Affichage des articles dont le libellé est The Divine Comedy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est The Divine Comedy. Afficher tous les articles

mercredi 7 décembre 2011

REPLAY 2011 (5). ERLAND & THE CARNIVAL

Rien que pour moi-même, cette rubrique a son utilité qui me permet de redonner sa vraie place à "Nightingale", un disque passé à la trappe le printemps dernier. D'abord pour cause de méchants bugs informatiques et ensuite d'impression flottante en première écoute qui me l'avait fait lâcher.

Sentiment injuste car la pop stylée et originale d'Erland & The Carnival, savamment rétive aux étiquettes, mérite bien qu'on s'attache à elle, parfait exemple d'une pop britannique psychédélique à la familière étrangeté.

Un gang d'excentriques londoniens barré par le tandem Simon Tong (guitariste éminence grise) et Erland Cooper (chanteur) dont le deuxième opus est un drôle d'oiseau affichant une pochette rétro nostalgique, habillage sémillant d'une singulière musique entre psyché pop 70's fantomatiques et modernité rock tordue.
Se méfier de l'aspect anodin de leur mini-tube sympa "Map Of The Englisman", lequel masque une collection de fuyantes pop songs à la liberté biscornue et étrangeté inquiète :



Maîtres de la mélodie fluide habillée d'orgues et claviers déréglés, Erland And The Carnival déroulent une pop en chambre à la tenue so british, au faux classicisme trompeur (I'm Not Really Here, Springtime) pour mieux vous prendre ensuite dans les filets de refrains chausse-trappes aux ambiances de manoir hanté (les imparables Emmeline ou Nightingale).

Une formule singulière, mêlant gimmicks pop et atmosphère délétère, à la production sophistiquée portant la marque de la pérennité de l'éternel tempérament excentrique anglais.
Sous référence du meilleur du rock sixties, un bizarre carnaval qui réconcilie fulgurances pop et spleen atmosphérique teinté d'inquiète étrangeté légèrement déréglée :



Mariage original de la folie douce hallucinogène d'un Syd Barrett, de l'élégance baroque de Divine Comedy et de la pop ludique des alchimistes trop sous-estimés du Beta Band, "Nightingale", malgré quelques inégalités ou défauts de cohésion d'ensemble, s'avère une des destinations pop les plus singulières de l'année.












Un territoire d'allure habituelle qui vous donne envie d'y vagabonder, mais en fait vite changeant à l'écoute de ce rossignol si familier, mais au chant légèrement déviant, à en transformer radicalement le paysage. Un art typiquement anglais.

Erland & The Carnival - "Wealldie"

Tracklist :

1. So Tired In The Morning
2. Map Of An Englishman
3. Emmeline
4. I'm Not Really Here
5. I Wish, I Wish
6. This Night
7. Nightingale
8. East & West
9. Springtime
10. Wealldie
11. Dream Of The Rood
12. The Trees They Grow So High

13. Nothing Can Remain
14. The Ballad Of Egremont
(Bonus Track)

Erland & The Carnival. "Nightingale" (Full Time Hobby) sorti le 07 mars 2011
♥♥♥ (♥)
en écoute sur spotify et deezer
3 titres sur la
Playlist Replay 2011


Erland & The Carnival le site

vendredi 13 mai 2011

WEEK-END POP (1). L'allégresse LEISURE SOCIETY


L'avenir pop serait-il dans les groupes à large formation et les collectifs ? On peut se poser légitimement la question quand notre oreille ravie tombe par hasard sur "Into The Murky Water", le deuxième album des anglais de The Leisure Society.


Une "société des loisirs" bien nommée qui, à l'instar des Dark Dark Dark, Lost In The Trees ou la chorale alternative de I'm From Barcelona - tiens, on devrait reparler d'eux sous peu - distille un ineffable bonheur musical. Le tout avec un goût d'artisan discret pour les compositions légères et délicates proposées dans un emballage acoustique d'un goût classique du meilleur effet.


"Into The Murky Water" - The Leisure Society


Après leur premier LP "The Sleeper", opus folk-pop remarqué par la critique en 2009, malheureusement ignoré par moi, le groupe de Nick Hemming et du producteur Christian Hardy nous propose une des plus pures cures de jouvence du printemps.
En nous plongeant aux racines d'une pop évocatrice de jardins pimpants et de villages ancestraux sous le soleil ou la pluie aussi, The Leisure Society offre à tous une régénérante virée plus british que nature.



