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mercredi 21 juillet 2010

FESTIVAL. Les Francos vite fait (2)

Second concert qui clôturera là ma rapide incursion dans l'édition 2010 des Francofolies : le samedi 17, un rendez-vous chanson-rock avec Miossec en vedette, 15 ans depuis son apparition sur la scène française et son 1er album "Boire."
Avant de retrouver le Brestois à l'âme d'écorché vif, deux premières parties ...

Je passerai vite sur celui qui ouvrit le bal, un certain Alexandre Désilets, qui ne parvint pas à me convaincre avec son répertoire qui se voulait "post-rock envoûtant", mais me parût surtout prétentieux et vite fatigant.
D'autant que je vois très bien ce que doit écouter ce jeune québécois, des groupes anglo-saxons genre Muse ou surtout les grands Radiohead.

Mais n'est pas Thom Yorke qui veut (!) et ses effets de voix (de tête) parfois déficients souvent injustifiés sur des brouillons de chansons pas assez construites retombant comme des soufflés m'ont vite découragé, d'autant qu'une sonorisation excessive et mal réglée a failli rendre sourd le public.
Dur, dur, de ne pas encore avoir les moyens de ses ambitions (à mon avis)...

J'étais donc d'humeur fort moyenne lorque la seconde première partie débuta, en la personne de Da Silva.
Artiste dont je connaissai vaguement quelques titres entendus à la radio, qui n'avaient pas spécialement retenu mon attention (Le Carnaval, La Route).

Mais c'est sans compter sur le fait que certains ont le don de révéler sur scène un potentiel qu'on ne soupçonne pas à l'écoute de leurs disques...
À l'évidence, le (petit par la taille!) bonhomme a une longue expérience de la scène pour proposer un spectacle si carré, tendu, à la rage sous-jacente contenue, en bref fort réussi.

Pas une baisse d'intensité dans sa prestation à la belle musicalité où éclate surtout la connivence entre le chanteur et ses musiciens (guitariste, trompettiste et violoniste très inspirés), leur complicité évidente et leur simple plaisir de jouer ensemble.
Importe peu alors, l'aspect peu original de sa chanson-rock aux paroles assez sommaires et aux thèmes intimes déjà vus, quoique sentant le vécu...
Que demander de plus à un artiste, sinon de maîtriser son art et respecter son public ?

Deux exemples : d'abord, "L'Averse" en live à Bordeaux ...
(la chanson ne commence que vers 40")



... et avec "Les Plus Belles Lettres" capté à Nice :

Pour ceux qui veulent tout savoir, Da Silva a publié l'an dernier son 3ème album "La Tendresse des Fous," mais si l'aventure vous tente, allez-donc le voir en scène, vous devriez apprécier...



Juste après ce show énergique et généreux, je me disais que l'ami Miossec allait devoir assurer pour maintenir le niveau et notre intérêt.
Pas manqué : sa prestation fut - comment dire ? - moins rôdée, plus irrégulière, mais peut-être pas moins intense.
Apparemment, Christophe Miossec et ses acolytes avaient décidé de faire dans le brutal : un son rock basique et une majorité de titres du début de sa carrière (style Non non non, je ne suis plus saoûl ou Baiser).

Autant le dire, Miossec a toujours été un peu chaotique en scène et il est, de plus, diminué par son mauvais état physique actuel (après une opération des hanches). On ne lui tiendra pas rigueur de l'aspect foutraque de ce concert, où l'énergie à l'esprit quasi punk ne faisait pas défaut et suppléait le manque de rigueur.
Que voulez-vous, l'homme et son gang sont sympathiques et entiers, même si je leur en veux d'avoir manqué fusiller nos tympans déja mis à mal au début, par un son agressif et bruyant qui noyait de plus la voix fatiguée de l'artiste et surtout ses textes attachants.
Mais content de l'avoir vu quand même...

