Affichage des articles dont le libellé est Pop. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pop. Afficher tous les articles

vendredi 10 février 2012

La pop céleste de AM & SHAWN LEE

Marre comme tout le monde du froid et de la neige qui s'incrustent sans qu'on ne leur ait rien demandé ? En ouverture de ce weekend, rien ne vaut une petite infusion de Celestial Electric. Une galette qui fera idéalement office de cure musicale de repos et d'évasion, une trouvaille rencontrée grâce à l'indispensable lecture du blog Des Chips et du Rosé de l'ami Benoit.

Refuge rêvé loin de toute agression hivernale, la musique de AM & Shawn Lee vous transporte en une note vers une oasis ensoleillée, mix de pop aérienne, funk groovy et pop acoustique soignée aux réminiscences années 70. Un accueillant objet atemporel façonné à quatre mains par le californien AM et l'anglais Shawn Lee qui ont scellé via le net leur collaboration à distance sous le signe des B.O. rétro-seventies et de la sunshine pop légère et scintillante :



Un travail à deux têtes à l'image de l'album de Cant, la collaboration Chris Taylor-Twin Shadow, pour cette échappée rétro-futuriste aux airs de boîte à bonbons pop acidulés, mariage inattendu du goût d'un Danger Mouse pour les sonorités vintage et de la pop catchy tendance Phoenix/Tahiti 80.

À croire que le chanteur du groupe rouennais Xavier Boyer aurait pu poser sa voix sur cet album, vu la troublante similarité vocale à reconnaître tout le long de l'album :



Quoiqu'il en soit, Celestial Electric fera le bonheur des amoureux des ambiances multicolores estampillées seventies aux choeurs en apesanteur (Jackie Blue, Winter Sun) et dégèlera votre esprit engourdi par le froid mordant par son côté feel good music et sa couleur fusion groovy prononcée (une section rythmique d'enfer signée AM).
Une réjouissante échappée qui tombe à point nommé et auquel on pardonne même ses très légers défauts, le dessert étant un peu light et parfois chargé en glucose. Mais en cette période rigoureuse, toute énergie positive - d'autant plus électrique (!) - susceptible de nous faire survivre à cet hiver ne saurait être négligée. Bonne cure céleste à tous !

AM & Shawn Lee. Celestial Electric (ESL Music, Inc) paru en 2011
♥♥♥
écouter sur spotify et deezer 
lire sur des chips et du rosé et magic
am & shawn lee

samedi 24 décembre 2011

MERRY (POP) CHRISTMAS

Noyël, Noyël ! Malgré l'aspect plus qu'attendu, voire redouté par beaucoup, vous n'échapperez pas aux habituelles chansons de Noël avec carillons, traîneau et neige poudreuse.
Mais, afin de vaquer à la préparation de votre soirée du 24 sans craindre l'écoeurement avant même d'avoir commencé votre réveillon, on sacrifiera à ce rituel en compagnie de figures connues et estimées.

Dans le registre des traditions, on peut fréquenter sans risque le duo She and Him qui s'est prêté à l'exercice. Douze chants de saison aux refrains carillonnants repris avec élégance et style par M.Ward et la jolie Zooey Deschanel.

Ça s'écoute et se déguste tout seul, intemporel et plaisant. Je dirais même qu'avec sa classe sixties, cet interlude me paraît plus convaincant que les albums "sérieux" du duo.
Sans aucune surprise, c'est vrai, mais charmant :



Et pour un 24 décembre moins conventionnel, on peut toujours se tourner vers l'ostrogoth Gruff Rhys qui nous gratifie d'un très court mais réjouissant EP, Atheist Xmas.
En bon anglais, il prend le contrepied des bons sentiments avec trois vignettes pop à la couleur seventies bien glam sur lesquelles il raconte des gentilles petites horreurs : Noël délaissé d'un couple âgé, réveillon de réfugiés après la fin du monde, blues de célibataires solitaires.

