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samedi 17 décembre 2011

PIERS FACCINI et IBRAHIM MAALOUF ont charmé La Sirene


Jeudi 15, c'était mon dernier concert de l'année à La Sirene mais ce fut encore une belle soirée, malgré les vents furieux qui soufflaient au dehors. Un beau moment d'échange, une parenthèse chaleureuse en compagnie des deux passeurs que sont Piers Faccini et Ibrahim Maalouf. Si l'expression "citoyens du monde" n'était pas si galvaudée à longueur de temps par les médias, c'est quand même celle-là qui leur irait le mieux.














Folk, musique slave, blues africain, latin jazz, occident, orient : ces deux musiciens libres, et amis dans la vie, métissent tout avec gourmandise et on les suit sans hésiter avec le plaisir de les voir brasser avec autant de générosité toutes les racines qui ont nourri leurs musiques.


Soyons clair, je suis plus coutumier du folk cristallin de Piers Faccini que de la trompette jazz Ibrahim Maalouf, même si la réputation de virtuose de ce dernier, d'ailleurs vedette de la soirée, m'était connue. Étrange situation de le voir acclamé par un large public plutôt d'âge mûr plus habitué aux beaux théâtres de centre ville qu'à une scène rock en quartier industriel comme La Sirene. Curieux de voir applaudir à tout rompre ses intros de morceaux ou l'attaque de chacun de ses musiciens : l'homme soulève l'enthousiasme et fédère.
On comprend vite pourquoi : immédiatement sympathique, tchatcheur, jovial, et surtout très très grand musicien. De l'or au bout des lèvres dès qu'il souffle dans l'instrument et soulève une foule de sentiments, entre spleen méditatif, souffle spirituel et appel de la beauté. Une réputation non usurpée :



Seul problème pour ce spectacle souvent détonant : je ne suis pas vraiment adepte de la formule jazz-rock électrique choisie par Ibrahim dans ces lieux, entouré de musiciens virtuoses (Frank Woeste au Fender Rhodes, François Delporte à la guitare électrique, Laurent David à la basse et Xavier Rogé à la batterie).
Virtuoses, mais assénant une énergie très hard rock, avec riffs de guitare heavy metal, batterie en plomb à en faire vibrer le sol (!) et longs solos magistraux mais ennuyeux à la longue de chacun, qui contrastait avec la dentelle du jeu, digne du grand Jon Hassell, du trompettiste Maalouf.
Lequel se permettait tout : taquiner le clavier en blaguant sur Vincent Delerm, jouer le musicien schizophrène, revisiter la musique bretonne et surtout, atteindre au superbe sur un "Beirut" déchiré et émouvant, grand moment de son album "Diagnostic" et de ce concert :



Hormis cette divergence esthétique, voilà un homme d'une énergie et générosité emballantes. En témoigne le moment où il partageait la scène avec Piers Faccini au chant, chacun manifestement honoré de la présence de l'autre, ce dans le concert de chacun. Bel exemple d'admiration mutuelle.

Une soirée qui avait de toute façon débuté sous les meilleurs auspices, ceux du timbre voilé du folkman anglo-italien : entendre sa voix a capella entonner un blues d'esclave américain dans une salle plongée dans le noir et résonner d'un écho spirituel à filer le frisson donne le ton de ce concert magnifique.

Une prestation d'une ferme élégance et grande musicalité, entamée avec des ballades alanguies, poursuivies par des virées afro-folk sous des cieux exotiques (Tribe, Dreamer) suivies par un public pas forcément connaisseur mais de plus en plus conquis par son magnétisme :



Signe d'un concert réussi, la set list enchaînait avec des titres plus rapides et plus âpres, histoire de montrer que la voix douce de Piers Faccini cache aussi un vrai showman capable de remuer son audience, parlant à l'occasion avec respect avec le public. Et un orfèvre musical entouré d'excellents complices (très bons batteur Simone Prattico et violoniste Rodrigo d’Erasmo).












 


Photos
du groupe : © Stéphane Schmutz www.stemutz.ch

Le moment où Ibrahim Maalouf apparut pour illuminer "The Beggar & The Chief" de ses volutes magiques ne faisait que confirmer ce que tout le monde (j'espère) avait perçu : le temps d'un soir, La Sirene était en lévitation entre ciel et terre, sur un petit nuage de partage et de grâce.

