Feuilleton Beatles littéraires, suite et fin : après McCartney-Julian Barnes, Lennon-Martin Amis, et Harrison-Ian McEwan, on termine donc avec l'équivalent du dernier Beatles, le fidèle Ringo Starr, seul des quatre musiciens à ne pas composer, ou si peu...Batteur professionnel recruté par les trois autres après l'éviction de Pete Best par leur exigeant producteur, l'indispensable George Martin, Richard Starkey (dit Ringo à cause de sa bagouse au doigt), fut l'élément garantissant par sa nonchalance, sa modestie et son humour absurde, la cohésion musicale - et humaine - du quatuor.

Amoureux du cinéma (il a publié deux livres-portraits d'acteurs, l'un consacré à Humphrey Bogart, l'autre à James Stewart), amateur depuis sa jeunesse de rock et de pop, et fervent opposant à la politique libérale anglaise depuis l'ère Thatcher, il est bien le plus anti-establishment des quatre auteurs concernés.
Les livres de Coe mettent toujours en scène des personnages extrêmement humains et attachants, souvent perdus et inadaptés dans une société compétitive impitoyable, sans concession pour les plus faibles.
Son dernier ouvrage paru : "La pluie, avant qu'elle tombe".
Mais si l'on ne devait retenir que deux de ses livres, ce serait "La Maison du Sommeil", un roman paru en 1998, à la construction sophistiquée et diabolique, décrivant un même lieu situé à deux époques différentes, et mêlant personnages d'étudiants à la recherche d'eux-même, critique de moeurs et sociale, et complexité narrative de haut vol.
Un réjouissant jeu de massacre épinglant une famille d'aristocrates parvenue à tous les postes du pouvoir politique et économique de la Grande-Bretagne. Tous les livres de Jonathan Coe sont publiés aux Éditions Gallimard et en poche chez Folio ...comme d'ailleurs tous les livres de ces "Beatles littéraires". Serait-ce encore un signe ?
Voilà : le petit voyage est terminé. J'espère que ce petit jeu comparatif excentrique n'aura, ni agaçé les amoureux des quatre de Liverpool, ni offusqué les amateurs de littérature anglaise contemporaine.
En bonus : les quatre chantant "All Together Now" (1969) :





La seule, mais notable, différence avec l'illustre musicien est la nature des thèmes abordés : là où Harrison chantait la plénitude amoureuse et spirituelle (Something, I Need You, Here Comes The Sun, My Sweet Lord), McEwan est d'une inspiration plus sombre et cruelle, et semble fasciné par l'ambiguïté et la déviance... 

















