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mercredi 14 septembre 2011

MIOSSEC. Avoir un bon copain

Qu'un billet sur le dernier Miossec figure ici est une chose qui m'étonne assez moi-même. Pas du tout que la figure du chanteur brestois me laisse indifférent, mais depuis quelques années on a épisodiquement suivi sa carrière qui faisait un certain surplace (excepté le beau "1964" de 2004), flirtant souvent avec une banale chanson-rock et retrouvant en fait rarement la verve de ses deux premiers albums "Boire" et "Baiser" fin des années 90.

Ainsi, l'écoute des "Chansons Ordinaires" commence mal : des titres courts d'un rock minimal à la prise de son brouillonne, brassant les mêmes textes désabusés chantés d'une voix courte, une première écoute qui passe plutôt dans l'indifférence.
Pourtant à s'y reprendre plus tard, son choix de revenir à un format rock plus serré se révèle une bonne idée, d'autant que passées les trois banales et mornes premières chansons, ce huitième album révèle une vraie énergie retrouvée.



Ne pourtant pas chercher de l'innovation musicale dans ce recueil de onze titres - tous débutant ironiquement par "chanson" - enregistré à l'instinct avec de jeunes musiciens proches de Dominique A après seulement trois jours de répétition. On n'y renouvellera pas les fondamentaux d'un Miossec, premier à critiquer la faiblesse de son chant, la tendance qu'aurait son inspiration à radoter ou la simplicité musicale de son approche.

Une fois que l'artiste a réglé lui-même lucidement son propre compte, c'est donc aussi pour ses limites qu'on peut estimer Miossec et prendre plaisir à ces retrouvailles. Comme retrouver un vieil ami perdu de vie (une thématique de l'amitié très présente ici) défauts y compris, mais que le passage du temps rend vraiment plus touchant.

Omniprésence des amours mal fichues, éternelle rage sociale, regret de la liberté artistique de la chanson passée perdue de nos jours, obsession du temps qui passe ("Comme le temps passe, comme il nous abîme, comme il nous laisse de cicatrices" sur Chanson qui laisse des traces) : rien de nouveau, mais Miossec enfonce ici avec efficacité le clou du spleen et de la désillusion déjà planté dès ses débuts (remember Regarde un peu la France).



Plutôt ragaillardi par le format rêche et expéditif de l'expérience, par ses musiciens parfois bruitistes qui jouent sec et dru, ces "Chansons Ordinaires" ne semblent pas être une illusoire tentative de retourner au son de ses débuts.
Juste une étape plus lumineuse et plaisante dans le parcours souvent inégal, mais toujours attachant de ce solitaire irréductible amateur de tension, d'accidents et d'une certaine zone d'inconfort.

Et puis au fond, difficile de renier les vieux amis, ce serait se renier soi-même... Welcome back, Christophe !

Tracklist :
1. Chanson Que Personne N'écoute
2. Chanson Pour les Amis
3. Chanson d'un Fait Divers
4. Chanson Pour un Homme Couvert de Femmes
5. Chanson Pleine de Voix
6. Chanson Dramatique
7. Chanson du Bon Vieux Temps
8. Chanson Protestataire
9. Chanson Qui Laisse des Traces
10. Chanson d'Insomniaque
11. Chanson Sympathique

Miossec. "Chansons Ordinaires" (PIAS France) Sorti le 12 septembre
♥♥
en écoute sur spotify et deezer
2 titres sur la Playlist Pop
article sur magic
Miossec chez Pascale Clark sur france inter

Miossec le site

mercredi 22 septembre 2010

CHANSON. Katerine vs Bertrand Belin

















J'ai pris goût au principe... Profitant du hasard qui a vu paraître ce lundi 20 septembre les nouveaux albums de deux artistes de la scène française, voici donc encore un petit match : à ma gauche, le trublion absurde Philippe Katerine ; à ma droite, le discret et mystérieux Bertrand Belin.

