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jeudi 12 mai 2011

CINÉMA. Festival : La Rochelle vs Cannes

Le temps file et le joli mois et déjà bien entamé. Preuve irréfutable : le festival de Cannes a déjà déboulé et je ne l'ai pas vu arriver.


Remarquez, je vous dis ça mais voilà bien longtemps que les flashs et les strass cannois ont fini par me lasser... sans compter que les médias (Canal+ et tutti quanti) à cette occasion se transforment plus en paparazzis bling-blig avides de potins que de tenter de nous parler vraiment de cinéma.

Cannes, malgré ta ration incroyable de films, de réalisateurs et de stars au mètre carré, tu a fini par me lasser et ta vision "pipoliseé" de la planète ciné est un cirque dont je connais trop les trucs et les numéros.
Oui, bien sûr, voir Bobby de Niro applaudi en standing ovation ou Bernardo Bertolucci poussant à s'indigner contre Berlusconi sont les jolies moments d'une soirée d'ouverture par ailleurs platounette.








Et évidemment, je verrai ici ou là sans déplaisir au hasard un Michel Piccoli, une Uma Thurman, un Gus Van Sant, un Almodovar ou une Deneuve papoter avec les journalistes, d'autant que Cannes est toujours le bon moyen de rester informé de l'actualité ciné toute fraîche.
Qui sait, on pourrait même avoir une interview du très secret Terrence Malick dont le plus qu'attendu "The Tree of Life" sort enfin ce mercredi 18 en salles...

Et cette année, avouons que son affiche "Faye Dunayienne" est - pour une fois - un modèle de cinéphilie et d'élégance, jugez plutôt :

site du Festival de Cannes
site de Canal+ cannois
Mais finalement, plutôt que de s'attarder sur cet évènement dont les médias nous rebattent les oreilles, dirigeons notre attention sur un festival se tenant à deux pas de chez moi, et ce n'est pas une expression !
Le 39ème Festival International de Film de la Rochelle rouvre ses portes dans un petit mois et demi à peine, il est temps de le claironner partout !

Vous savez déjà toute l'affection que je porte depuis maintenant bientôt dix ans à ce rendez-vous annuel, voir ici. Un rendez-vous conviant tous les dévoreurs de pellicule qui marie grands classiques, raretés, rétrospectives et nouveautés toutes fraîches, d'ailleurs empruntées à Cannes, il n'y a pas de hasard ...
Le tout sans compétition ou palmarès injuste. Juste du cinéma et du plaisir tous azimuts, de la cinéphilie pointue et éclectique mais joyeuse, et le tout devant le vieux port au soleil, du 1er au 10 juillet prochain.
Chaque année, on se demande si on on ira ou pas à ce nouveau cru rochelais, si on aura d'abord le temps (et l'envie) de patienter dans des files d'attentes bondées, de faire des choix cornéliens - pensez donc : 15 écrans, 300 films, on ne peut pas être partout ! - et d'abîmer ses mirettes devant des films à la file...
Et puis, une fois les beaux jours revenus, que voulez-vous, on craque et on attend impatiemment le début des hostilités.

Alors, comme chaque année, demandez le programme. Vite, une petite sélection :

D'abord, puisqu'il illumine l'affiche de Stanislas Bouvier, l'intégrale du maître du rire muet Buster Keaton ; Une exposition et un hommage au scénariste prolifique Jean-Claude Carrière en sa présence ; Un éclairage sur l'oeuvre du jeune cinéaste exigeant Bertrand Bonnello présent avec la projection de son dernier film "L'Appolonide" ;






La découverte du réalisateur québécois Denis Côté ; Le réalisateur africain Mahamat-Saleh Haroun ; Une Leçon de Musique autour de Maurice Jarre bien venue puisque le plat de résistance de cette année est l'intégrale de David Lean, l'immense cinéaste anglais dont l'oeuvre longtemps taxée d'académique figure au rang des classiques stylés du 7ème art.

