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jeudi 22 décembre 2011

MON TOP ALBUMS 2011. (4/5). N°s 11 à 20

- "Amis lecteurs, votre mission, si vous l'acceptez, est de partir à la découverte des n°s 11 à 20 de cette enquête. Fin du message 4 qui ne s'autodétruira pas " -

11. Sin Fang - Summer Echoes (Moor Music)
Venu du Nord, le farfadet Sin Fang tricote en solitaire bien entouré une dream pop lo-fi, cotonneuse comme un nuage vu en rêve et radieuse comme un dessin d'enfant.
Petit laboratoire à idées, le bricolo islandais assemble rythmiques subtiles, voix et choeurs en apesanteur, le tout recouvert d'une brume sonore propice au songe comme Sigur Rós. Summer Echoes est un disque lunaire et solaire où l'on doit se frayer son propre chemin, comme dans une forêt où Sin Fang, Petit Poucet musicien, prendra soin de guider l'auditeur, sourire en coin.
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Je vous entends d'ici : James Blake ? Son dusbtep vocal, sa voix maniérée, son côté si peu fun. Oui, mais comment passer sous silence que le petit prince du dubstep fut un des héros de l'année ? Et qu'avec son premier album, il fut celui qui révéla au grand jour les vertus d'un genre confidentiel ?
Après, qu'on lui reproche un côté consensuel, qu'on vénère ou pas son climat rigoriste et ses facéties avec Bon Iver, n'en reste pas moins qu'en vrai passeur, le jeune anglais a joué son rôle. Et a signé parmi les plages les plus hypnotiques de l'année (Wilhems Screams) à prolonger sur son EP de l'automne.
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La pop venue du Nord n'a pas fini de nous surprendre et les Treefight for Sunlight en sont une autre preuve.
Jeunes danois aux pop songs colorées gorgées de choeurs euphoriques et claviers sautillants, ce quatuor à la joie enfantine et mélodies radieuses ose un mix vitaminé entre sunshine pop et psyché rock à la MGMT. Insouciance et song writing en extase : une parenthèse enchantée à la joie communicative. Un vrai rayon de soleil.
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14. Ane Brun - It All Starts With One (Balloon Rangers)
Voici un album somptueux, folk de luxe et écrin de choix pour la voix troublante d'une chanteuse trop peu reconnue. It All Starts With One est un doux vertige tissé par la blonde suédoise au sommet de son art.
Territoire apparemment calme mais d'une grande intensité, cet album brille d'arrangements scintillants (cordes et percussions à tomber) fruit des meilleurs orfèvres nordiques. Écouter Worship, son duo inspiré avec José González, c'est déjà succomber au reste de ce bel album.
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15. Wild Beasts - Smother (Domino Records)