 Un avant-goût de la période de Noël peut-être, ou un répit pacifique offert par deux hommes de bonne volonté. Diablement efficace alors, car la tempête qui soufflait encore à la sortie n'a pas réussi à me l'enlever. Merci à eux deux.



À retrouver, l'un sur son recommandable album "Diagnostic" et l'autre sur l'IN-DIS-PEN-SABLE "My Wilderness"












ibrahim maalouf

piers faccini
la sirene

dimanche 27 novembre 2011

SYD MATTERS EN LIVE. Merci, Mr Morali !



L'existence d'un blog est une course de fond, non exempte d'incidents et d'arrêts imprévus. Plus de dix-sept jours de break momentané, un trou d'air de saison occasionnel qui nous envoie déjà à la fin du mois de novembre.

Et c'est donc à l'occasion d'un concert hier soir, ma deuxième virée passée à La Sirene, que le blog se réveille de sa torpeur passagère. Un concert de Syd Matters, mais quel concert ! Bon, commençons par le début car la soirée pop rock rochelaise s'est déroulée en trois temps.

D'abord le quatuor des Kid Bombardos, petits voisins bordelais qui ont ouvert les hostilités avec l'énergie qui caractérise leur jeune âge. Et admettons que le groupe des frangins Martinelli se tient bien en scène, endroit qu'ils connaissent manifestement comme leur poche. Leurs pop songs charnues et électriques et leur look rétro constituent un apéritif sympa, à défaut d'être original :



Avouons juste que, malgré l'excellence de leur bassiste et leur jeu de guitares furibardes, malgré tout l'engagement scénique dont ils font preuve, le set s'avère un peu lassant, lorgnant sur les sixties et le rock limité des Strokes, pour finir au fond par sonner comme une version hexagonale des Vampire Weekend ou Two Door Cinema Club. Quand en plus, on n'est pas très sensible au phrasé anglais très chewing-gum de Vincent Martinelli. Ceci dit, vu leur âge et leur fougue en scène, je présage que ces kids là ont toute la ressource de me convaincre dans la suite de leur parcours.

myspace kid bombardos

Puis vint le tour des Rouennais de Tahiti 80, le groupe de french pop qui mériterait d'être aussi célèbre que Phoenix, ou au moins, de connaître une part de la reconnaissance médiatique (exagérée) qu'on accorde aux versaillais.

Véritables champions de feel good music, difficile de résister au vraies bombes sunshine pop du groupe du sympathique Xavier Boyer, dont la récente approche électro n'a fait que bonifier leur pop fruitée et mélodiquement irrésistible. Quand en plus le gang fait preuve d'une évidente aisance scénique, aucune raison de bouder son plaisir :



Hélas, c'était sans compter sans l'apathie ou l'indifférence d'une partie du public qui les toisait avec l'air blasé d'un troupeau de bestiaux regardant passer un TGV. Ainsi, une certaine qui regardait en coin d'un air navré ma tentative personnelle de danse improvisée d'un air quasi attéré.
Réflexion tardive
: "Si tu viens au concert pour faire la gueule, même quand les artistes sont bons, fallait pas venir, Machine !"
"Vous allez l'air sage, trop sage!" lança un Xavier Boyer conscient du problème, plutôt piqué et semble-t-il agacé par l'obligation de terminer à un horaire imposé. Décidés à les faire bouger, le gang enchaîna avec un choix imparable de machines à danser (Gate 33, Darlin', Crack Up). Mais cette dernière n'ayant, à ma grande surprise, pas encore réveillé les endormis, Boyer & co ont semblé rendre prématurément les armes, ce que je comprends dans ces circonstances, et sans aucun rappel, que ce petit public de zombies ne méritait d'ailleurs pas.
Du coup, tout le monde en a été privé. C'est pas juste pour les autres, dont moi !

tahiti 80

Le temps d'un nouveau (et bien long) changement de matériel, j'en vins à m'interroger sur la suite : est-ce que cette attente valait le coup? Avais-je bien fait de vouloir voir Syd Matters en scène?