On se réjouissait de retrouver la fantaisie et l'imagination du plus imprévisible des chanteurs français, Katerine le dandy farfelu, d'autant que sa dernière livraison "Robots après tout", qui contre toute attente l'avait propulsé "vedette décalée", remontait déjà à cinq ans.

Précédé au printemps de "Bla Bla Bla" et surtout du déjà culte et discrètement subversif "La Banane", ce nouvel opus se distingue, non seulement par sa pochette volontairement kitsch déjà détaillée ici, mais aussi par son concept de 24 chansons-vignettes, aux textes courts en forme de slogans.

Autant de mini-tableaux, parfois acides, épinglant l'absurdité de nos vies quotidiennes ("il parle dans la rue avec un Té-lé-phone") bâtissant une chanson sur une célèbre Musique d'ordinateur, tombant amoureux d'un accord musical (La Musique) ou réécrivant à sa façon la devise nationale (Liberté).

Démarche pas inintéressante, cher Monsieur Blanchard... Seulement, une fois accoutumé à ces iconoclastes pochades de non-sens, dont certaines vraiment hilarantes (Comment tu t'appelles ? Philippe !!!) force est de reconnaître que leur impact s'évente rapidement et qu'elles s'évaporent presque de suite.

La raison principale est surtout le gros manque musical ressenti, peu d'arrangements, ainsi que des tics vocaux assez lassants. Au moins, dans le disque précédent, il y avait une atmosphère (électro-dadaïste) et de vraies chansons, dont la très belle "78-2008".

Ici, se limitant à des formules-slogans se voulant parfois paradoxalement trop porteuses de sens (les "signifiants" Bien Mal ou Juifs Arabes) ou du bâclé pas mémorable (J'aime tes fesses, À toi-À toi, assez irritantes) notre ami situationniste fan de l'Oulipo livre une sorte de pétard un peu mouillé, certes éminemment sympathique, mais trop volatile car vite digéré.


Plus touchant quand il brode sur des détails qu'on devine intimes (Parivélib', Sac en plastique ou Vieille chaîne), on en arriverait à préférer le Katerine qui s'éclate musicalement dans son exercice de reprises hebdomadaires auxquel il s'adonne depuis janvier dernier, disponible en cliquant ici.

Excusez du peu : des "classiques" inscrits dans la mémoire collective comme Capri c'est fini, C'est la ouate, Maman a tort, Papayou, C'est lundi, etc... repris avec des potes musiciens méchamment barrés. Anecdotique sans doute, mais finalement plus vivant et plus jouissif.
 
Allez, sans rancune, Philippe. À vérifier sur scène, peut-être plus propice à un joyeux délire festif...
 
Katerine. "Philippe Katerine" (Universal Music) ♥
à découvrir en digital sur Deezer et sortie de l'album le 27 septembre
chroniqué sur Hop Blog et Des Oreilles dans Babylone




Autant vous le dire : difficile de faire plus différent que Katerine avec le disque de l'outsider Bertrand Belin.

Guitariste doué ayant collaboré avec des artistes comme Néry, Nosfell et même ... Bénabar (mais il y a prescription), le discret Bertrand nous invite à un étrange voyage musical sur son nouvel album "Hypernuit".

Étrange car feutré, et comme détaché des contingences terrestres, le musicien nous convie en des terres qui semblent de prime abord arides et désolées, accompagnement musical dépouillé oblige.

Sur le magnifique "Hypernuit" morceau qui donne son nom à l'album, le titre ne ment pas : le climat est bien à la nuit tombée, du style voyageur égaré en rase campagne.
Texte évocateur d'une vengeance à venir, mystérieux et elliptique, accords folk de guitare obsédants et surtout voix profonde de Belin, grave et détachée, au phrasé déstabilisant découpant curieusement les syllabes, seule afféterie qui risque d'agacer certains.
Certains citent déjà Bashung pour quelques similitudes musicales et vocales, mais cela me rappelle aussi le climat entre chien et loup des albums de Rodolphe Burger, sans compter la voix.

Expérience envoûtante, le disque ne se laisse pourtant pas apprivoiser si vite. Il faut y revenir car son apparente monotonie pourrait laisser croire qu'il n'est pas vraiment habité par son auteur.
 
