Je vous avoue : ce début d'année m'inspire moyen. Je n'ai jamais trop aimé le mois de janvier, interminable coeur de l'hiver propice à toutes les baisses de moral et autres coups de mou. Remarquez, je suis pénible, le plein été ne m'inspire pas non plus.
Et ce n'est pas la relative disette culturelle que nous traversons qui va me redonner la pêche, sans compter les faux espoirs que nous procurent les critiques musicaux.
Et ce n'est pas la relative disette culturelle que nous traversons qui va me redonner la pêche, sans compter les faux espoirs que nous procurent les critiques musicaux.
Difficile d'ignorer les sirènes buyantes de la critique avec la première grosse sortie du mois, le cas de la petite nouvelle Anna Calvi.
Avec son premier album à paraître ce lundi, elle est propulsée "nouvel espoir féminin du rock" et quasi intronisée héritière de Patti Smith ou nouvelle PJ Harvey, pas plus pas moins !
"La révélation" s'emballent Les Inrocks et délirent-ils plus loin aussi : "Vertigineuse, somptueuse, incandescente, puissante, impressionnante!" "Calvi ravive la flamme du rock" s'exclame Le Monde, " jeune louve sensuelle" pour Libé.
On remarque surtout que tous s'enflamment pour la beauté spectaculaire (indéniable) de la demoiselle anglaise de 22 ans à la voix grave et s'accordent tous sur le caractère flamboyant de ses prestations scéniques, entre vamp glamour et torera rock.
O.K., O.K., mais ajouterai-je discrètement, mais fermement : et la musique là-dedans ? les chansons ? Ni originale pour l'une, ni remarquables pour les autres, je vous avoue trouver cet album loin de mériter toutes les louanges qu'on lui accorde presque partout.
O.K., O.K., mais ajouterai-je discrètement, mais fermement : et la musique là-dedans ? les chansons ? Ni originale pour l'une, ni remarquables pour les autres, je vous avoue trouver cet album loin de mériter toutes les louanges qu'on lui accorde presque partout.
Mademoiselle Anna joue de la guitare en lorgnant sur le jeu et les effets de voix de Jeff Buckley sans en retrouver la "Grace" (c'est facile, je sais) et croit retrouver la puissance du rock séminal original de la PJ des débuts. Indéniablement rock, mais fort banal, pour ne pas dire vieillot ?

Suffit-il d’aller chercher Rob Ellis, ex-membre du groupe de miss Harvey pour s’assurer d'en être sa digne héritière? Et d’avoir le parrainage de Brian Eno himself pour être intouchable ? Que fiche-t-il là d'ailleurs, on l'aura connu plus clairvoyant le vieux père.
Disque qui se voudrait captivant et atmosphérique, ce galop d'essai rate pas mal sa cible : du déjà entendu en moins bien avec un climat ampoulé digne du rock héroïque (Desire, Suzanne And I) desservi par une production lourdaude et la faiblesse de compositions boursouflées (en particulier The Devil et Blackout ni faites, ni à faire).Du coup, ne restent que les tics et effets de voix démonstratifs poussés de la "diva", pompeux et fatigants (mes oreilles!), moins distrayants finalement que le cirque gothique habituel tendance Siouxsie/Zola Jesus et très éloignés de la magie vénéneuse d'une légendaire Nico.
J'ai pourtant écouté le tout avec courage au moins 3/4 fois pour en être sûr, mais rien n'y fait,
le magnétisme de la belle Anna (du moins de sa musique) n'agit pas sur moi. On dit la jeune chanteuse parfaitement sincère et intègre. L'intégrité c'est bien ; le talent, c'est mieux à mon goût. Permettez-moi de ne pas trouver ça ni très réussi, ni très novateur.
Le seul titre agréable à mon goût :
Et la comparaison avec PJ Harvey ne tient pas, une figure d'ailleurs pas toujours intouchable non plus mais objectivement plus surprenante et talentueuse non, tout simplement ? À vérifier avec son prochain album à venir "Let England Shake" le 14 février
Anna Calvi. (Domino Records) sortie le lundi 17 janvier 
Myspace Anna Calvi et Domino Records
Lire l'avis fort différent de Vincent qui m'a devancé d'une journée sur La Musique à Papa
Pour vous faire un avis complet : l'album en écoute intégrale sur les Inrocks et Bernard Lenoir la reçoit en Black Session lundi 17 sur Inter à 22 h
On profite de l'occasion pour saluer la mémoire de Trish Keenan, décédée à 42 ans le 14 janvier des suites d'une pneumonie. Chanteuse délicieuse du groupe Broasdcast, elle illumina de sa voix planante les quatre albums de cette inventive formation électro-pop à reparcourir ici