Youpi, c'est la fête, quoi... Soigneusement décalé et savoureux, ce mauvais esprit. Merci bien, monsieur Gruff !



Me reste donc plus qu'à vous souhaiter à mon tour sans détour un très bon "vous-savez-quoi". C'est simple, il suffit de lire, c'est marqué plus bas.

Juste ici :













...
À TOUS !


mercredi 30 novembre 2011

REPLAY 2011 (3). TREEFIGHT FOR SUNLIGHT

Déjà décembre demain ! Il est plus que temps de reprendre la rubrique "Replay", encore plus en retard après l'interruption prolongée du blog : juste un petit mois pour parler de quelques galettes oubliées ici dans l'année.

Négligé ici au printemps dernier, ce cocktail pop nordique mérite pourtant qu'on ne l'oublie pas : "Treefight For Sunlight" ou comment affronter l'hiver avec le sourire grâce à l'élixir revitalisant concoté par ces Danois remplis de bonnes ondes.

Quatuor optimiste qui devrait être remboursé par la Sécurité Sociale, les ludions à l'énergie lumineuse de Treefight For Sunlight réconcilient sunshine pop californienne et pop moderne euphorisante, entre Beach Boys solaires et MGMT venus du Nord.
Une joie quasi enfantine parcourt ce recueil gorgé de choeurs radieux et mélodies naïves à l'insouciance communicative :



Une vraie ration de mélodies aérienne qui ravira les adorateurs des perles pop des Byrds ou des orfèvreries mélodiques passées d'XTC, le song writing des danois emmenés par Niels Kirks relevant le défi de leurs glorieux aînés.

Le tout avec ce je-ne-sais-quoi de foutraque et psychédélique, choeurs jubilatoires digne de leurs cousins suédois d'I'm from Barcelona ou euphorie sonore très space cake à la MGMT, boostée par une production scintillante.
Une musique qui réconcilie présent et passé, une recette colorée aux effets euphorisants garantis :



Volontiers naïve voire candide, la musique de ces farfadets radieux est en fait un doux refuge aux couleurs franches et lumineuses, comme un dessin d'enfant gribouillé et craquant. Comme leurs homologues néo-zélandais Phoenix Foundation ou islandais de Seabear (moins la mélancolie de ces derniers), ils cultivent un goût pour les merveilles de l'enfance nullement régressif mais simplement stimulant.

Préservant cette part d'innocence que l'on devrait tous garder, si toutefois vous l'avez perdue, la musique modeste mais éclatante de Treefight For Sunlight devrait vite vous la faire retrouver.

Treefight For Sunlight - "What Became Of You And I"

Tracklist :

1. A Dream Before Sleep
2. You And The New World
3. The Universe Is A Woman
4. They Never Did Know
5. Facing The Sun
6. Rain Air
7. Tambourhinoceros Jam
8. Riddles In Rhymes
9. What Became Of You And I ?
10. Time Stretcher

Treefight For Sunlight. "Treefight For Sunlight" (Bella Union) Sorti le 14 février
♥♥♥♥
à écouter sur spotify & deezer
3 titres sur la Playlist Replay 2011

à lire sur hop blog et les inrocks

Treefight For Sunlight

dimanche 27 novembre 2011

SYD MATTERS EN LIVE. Merci, Mr Morali !



L'existence d'un blog est une course de fond, non exempte d'incidents et d'arrêts imprévus. Plus de dix-sept jours de break momentané, un trou d'air de saison occasionnel qui nous envoie déjà à la fin du mois de novembre.

Et c'est donc à l'occasion d'un concert hier soir, ma deuxième virée passée à La Sirene, que le blog se réveille de sa torpeur passagère. Un concert de Syd Matters, mais quel concert ! Bon, commençons par le début car la soirée pop rock rochelaise s'est déroulée en trois temps.