Une des plus belles réussites pop de cette année, Smother est un séduisant refuge en suspension porté par le falsetto haut perché du chanteur Hayden Thorpe.
Pop à la production et percussions subtiles, traversée par un souffle vibrant, la musique des Wild Beasts incite à la rêverie et à un dynamique retour sur soi. Enfants du glam 70's ou des méconnus Associates, ces animaux brillants et plus civilisés que ne laisse entendre leur nom mériteraient vraiment qu'on s'occupe plus d'eux.
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16. Cascadeur - The Human Octopus (Mercury)
2011 aura été l'année du petit Cascadeur français, casse-cou sentimental à la voix tombée du ciel. Répondant aux espoirs que portait son EP Walker, Alexandre Longo a bâti tout seul The Human Octopus, son petit refuge pop privé, entre mélancolie fragile à la Patrick Watson et monde de l'enfance revisité.
Mélodiste lumineux, arrangeur doué, le pianiste lorrain caché derrière son casque habille de lumière son spleen et de ludisme ses rêveries personnelles qui nous ressemblent. Attachant personnage.
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17. Low
- C'Mon
(Sub Pop)
La beauté du spleen, les américains de Low n'en démordent pas : la joie est dans la mélancolie. Et comment leur donner tort quand, avec C'Mon, ils retrouvent leur grâce passé de maîtres du rock slowcore ?
Dépouillées mais intenses, les compositions de nos vétérans sont d'une rare efficacité célébrant les vertus de la simplicité au service d'un feeling rock plus Neil Youngien que jamais. Quand, en plus Alan Sparhawk et Mimi Parker alignent parmi les plus touchantes ballades de l'année ($20, Nothing But Heart), on a juste envie de vous dire : Come On.
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18. Loney Dear - Hall Music (Polyvinyl/La Baleine)
Emil est revenu ! Le petit prodige Loney Dear a beau nous livrer un opus moins fort que son fabuleux Dear John précédent (mais la barre était haute), je fonds toujours pour la folktronica intimiste et le doux spleen du baladin suédois.
Plus calme et apaisé, le voyage de Hall Music réserve cependant de beaux moments, joli recueil de mélodies pop élégiaques en apesanteur illuminé de la voix d'équilibriste sentimental d'Emil Svanängen. Radieuse balade.
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2011, pas seulement année dubstep, mais aussi chillwave. Et dans ce style un peu fourre-tout, Toro Y Moi est celui qui tire le genre vers le haut. Groovy, funky, rétro-seventies et mélancolie dance-floor, la pop inventive du jeune Chaz Bundik est l'un des purs plaisirs du genre cette année, qui mixe François de Roubaix et french pop avec joie. 
Déclinée deux fois, sur un évanescent Underneath The Pine et Freaking Out, EP plus électro groovy. Deux raisons de dire merci au petit Toro.
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对后续行动 (à suivre)

mercredi 14 décembre 2011

REPLAY 2011 (8). SBTRKT

Voila un disque zappé cet été dernier et redécouvert à la faveur d'une programmation tardive un weekend de novembre sur France Inter.
Et surtout, un replay qui tombe à point nommé pour diffuser ses bonnes vibrations et redonner l'énergie qui nous manque avec ce temps plombant. De bonnes ondes groovy, électroniques et dansantes pour une version colorée et dynamique du dubstep.

Ainsi, les compositions remplies de house, soul et culture électro de SBTRKT révèlent un territoire accueillant et un versant moins radical du dubstep.
Une halte salutaire qui ravira les night clubbers exigeants ainsi que vos oreilles friandes de sons inventifs, comme l'atmosphérique "Hold On"et son xylophone addictif :



Car derrière un pseudo imprononçable et étrange, mais vite éclairci ("Sbtrkt" pour substract) se cache derrière un masque des arts primitifs, le sorcier-producteur Aaron Jerome, DJ expert en rythmes dansants et boucles addictives.

Moins sombre que celle de Burial, moins épurée que celle de James Blake, sa version de la dubstep, sensuelle et accessible, tour à tour house, pop ou atmosphérique, s'adresse autant à votre corps avide de danser qu'à votre âme sensible à la sensualité de son groove lumineux.
Le tout habillé des voix chaudes de nombreux invités : Little Dragon, Jessie Ware et surtout le timbre élégant de Sampha qui marque d'un feeling vibrant cette jolie fête sonore, et qu'on retrouve à ses côtés en scène :



Hédoniste, immédiate et décomplexée, sa musique obéit à une belle énergie vitale sans sophistication extrême ou noirceur excessive qui repose bien l'esprit, sans compter les racines électro et house auxquelles il renvoie (la house de Detroit années 90) additionnées d'une notable touche ethno sur les percussions (Go Bang).

Modeste mais rempli d'un courant d'air fais salutaire, "SBTRKT" devrait vous redonner la lumière que décembre refuse de nous dispense ces temps-ci et se déguste de fait comme une savoureuse friandise à consommer sans nulle crainte de l'indigestion.