Aspect trompeur : les très abordables "Avant les forêts" ou "La chaleur" ourlés d'une jolie voix féminine séduisent de suite, mais une longue pièce comme "Tout a changé" ou le sombre "Ne sois plus mon frère" intriguent encore plus, par l'hermétisme des textes peut-être - Belin dit avoir créé et chanté les textes directement sur les musiques - mais aussi par le caractère d'intensité distante, un peu inquiétante, mais toujours élégante.
Avec ce troisième album, après Bertrand Belin (2005) et La Perdue (2007), Belin s'inscrit dans le renouveau d'artistes comme Arman Méliès, Bastien Lallemand, Florent Marchet ou Arnaud Fleurent-Didier, jeunes chanteurs développant chacun à leur façon une chanson d'auteur, étoffant année après année leur univers.

En dépouillant sa musique et son inspiration, l'insaisissable Belin pose ici le jalon d'une carrière à venir qui devrait s'avérer plus que prometteuse...
 
Bertrand Belin. "Hypernuit" (Wagram Music/Cinq 7) ♥♥♥

Résultat : victoire finale de la rigueur Belinesque sur la fantaisie Katerinesque

mercredi 21 juillet 2010

FESTIVAL. Les Francos vite fait (2)

Second concert qui clôturera là ma rapide incursion dans l'édition 2010 des Francofolies : le samedi 17, un rendez-vous chanson-rock avec Miossec en vedette, 15 ans depuis son apparition sur la scène française et son 1er album "Boire."
Avant de retrouver le Brestois à l'âme d'écorché vif, deux premières parties ...

Je passerai vite sur celui qui ouvrit le bal, un certain Alexandre Désilets, qui ne parvint pas à me convaincre avec son répertoire qui se voulait "post-rock envoûtant", mais me parût surtout prétentieux et vite fatigant.
D'autant que je vois très bien ce que doit écouter ce jeune québécois, des groupes anglo-saxons genre Muse ou surtout les grands Radiohead.

Mais n'est pas Thom Yorke qui veut (!) et ses effets de voix (de tête) parfois déficients souvent injustifiés sur des brouillons de chansons pas assez construites retombant comme des soufflés m'ont vite découragé, d'autant qu'une sonorisation excessive et mal réglée a failli rendre sourd le public.
Dur, dur, de ne pas encore avoir les moyens de ses ambitions (à mon avis)...

J'étais donc d'humeur fort moyenne lorque la seconde première partie débuta, en la personne de Da Silva.
Artiste dont je connaissai vaguement quelques titres entendus à la radio, qui n'avaient pas spécialement retenu mon attention (Le Carnaval, La Route).

Mais c'est sans compter sur le fait que certains ont le don de révéler sur scène un potentiel qu'on ne soupçonne pas à l'écoute de leurs disques...
À l'évidence, le (petit par la taille!) bonhomme a une longue expérience de la scène pour proposer un spectacle si carré, tendu, à la rage sous-jacente contenue, en bref fort réussi.

Pas une baisse d'intensité dans sa prestation à la belle musicalité où éclate surtout la connivence entre le chanteur et ses musiciens (guitariste, trompettiste et violoniste très inspirés), leur complicité évidente et leur simple plaisir de jouer ensemble.
Importe peu alors, l'aspect peu original de sa chanson-rock aux paroles assez sommaires et aux thèmes intimes déjà vus, quoique sentant le vécu...
Que demander de plus à un artiste, sinon de maîtriser son art et respecter son public ?

Deux exemples : d'abord, "L'Averse" en live à Bordeaux ...
(la chanson ne commence que vers 40")



... et avec "Les Plus Belles Lettres" capté à Nice :

Pour ceux qui veulent tout savoir, Da Silva a publié l'an dernier son 3ème album "La Tendresse des Fous," mais si l'aventure vous tente, allez-donc le voir en scène, vous devriez apprécier...