D'abord le quatuor des Kid Bombardos, petits voisins bordelais qui ont ouvert les hostilités avec l'énergie qui caractérise leur jeune âge. Et admettons que le groupe des frangins Martinelli se tient bien en scène, endroit qu'ils connaissent manifestement comme leur poche. Leurs pop songs charnues et électriques et leur look rétro constituent un apéritif sympa, à défaut d'être original :



Avouons juste que, malgré l'excellence de leur bassiste et leur jeu de guitares furibardes, malgré tout l'engagement scénique dont ils font preuve, le set s'avère un peu lassant, lorgnant sur les sixties et le rock limité des Strokes, pour finir au fond par sonner comme une version hexagonale des Vampire Weekend ou Two Door Cinema Club. Quand en plus, on n'est pas très sensible au phrasé anglais très chewing-gum de Vincent Martinelli. Ceci dit, vu leur âge et leur fougue en scène, je présage que ces kids là ont toute la ressource de me convaincre dans la suite de leur parcours.

myspace kid bombardos

Puis vint le tour des Rouennais de Tahiti 80, le groupe de french pop qui mériterait d'être aussi célèbre que Phoenix, ou au moins, de connaître une part de la reconnaissance médiatique (exagérée) qu'on accorde aux versaillais.

Véritables champions de feel good music, difficile de résister au vraies bombes sunshine pop du groupe du sympathique Xavier Boyer, dont la récente approche électro n'a fait que bonifier leur pop fruitée et mélodiquement irrésistible. Quand en plus le gang fait preuve d'une évidente aisance scénique, aucune raison de bouder son plaisir :



Hélas, c'était sans compter sans l'apathie ou l'indifférence d'une partie du public qui les toisait avec l'air blasé d'un troupeau de bestiaux regardant passer un TGV. Ainsi, une certaine qui regardait en coin d'un air navré ma tentative personnelle de danse improvisée d'un air quasi attéré.
Réflexion tardive
: "Si tu viens au concert pour faire la gueule, même quand les artistes sont bons, fallait pas venir, Machine !"
"Vous allez l'air sage, trop sage!" lança un Xavier Boyer conscient du problème, plutôt piqué et semble-t-il agacé par l'obligation de terminer à un horaire imposé. Décidés à les faire bouger, le gang enchaîna avec un choix imparable de machines à danser (Gate 33, Darlin', Crack Up). Mais cette dernière n'ayant, à ma grande surprise, pas encore réveillé les endormis, Boyer & co ont semblé rendre prématurément les armes, ce que je comprends dans ces circonstances, et sans aucun rappel, que ce petit public de zombies ne méritait d'ailleurs pas.
Du coup, tout le monde en a été privé. C'est pas juste pour les autres, dont moi !

tahiti 80

Le temps d'un nouveau (et bien long) changement de matériel, j'en vins à m'interroger sur la suite : est-ce que cette attente valait le coup? Avais-je bien fait de vouloir voir Syd Matters en scène?

Autant dire que dès que l'obscurité s'est faite, à peine éclairée d'une petite lumière bleue aquatique et que les premières mesures de "River Sister" ont résonné, le climat change et le niveau monte d'un cran. Plus de questions, la certitude d'être au bon endroit, au bon moment, et de voir des artistes légitimes dans la pleine mesure de leur talent :



Si le folk-pop rigoureux et inventif de Syd Matters charme déjà sur disque (le génial "Brotherocean"), les voir en scène constitue un vrai aboutissement. Voir chanter Jonathan Morali avec une rare intensité, les yeux fermés comme plongé dans son monde intérieur, envoûte par son caractère spirituel qui impose l'exigence à tous. Light show inspiré, son parfait, musiciens concentrés, choeurs chaleureux, section rythmique d'enfer, compositions habitées : de la pure magie, un vrai moment de grâce étonnant.

Jonathan Morali semble investi dans chaque mot de chaque chanson, et quelles chansons ! Intimes, fluctuantes, émouvantes, complexes et limpides à la fois, l'énergie de la scène leur confère une dimension supplémentaire et une électricité rock insoupçonnée en studio.


