Tracklist :
1. Heatwave
2. Hold On (ft. Sampha)
3. Wildfire (ft. Little Dragon)
4. Sanctuary (ft. Jessie Ware and Sampha)
5. Trials Of The Past (ft. Sampha)
6. Right Thing To Do (ft. Jessie Ware)
7. Something Goes Right (ft. Sampha)
8. Pharaohs (ft. Roses Gabor)
9. Ready Set Loop
10. Never Never (ft. Sampha)
11. Go Bang
12. Living Like I Do (ft. Sampha)

SBTRKT. "Sbtrkt" (Young Turks/XL Recordings) sorti le 27 juin 2011
♥♥♥
en écoute sur spotify et deezer
3 titres sur la Playlist Replay 2011
à lire sur des chips et du rosé, little reviews et magic

SBTRKT.com
facebook

vendredi 14 octobre 2011

Des EP vite fait. DJANGO DJANGO, JAMES BLAKE

Un billet rapide (pour cause d'absence ce weekend) d'EP divers, occasion de recroiser des figures déjà connues ici mais qui donnent de leurs nouvelles en ce mois d'octobre.

D'abord les Django Django, joyeux trio d'excentriques anglais qui pointent le bout de leur nez - à partir du 24 octobre - sous forme d'un "Waveforms EP" en prélude à un premier album qui devrait ENFIN voir le jour.

"Waveforms EP" est surtout la déclinaison d'une chanson (plus trois remixes plutôt bons), l'excellente "Waveforms" qui reprend les choses là où "Love's Dart" et "Wor" les avait laissées il y a un an (lire ici). Toujours cette folie douce entre Beach Boys mutants et fantaisie sonore à la B 52's, les Django Django peaufinent leur style, on espère donc que le LP va voir le jour d'ici peu avec d'aussi bonnes surprises :



Tracklist :
1. Waveforms
2. Drumforms
3. Waveforms (Wild Geese Remix)
4. Waveforms (Mickey Moonlight Remix)

Django Django. "Waveforms EP" (Because Music)
♥♥♥
en écoute sur spotify & Django Django uk et tout Django Django sur spotify

Ensuite le retour du petit James Blake, quelques mois après son premier album si débattu (déjà évoqué ici), qui refait surface avec le EP "Enough Thunder" sous le bras.
L'occasion de voir que le garçon creuse le sillon de son dubstep vocal de plus en plus atmosphérique et gospel. On y croise même un duo avec Bon Iver - toujours obsédé par l'auto-tune! - association surprenante lors d'un titre étrange en apesanteur d'ailleurs disponible en single :



Voilà qui risque encore de diviser mais le petit prince du dubstep a de la réserve, rien que des titres comme "Once We All Agree" et "Not Long Now", soul, sombres et habités, méritent l'écoute.
À vous de voir ensuite si son parcours vous interpelle ou pas.



Tracklist :
1. Once We All Agree
2. We Might Feel Unsound
3. Fall Creek Boys Choir (with Bon Iver)
4. A Case Of You
5. Not Long Now
6. Enough Thunder

James Blake. "Enough Thunder EP" (A&M/Polydor)
♥♥♥
en écoute sur spotify

En espérant que ces deux écoutes charment votre weekend que je vous souhaite le meilleur.

vendredi 30 septembre 2011

La parenthèse JONO McCLEERY

Alors que la rentrée musicale bat son plein et que les disques à écouter commencent à s'accumuler (Wilco, Zola Jesus et consorts) voilà que je prends déjà un chemin de traverse en allant écouter un peu ailleurs... Effet de la chaleur ou pas, mes oreilles en quête d'apaisement sont tombées par hasard sur "There Is", session de rattrapage impromptue pour un disque paru depuis le 5 septembre.

Déjà estampillé de l'encombrante étiquette de "nouveau James Blake", le dénommé Jono McCleery pourrait être abordé comme un suiveur de saison s'il n'affichait déjà un parcours de folk singer classique entamé avec le mini LP "Darkest Light."

Trêve de références, on écoute et l'aventure retient alors l'attention, mais avouons-le, pas tout de suite : les premiers morceaux, entre dubstep à la James Blake et intonations soul trop proches d'un Kezia Jones (!) agacent un peu et sa reprise de l'anecdotique succès années 80
de Black "Wonderful Life" ne s'impose pas. C'est en fait à partir de "Tomorrow", lent et fascinant quatrième titre, suspendu et atmosphérique, que le cas McCleery commence à intriguer, voire captiver.