Juste après ce show énergique et généreux, je me disais que l'ami Miossec allait devoir assurer pour maintenir le niveau et notre intérêt.
Pas manqué : sa prestation fut - comment dire ? - moins rôdée, plus irrégulière, mais peut-être pas moins intense.
Apparemment, Christophe Miossec et ses acolytes avaient décidé de faire dans le brutal : un son rock basique et une majorité de titres du début de sa carrière (style Non non non, je ne suis plus saoûl ou Baiser).

Autant le dire, Miossec a toujours été un peu chaotique en scène et il est, de plus, diminué par son mauvais état physique actuel (après une opération des hanches). On ne lui tiendra pas rigueur de l'aspect foutraque de ce concert, où l'énergie à l'esprit quasi punk ne faisait pas défaut et suppléait le manque de rigueur.
Que voulez-vous, l'homme et son gang sont sympathiques et entiers, même si je leur en veux d'avoir manqué fusiller nos tympans déja mis à mal au début, par un son agressif et bruyant qui noyait de plus la voix fatiguée de l'artiste et surtout ses textes attachants.
Mais content de l'avoir vu quand même...

Un aperçu d'un de ses concerts sur sa récente tournée :

le site officiel de Miossec

C'est déjà la fin de ces mini-Francofolies.
Deux concerts, c'est vite passé, mais ne vous inquiétez pas, déambuler sur le vieux port parmi la foule d'estivants et prendre un pot aux terrasses participe aussi au plaisir de ce festival d'été au cadre inoubliable ... sans chauvinisme aucun.

Bon, peut-être un peu, mais vous m'excuserez, j'espère.

Si certains ont vu des spectacles aux Francos ou même des souvenirs des éditions passées, n'hésitez pas à m'en faire part (si tout le monde n'est pas déjà en vacances)

mardi 20 juillet 2010

FESTIVAL. Les Francos vite fait (1)

Comme promis, un petit aperçu des deux seuls concerts vus cette année aux Francofolies de La Rochelle.

N'étant pas un grand mordu de chanson française, j'avais prévu de me rendre au grand concert à l'affiche atypique électro/pop-rock (Dominique A, Charlotte Gainsbourg, Wax Tailor et Phoenix) ... hélàs vite abandonné depuis longtemps pour des raisons d'agenda personnel et familial.
Ici Thomas Mars de Phoenix en communion avec le public rochelais : Pas grave, on s'en consolera en lisant cet excellent article sur la soirée, déniché sur le blog "Des Oreilles dans Babylone" ici-même.

Dans la foulée de ce rendez-vous manqué, je me suis tout de même réservé deux moments qui m'ont semblé recommandables :

D'abord un concert, qui affichait JP Nataf, l'ex-leader des Innocents bizarrement programmé dans la série des ..."Premières Francos" (?)
Heu, messieurs des Francos, savez-vous qu'il a juste plus de 25 ans de carrière depuis les Z' innos ? Bon, passons...

En première partie, la jeune artiste de La Fiancée ouvrait l'après-midi en faisant ses quasi premiers pas sur scène.
Une jolie et gentille personne, joliment élégante, avec une plutôt jolie voix et un joli éventail de jolies chansons gentiment écrites et gentiment folk-pop.

Joli et gentil tout ça, mais bien trop sage et manquant cruellement de relief pour qu'on s'y attache vraiment...

Un auto-portrait en vidéo sur le Chantier des Francos :


C'est donc avec plaisir qu'on découvrait sur (une modeste) scène le trop rare JP Nataf, subtil baladin folk-pop, au look de pasteur barbu échappé de Lucky Luke ou d'un film de Sergio Leone, et qui a publié un des meilleurs albums pop français de l'an passé, le bien-nommé "Clair".

La vidéo marrante de son mini-tube "Viens me le dire" :

L'homme est simple d'accès et spontané, et mit en un éclair le public dans sa poche avec son naturel et son humour plein d'auto-dérision.