Alternant épure acoustique, digressions instrumentales dignes des meilleures heures du prog rock et longues boucles guitaristiques ou variations électro aux vertus psychédéliques, Syd Matters impressionne par sa force tranquille, sa puissance de feu et laisse muet plus d'une fois (somptueux "Obstacles" ou "I Might Float", au hasard) :





Un moment en apesanteur, où la gravité perce sous la douceur, l'euphorie sous la mélancolie, rempli des regards de connivence de Morali vers ses quatre complices et de son émotion lors d'un double rappel triomphal et bluffant de beauté. Dignes enfants de Pink Floyd, cousins hexagonaux de Midlake mais surtout de Radiohead, voilà, à mon humble avis, le plus grand groupe français actuel en activité.

Dont je ne remercierai jamais assez l'actuelle prestation. Surtout pour nous rappeler combien il est bon, dans une époque de faux-semblants et de vrais blasés, de se retrouver en position d'admiration devant le talent de vrais artistes, une sensation rare pour un plaisir réconfortant.

Des étoiles dans les yeux, bien qu'à moitié sourd après le concert, je cours récupérer une affiche du groupe. Derrière moi, deux couples commencent à s'échauffer, l'un reprochant à l'autre d'avoir parfois parlé et ri trop fort lors du set, même lorsque les morceaux ne s'y prêtaient pas :
"- Ça, on peut dire qu'on vous a entendu, vous !"
"- Comment, on doit se taire? C'est la messe, c'est Dieu, Syd Matters ?"

Même ridicules et inappropriées, ces interventions n'avaient pourtant pas réussi à briser l'harmonie de ce rendez-vous entre ciel et terre, air et eau, ombre et lumière.

Un moment qui restera comme un des meilleurs concerts que j'ai vus, un instant protégé par la bulle aérienne du monde de Syd Matters. Vous savez ce qui vous reste à faire si d'aventure ils passent près de chez vous : y courir sans hésitation !

"Brotherocean" en écoute sur spotify

syd matters
la sirene

Merci sincère aux lecteurs et blogueurs amis (Christo, Benoit, Joris, Muffin Man, Charlu, Vincent et les autres) quand l'envie s'essouffle parfois, pour me redonner régulièrement envie de repartir. Thanks a lot !

vendredi 14 octobre 2011

Des EP vite fait. DJANGO DJANGO, JAMES BLAKE

Un billet rapide (pour cause d'absence ce weekend) d'EP divers, occasion de recroiser des figures déjà connues ici mais qui donnent de leurs nouvelles en ce mois d'octobre.

D'abord les Django Django, joyeux trio d'excentriques anglais qui pointent le bout de leur nez - à partir du 24 octobre - sous forme d'un "Waveforms EP" en prélude à un premier album qui devrait ENFIN voir le jour.

"Waveforms EP" est surtout la déclinaison d'une chanson (plus trois remixes plutôt bons), l'excellente "Waveforms" qui reprend les choses là où "Love's Dart" et "Wor" les avait laissées il y a un an (lire ici). Toujours cette folie douce entre Beach Boys mutants et fantaisie sonore à la B 52's, les Django Django peaufinent leur style, on espère donc que le LP va voir le jour d'ici peu avec d'aussi bonnes surprises :



Tracklist :
1. Waveforms
2. Drumforms
3. Waveforms (Wild Geese Remix)
4. Waveforms (Mickey Moonlight Remix)

Django Django. "Waveforms EP" (Because Music)
♥♥♥
en écoute sur spotify & Django Django uk et tout Django Django sur spotify

Ensuite le retour du petit James Blake, quelques mois après son premier album si débattu (déjà évoqué ici), qui refait surface avec le EP "Enough Thunder" sous le bras.
L'occasion de voir que le garçon creuse le sillon de son dubstep vocal de plus en plus atmosphérique et gospel. On y croise même un duo avec Bon Iver - toujours obsédé par l'auto-tune! - association surprenante lors d'un titre étrange en apesanteur d'ailleurs disponible en single :



Voilà qui risque encore de diviser mais le petit prince du dubstep a de la réserve, rien que des titres comme "Once We All Agree" et "Not Long Now", soul, sombres et habités, méritent l'écoute.
À vous de voir ensuite si son parcours vous interpelle ou pas.