"Tomorrow" (version courte) :


Très vite, l'analogie James Blake s'efface un peu, car l'espace esquissé par ce nouveau londonien dessine d'autres paysages, au son moins électro, aux paysages résolument moins novateurs et plus classiques mais pas moins flottants, se frottant au soft jazz et à l'acoustique, descendant du folk de John Martyn, frère pop du Blue Nile ou cousin des anglais Fink ou The Cinematic Orchestra.











Pour lâcher ces sempiternelles comparaisons, disons que la pop en apesanteur de McCleery, pour peu qu'on s'abandonne à sa voix superbe de soulman blanc et à son apprivoisement instrumental de l'espace, distille un calme contemplatif à l'atmosphère changeante, aux échos d'orages à la Radiohead (Garden), de soul music au groove recueilli (superbes Home et It's All) ou d'images bucoliques dignes du folk anglais (The Gymnopedist, moment de grâce voltigeuse).

Étrange album qu'on aurait tort de prendre pour un copié-collé opportuniste de James Blake puisqu'il cherche moins ouvertement les effets électro-dubstep ou à créer de nouveaux espaces sonores. D'une autre manière, il n'en est pas moins un disque libre, à la croisée entre folk et soul music, mutation de blues antique et pop futuriste se basant sur l'instrumentation jazz :



Album à la fois classique et contemporain, on ne peut encore présager de l'avenir sonore à long terme de cet opus. Mais qu'il soit prochainement détrôné par un nouveau prétendant importe peu, tant par l'intemporalité de son inspiration, il risque de faire la joie de ceux - à mon avis nombreux - sensibles au talent de vocalistes inspirés, au spleen de Nick Drake, au groove de Gil Scott-Heron ou à la sensibilité d'un Thom Yorke.
On attend d'ailleurs vos avis.

Tracklist :
1. Fears
2. Garden
3. Wonderful Life
4. Tomorrow
5. It's All
6. Stand Proud
7. Home
8. Only
9. Tie Me In
10. Raise Me
11. The Gymnopedist
12. She Moves

Jono McCleery. "There Is" (Counter Records)
♥♥♥
Paru le 5 septembre
en écoute sur deezer & spotify et 3 titres sur la Playlist Pop
avis sur les inrocks, musique-culture et bon pour les oreilles

jono mc cleery.com

lundi 20 juin 2011

BON IVER, épisode 2

Dans la longue liste des sorties du moment, le deuxième album éponyme de Bon Iver a la chance (ou pas) d'être impatiemment attendu par ceux qui avaient succombé à la beauté de son premier essai "For Emma, Forever Ago", recueil de folk mélodique et limpide confectionné en quasi-ermite.

Justin Vernon, l'homme-orchestre caché derrière Bon Iver, a eu l'intelligence d'éviter de reconduire la même formule acoustique : fini l'ambiance épurée genre "Nebraska" de Bruce Springsteen ou "Pink Moon" de Nick Drake, place à l'espace, aux arrangements variés, à l'électricité.

Si le précédent s'avérait touchant dans le dénuement de son ambiance rurale, son successeur affirme la volonté de son auteur de changer de paysage et d'évoquer un décor plus contemporain.



"Bon Iver l'album" est ainsi un objet à la fois plus excitant, moins attendu mais plus ambigu, dont la production minutieuse évoluant vers un climat conceptuel donne à réfléchir sur Vernon lui-même : fait-il encore du folk ? Notre homme loin d'un quelconque gratouilleur barbu ne serait-il pas un vrai laborantin sonique tenté par l'abstraction et la création d'espaces esthétiques ?

Un disque qui impose sa maîtrise de mélodiste/chanteur et d'évidence construit autour de sa voix céleste (évident Calgary, très beau Holocene) habillée parfois d'effets électroniques. Un travail d'orfèvre jugé fascinant et entièrement maîtrisé dans mon cas, mais non exempt d'un aspect "exercice de style" que les plus réfractaires à la voix très auto-tunée de Vernon pourront juger démonstratif.