Une embardée au-dessus de laquelle trône la figure tutélaire de Ray Davies, génie trop sous-estimé des Kinks, qu'il faudra bien un jour distinguer autant que les Beatles, Beach Boys, Byrds ou autres Doors au panthéon des originelles années 60 qui ont façonné les canons pop.

Et c'est bien simple, si cette formation considérée comme la plus américaine de Grande-Bretagne n'est pas prochainement contactée (ou jalousée) par notre bien-aimé Neil Hannon, c'est à douter des capacités auditives de notre irlandais préféré !
Une référence évidente, tant les inflexions de la voix stylée de Nick Hemming évoquent celles du chanteur de l'indispensable Divine Comedy.

Mélange d'euphorie mélodique insouciante (Dust On The Dancefloor, You Could Keep Me Talking, invitation à la danse avec des cordes déchaînées) et de rêveries atmosphériques (I Shall Forever Remain An Amateur, Our Hearts Burn Like Damp Matches), cette ballade ne se départit pas d'une finesse de composition et d'une élégance jamais prises en défaut :



Production qui fait la part belle aux choeurs, instrumentation subtile et surtout arrangements de cordes et bois d'un raffinement "Georges Martinien" grande époque, cet album entre folk de chambre et fanfare pop baroque est ensoleillé mais changeant comme une ballade dans la campagne anglaise entre deux averses :



Le disque pop de saison que n'ont pas réussi Noah and The Whale, par exemple. Pas grave, plongeons-nous avec joie dans cette musique indatable, au même titre que les efforts de Belle & Sebastian et The Coral.
Tout cela certes référencé, mais évitant tout effet "d'époque" ou de nostalgie mal placée. La marque d'un talent certain, non, tout simplement ?

Tracklist :

1. Into The Murky Water
2. Dust On The Dancefloor
3. Our Hearts Burn Like Damp Matches
4. You Could Keep Me Talking
5. Although We All Are Lost
6. This Phantom Life
7. The Hungry Years
8. I Shall Forever Remain An Amateur
9. Better Written Off (Than Written Down)
10. Just Like The Knife

The Leisure Society. "Into The Murky Water" (Full Time Hobby/PIAS) ♥♥♥
sorti le 2 mai

en écoute sur Deezer et Spotify 3 titres sur la Playlist Pop
chroniques sur Le Noise et La Musique à Papa
 
myspace The Leisure Society

jeudi 23 décembre 2010

TOPS 2010 (3). Mon top 2010 à moi, 20 à 10


Voilà plus tôt que prévu, pour que vous puissiez en profiter avant Noël, l'heure du bilan. Enfin, juste de mon bilan musical 2010. Et que je vous explique bien : c'est un top à rebours, en 2 parties, de mes disques les plus écoutés, pas forcément les meilleurs dites... Juste ceux qui m'ont beaucoup accompagné cette année.

Rapide tour d'horizon, d'abord les n° 20 à 10 : 

20. Angus & Julia Stone - "Down The Way"
Disque sur lequel je n'aurai pas misé au départ, la pop mainstream du duo fraternel australien tient plutôt bien la route, même si jugée trop formatée par certains.
Bien que fort sages, les folk-pop songs d'Angus & Julia dégagent un charme certain, entre joliesse ouvragée et dépouillement épuré. Sachez d'ailleurs que la p'tite Julia s'apprête à publier bientôt son disque solo.
Réunion de super-pros, l'album de Broken Bells distille une pop haut de gamme évoluant entre pop, soul, hip-hop et B.O. vintage. Une alchimie efficace dûe au super-producteur Danger Mouse (alias Brian Burton) habillée par la voix de James Mercer.
Parfois un poil calibrée, la formule n'est pourtant pas en reste de tubes de fort bonne tenue, ceux-là même qui manquaient au dernier Gorillaz.
La bizarrerie spatio-temporelle de 2010 avec ces jeunes australiens ressuscitant avec bonheur et vigueur la pop pyché barrée des sixties. Une relecture de l'époque qui sonne tout de même très contemporain.
Un kaléidoscopique et hypnotique voyage concocté par le producteur spécialiste du genre, Dave Fridmann, devenu indispensable pour qui veut faire planer sa musique.
deezer et spotify