Tracklist :
1. Once We All Agree
2. We Might Feel Unsound
3. Fall Creek Boys Choir (with Bon Iver)
4. A Case Of You
5. Not Long Now
6. Enough Thunder

James Blake. "Enough Thunder EP" (A&M/Polydor)
♥♥♥
en écoute sur spotify

En espérant que ces deux écoutes charment votre weekend que je vous souhaite le meilleur.

samedi 24 septembre 2011

LE CINÉ EN DOUCEUR. Restless ou l'art de la fugue

Retour vite fait au cinéma avec un joli moment de cette semaine ciné, "Restless" :

Avec son nouveau film, Gus Van Sant surprendra un peu son public en semblant musarder à la périphérie de son œuvre. Celle-ci semblait traditionnellement dévolue à, d’un côté, les films de commande grand public (Prête À Tout, Harvey Milk) et, de l’autre, les objets arty volontiers conceptuels (Gerry, Last Days).
Et ce, sans négliger la qualité de l’un ou l’autre de ses différents versants, le classicisme des uns équilibrant le radicalisme des autres, et inversement. "Restless" semble alors une discrète parenthèse dans sa filmographie, comme elle l'est surtout dans la vie de ses jeunes (anti) héros. À l’image du "Two of Us" des Beatles qu'on y entend, une modeste mais gracieuse bal(l)ade.
Avec son sujet "boy meets girl" typique - Enoch, jeune homme fragile rencontrant Annabel, jeune fille condamnée sans appel par le cancer, tous deux fascinés par la mort - le célèbre auteur d"Elephant" évite soigneusement le côté pur mélo de son sujet imposé en se tenant au centre même de ses éternelles préoccupations de cinéaste : filmer la jeunesse aux prises avec la mort.

Le tout, en optant résolument pour le mode mineur (Restless reste un film modeste qui jamais ne prétend à être autre chose) et une constante douceur : douceur de l’automne lumineux de sa ville natale Portland, douceur de l’image, élégante et soignée, douceur de l’idylle naissante entre les jeunes gens, douceur de leur physique d’angelots gracieux. Tous éléments au diapason de la petite musique qu’égrène sa jolie fable aux allures de rêve éveillé, mélancolie et douleurs secrètes y compris, pas seulement réservée au public des teen movies.


Si le début du film inspirera aux cinéphiles des souvenirs du classique "Harold et Maude" (le jeune Enoch hantant les enterrements de parfaits inconnus), si Annabel/Mia Wasikowska évoque une jeune Mia Farrow ou Enoch/Henry Hopper un jeune Dennis Hopper (normal c’est son fils et portrait craché du père!), pour peu qu’on accepte la fuite de la réalité aux allures de fugue empruntée par le couple, "Restless" est une charmante parenthèse désarmante de simplicité, filmant la jeunesse qui tente d’exorciser la mort à la manière de deux grands enfants.













Deux enfants excentriques, petits dandys en habits vintage refusant leur destin en dialoguant avec un ami fantôme imaginaire, s’émerveillant des chants d’oiseaux ou répétant avec ferveur la scène de leurs ultimes adieux.

Un goût pour une légèreté revendiquée qui, comme les jeux d’enfants, pourra se révéler confondante de naïveté désuète ou de joliesse un peu sage mais le plus souvent touchera par son mélange de gravité résignée et de douceur ouatée irréelle. Le tout distillant un charme voisin de celui de la comédie romantique "500 Jours Ensemble."