Exercice de style ou pas
, même proche d'un certain clinquant sonore (Hinnom, TX), cet opus singulier est au service d'une inspiration mélodique jamais prise en défaut (très lumineux Perth et Holocene) où respire une classe et une élégance évidentes.

Un objet immanquable qui en fait un des disques les plus marquants de cette saison, dépassant le petit cadre habituel du folk par le potentiel fort qu'il recèle. Voilà un disque qui met à jour le visage d'un artiste fort doué, mais que guette parfois les pièges d'une certaine virtuosité, un goût pour la perfection clinique moins naturelle que son essai inaugural fragile et dépouillé.

Confirmant le virage entrepris avec le EP "Blood Bank" et sa collaboration suprise avec Kanye West, on est alors tenté de mettre le parcours de Bon Iver en parallèle avec celui d'un Sufjan Stevens, en moins alambiqué (même dispositif "une chanson-un lieu" que l'auteur d'Illinoise) et le même goût pour l'apesanteur et la préciosité vocale qu'un certain petit ... James Blake !













Que Bon Iver se dirige alors vers le dubstep ou un soft-rock années 80 comme celui de "Beth/Rest", le dernier morceau qui clôt ce déroutant opus (à rapprocher de celui du super-groupe Gayngs auquel il collabore), n'aurait alors rien d'étonnant.


Mais finalement ne regarde que ce surprenant faux ermite qui semble avoir toutes les cartes en main pour tracer une route qu'on lui souhaite libre et encore parsemée de surprises. Un album sans doute imparfait, agaçant mais passionnant en tout cas.   

Tracklist :
1. Perth
2. Minnesota, WI
3. Holocene
4. Towers
5. Michicant
6. Hinnom, TX
7. Wash
8. Calgary
9. Lisbon, OH
10.
Beth/Rest


Bon Iver. "Bon Iver" (Jagjaguwar/4AD)
♥♥♥♥
Sortie lundi 20 juin

en écoute sur deezer et spotify et 3 titres (Holocene, Michicant, Calgary) sur la Playlist Pop
à lire sur Muffin Man, Tasca Potosina, So Why One More Music Blog et l'ami Charlu

Bon Iver.com

jeudi 3 février 2011

DUBSTEP OR NOT DUBSTEP ? James Blake, l'album

Depuis belle lurette que le disque de James Blake circule sur le net, tourne sur les lecteurs mp3 et fait les gorges chaudes de la blogosphère musicale, nul surprise si je l'évoque avec une légère avance sur sa parution officielle ce lundi 7 février, puisqu'en fait je suis déjà en retard, si vous me suivez bien.

Avec ce premier album attendu comme l'un des grands rendez-vous de ce début 2011, James Blake divise bel et bien, signe des attentes qu'il suscitait chez beaucoup.

Le single-carte de visite de l'album :


Alors, confirmation du talent de ce jeune londonien de 22 ans vu pour les amateurs d'électro comme son futur grand espoir ? Ou trahison de l'esprit inventif et underground du genre dubstep, dont il était considéré comme son petit génie il y a un an avec les remixes de Destiny's Child, Lil Wayne ou ses collaborations avec les Mount Kimbie ?












Tandis que ses précédents EP (The Bells Sketch, CYMK) déjà évoqués ici peaufinaient une électro à tendance expérimentale tissée d'un entrelacs complexe de samples vocaux et effets sonores répétitifs à tendance hypnotique, l'album s'avère fondamentalement construit sur les parties vocales.
Il y développe une sorte de gospel électro minimaliste à la fois sensuelle et désincarnée, basée sur les claviers et le piano et surtout sa propre voix où il maîtrise un vibrato de crooner black digne de celui d'un vieux briscard de la soul music.

Un choix qui n'aurait pas dû surprendre à l'écoute de son "Klaviewerke EP", où le virage gospel et soul s'amorçait déjà amplement, avec ces claviers résonnants et cette soul en apesanteur.