Et il lui en a fallu, le concert étant malheureusement placé sous le signe de problèmes techniques divers et variés : "bips-bips" bizarres dans l'ampli, parfois des larsens et surtout des problèmes récurrents de guitare mal accordée. Des détails qui gâchent la cohésion d'un concert, c'est sûr...

D'autant plus dommage, car lorsque tout était en place, le song-writing sophistiqué et entêtant de l'artiste distillait toute sa séduction sur des titres comme "Monkey", "Les Lacets" ou "Myosotis."
... Jusqu'à un final folk-guitar très néo-baba sur "Seul Alone", long point d'orgue du set, où l'on vit même une certaine ... Jeanne Cherhal le rejoindre en douce pour l'accompagner dans les choeurs.
Regret : aucun rappel malgré l'attente du public. Était-il mécontent de sa prestation accidentée ?

Épaulé par un groupe très en place - excellent batteur ! - cet orfèvre pop, au jeu de guitare limpide, aussi doué que modeste, mériterait mieux que le succès d'estime auquel il est cantonné depuis qu'il est en solo. N'hésitez pas à vous déplacer si par hasard, il tourne près de chez vous...

Un aperçu avec l'extrait d'un de ses concerts parisiens :


En bonus, le morceau-fleuve "Seul Alone" en session acoustique pour le site de Libé :

Demain, le second - et dernier - concert de mes mini-Francofolies 2010 ...

samedi 26 juin 2010

CHANSON. K... le farfelu nous parle...

Un petit jeu :

1) Reconnaissez-vous ce regard ?
2) Et ce visage, vous dit-il quelque chose ? 3) Bon, là, vous ne vous pouvez pas vous tromper, bien sûr, c'est ...... Philippe KATERINE évidemment ...

4) Oh, la belle pochette de disque que voilà : raffinée, tellement mode, super-classe !

C'est pourtant bien la pochette du prochain album de notre hurluberlu préféré, le chanteur dadaïste vendéen de la scène française, disque qui paraîtra le 27 septembre prochain.
Une photo qui nous renvoie aux plus belles heures de l'élégance française, entre Les Bidochons, la Rubrique-À-Brac de Gotlib ou les Deschiens. On n'en attendait pas moins de cet original, dont je soupçonne que ce soient ses vrais parents qui l'encadrent fièrement sur la photo...
 
Pour indice*, lisez-donc la liste des chansons qui nous attendent sur cette nouvelle galette :
 
01. Je m'éloigne d'autant que je m'approche
02. Bla Bla Bla
03. La Reine d'Angleterre
04. Les derniers seront toujours les premiers
05. Des bisoux
06. Bien Mal
07. Liberté
08. La Banane
09. J'aime tes fesses (avec Jeanne Balibar)10. Philippe
11. Il veut faire un film (avec mes parents) *12. Moustache
13. Sac en plastique
14. Té-lé-phone
15. À Toi-À Toi (avec ma fille Edie) *16. Parivélib'
17. La musique
18. Vieille chaîne
19. Morts-vivants
20. Cette mélodie
21. Le rêve
22. Juifs Arabes
23. Musique d'ordinateur
24. Le Champ de blé

Ce nouvel opus se présente comme un recueil de chansonnettes-vignettes, dont certainement beaucoup de loufoqueries (j'attends d'écouter "J'aime tes fesses" ou "La Banane"), mais j'espère que notre ami ne se contente pas de jouer le maboule décalé de service, et n'a pas oublié sa mélancolie et sa poésie personnelle. On peut l'espérer avec des titres comme "Cette Mélodie" ou "Le Champ de Blé".
Premier extrait (un brin minimal, mais efficace) avec "Bla Bla Bla" :
 

 
le site du nouvel album (mais bon, là, je vous ai déjà tout révélé)
 
Et pour ceux qui l'ignoreraient encore, retrouvez Katerine dans son exercice de 52 reprises dans l'espace, entreprise hautement ubuesque de relecture de classiques (?) du répertoire français. Et pour ceux qui veulent tout savoir, rendez-vous sur le site de l'artiste que vous trouverez, tiens, dans la liste de sites en bas à droite du blog.
 
