Affichage des articles dont le libellé est Miossec. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Miossec. Afficher tous les articles

mercredi 14 septembre 2011

MIOSSEC. Avoir un bon copain

Qu'un billet sur le dernier Miossec figure ici est une chose qui m'étonne assez moi-même. Pas du tout que la figure du chanteur brestois me laisse indifférent, mais depuis quelques années on a épisodiquement suivi sa carrière qui faisait un certain surplace (excepté le beau "1964" de 2004), flirtant souvent avec une banale chanson-rock et retrouvant en fait rarement la verve de ses deux premiers albums "Boire" et "Baiser" fin des années 90.

Ainsi, l'écoute des "Chansons Ordinaires" commence mal : des titres courts d'un rock minimal à la prise de son brouillonne, brassant les mêmes textes désabusés chantés d'une voix courte, une première écoute qui passe plutôt dans l'indifférence.
Pourtant à s'y reprendre plus tard, son choix de revenir à un format rock plus serré se révèle une bonne idée, d'autant que passées les trois banales et mornes premières chansons, ce huitième album révèle une vraie énergie retrouvée.



Ne pourtant pas chercher de l'innovation musicale dans ce recueil de onze titres - tous débutant ironiquement par "chanson" - enregistré à l'instinct avec de jeunes musiciens proches de Dominique A après seulement trois jours de répétition. On n'y renouvellera pas les fondamentaux d'un Miossec, premier à critiquer la faiblesse de son chant, la tendance qu'aurait son inspiration à radoter ou la simplicité musicale de son approche.

Une fois que l'artiste a réglé lui-même lucidement son propre compte, c'est donc aussi pour ses limites qu'on peut estimer Miossec et prendre plaisir à ces retrouvailles. Comme retrouver un vieil ami perdu de vie (une thématique de l'amitié très présente ici) défauts y compris, mais que le passage du temps rend vraiment plus touchant.

Omniprésence des amours mal fichues, éternelle rage sociale, regret de la liberté artistique de la chanson passée perdue de nos jours, obsession du temps qui passe ("Comme le temps passe, comme il nous abîme, comme il nous laisse de cicatrices" sur Chanson qui laisse des traces) : rien de nouveau, mais Miossec enfonce ici avec efficacité le clou du spleen et de la désillusion déjà planté dès ses débuts (remember Regarde un peu la France).



Plutôt ragaillardi par le format rêche et expéditif de l'expérience, par ses musiciens parfois bruitistes qui jouent sec et dru, ces "Chansons Ordinaires" ne semblent pas être une illusoire tentative de retourner au son de ses débuts.
Juste une étape plus lumineuse et plaisante dans le parcours souvent inégal, mais toujours attachant de ce solitaire irréductible amateur de tension, d'accidents et d'une certaine zone d'inconfort.

Et puis au fond, difficile de renier les vieux amis, ce serait se renier soi-même... Welcome back, Christophe !

Tracklist :
1. Chanson Que Personne N'écoute
2. Chanson Pour les Amis
3. Chanson d'un Fait Divers
4. Chanson Pour un Homme Couvert de Femmes
5. Chanson Pleine de Voix
6. Chanson Dramatique
7. Chanson du Bon Vieux Temps
8. Chanson Protestataire
9. Chanson Qui Laisse des Traces
10. Chanson d'Insomniaque
11. Chanson Sympathique

Miossec. "Chansons Ordinaires" (PIAS France) Sorti le 12 septembre
♥♥
en écoute sur spotify et deezer
2 titres sur la Playlist Pop
article sur magic
Miossec chez Pascale Clark sur france inter

Miossec le site

mercredi 21 juillet 2010

FESTIVAL. Les Francos vite fait (2)

Second concert qui clôturera là ma rapide incursion dans l'édition 2010 des Francofolies : le samedi 17, un rendez-vous chanson-rock avec Miossec en vedette, 15 ans depuis son apparition sur la scène française et son 1er album "Boire."
Avant de retrouver le Brestois à l'âme d'écorché vif, deux premières parties ...