Autant dire que dès que l'obscurité s'est faite, à peine éclairée d'une petite lumière bleue aquatique et que les premières mesures de "River Sister" ont résonné, le climat change et le niveau monte d'un cran. Plus de questions, la certitude d'être au bon endroit, au bon moment, et de voir des artistes légitimes dans la pleine mesure de leur talent :



Si le folk-pop rigoureux et inventif de Syd Matters charme déjà sur disque (le génial "Brotherocean"), les voir en scène constitue un vrai aboutissement. Voir chanter Jonathan Morali avec une rare intensité, les yeux fermés comme plongé dans son monde intérieur, envoûte par son caractère spirituel qui impose l'exigence à tous. Light show inspiré, son parfait, musiciens concentrés, choeurs chaleureux, section rythmique d'enfer, compositions habitées : de la pure magie, un vrai moment de grâce étonnant.

Jonathan Morali semble investi dans chaque mot de chaque chanson, et quelles chansons ! Intimes, fluctuantes, émouvantes, complexes et limpides à la fois, l'énergie de la scène leur confère une dimension supplémentaire et une électricité rock insoupçonnée en studio.


















Alternant épure acoustique, digressions instrumentales dignes des meilleures heures du prog rock et longues boucles guitaristiques ou variations électro aux vertus psychédéliques, Syd Matters impressionne par sa force tranquille, sa puissance de feu et laisse muet plus d'une fois (somptueux "Obstacles" ou "I Might Float", au hasard) :





Un moment en apesanteur, où la gravité perce sous la douceur, l'euphorie sous la mélancolie, rempli des regards de connivence de Morali vers ses quatre complices et de son émotion lors d'un double rappel triomphal et bluffant de beauté. Dignes enfants de Pink Floyd, cousins hexagonaux de Midlake mais surtout de Radiohead, voilà, à mon humble avis, le plus grand groupe français actuel en activité.

Dont je ne remercierai jamais assez l'actuelle prestation. Surtout pour nous rappeler combien il est bon, dans une époque de faux-semblants et de vrais blasés, de se retrouver en position d'admiration devant le talent de vrais artistes, une sensation rare pour un plaisir réconfortant.

Des étoiles dans les yeux, bien qu'à moitié sourd après le concert, je cours récupérer une affiche du groupe. Derrière moi, deux couples commencent à s'échauffer, l'un reprochant à l'autre d'avoir parfois parlé et ri trop fort lors du set, même lorsque les morceaux ne s'y prêtaient pas :
"- Ça, on peut dire qu'on vous a entendu, vous !"
"- Comment, on doit se taire? C'est la messe, c'est Dieu, Syd Matters ?"

Même ridicules et inappropriées, ces interventions n'avaient pourtant pas réussi à briser l'harmonie de ce rendez-vous entre ciel et terre, air et eau, ombre et lumière.

Un moment qui restera comme un des meilleurs concerts que j'ai vus, un instant protégé par la bulle aérienne du monde de Syd Matters. Vous savez ce qui vous reste à faire si d'aventure ils passent près de chez vous : y courir sans hésitation !

"Brotherocean" en écoute sur spotify

syd matters
la sirene

Merci sincère aux lecteurs et blogueurs amis (Christo, Benoit, Joris, Muffin Man, Charlu, Vincent et les autres) quand l'envie s'essouffle parfois, pour me redonner régulièrement envie de repartir. Thanks a lot !

jeudi 13 octobre 2011

I'M FROM BARCELONA a mis le feu à La Sirene !


Hier, c'était le soir des premières fois : premier live de la saison, premier concert des suédois pop I'm from Barcelona et d'abord première soirée où je découvrais La Sirène. Mais vous me direz, qu'est-ce donc que La Sirene ?

Rien moins que l'Espace Musiques Actuelles que La Rochelle attendait depuis longtemps : érigé sur la friche industrielle du port de La Pallice, un bâtiment moderne sur deux étages, avec deux studios de répétition et d'enregistrement, un bar, un club (Le Balcon, 35o places) et une grande salle de concert aux lustres géants et à l'acoustique vraiment excellente (Le Cap, 1170 places)
Lire l'interview de son directeur David Fourrier

Un beau navire flambant neuf pour faire voguer les musiques de toutes sortes au service d'une programmation éclectique (rock, électro, hip hop, folk) mais exigeante : on y attend Asian Dub Foundation, Syd Matters ou bientôt même Patti Smith.