Une bonne raison d'aller y voir par-là-bas. Eh, je ne vais pas vous mâcher tout le travail quand même ! Bonnes découvertes.

mardi 11 mai 2010

RADIO. La musique au scalpel. "Système disque" de Valli

Vous voulez échapper à l'eau tiède musicale dont les radios nous inondent et entendre une vraie tribune musicale passant en revue l'actualité du disque ? Les amateurs doivent déjà connaître le rendez-vous du vendredi soir sur France-Inter sur "Système Disque" entre 22h et 23h.
Une petite heure d'échanges variés, parfois divergents, entre chroniqueurs, journalistes et rédacteurs de la presse musicale française. Qui analysent, dissèquent - et parfois enterrent ! - trois albums différents par semaine.
Une émission menée surtout tambour battant avec fraîcheur et dynamisme par la plus française des américaines, la sympathique Valli. Vous vous souvenez bien de Valli ? La chanteuse du duo éphémère Chagrin d'amour, auteur du tube pré-rap "Chacun fait c'qui lui plaît", à l'aube des années 80.
Par égard pour les jeunes générations, on leur épargnera l'écoute de la chanson, mais la pochette d'époque rappellera bien des souvenir aux plus anciens...

Tout ça, c'est du passé. Depuis longtemps reconvertie en animatrice, d'abord sur Europe 2, l'ex-chanteuse pop eighties est une vraie amoureuse de musique.
En témoigne donc son émission, à l'antenne d'Inter depuis 2001 et vraiment pertinente depuis qu'elle l'a transformée en tour d'horizon hebdomadaire sur le modèle du "Masque et la Plume", en version réduite et consacrée à l'actualité musicale.
Qui ne laissera personne de côté, grâce à son choix large, entre artistes confirmés et jeunes pousses, chanson française et rock indépendant, nouveaux buzz musicaux hyper-tendance ou gloires sur le retour.
Un choix élaboré avec les programmateurs maisons sous l'égide de Bernard Chérèze, directeur musical de la station.

Drôle, vive et enjouée, tout le charme de Valli n'est pas de trop pour concilier les avis souvent très antagonistes des critiques. Un panel de chroniqueurs tournant souvent, donc sans risque de lasser l'auditer, et puisé dans les musicaux branchés Magic, Inrocks, Vox-Pop ou les généralistes Libé, Le Figaro, L'Express.
... Où se confirme que l'avis d'un critique, même spécialisé, reste un avis SUBJECTIF, dépendant de l'âge, de la culture musicale, des racines culturelles, de sa sensibilité en général...

[Donc, c'est tout à fait normal qu'à chaque fois que s'exprime le très énervant Gilles Verlant, pourtant excellent biographe de Gainsbourg, à l'écoute de sa mauvaise foi et son contre-snobisme musical limite démagogique, j'ai quasi l'envie de casser mon poste ? ]





Allez, on se calme, et on se réjouit qu'en amateurs de musique, on puisse entendre de vrais avis critiques stimulantes et pas seulement l'habituel ronron promotionnel.

Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à réagir par mail à l'émission : l'ayant fait plusieurs fois, j'ai eu le plaisir - et la dernière fois pas plus tard que la semaine dernière - d'avoir une réponse de Valli elle-même. Une disponibilité et une interactivité qui renforcent de fait la proximité avec ses auditeurs. À signaler : pas d'émission ce vendredi, la prochaine le vendredi 21 mai.

Bon, j'avoue, je l'aime beaucoup, Valli, avec son accent craquant. Ça marche toujours, les accents...

"Système disque" par Valli le vendredi de 22h à 23h sur France Inter : vous trouverez ici le site de l'émission avec le podcast de l'émission précédente


Allez, je craque : un petit coup de
Chagrin d'Amour, pour tous les ex-enfants des années 80. Et Valli est mille fois mieux de nos jours, d'ailleurs...

samedi 3 avril 2010

MUSIQUE. La vie en rose. Alain Chamfort, Broken Bells, Goldfrapp, French Cowboy

Petite sélection musicale de nouveautés dont le seul dénominateur commun est la couleur rose qui figure sur la pochette de chacun des albums ! Pas une volonté de ma part, mais le hasard le plus complet...