Tant de films à redécouvrir (Oliver Twist, Vacances à Venise, La Fille de Ryan) derrière la statue de "Lawrence d'Arabie".
Le programme est loin d'être complet (films mexicains, programmation enfants, Nuit Blanche) et avant de traîner autour des salles du Dragon ou de La Coursive et d'établir vos choix du jour, traînez donc par curiosité sur le site officiel du Festival qui n'est là que pour vous ICI MÊME.

En attendant de peut-être vous retrouver en photo avec les déléguées du Festival Prune Engler et Sylvie Pras, comme les cinéphiles visibles ici. Mais ne cherchez pas, je n'y suis pas !

En tout cas, habitués ou pas du rendez-vous, vivement le 1er juillet. Qui sait, on s'y verra peut-être ?

On ne se quitte pas sans avoir admiré l'affiche de cette année :

article sur Culturopoing

Festival du Film de La Rochelle

mercredi 5 mai 2010

FESTIVAL. Le Barnum de Cannes

Le joli mois de mai, c'est le mois du muguet, des jours fériés et des ponts - quoique cette année, ils tombent mal ! - et surtout, pour tous les cinéphiles, celui du Festival de Cannes.

D'ici à peine une petite semaine donc, tous les médias planteront leurs chapiteaux voyants sur la Croisette et braqueront leurs gros yeux avides sur Cannes qui deviendra le centre absolu du monde pour eux pendant douze jours.

Douze jours qui devraient en théorie réjouir les amoureux des salles obscures, mais avouons que cela fait bien des années (pas depuis le début quand même ?) qu'on n'y parle plus vraiment de cinéma et que le Festival est devenu une vitrine tapageuse et bruyante, vampirisée par des people et des pseudo-célébrités en manque de bains de foules.

Relayée par des médias obsédés par de grasses audiences - l'omniprésente Canal + en tête avec les rituelles Cérémonies d'ouverture et de clôture - la Fête est devenue un cirque nouveau riche surexposé, souvent obscène et peu propice aux critiques, découvertes et emballements cinéphiles.

"Le Grand Journal"
du transparent passe-plat Michel Denisot sur Canal étant l'émission qui couvrira quotidiennement l'événement, on y jettera quand même un oeil, ainsi que le plus rigoureux "Journal de la Culture" sur arte.
Mais j'essaierai d'éviter soigneusement toute autre chaîne, pour échapper au robinet à "peopleries glamoro-vulgaro-exhibo-auto-satisfaites".

À part ça, quelles réjouissances au programme pour cette édition présidée par le grand enfant Tim Burton ? À première vue, cette année, une sélection plus recentrée sur la vraie cinéphilie, pure et dure. Plutôt bien vu, Messieurs Thierry Frémaux et l'inamovible Gilles Jacob.

Au hasard de la Sélection Officielle et Un Certain Regard, les nouveaux films de réalisateurs de haut vol : Takeshi Kitano, Bertrand Tavernier, Manoel De Oliveira, Hong Sang-soo, Mike Leigh, Alejandro Gonzales Inarritu, Abbas Kiarostami avec Mrs Juliette BinÔÔche, Lee Chang-Dong, Xavier Beauvois, Apichatpong Weerasethakul (mais non, c'est facile à prononcer).