Une option qu'il a épurée à l'extrême sur l'album, créant une atmosphère de chants néo-gospel, de soul futuriste dépouillée (Limit To Your Love), voire de recueillement spirituel (Measurements).

"James Blake, l'album" instaure une atmosphère fortement addictive qui témoigne à l'évidence d'un tempérament solitaire, d'une maîtrise technique imposante et d'une aisance vocale qui convoque au détour des plages les échos des voix de Nina Simone, Al Green, Terry Callier, D'Angelo ou le voisinage vocal proche d'un Antony & The Johnsons. Sans omettre que l'album compte au moins deux moments de haute volée : l'obsessionnel "I Never Learnt To Share" et le crescendo sonore de "The Wilhem Scream".



Pour être juste, les arguments de certains détracteurs du LP qui lui reprochent un aspect "r'n'b blanc" ainsi que son usage parfois immodéré de l'auto tune ne sont pas toujours sans fondement, assez pertinents dans les deux "Lindisfarne" à mi-parcours du disque.

Mais paradoxalement, c'est aussi cet aspect de bloc uniforme où Blake semble creuser encore jusqu'à l'os (l'abstraction?) toutes ses fantomatiques complaintes soul se répondant entre elles qui lui confère son identité marquée, entre caresse soul et solitude désolée. Dans ses meilleurs moments, il y a de la grâce dans cette électro-soul mutante au temps suspendu.


Pour revenir à la mini polémique suscitée, le mécanisme est connu qui fait qu'un artiste essuie les foudres du cercle d'initiés auquel il échappe pour élargir son audience, mais je pense qu'il y a encore de la marge à ce que James Blake devienne une soupe marketing déclinée jusqu'à l'usure.

Loin d'être un puriste spécialiste du dubstep, mon avis n'est cependant que celui d'un mélomane anonyme séduit par l'épure et la classe d'un artiste à la griffe déjà affirmée.
Et, pour finir, on ne réfutera pas le caractère événementiel de la sortie de ce disque. Que cet album soit ou non novateur, et qu'il figure ou non dans les grands disques de l'année, le temps seul nous le dira.

Tracklist :
1. Unluck
2. The Wilhelm Scream
3. I Never Learnt To Share
4. Lindisfarne I
5. Lindisfarne II
6. Limit To Your Love
7. Give Me My Month
8. To Care (Like You)
9. Why Don’t You Call Me
10. I Mind
11. Measurements

James Blake. "James Blake" (Atlas/A&M) ♥♥♥♥
SORTIE LUNDI 7 FÉVRIER
2011

en écoute sur Deezer et Spotify

Ils en ont déjà parlé, les pour : arbobo, Des Oreilles dans Babylone, Esprits Critiques

les contre : Chroniques électroniques, Brainfeeders & Mindfuckers

et un peu agacés : The Drone

myspace James Blake

vendredi 28 janvier 2011

COMING SOON. Bientôt entre vos oreilles...

Voici un petit choix d'une dizaine de sorties à venir dans l'année 2011, une sélection prospective déterminée en toute subjectivité évidemment, sinon quel intérêt ? Et éclectique : pop, folk, rock, électro, bricolo, dubstep, un peu de tout.

D'abord quelques "hypothétiques", ceux dont on annonce les albums sans savoir quand il sortiront, et si toutefois ils sortiront bien en 2011 :

Le talentueux duo Beach House est d'ores et déjà attendu de pied ferme pour la suite de leur impeccable "Teen Dream" qui fit l'unanimité des tops indé 2010. Chance : on annonce déjà un album à venir chez Bella Union. Quand ? Quel titre ? Quel style ? Mystère et boule de gomme.
Moi, j'aime pas les boules de gomme.