Petit film à la réalisation presque invisible (ça nous change chez l'américain, et plutôt en bien) qui touche l'air de rien aux choses graves de l’existence et évocation élégiaque de l’adolescence, ce micro-opus de Gus Van Sant aux airs de fugue distille une mineure mais radieuse morale : il n’est que temps que profiter du temps qui nous reste. Message reçu.

À signaler, toujours une impeccable bande-son pop chez l’ami américain : Elliott Smith, Bon Iver, Pink Martini, The Beatles, Nico et des compositions de Gus Vans Sant lui-même.



"Restless" (États-Unis, 2011). Sorti le 21 septembre 2011
♥♥♥♥
Réalisation : Gus Van Sant. Scénario : Jason Lew. Directeur de la photo : Harris Savides. Montage : Elliot Graham. Musique : Danny Elfman. Production : Imagine Entertainment & Columbia Pictures. Distribution : Sony Pictures France. Durée : 95 mn.
Avec : Henry Hopper (Enoch) ; Mia Wasikowska (Annabel) ; Ryo Kase (Hiroshi) ; Schuyler Fisk (Elizabeth Cotton). 

articles sur fluctuat.net et la houlette du hérisson

Bonus : le "Two of Us" des Beatles qui ouvre le film :

samedi 3 septembre 2011

BAXTER DURY et CHAD VALLEY. So long, summer

La rentrée vous déprime un brin ? Envie de prolonger les vacances Rapide petit billet au léger parfum estival. Histoire de rester dans l'ambiance avec deux exemples de parfaites bandes-son qui ont (peut-être) accompagné vos vacances ou auraient dû le faire, tout au moins ! Un pour chaque jour de ce weekend capital.

Idéal pour se vider la tête et prendre la vie comme elle vient, l'électro légère et sans conséquence du jeune Hugo Manuel a/k/a Chad Valley sera le compagnon parfait pour profiter des derniers beaux jours, la preuve avec son EP "Equatorial Ultravox".
Hédoniste, séduisante et remplie de synthés clinquants rêvant de sunshine pop, la production néo-eighties de Chad Valley réussit fort là où les gandins de Violens nous fatiguent et largue sur un terrain proche les dernières formations du genre (Kisses, Washed Out, Memory Tapes), estampillées "chillwave" ou pas :



Diablement addictif et cohérent, son mini-trip tropical réunit avec talent amateurs du dancefloor, fondus d'électro disco et dance music intelligente. Comme un mini Brian Wilson tombé dans la potion synthétique et surfant sur une Floride imaginaire : un bain de santé salutaire et revigorant.

Rien de mieux que de prolonger l'été en sa lumineuse compagnie.

Chad Valley - "Shell Suite"

Tracklist :
1. Now That I'm Real
2. Reach Lines
3. Shell Suite
4. Acker Bilk
5. Fast Challenges
6. I Want Your Love
7. Shapeless

Chad Valley. "Equatorial Ultravox EP" (Universal)
♥♥

en écoute sur spotify, deezer & grooveshark
2 titres sur la Playlist Pop
à lire sur des chips et du rosé et branche ton sonotone

Chad Valley


Discret champion de cette avant-rentrée, le troisième album du rejeton de Ian Durie remporte un joli succès critique et public qui fait plaisir. Le modeste Baxter Dury ne prétend rien révolutionner : juste charmer l'auditeur le temps de la sympathique balade en sa compagnie.

Comme un vieil ami perdu de vue, l'anglais déroule une nonchalante virée pop rock, égrenant de sa voix de cockney décontracté ses petites vignettes amoureuses désabusées.
Minimale, groovy et ironique, l'anglais réactive les choeurs féminins froufroutants (tradition Jona Lewie), va voir du côté de Jarvis Cocker/Pulp (sur Leak At The Disco) et emporte finalement le morceau avec sa pop lo-fi intemporelle.