On commence en chanson avec "La vie Saint-Laurent", le dernier opus d'Alain Chamfort, album-concept retraçant la vie et la carrière du couturier Yves Saint-Laurent. Une sorte de biopic musical taillé sur mesure (je sais, elle est facile...)
On y retrouve tout l'art de mélodiste habituel de Chamfort dans un écrin sonore remarquablement soigné, aux textures musicales différentes selon les époques évoquées, accompagné d'un livre-album. Noble démarche et bel objet...

Mais j'avoue ne pas être entièrement convaincu par le projet. La faute au côté linéaire trop appliqué du projet, collé à la vie de Saint-Laurent. Et surtout aux textes assez peu inspirés, plutôt souvent maladroits.
L'ensemble est à la fois séduisant et bien trop sage. À l'image d'Alain Chamfort lui-même, musicien irréprochable mais souvent trop corseté (oui, facile encore...)

Alain Chamfort. "La Vie Saint-Laurent" (Tessland/pierre&eau) en écoute sur Deezer

"À la droite de Dior", le premier extrait :


Deuxième album en rose : "Broken Bells", nouveau projet musical du musicien hyper-actif Brian Burton alias Danger Mouse, l'âme de Gnals Barkley (le tube Crazy) associé ici au chanteur James Mercer du groupe The Shins.
Une sorte de super-groupe donc, concept souvent effrayant sur le papier. Mais ici, l'alchimie est probante dès le premier titre The High Road.

Un album à la fois pointu et référencé (soul années 60, production électro, hip-hop, B.O. de film) mais immédiatement accessible à tous. Un grand écart réussi entre son de super-pros et efficacité pop grand public (le tubesque The Ghost Inside).

Manque peut-être un grain de folie, mais voilà un disque assurément cohérent du début à la fin, hautement habité par la voix chaude de James Mercer et musicalement très haut de gamme.

Broken Bells. "Broken Bells" (Columbia) ♥♥♥ en écoute sur Deezer

The Ghost Inside et Mongrel Heart en écoute sur la Playlist printemps-été

La vidéo du single "The High Road" :


Grosse déception par contre pour "Head First", la dernière livraison du groupe Goldfrapp, composé de Will Gregory, musicien tête-pensante & Alison Goldfrapp, chanteuse autrefois envoûtante.

Jadis auteur de merveilles pop, en l'occurrence le fascinant "Felt Mountain" (2000) et le vaporeux "Seventh Tree" (2008), le duo se lance sans vergogne à l'assaut des charts commerciaux et des dance-floors avec un disque hyper-formaté, au son néo-disco assez assommant, sans aucune fantaisie ni originalité.

Rien ne dépasse de ces neuf morceaux sans aspérités qui semblent vouloir empiéter sur le territoire de Madonna. Ambitions bien revues à la baisse, donc pour un duo jouant ici les mercenaires et qui perd son âme en chemin.
Une démarche musicalement sans aucun intérêt. Passez votre route sans regret...

Goldfrap. "Head First" (Mute Records) Je vous épargne le clip, encore plus nul que la musique.

Dernier album de cette mini-sélection, celui-ci était l'outsider français de ma petite sélection : "(Isn't my bedroom) A Masterpiece" des French Cowboy.
La couronne (rose) sur la pochette appartient à Federico Pellegrini, créateur du groupe Little Rabbits, parfois complice des folies de Katerine en scène. Ici, c'est son dernier projet en date, "French Cowboy."

Un disque très anglophile, référencé et éclectique (rock garage, new wave, folk ombrageux) mais d'une dimension à la fois sérieuse et ludique.
Un disque de chambre (le "My Bedroom" du titre n'est pas là pour rien) comme un album-portrait de son auteur, miroir de ses influences multiples.
Comme toutes les chambres, c'est parfois un foutoir, disons le mot, mais un plutôt beau foutoir, inspiré quoique inégal, sombre et lumineux à la fois. Plaira surtout aux amateurs de pop torturée.