Je passerai vite sur celui qui ouvrit le bal, un certain Alexandre Désilets, qui ne parvint pas à me convaincre avec son répertoire qui se voulait "post-rock envoûtant", mais me parût surtout prétentieux et vite fatigant.
D'autant que je vois très bien ce que doit écouter ce jeune québécois, des groupes anglo-saxons genre Muse ou surtout les grands Radiohead.

Mais n'est pas Thom Yorke qui veut (!) et ses effets de voix (de tête) parfois déficients souvent injustifiés sur des brouillons de chansons pas assez construites retombant comme des soufflés m'ont vite découragé, d'autant qu'une sonorisation excessive et mal réglée a failli rendre sourd le public.
Dur, dur, de ne pas encore avoir les moyens de ses ambitions (à mon avis)...

J'étais donc d'humeur fort moyenne lorque la seconde première partie débuta, en la personne de Da Silva.
Artiste dont je connaissai vaguement quelques titres entendus à la radio, qui n'avaient pas spécialement retenu mon attention (Le Carnaval, La Route).

Mais c'est sans compter sur le fait que certains ont le don de révéler sur scène un potentiel qu'on ne soupçonne pas à l'écoute de leurs disques...
À l'évidence, le (petit par la taille!) bonhomme a une longue expérience de la scène pour proposer un spectacle si carré, tendu, à la rage sous-jacente contenue, en bref fort réussi.

Pas une baisse d'intensité dans sa prestation à la belle musicalité où éclate surtout la connivence entre le chanteur et ses musiciens (guitariste, trompettiste et violoniste très inspirés), leur complicité évidente et leur simple plaisir de jouer ensemble.
Importe peu alors, l'aspect peu original de sa chanson-rock aux paroles assez sommaires et aux thèmes intimes déjà vus, quoique sentant le vécu...
Que demander de plus à un artiste, sinon de maîtriser son art et respecter son public ?

Deux exemples : d'abord, "L'Averse" en live à Bordeaux ...
(la chanson ne commence que vers 40")



... et avec "Les Plus Belles Lettres" capté à Nice :

Pour ceux qui veulent tout savoir, Da Silva a publié l'an dernier son 3ème album "La Tendresse des Fous," mais si l'aventure vous tente, allez-donc le voir en scène, vous devriez apprécier...



Juste après ce show énergique et généreux, je me disais que l'ami Miossec allait devoir assurer pour maintenir le niveau et notre intérêt.
Pas manqué : sa prestation fut - comment dire ? - moins rôdée, plus irrégulière, mais peut-être pas moins intense.
Apparemment, Christophe Miossec et ses acolytes avaient décidé de faire dans le brutal : un son rock basique et une majorité de titres du début de sa carrière (style Non non non, je ne suis plus saoûl ou Baiser).

Autant le dire, Miossec a toujours été un peu chaotique en scène et il est, de plus, diminué par son mauvais état physique actuel (après une opération des hanches). On ne lui tiendra pas rigueur de l'aspect foutraque de ce concert, où l'énergie à l'esprit quasi punk ne faisait pas défaut et suppléait le manque de rigueur.
Que voulez-vous, l'homme et son gang sont sympathiques et entiers, même si je leur en veux d'avoir manqué fusiller nos tympans déja mis à mal au début, par un son agressif et bruyant qui noyait de plus la voix fatiguée de l'artiste et surtout ses textes attachants.
Mais content de l'avoir vu quand même...

Un aperçu d'un de ses concerts sur sa récente tournée :

le site officiel de Miossec

C'est déjà la fin de ces mini-Francofolies.
Deux concerts, c'est vite passé, mais ne vous inquiétez pas, déambuler sur le vieux port parmi la foule d'estivants et prendre un pot aux terrasses participe aussi au plaisir de ce festival d'été au cadre inoubliable ... sans chauvinisme aucun.

Bon, peut-être un peu, mais vous m'excuserez, j'espère.

Si certains ont vu des spectacles aux Francos ou même des souvenirs des éditions passées, n'hésitez pas à m'en faire part (si tout le monde n'est pas déjà en vacances)