Sûr que les 20h de TF1 ou de France 2, pour leur audimat, préfèreront recevoir Russell Crowe pour "Robin des Bois" ou un Michaël Douglas surbotoxé pour "Wall Street, 22 ans après", ou encore le petit film d'un petit nouveau, Woody Allen.
J'ai noté la sélection du dernier Godard (ah, il était pas mort, le Jean-Luc?), "Vie Socialisme" (une comédie familiale, certainement ?) qui, si le cinéaste suisse est présent, brisera sans doute le ronron médiatique.
Prometteurs aussi, le film "Carlos" d'Olivier Assayas, version ciné d'une série télé sur le terroriste, hein, pas le chanteur de Big Bisou ! ;
les nouvelles oeuvres des très doués Lodge Kerrigan (réalisateur de Keane) ; "Rebecca H." produit par la française Sylvie Pialat avec un casting frenchy également, Géraldine Pailhas et Pascal Greggory ;
"Kaboom" ou les premiers émois sexuels de jeunes étudiants vus par le no future destroy Gregg Araki (réalisateur de Mysterious Skin) ;
ou encore "Tamara Drewe", l'adaptation à l'écran d'une B.D. de Posy Simmonds par le very british Stephen Fears, qu'on ne présente plus.
Et même, plus surprenant à Cannes, "Chatroom", le dernier-né tourné aux U.S.A du japonais Hideo Nakata, l'auteur des cultissimes films "Ring" et "Dark Water". Un film fantastique plutôt prometteur, sur le papier.
Un autre événement qui ferait - presque - regretter de ne pas être sur La Croisette, c'est La Leçon de Cinéma dispensée par le maître Marco Bellochio, dernier grand metteur en scène de l'âge d'or du cinéma italien.
Comme chaque année, on se résignera donc à suivre l'actualité Cannoise, pourvoyeuse de futures réjouissances - ou déceptions - cinéphiliques, une partie de la sélection étant visible en salles au même moment. (Et le reste, je le verrai dans un Festival en juillet qui se tient dans une ville dont vous devriez deviner le nom, non ? cherchez donc dans mes bafouilles précédentes)
Ouverture du cirque, donc, le 12 mai à 19h.
Voici la liste complète de la Sélection Officielle :
ANOTHER YEAR de Mike LEIGH
BIUTIFUL
de Alejandro GONZÁLEZ IÑÁRRITU
COPIE CONFORME de Abbas KIAROSTAMI
DES HOMMES ET DES DIEUX de Xavier BEAUVOIS
FAIR GAME de Doug LIMAN
HORS LA LOI de Rachid BOUCHAREB
LA NOSTRA VITA de Daniele LUCHETTI
LA PRINCESSE DE MONTPENSIER de Bertrand TAVERNIER
ONCLE BOONMEE CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTÉRIEURES (LUNG BOONMEE RALUEK CHAT) de Apichatpong WEERASETHAKUL
OUTRAGE de Takeshi KITANO
POETRY de LEE CHANG-DONG
RIZHAO CHONGQING de WANG XIAOSHUAI
MON BONHEUR (SCHASTYE MOE) de Sergei LOZNITSA
UN GARCON FRAGILE-LE PROJET FRANKENSTEIN (SZELÍD TEREMTÉS-A FRANKENSTEIN TERV) de Kornél MUNDRUCZÓ
THE HOUSEMAID de IM SANG-SOO
TOURNÉE de Mathieu AMALRIC
UN HOMME QUI CRIE de Mahamat-Saleh HAROUN
L'EXODE, SOLEIL TROMPEUR 2 (UTOMLYONNYE SOLNTSEM 2, PREDSTOYANIE) de Nikita Milkhakov
Les films Hors Compétition :
L'AUTOBIOGRAPHIE DE NICOLAS CEAUSESCU (AUTOBIOGRAFIA LUI NICOLAE CEAUSESCU) de Andrei UJICA
CARLOS de Olivier ASSAYAS
KABOOM de Gregg ARAKI
L'AUTRE MONDE de Gilles MARCHAND
ROBIN DES BOIS (ROBIN HOOD) de Ridley SCOTT
TAMARA DREWE de Stephen FREARS
THE TREE (L'ARBRE) de Julie BERTUCCELLI
WALL STREET, L'ARGENT NE DORT JAMAIS (WALL STREET, MONEY NEVER SLEEPS) de Oliver STONE
YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER de Woody ALLEN

Pour les autres sélections (Un certain Regard, la Quinzaine des Réalisateurs, la Caméra d'Or, la Semaine de la Critique) ou la liste des membres des divers jurys, un petit effort, à vous d'aller consulter le site officiel du Festival ici
et également le site de l'inévitable Canal+ riche en exclusivités, avouons-le et encore la page spéciale Cannes sur arte.tv
On se quitte avec l'affiche officielle de cette 63ème édition. Tiens donc, mais c'est encore Mrs Juliette BinÔÔche.
Et Cannes, ça vous inspire quoi, vous ?