Parfait exemple du lad anglais, crooner décalé cousin d'un Merz, Edwyn Collins ou d'un Stephen Jones (remember le zigoto de Baby Bird avec "You're Gorgeous"?), on remercie l'ami Dury, prénom Baxter, pour son recul sympathique, ses pop songs sans prétention et la légèreté de son humeur :




Une jolie potion pop au parfum de coolitude intemporelle qui met en joie sans avec ce qu'il faut d'amertume et de dérision.

De quoi aborder septembre gonflé à bloc sans trop de regrets, la rentrée musicale saura d'ailleurs vite nous les faire oublier.

Baxter Dury - "The Sun"

Tracklist :
1.
Isabel
2. Claire
3. Leak At The Disco
4. Afternoon
5. Happy Soup
6. Trellic
7. Picnic On The Edge
8. Hotel In Brixton
9. The Sun
10. Trophies


Baxter Dury. "Happy Soup" (EMI)
♥♥
en écoute sur spotify, deezer & grooveshark
2 titres sur la Playlist Pop
à lire sur muziksetcultures, les chroniques de charlu, la musique à papa

Baxter Dury

samedi 25 juin 2011

MY MORNING JACKET, l'auberge espagnole du rock

Un rapide billet pour entamer ce weekend, qui saluera impulsivement un album et un groupe difficile à caser, et dont justement l'aspect puzzle, composite et rempli d'embardées en tous genres satisfont chez moi en ce moment un désir de chaud et de froid, sage et énergique, calme et tempêtueux en même temps.

Bonne pioche avec "Circuital", septième album à l'oeil vert inquiétant de My Morning Jacket, le gang de loustics mené par la force de la nature Jim James.
Un boulimique compositeur qui mêle sur ses albums country rock, ballades alternatives, blues rock, indie pop, le moderne et l'ancien.
Comme s'il ne savait pas choisir entre Neil Young, Mercury Rev ou Grandaddy, James et sa bande s'offrent le tout, énergie brute, envolées rock ou recueillement acoustique.

Un banquet où le meilleur est au début, avouons-le avec un "Victory Dance" quasi prog-rock d'influence Pink Floydienne/Supertrampienne qui tâche un peu et finalement assez addictif...



... suivi d'un "Circuital" épique, sensuel et habité auquel je reviens sans faillir :



Soyons franc, un morceau qui doit toute sa structure et déroulement au célèbre "Creep" de Radiohead ou au lyrisme d'un Jeff Buckey, vérifiez par vous-même ci-dessous. Mais malgré (ou grâce à) cette similarité, qui finit par posséder un sacré caractère, lyrique et envoûtant :

"Creep" - Radiohead (Curtis Rock Redrum)

"Circuital" -My Morning Jacket

Et ça continue le long de ce disque digne d'une montagne russe, boulimique, imparfait, hirsute, mais jamais prévisible.
"Holding On To Black Metal", titre lourdaud et débraillé vous déplaît ? "Outta My System", une pop song digne des Troggs qui joueraient avec Jesus & The Mary Chain vous redonne le sourire alors que "Wonderful (The Way I Feel)", une ballade apaisée d'une naïve candeur vous cueille par surprise.

Si James et son clan refusent de choisir, se rêvant à la fois cowboys country-blues amoureux de leur slide guitar ou indie rockers alternatifs, abdiquant tout jugement définitif sur ces électrons libres, on se laisse juste aller au partage de ce repas d'ogre tous azimuts.
Quitte à le relativiser demain, on se laisse aller avec plaisir à l'ivresse temporaire de se sentir bien vivants en leur compagnie.

Tracklist :
1. Victory Dance
2. Circuital
3. The Day is Coming
4. Wonderful (The Way I Feel)
5. Outta My System
6. Holdin On To Black Metal
7. First Light
8. You Wanna Freak Out
9. Slow Slow Tune
10. Movin Away

My Morning Jacket. "Circuital" (Ato Music) ♥♥
sorti le 20 juin

en écoute sur spotify et deezer
2 titres sur la Playlist Pop
chronique sur pomme de pin et article sur magic

My Morning Jacket

samedi 11 juin 2011

WILD BEASTS. Des bêtes pas si sauvages

Idéal aussi que ce troisième album des Wild Beasts pour remettre doucement pied sur terre et animer un week-end qui s'annonce maussade. Ainsi, "Smother", le nouvel opus des ces outsiders anglais est peut-être de ceux qui va révéler au plus grand nombre les vertus de leur musique.