Hier il y avait donc de la fête dans l'air avec la venue de la joyeuse bande de I'm from Barcelona, ex-amateurs devenus pros de l'entertainment indé. La salle s'est remplie gentiment au début pour se retrouver quasi pleine et enfiévrée à l'heure du show des suédois.

Mais j'anticipe un brin car l'ambiance était loin d'être la même lors de la première partie assurée par le duo féminin Mansfield TYA.

Plutôt cold, tendance cold wave et épure minimale, le set de Carla Pallone et Julia Lanöé a exposé sa tension radicale et imposé le respect sans toutefois déchaîner les passions. Normal avec une musique entre électro rêche tendance Anne Clark-Laurie Anderson et punk attitude à la Violent Femmes, le public appréciait l'énergie des demoiselles tout en semblant les craindre un peu, malgré leur humour.
Trop différent de la suite à mon avis, mais à programmer lors d'une affiche plus homogène (album Nyx à paraître).

Car en à peine deux minutes, l'humeur a changé du tout au tout dès l'arrivée des suédois : Emanuel Lundgren et sa bande de joyeux allumés (au moins 15 sur scène!) vous entraînent dans leur sarabande pendant près de deux heures et ne vous lâchent plus.

Une récréation pop qui célèbre la joie de l'instant,
une jovialité communicative sans niaiserie, un happening contrôlé autorisant toutes les fantaisies, les I'm from Barcelona dérideraient sans peine une convention de croque-morts :



Aventure assez inédite, le collectif pop alternatif suédois est un groupe qui peut sembler juste sympa à certains sur disque mais qui prend sa véritable nature en live : une expérience entre happening festif, birthday party d'ados attardés et fête foraine permanente qui tourne au jeté de confettis, lancer de ballons et chenilles endiablées (si, si) :

Vrai remède anti-morosité, la troupe est une vraie démocratie participative demandant la participation active de l'audience, Emanuel Lundgren insistant entre deux chansons sur le fait qu'il ne jouent pas "pour" nous mais "avec" nous. De fait, assister à ce joyeux foutoir sans y participer n'a aucun intérêt et on se retrouve vite à entonner sans complexe leurs refrains simples mais euphorisants en choeur !



Manifestement en verve, la bande fraternelle ne semblait pas pressée d'abandonner la scène et a laissé l'audience conquise et le sourire aux lèvres, mais sur les rotules...
Et dire qu'il rééditent l'évènement tous les soirs de leur tournée française bien remplie, impressionnant ! Toutes les dates de leur tournée ici



Entrée en matière éclatante pour cette première incursion "sirenienne", pas la dernière, car dans un mois, c'est Syd Matters et Tahiti 80 qui reçoivent. Vivement fin novembre !

I'm from Barcelona
/ facebook
La Sirene / facebook

(photos de la sirène sur facebook et sur le site une étoile dans la musette, merci à eux)

mercredi 6 juillet 2011

FESTIVAL LA ROCHELLE épisode 2, la suite

Houlà, déjà quasiment à mi-parcours et comme chaque année, à peine le temps de souffler parmi cette avalanche de films en tous genres qui s'offre au spectateur !

Être dans la peau d'un festivalier de La Rochelle, c'est surtout question d'organisation, d'équipement (vive le sac à dos et gare à la chaleur!) et gestion du temps (avant et pendant les files d'attente). Une fois bien assimilées ces règles de base, reste le choix des films eux-même : un muet précieux de Buster Keaton ou une avant-première inédite ? Un film scénarisé par Jean-Claude Carrière ou une rareté de David Lean ?

Une chose est sûre : faire confiance à ses envies du moment sans avoir peur de trop se tromper, vu l'embarras du choix sans trop prévoir à l'avance, en laissant faire le bouche-à-oreille et la dernière minute...

Deux, trois images saisies au vol : un Jean-Claude Carrière tout sourire déambulant près des files d'attente en pantalon vert sur lequel s'était posée une coccinelle (!) ; un Bertrand Bonello qui n'en croyait pas ses yeux de voir une salle archi-comble pour la projection de son film ; ou une Chiara Mastroianni désarmante de naturel aux côtés de Christophe Honoré pour "Les Bien-Aimés", leur dernier film en commun.












L'occasion de vous entretenir vite fait de certains films vus en avant-première, ce qui ne signifie pas forcément que le bonheur soit au bout. Pas sympa de dire du mal, mais avouons une impression mitigée, pour pas dire de déception pour certains, malgré le plaisir de les avoir vus en projection avant leur sortie française à la rentrée prochaine...