Un aperçu d'un de ses concerts sur sa récente tournée :

le site officiel de Miossec

C'est déjà la fin de ces mini-Francofolies.
Deux concerts, c'est vite passé, mais ne vous inquiétez pas, déambuler sur le vieux port parmi la foule d'estivants et prendre un pot aux terrasses participe aussi au plaisir de ce festival d'été au cadre inoubliable ... sans chauvinisme aucun.

Bon, peut-être un peu, mais vous m'excuserez, j'espère.

Si certains ont vu des spectacles aux Francos ou même des souvenirs des éditions passées, n'hésitez pas à m'en faire part (si tout le monde n'est pas déjà en vacances)

mardi 20 juillet 2010

FESTIVAL. Les Francos vite fait (1)

Comme promis, un petit aperçu des deux seuls concerts vus cette année aux Francofolies de La Rochelle.

N'étant pas un grand mordu de chanson française, j'avais prévu de me rendre au grand concert à l'affiche atypique électro/pop-rock (Dominique A, Charlotte Gainsbourg, Wax Tailor et Phoenix) ... hélàs vite abandonné depuis longtemps pour des raisons d'agenda personnel et familial.
Ici Thomas Mars de Phoenix en communion avec le public rochelais : Pas grave, on s'en consolera en lisant cet excellent article sur la soirée, déniché sur le blog "Des Oreilles dans Babylone" ici-même.

Dans la foulée de ce rendez-vous manqué, je me suis tout de même réservé deux moments qui m'ont semblé recommandables :

D'abord un concert, qui affichait JP Nataf, l'ex-leader des Innocents bizarrement programmé dans la série des ..."Premières Francos" (?)
Heu, messieurs des Francos, savez-vous qu'il a juste plus de 25 ans de carrière depuis les Z' innos ? Bon, passons...

En première partie, la jeune artiste de La Fiancée ouvrait l'après-midi en faisant ses quasi premiers pas sur scène.
Une jolie et gentille personne, joliment élégante, avec une plutôt jolie voix et un joli éventail de jolies chansons gentiment écrites et gentiment folk-pop.

Joli et gentil tout ça, mais bien trop sage et manquant cruellement de relief pour qu'on s'y attache vraiment...

Un auto-portrait en vidéo sur le Chantier des Francos :


C'est donc avec plaisir qu'on découvrait sur (une modeste) scène le trop rare JP Nataf, subtil baladin folk-pop, au look de pasteur barbu échappé de Lucky Luke ou d'un film de Sergio Leone, et qui a publié un des meilleurs albums pop français de l'an passé, le bien-nommé "Clair".

La vidéo marrante de son mini-tube "Viens me le dire" :

L'homme est simple d'accès et spontané, et mit en un éclair le public dans sa poche avec son naturel et son humour plein d'auto-dérision.

Et il lui en a fallu, le concert étant malheureusement placé sous le signe de problèmes techniques divers et variés : "bips-bips" bizarres dans l'ampli, parfois des larsens et surtout des problèmes récurrents de guitare mal accordée. Des détails qui gâchent la cohésion d'un concert, c'est sûr...

D'autant plus dommage, car lorsque tout était en place, le song-writing sophistiqué et entêtant de l'artiste distillait toute sa séduction sur des titres comme "Monkey", "Les Lacets" ou "Myosotis."
... Jusqu'à un final folk-guitar très néo-baba sur "Seul Alone", long point d'orgue du set, où l'on vit même une certaine ... Jeanne Cherhal le rejoindre en douce pour l'accompagner dans les choeurs.
Regret : aucun rappel malgré l'attente du public. Était-il mécontent de sa prestation accidentée ?

Épaulé par un groupe très en place - excellent batteur ! - cet orfèvre pop, au jeu de guitare limpide, aussi doué que modeste, mériterait mieux que le succès d'estime auquel il est cantonné depuis qu'il est en solo. N'hésitez pas à vous déplacer si par hasard, il tourne près de chez vous...