 




 17. Blonde Redhead - "Penny Sparkle"

Même si ce disque a déçu les fans hardcore du trio, on peut apprécier ce disque pour ce qu’il est, tournant du groupe vers une pop apaisée. Une rêverie électro pop d’une langueur neurasthénique qui met en valeur le timbre évanescent de sa chanteuse Kazu Makino.
Apparemment lisse mais vibrant d’une sensualité dérangée, le spleen introspectif de "Penny Sparkle" s’apprécie sur la longueur et réserve même sur "Black Guitar" une troublante émotion.

 



16. Yann Tiersen - "Dust Lane"
Le retour inattendu de l'outsider breton débouche sur une oeuvre radicale, enfiévrée et lyrique.
Bien loin de son image Amélie Poulainienne trompeuse, Tiersen nous livre une oeuvre originale de longues pièces orchestrales et post-rock, sombre et inspirée, qui prouve la complète liberté de création d'un artiste exigeant en évolution permanente.



 

15. The Divine Comedy -"Bang Goes The Knighthood"

Cher vieil ami de longue date, ce néo-crooner de Neil Hannon nous offre avec son nouvel opus l'un des ses meilleurs albums.
Douze vignettes pop ironiques et perles mélodiques savoureusement orchestrées par le meilleur portraitiste de la société britannique depuis Ray Davies. Vieillot et démodé ? Plutôt intemporel, délicieux et tellement anglais. 






14. Avi Buffalo
Une des surprises de l'année : avec Avi Buffalo, c'est la spontanéité de la jeunesse pour une indie folk-pop d'une liberté et d'une totale décontraction.
Comme bidouillées au coeur de l'été et interprétées avec une grâce juvénile un peu verte mais inspirée, les compositions très 70's du jeune Avi Isenberg forment une fort réjouissante ballade champêtre entre bébés Byrds, enfants ruraux des Flaming Lips ou petits-enfants du ... Buffalo Springfield.
Celui-là, il fallait qu'il figure ici : un des outsiders de 2010 qui ressuscite pour un tour de piste nostalgico-dansant toute la brillance désuète des années 80's.
Le revival proposé par Twin Shadow, entre New Order et Morissey, ne fait pas l'unanimité mais cette bulle synth-pop faussement tapageuse, à la fois enjouée et mélancolique est une potion addictive, pour peu qu'on veuille y goûter.
Un retour qui ne fait pas de vagues mais qui me ravit : Tracey Thorn, grande chanteuse à la voix toujours aussi belle pour un opus classique, mais très touchant.
L'ex-voix d'Everything But The Girl y distille toujours son spleen élégant, intimiste et subtil. Et fait mouche plus d'une fois, sans omettre de petites perles plus rythmées, telle une hypnotique "Swimming" de fin. Pas vraiment novateur, mais elle est revenue souvent chez moi la voix de Tracey.
Un grand disque ou un disque malade ? La dernière livraison du groupe d'Atlanta propose en tout cas un digne patchwork-héritage du rock shoegaze, entre ambient, rock pur et pop détraquée.
Reflet fidèle de la personnalité du lunatique et fragile Bradford Cox, chacun devrait trouver son bonheur ici. Brocante foutraque, mais souvent jubilatoire, qu'on lise Pitchfork ou pas.





Vous retrouverez un extrait de chaque album (sauf Avi Bufalo en vidéo) dans la Playlist qui suit :







Ont manqué monter sur le podium : les Californiens fous d'african indie pop de Fool's Gold avec un premier album frais, inégal, mais prometteur. Un groupe et une affaire à suivre.
Et le discret James Yuill avec son deuxième album d'électro-folk "Movement In A Storm" plutôt agréable mais qui ressemble un peu trop à son premier. Mais que voulez-vous, parfois il faut faire des choix, quitte à être impitoyable.