Passe encore de ne pas être bien emballé par "Les Bien-Aimés", dernier-né de Christophe Honoré, cinéaste qui ne m'a jamais franchement convaincu, sentiment très perso mais persistant.

Pas de surprise donc : malgré un casting fourni (Deneuve et sa fille Chiara, Ludivine Sagnier, les inattendus Milos Forman et Michel Delpech [!]) et malgré la folie-douce festive des situations et dialogues, difficile de croire à cette histoire bancale et à ces personnages improbables chantant leur malheurs joués par des acteurs souvent inégaux, Miss Sagnier en tête, pas crédible. Difficile en fait de trouver ce cinéma post-post nouvelle vague vraiment novateur.

Comme me disait une dame croisée plus tard : "C'est toujours pareil les films d'Honoré : il nous a refait le coup des "Chansons d'Amour!" Bien vu, sauf une seule chose : une Chiara Mastroanni hyper-rayonnante filmée avec amour, heureusement pour le film qu'elle soit là.

Le reste pour moi, c'est plus du Lelouch que du Jacques Demy, désolé Christophe...

Sortie le 24 août




Malheureusement, c'est un peu le même cas pour "L'Appolonide, souvenirs de la maison close" du sérieux Bertrand Bonello. Le nouveau film de l'auteur de "De la guerre" se veut le portrait d'une maison close au tournant du XXème siècle. De la place de la prostituée, mais aussi celle de la femme et de la sexualité dans la société.

Sujet fort mais plutôt rebattu, vision compatissante mais pas originale (de Maupassant à la série TV "Maison Close"), le film s'enferre dans une suite de tableaux naturalistes et un ennui "auteuriste" persistant. Dommage pour la troupe de jeunes comédiennes valeureuses (dont Céline Salette) qui ne suffit pas à animer cet étalage de chair triste, cette morbidité languissante qui dessert à la longue le projet.

Logique ensuite lorsqu'on apprend du pourtant sympathique Bonello lors de sa présentation, que ce film lui avait donné un mal fou, un sentiment hélas partagé par le spectateur. Oui, dommage...

Sortie le 21 septembre



Finalement, l'ultime film de ce trio d"exclusifs" ne s'en sort pas si mal.
Pas que "Melancholia" soit le grand film que certains ont cru voir. Mais, par comparaison, le dernier opus du souvent tapageur Lars Von Trier, fable allégorique sur la (sa) dépression, aux airs de fin du monde baignée par la musique de Wagner, témoigne d'une beauté plastique et d'une maîtrise de réalisation assez bluffantes.

Étrange film où les deux parties sont très différentes voire plutôt inégales... La première avec une Kirsten Dunst troublante est un règlement de comptes familial plus noir encore que "Festen", alors que la seconde qui oppose les deux soeurs (une étonnante Charlotte Gainsbourg) va à la fois au coeur du sujet (comment accepter l'inéluctable?) quitte à s'empêtrer dans un suspense S.F. apocalyptique plus conventionnel, un peu attendu.

Mais ce diable de danois sous influence du romantisme allemand fournit là, non le vrai choc attendu, mais peut-être un de ses films les plus personnels, chose assez rare pour être relevée.

Sortie le 10 août



Bon, fin de cette chronique - j'espère pas trop négative - sur les relatives déceptions, en plus il n'y a pas que les avant-premières à La Rochelle.
La prochaine fois, un coup d'oeil sur les petits... non les grands plaisirs glanées ici ou là, découvertes ou classiques mélangés. Ici, on n'a que l'embarras du choix !

(billet rédigé le 6 juillet mais par manque de temps, mis en ligne le 7 juillet)

le Festival en vidéo

jeudi 12 mai 2011

CINÉMA. Festival : La Rochelle vs Cannes

Le temps file et le joli mois et déjà bien entamé. Preuve irréfutable : le festival de Cannes a déjà déboulé et je ne l'ai pas vu arriver.


Remarquez, je vous dis ça mais voilà bien longtemps que les flashs et les strass cannois ont fini par me lasser... sans compter que les médias (Canal+ et tutti quanti) à cette occasion se transforment plus en paparazzis bling-blig avides de potins que de tenter de nous parler vraiment de cinéma.