Un aperçu avec l'extrait d'un de ses concerts parisiens :


En bonus, le morceau-fleuve "Seul Alone" en session acoustique pour le site de Libé :

Demain, le second - et dernier - concert de mes mini-Francofolies 2010 ...

jeudi 1 avril 2010

FESTIVAL. Francofolies ou Francos finies ?

Je vous le dis tout de go : au fur et à mesure des années, la programmation des Francofolies de La Rochelle me parle de moins en moins...

Est-ce un effet prématuré du grand âge qui s'avance ? (très très prématuré, alors !) Ou le paysage de la chanson française qui s'étiole de plus en plus ?
Ou plus simplement le fait, qu'habitant dans la région même où se tient chaque année l'évènement, il fait désormais partie du paysage comme une chose établie, donc moins excitante...


Pourtant, on en a des souvenirs aux Francos : par exemple, ce concert de Lavilliers à St-Jean d'Acre, qu'on pouvait voir gratuitement la 1ère ou 2ème année, parce que les programmateurs n'avaient pas songé à en occulter l'accès visuel en face de l'autre côté du port ! Chose vite impossible dans les éditions suivantes...

D'autres souvenirs de concerts au hasard : une prestation rageuse de Dominique A en 1ère partie d'une Brigitte Fontaine fantasque à souhait en un mois de juillet caniculaire ; Véronique Sanson et son grand orchestre symphonique, ballottée et trempée sous une pluie torrentielle ; une mer de costumes blancs saluant les 80 ans d'un Salvador fiérot, mais finalement ému ; un Rachid Taha destroy et envapé, plombé par une météo venteuse et glaciale, mais sauvé par ses musiciens ; un concert explosif jusqu'au bout de la nuit d'un "M" bonne période et en grande forme.








Et aussi, les concerts que l'on a ratés : celui de Gainsbourg en 1989, deux ans avant que notre aquoiboniste national ne s'éteigne ; idem pour Bashung en 2008 (là, je m'en veux de ne pas l'avoir salué, l'Alsacien).

Mes meilleurs souvenirs ? Deux concerts mémorables de Christophe au Grand Théâtre, surtout le premier, en 2002, moment d'esthétisme et d'émotion inoubliable...

Et ces foules de gens attablés au terrasses des cafés du port jusqu'à pas d'heure dans la nuit, cette ambiance survoltée, entre kermesse populaire et Fête de la Bière à Munich ! L'été, quoi !

Bon, à bien y regarder, il y a peut-être des choses à glaner dans cette édition 2010 qui se tiendra du 13 au 17 juillet prochain, même si j'y regrette, par exemple, l'absence de Benjamin Biolay. Dernière minute : Jacques Higelin sera présent le 13 juillet le même soir que Jacques Dutronc !

Côté têtes d'affiche, en vrac : Alain Souchon le 15, Mathieu "M" Chédid le 14, Vanessa Paradis en acoustique le 14 (concert déjà complet !) ou encore Miossec le 17.
Et voilà une soirée qui a l'air plutôt prometteuse : le vendredi 16 juillet à St-Jean d'Acre, un plateau pop-rock assez pointu réunissant Dominique A (hé oui, encore lui), Charlotte Gainsbourg, et le seul groupe pop-rock français vraiment "successfull" aux U.S.A. : Phoenix.












Allez, je réfléchis bien : après coup, on m'y verra peut-être au moins une fois cette année aux Francos. Quoique les tarifs, prohibitifs sur les concerts en extérieur, ont de quoi refroidir un brin les ardeurs. À voir, donc...

Et vous, comment ressentez-vous l'évolution des Francofolies ? Et le programme de cette année consultable avec le lien officiel que voici ? Projetez-vous d'y voir des concerts ? Ou bien resterez-vous chez vous à bouder la fête ?
C'est à vous de parler...