French Cowboy. "(Isn't My Bedroom) A Masterpiece" (Havalina Records) en écoute sur Deezer



Une sélection rose pâle, donc : deux disques - surtout l'un, devinez lequel - fort recommandables pour deux autres, décevants.

À vous de les écouter maintenant en cliquant sur les liens, et de vous forger vos avis...

jeudi 1 avril 2010

FESTIVAL. Francofolies ou Francos finies ?

Je vous le dis tout de go : au fur et à mesure des années, la programmation des Francofolies de La Rochelle me parle de moins en moins...

Est-ce un effet prématuré du grand âge qui s'avance ? (très très prématuré, alors !) Ou le paysage de la chanson française qui s'étiole de plus en plus ?
Ou plus simplement le fait, qu'habitant dans la région même où se tient chaque année l'évènement, il fait désormais partie du paysage comme une chose établie, donc moins excitante...


Pourtant, on en a des souvenirs aux Francos : par exemple, ce concert de Lavilliers à St-Jean d'Acre, qu'on pouvait voir gratuitement la 1ère ou 2ème année, parce que les programmateurs n'avaient pas songé à en occulter l'accès visuel en face de l'autre côté du port ! Chose vite impossible dans les éditions suivantes...

D'autres souvenirs de concerts au hasard : une prestation rageuse de Dominique A en 1ère partie d'une Brigitte Fontaine fantasque à souhait en un mois de juillet caniculaire ; Véronique Sanson et son grand orchestre symphonique, ballottée et trempée sous une pluie torrentielle ; une mer de costumes blancs saluant les 80 ans d'un Salvador fiérot, mais finalement ému ; un Rachid Taha destroy et envapé, plombé par une météo venteuse et glaciale, mais sauvé par ses musiciens ; un concert explosif jusqu'au bout de la nuit d'un "M" bonne période et en grande forme.








Et aussi, les concerts que l'on a ratés : celui de Gainsbourg en 1989, deux ans avant que notre aquoiboniste national ne s'éteigne ; idem pour Bashung en 2008 (là, je m'en veux de ne pas l'avoir salué, l'Alsacien).

Mes meilleurs souvenirs ? Deux concerts mémorables de Christophe au Grand Théâtre, surtout le premier, en 2002, moment d'esthétisme et d'émotion inoubliable...

Et ces foules de gens attablés au terrasses des cafés du port jusqu'à pas d'heure dans la nuit, cette ambiance survoltée, entre kermesse populaire et Fête de la Bière à Munich ! L'été, quoi !

Bon, à bien y regarder, il y a peut-être des choses à glaner dans cette édition 2010 qui se tiendra du 13 au 17 juillet prochain, même si j'y regrette, par exemple, l'absence de Benjamin Biolay. Dernière minute : Jacques Higelin sera présent le 13 juillet le même soir que Jacques Dutronc !

Côté têtes d'affiche, en vrac : Alain Souchon le 15, Mathieu "M" Chédid le 14, Vanessa Paradis en acoustique le 14 (concert déjà complet !) ou encore Miossec le 17.
Et voilà une soirée qui a l'air plutôt prometteuse : le vendredi 16 juillet à St-Jean d'Acre, un plateau pop-rock assez pointu réunissant Dominique A (hé oui, encore lui), Charlotte Gainsbourg, et le seul groupe pop-rock français vraiment "successfull" aux U.S.A. : Phoenix.












Allez, je réfléchis bien : après coup, on m'y verra peut-être au moins une fois cette année aux Francos. Quoique les tarifs, prohibitifs sur les concerts en extérieur, ont de quoi refroidir un brin les ardeurs. À voir, donc...

Et vous, comment ressentez-vous l'évolution des Francofolies ? Et le programme de cette année consultable avec le lien officiel que voici ? Projetez-vous d'y voir des concerts ? Ou bien resterez-vous chez vous à bouder la fête ?
C'est à vous de parler...