Un extrait de "Teen Dream" :



On espère aussi cette année le deuxième opus des jeunes folkeux amoureux des harmonies vocales, les très attendus Fleet Foxes depuis leur premier album éponyme gracieux de 2008.
Un titre d'album "Helplessness Blues", deux-trois titres de chansons : "Bedouin Dress", "Battery Kinzie" et une vague période de parution chez Bella Union : au printemps.

download gratuit du titre "Helplessness Blues" sur leur site

 Vivement le printemps donc :




Les anglais un peu escrocs de The Big Pink, pour éviter d'être les hommes d'un seul disque, ce "A Brief History of Love" un peu shoegaze et tapageur sorti fin 2009, récidivent avec un album à paraître avant l'été chez 4AD. Vivement l'été pour vérifier. Ah, non, je supporte pas bien l'été c'est vrai. 
Quelques titres : 'England', 'Rubbernecking', '77 Ways To Say No.
 

Un extrait du LP précédent :


Viennent ensuite ceux, moins mystérieux, qui affichent titres d'album et dates de sortie

Ainsi le jeune groupe de folk anglais, Noah and The Whale s'apprête à donner une suite à son beau folk atmosphérique en publiant un "Last Night on Earth" plus pop chez Mercury le 7 mars prochain dont voici un extrait alléchant :

download gratuit du titre "Wild Thing" sur Soundcloud



Nouvelle venue en provenance de Toronto, la jeune Austra s'impose déjà catégorie électro envoûtante, entre The Knife et Fever Ray (logique !) rien qu'avec un imparable single "Beat And The Pulse", disponible le 21 février chez Domino.
Et pourquoi pas un album dans la foulée ?

download gratuit sur Soundcloud




Après 12 ans d'existence avec son plus qu'estimable groupe folk-pop Bright Eyes, le jeune et tourmenté Conor Oberst passe à autre chose, non sans d'abord publier "The People's Key" une ultime livraison à découvrir dès le 14 février et dont voici un avant-goût :



Les amateurs d'électro néo-eighties se pourlèchent déjà les babines : l'anglais Joseph Mount à la tête de son joyeux gang néo-new wave Metronomy débarque vers la mi-avril avec un "English Riviera" sous le bras, publié chez Because Music.

Pour patienter voici l'atmosphérique "She Wants" :



L'hurluberlu islandais auparavant connu sous le nom de Sin Fang Bous avec son inventif album de pop bricolo "Clangour" simplifie son nom pour n'être plus que Sin Fang.
O.K. mon gars, du moment que tu nous sors un nouvel album "Summer Echoes" prévu le 4 mars chez Moor Music aussi bon - sinon mieux, vu les échos élogieux - que le précédent, nous on est content !

En avant-goût "Because Of The Blood

download gratuit de l'extrait "Always Everything"



Et pour terminer, ou plutôt pour commencer car ces 2 albums arrivent incessamment sous peu, deux sorties très attendues au coin du bois

D'abord, celui qui est déjà considéré comme la nouvelle merveille du folk, James Vincent McMorrow publie son premier album "Early In the Morning" fin février.
Ce jeune Irlandais semble rallier les coeurs de ceux qui ont écouté son disque, apparemment prêt à déjà remplacer Ray Lamontagne ? Son EP éponyme sorti fin 2010 chez Believe semble prometteur, mais on vérifiera ça dès le 28 février :







Oubliez les débats récents sur Anna Calvi ou Iron and Wine : celui que déclenche sur la blogosphère le petit prodige anglais du dubstep James Blake, déjà évoqué ici avec ses EP de 2010, avec son premier LP qui débarque dès le lundi 7 février fait déjà grand bruit.

Premier grand disque novateur de l'année ou supercherie musicale ? Je prendrai ma part modeste au débat, mais comme je n'aurai pas la patience d'attendre le 7, une p'tite chronique du Blake par ... Blake ne saurait tarder la semaine prochaine :



Et pour terminer, "The Human Octopus" le très attendu premier album du prodige français Cascadeur initialement prévu ces jours-ci chez Mercury est reporté en mars prochain.
On l'aime déjà beaucoup notre acrobate vocal, mais s'agirait de ne pas trop user notre patience, cher casse-cou :




En espérant que cette petite sélection très très partielle vous ait ouvert l'appétit. Un exercice à renouveler, peut-être ?

source principale : site du NME