste avisé doué d'auto-dérision et aux références musicales irréprochables en écoute sur sa Playlist proposée à Libé

Florent Marchet "Courchevel" (PIAS France) ♥♥♥ en écoute sur Deezer et Spotify

chronique sur Hop Blog

Courchevel, L'eau de rose et La charrette sur la Playlist Automne




Florent Marchet.com

Et là, même si ce n'est pas vraiment mon habitude de prendre plaisir à dire du mal, force est d'avouer qu'il me faut vous parler de deux disques qui m'ont énervé...
Non seulement du fait de leur piteuse qualité, mais surtout parce que certains critiques professionnels ont eu l'étrange idée d'en dire du bien.

Je m'inquiète donc pour l'état de santé - physique : a-t-elle des oreilles en bon état ? ou mental : on craint le pire - de la critique de Télérama qui a décerné 3 étoiles à l'album "L'Homme Moderne " de Benjamin Paulin en citant Dutronc comme référence (pauvre Dutronc).

Si c'est moderne de chanter des textes creux mal écrits, surfant à coup de clichés sur le malaise social, d'un cynisme paresseux et d'un machisme vulgaire ("Ma femme voulait que je change, alors j'ai changé de femme"), alors, oui, le dandy de prisunic Benjamin Paulin, fils à papa bellâtre qui se veut élégant, est moderne.

Et si enrober le tout d'une soupe musicale néo-yéyé et variété-rap avec la diction caricaturale d'un slameur fabriqué des beaux quartiers à faire passer Grand Corps Malade pour un artiste inspiré, alors le très toc Paulin est moderne.

Faut-il que l'industrie et la presse musicale soient si larguées pour plébisciter des disques qui mériteraient de rester sur les étagères ?

Le plus effarant étant bien de voir du talent, là où il n'y en pas du tout du tout.

Benjamin Paulin. "L'Homme Moderne" (Universal Music AZ)

Pour les curieux : l'article signé Valérie Lehoux sur Télérama et à vos risques et périls, "L'Homme moderne" en écoute sur Spotify

Juste pour que vous mesuriez l'ampleur des dégâts, et ce n'est pas la pire ! :

Mais les épreuves ne s'arrêtent pas là puisque suit le premier album du dénommé Nicolas Comment, par ailleurs photographe.

Avec "Nous étions Dieu", ce dandy froid et compassé croit certainement avoir décroché la lune puisque son disque a l'heur "d'em-ba-ller" les rédactions de Libé, des Inrocks ou Magic.

Pas difficile, il a bien écouté le chant non chanté de Gainsbourg, l'électro nihiliste de Taxi Girl et l'austérité de Kat Onoma-Rodolphe Burger, a bien brassé paresseusement.

Et mon tout ressemble à un Yves Simon glacial ânonnant des platitudes artistico-érotico-existentielles aux rimes faciles sur fond d'électro basique et de guitares piquées à Rodolphe Burger.

Une petite chose fabriquée et vaine, qui ne mériterait pas qu'on s'y attarde, si donc la presse parisienne ne l'avait déjà fait rentrer dans leur club, que France-Inter ne le diffusait dans leur programmation musicale (épargnez mon dimanche matin) et que surtout, certains osent la comparaison avec Gainsbourg (je ris), Manset (je ris moins) ou ....Bashung (je ne ris plus).

Bon, ça suffit la supercherie, d'autant plus quand le monsieur commence à y croire.
Jugez donc la réaction mesquine de petit marquis outragé qu'il eût à la lecture d'un papier défavorable sur le blog Rock My Days et de son droit de réponse arrogant : "...votre chronique, le symbole du degré zéro de la critique rock" " ...lâche tâcheron de la critique amateur", j'en passe et des meilleures...

Le droit de suite du blogueur lui rive d'ailleurs bien son clou, et le tout, fort instructif sur la prétention et le refus de certains prétendus artistes à essuyer la critique est édifiant et à lire ici.

Si la critique se montrait moins complaisainte envers certains artistes ou maisons de disques, elle regagnerait peut-être une part de sa crédibilité depuis longtemps perdue.

Nicolas Comment. "Nous étions Dieu" (Kwaidan Records/Discograph)

Voulez-vous tenter l'écoute sur Spotify ?

Pour remettre les pendules à l'heure, rien de mieux que saluer l'ami Bashung trop tôt parti, mais à l'oeuvre si présente, non pas avec le documentaire hâtif conçu par Boris Bergman, mais bien avec l'intégrale paru chez Barclay.

Nommé "À perte de vue", l'objet porte bien son nom et réside en un coffret de 27 CD dont les 12 albums studio, 5 live ou encore 3 albums de raretés. Le reste est à découvrir pour moins de 100 €, voire 79 € si vous cherchez bien.

Indispensable pour les amoureux de l'alsacien solitaire ou ceux qui voudraient redécouvrir son parcours.

On se quitte avec "Angora", bijou qui clôt son chef-d'oeuvre Fantaisie Militaire :