Indéniablement pop, trempée dans l'électro et prenant ses sources dans une excentricité british entre influences cabaret et culture électro pop, la musique au spleen subtil du gang venu de Kendal est surtout marquée par la voix si identifiable de son chanteur principal Hayden Thorpe :



Chanteur principal mais pas unique, certains titres étant assurés par le bassiste Tom Fleming, mais avouons que le falsetto marqué de Thorpe est une composante plus qu'essentielle du son des Wild Beasts.
Du genre "voix qui peut diviser", entre fans de sa préciosité hypersensible ou vrais hermétiques à son emphase dramatique toujours en équilibre sur le fil du too much. Un aspect maniéré qui ne m'a pas gêné à l'écoute de ce timbre surtout expressif.

Une voix en tout cas véhicule parfait pour des pop songs dont l'excellence des compositions et de la production s'avère indéniable au fur et à mesure de l'écoute d'un disque au son percutant et affûté, plus subtil que prévu.

Élaboré dans les studios des sorciers électro Caribou et Four Tet, "Smother" - étouffé en V.F. - affirme une belle harmonie sonore, entre cascades de piano entêtant (la perle "Lion's Share), percussions martelées (Reach A Bit Further), mini-tubes entêtants (Plaything) et arrangements synthétiques aériens (le sommet Loop The Loop) dans une ambiance fascinante assez voisine des productions de Nigel Godrich :



L'affirmation d'une belle continuité dans la lignée de leur second album "Two Dancers" de 2009, affiné musicalement et évitant à la fois les pièges de l'électro-branchouillerie à laquelle n'échappe pas les Hot Chip ou les excès théâtraux où leur lyrisme enflammé aurait pu les conduire, genre The Irrepressibles.

Un slalom subtil et bien mené à l'image des vocalises de la voix au vibrato haut perché de Thorpe qui, plus que l'inévitable cousinage avec Antony & The Johnsons qu'on peut y voir tout de suite, évoque surtout toute une lignée d'excentriques androgynes dont le Marc Almond de Soft Cell, Jimmy Sommerville ou même le vétéran Marc Bolan.












Mais surtout, on les aime aussi les Wild Beasts, car la vraie référence cachée qui s'impose, c'est celle réactivée grâce à eux de la figure du regretté Billy McKenzie. Une personnalité exubérante qui imposa ses prouesses vocales et sa différence au sein des méconnus Associates, combo atypique des années 80 monté avec son compère Alan Rankine, devenu depuis producteur.

Groupe obscurément culte durant leur poignée d'années d'existence, marquée de jalons à la fois kitschs et flamboyants (The Affectionate Punch 1980, Sulk 1982) et marqué par la personnalité baroque et changeante du tourmenté McKenzie, faux bouffon et vrai marginal qui mit fin à ses jours en 1997 :





Une figure d'outsider à revisiter si le coeur vous en dit ici sur Spotify, référence qui semble plus que jamais au coeur de l'inspiration mélancolique et précise de nos Wild Beasts contemporains, animaux plus sensibles que réellement dangereux une fois bien apprivoisés.

Tracklist :
1. Lion's Share
2. Bed Of Nails
3. Deeper
4. Loop The Loop
5. Plaything
6. Invisible
7. Albatross
8. Reach A Bit Further
9. Burning
10. End Come Too Soon

Wild Beasts. "Smother" (Domino Recordings)
♥♥♥♥
sorti le 9 mai

en écoute sur deezer et le single "Albatross" sur spotify
3 titres sur la Playlist Pop

chroniques sur ears of panda et la musique à papa
articles sur télérama et les inrocks

Wild Beasts