Cannes, malgré ta ration incroyable de films, de réalisateurs et de stars au mètre carré, tu a fini par me lasser et ta vision "pipoliseé" de la planète ciné est un cirque dont je connais trop les trucs et les numéros.
Oui, bien sûr, voir Bobby de Niro applaudi en standing ovation ou Bernardo Bertolucci poussant à s'indigner contre Berlusconi sont les jolies moments d'une soirée d'ouverture par ailleurs platounette.








Et évidemment, je verrai ici ou là sans déplaisir au hasard un Michel Piccoli, une Uma Thurman, un Gus Van Sant, un Almodovar ou une Deneuve papoter avec les journalistes, d'autant que Cannes est toujours le bon moyen de rester informé de l'actualité ciné toute fraîche.
Qui sait, on pourrait même avoir une interview du très secret Terrence Malick dont le plus qu'attendu "The Tree of Life" sort enfin ce mercredi 18 en salles...

Et cette année, avouons que son affiche "Faye Dunayienne" est - pour une fois - un modèle de cinéphilie et d'élégance, jugez plutôt :

site du Festival de Cannes
site de Canal+ cannois
Mais finalement, plutôt que de s'attarder sur cet évènement dont les médias nous rebattent les oreilles, dirigeons notre attention sur un festival se tenant à deux pas de chez moi, et ce n'est pas une expression !
Le 39ème Festival International de Film de la Rochelle rouvre ses portes dans un petit mois et demi à peine, il est temps de le claironner partout !

Vous savez déjà toute l'affection que je porte depuis maintenant bientôt dix ans à ce rendez-vous annuel, voir ici. Un rendez-vous conviant tous les dévoreurs de pellicule qui marie grands classiques, raretés, rétrospectives et nouveautés toutes fraîches, d'ailleurs empruntées à Cannes, il n'y a pas de hasard ...
Le tout sans compétition ou palmarès injuste. Juste du cinéma et du plaisir tous azimuts, de la cinéphilie pointue et éclectique mais joyeuse, et le tout devant le vieux port au soleil, du 1er au 10 juillet prochain.
Chaque année, on se demande si on on ira ou pas à ce nouveau cru rochelais, si on aura d'abord le temps (et l'envie) de patienter dans des files d'attentes bondées, de faire des choix cornéliens - pensez donc : 15 écrans, 300 films, on ne peut pas être partout ! - et d'abîmer ses mirettes devant des films à la file...
Et puis, une fois les beaux jours revenus, que voulez-vous, on craque et on attend impatiemment le début des hostilités.

Alors, comme chaque année, demandez le programme. Vite, une petite sélection :

D'abord, puisqu'il illumine l'affiche de Stanislas Bouvier, l'intégrale du maître du rire muet Buster Keaton ; Une exposition et un hommage au scénariste prolifique Jean-Claude Carrière en sa présence ; Un éclairage sur l'oeuvre du jeune cinéaste exigeant Bertrand Bonnello présent avec la projection de son dernier film "L'Appolonide" ;






La découverte du réalisateur québécois Denis Côté ; Le réalisateur africain Mahamat-Saleh Haroun ; Une Leçon de Musique autour de Maurice Jarre bien venue puisque le plat de résistance de cette année est l'intégrale de David Lean, l'immense cinéaste anglais dont l'oeuvre longtemps taxée d'académique figure au rang des classiques stylés du 7ème art.

Tant de films à redécouvrir (Oliver Twist, Vacances à Venise, La Fille de Ryan) derrière la statue de "Lawrence d'Arabie".
Le programme est loin d'être complet (films mexicains, programmation enfants, Nuit Blanche) et avant de traîner autour des salles du Dragon ou de La Coursive et d'établir vos choix du jour, traînez donc par curiosité sur le site officiel du Festival qui n'est là que pour vous ICI MÊME.

En attendant de peut-être vous retrouver en photo avec les déléguées du Festival Prune Engler et Sylvie Pras, comme les cinéphiles visibles ici. Mais ne cherchez pas, je n'y suis pas !

En tout cas, habitués ou pas du rendez-vous, vivement le 1er juillet. Qui sait, on s'y verra peut-être ?

On ne se quitte pas sans avoir admiré l'affiche de cette année :

article sur Culturopoing

Festival du Film de La Rochelle