  







Suite et fin du Top, les n°s 10 à 1 : très bientôt.

vendredi 4 juin 2010

MUSIQUE. The Divine Comédie Musicale

Neil Hannon et son groupe Divine Comedy, c'est un peu comme une vieille connaissance retrouvée, bien que perdue de vue depuis longtemps : on est en territoire connu, limite blasé, et on se demande bien ce qu'on va pouvoir se dire de nouveau.
Et, pourtant dès qu'on se revoit, c'est comme si on s'était quittés la veille, et c'est reparti comme avant... *

* on peut aussi dire que c'est comme les cacahuètes à l'apéro : on ne tient pas à en manger, mais sitôt remis la main dedans, on s'en goinfre sans s'arrêter. Mais comme image, c'est moins heureux, n'est-ce pas...

Près de dix-sept ans que ça dure pourtant, depuis qu'est sorti son vrai premier album "Liberation" en France et depuis, l'animal en a aligné au moins une dizaine :


Voici donc le nouvel opus de notre crooner irlandais préféré avec sa photo de pochette marrante et loufoque, d'esprit très B.D. (j'aime particulièrement le regard du chien)

Orfèvre pop depuis ses débuts, Neil Hannon s'est fait le spécialiste d'une pop orchestrale hautement mélodique avec en ligne de mire la chanson parfaite, inscrivant sa carrière dans les pas d'illustres anciens tels que Ray Davies des Kinks, dont il perpétue l'esprit de portraitiste de la société anglaise.
Et également aussi, le romantique et théâtral Scott Walker, le caméleon Elvis Costello, ou encore les érudits pop des années 80 Andy Partridge d'XTC et Paddy McAloon de Prefab Sprout.

Rarement artiste aura tracé avec une telle constance le même sillon, perfectionnant au fur et à mesure des années un song-writing à l'ancienne et un goût prononcé pour les orchestrations luxuriantes. Quitte à côtoyer parfois la grandiloquence, mais, coup de chance, pas dans cette nouvelle livraison de notre homme-orchestre.

"Bang Goes The Knighthood" (oserait-on traduire ce titre en VF par un "Boum, voilà la chevalerie" ?) est juste un excellent cru neilhannonien où il assume franchement sa référence de toujours : la grande époque de la comédie musicale.

Voilà son grand rêve : rivaliser avec les classiques composés par Cole Porter, Rodgers & Hammerstein ou Irving Berlin, quitte à passer pour de bon pour un passéiste anachronique.
Pas bien rock, tout ça, me dira-t-on ? Qu'importe, tellement ses chansons faussement désuètes, mais si bien ciselées et finement orchestrées (secondé par l'arrangeur Andrew Skeet) témoignent d'une élégance, vocale aussi, dont notre gandin pop ne s'est jamais départi.

Un opus varié où il fait montre des multiples facettes de son talent : en maniant l'humour pince-sans rire (The Complete Banker, allusion non déguisée à la récente crise financière), le romantisme théâtral (Bang Goes The Knighthood), la mélancolie (When A Man Cries), ou la légèreté des standards de la comédie musicale (le titre d'ouverture Down In The Street Below et Have You Ever Been In Love, que Fred Astaire aurait pu danser).

Et les habituelles perles pop, l'allègre "Neapolitan Girl", le réjouissant "Assume The Perpendicular" ou "At The Indie Disco", où il regrette l'heureux temps des virées en boîte sur les groupes indie de sa jeunesse, citant au passage Cure, New Order, Morrissey et autres Pulp, de son ami Jarvis Cocker, autre outsider du genre.

Si Neil Hannon est plus aimé en France qu'en Grande-Bretagne - n'oublions pas que ce francophile invétéré a composé pour Valérie Lemercier, Air et Charlotte Gainsbourg - c'est pourtant la figure de l'artiste britannique type, cultivé et décalé, mêlant auto-dérision et panache, nostalgie et excentricité. Il a même fait paraître l'an dernier un album entier autour du cricket, The Duckworth Lewis Method. Peut-on faire plus anglais ?

Si vous êtes amateurs de jeunes pousses post-modernes, ce disque ne répondra certes pas à vos envies. Mais on ne peut pas bouder ce recueil d'excellentes chansons brillamment écrites et composées, arrangées élégamment, et où s'exprime tout l'esprit malicieux d'un brillant représentant de l'écriture musicale anglaise la plus pure.
 
The Divine Comedy. "Bang Goes The Knighthood" (DCR/PIAS) ♥♥♥♥ sorti le 31 mai

le site officiel de Divine Comedy

La vidéo du premier single :