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vendredi 24 décembre 2010

BONUS. Christmas Gifts

Cette fois, on y est, c'est Christmas time : la neige, le sapin, les guirlandes qui clignotent, la dinde qui cuit, les cadeaux qui attendent, et tutti quanti...
De la joie pour certains et un gros bourdon pour les autres. Car Noël, c'est aussi ces terribles chants angéliques et désarmants de candeur, sinon de mièvrerie.
Et cette année la scène pop ne nous sauvera pas, car elle s'est mise à l'heure de Noël avec un entrain certain : des Christmas Songs en rafale.

Tradition anglo-saxonne fort prisée et illustrée par Sufjan Stevens que j'ai pas mal tâclé ces derniers temps... Rendons-lui hommage pour pérpétuer avec constance cette tradition depuis longtemps avec ses volumes de Christmas Songs.

Ainsi, ces deux chansons qui suivent extraites du tout récent Volume 6, "Gloria!" d'ailleurs téléchargeable
ici-même

"Barcarola (You Must Be A Christmas Tree)" et "Silent Night" :





Dans le même genre, mes chouchous folk de The Innocence Mission proposent également en download gratuit 5 chants classiques religieux de Noël, bercés par la douce voix de Karen Peris à découvrir ici

Les Anglais ne sont pas en reste en la personne de Tracey Thorn dont le site est à découvrir ici et vous offre, en échange de votre e-mail, un titre inédit de circonstance "Sister Winter".

En fait, une reprise de ... Sufjan Stevens que vous devriez apprécier, si vous êtes sensibles comme moi au timbre de la dame à télécharger de suite sur cette page

Et nos petits frenchies ? Florent Marchet, consacré cette année avec son "Courchevel" a mis les bouchées doubles en enregistrant un EP de Noël, les "Noël's Songs", de belles chansons, mais pas sûr qu'elles vous remontent le moral, plutôt qu'elles vous filent un p'tit coup de blues de Noël ici

Des "Noël's Songs" à écouter aussi sur cette playlist Deezer spéciale :

Quant à notre fondu préféré Philippe Katerine, il va clore bientôt son aventure de 52 reprises de chansons françaises entreprise dans l'année 2010. Ce lundi, il nous offre un "Noël Blanc" de cirsconstance chanté sans la moindre dérision.

Par contre, le lundi 27 pour la dernière semaine, que va-t-il nous offrir : "C'est la fête" de Michel Fugain ? "La chenille" de la Bande à Basile ? Avec lui, il faut s'attendre à tout. D'ailleurs, c'est avec le farfelu vendéen qu'on va se quitter.

ET, QUAND MÊME ...

... JOYEUSES FÊTES

mercredi 22 septembre 2010

CHANSON. Katerine vs Bertrand Belin

















J'ai pris goût au principe... Profitant du hasard qui a vu paraître ce lundi 20 septembre les nouveaux albums de deux artistes de la scène française, voici donc encore un petit match : à ma gauche, le trublion absurde Philippe Katerine ; à ma droite, le discret et mystérieux Bertrand Belin.

On se réjouissait de retrouver la fantaisie et l'imagination du plus imprévisible des chanteurs français, Katerine le dandy farfelu, d'autant que sa dernière livraison "Robots après tout", qui contre toute attente l'avait propulsé "vedette décalée", remontait déjà à cinq ans.

Précédé au printemps de "Bla Bla Bla" et surtout du déjà culte et discrètement subversif "La Banane", ce nouvel opus se distingue, non seulement par sa pochette volontairement kitsch déjà détaillée ici, mais aussi par son concept de 24 chansons-vignettes, aux textes courts en forme de slogans.

Autant de mini-tableaux, parfois acides, épinglant l'absurdité de nos vies quotidiennes ("il parle dans la rue avec un Té-lé-phone") bâtissant une chanson sur une célèbre Musique d'ordinateur, tombant amoureux d'un accord musical (La Musique) ou réécrivant à sa façon la devise nationale (Liberté).

Démarche pas inintéressante, cher Monsieur Blanchard... Seulement, une fois accoutumé à ces iconoclastes pochades de non-sens, dont certaines vraiment hilarantes (Comment tu t'appelles ? Philippe !!!) force est de reconnaître que leur impact s'évente rapidement et qu'elles s'évaporent presque de suite.

La raison principale est surtout le gros manque musical ressenti, peu d'arrangements, ainsi que des tics vocaux assez lassants. Au moins, dans le disque précédent, il y avait une atmosphère (électro-dadaïste) et de vraies chansons, dont la très belle "78-2008".

Ici, se limitant à des formules-slogans se voulant parfois paradoxalement trop porteuses de sens (les "signifiants" Bien Mal ou Juifs Arabes) ou du bâclé pas mémorable (J'aime tes fesses, À toi-À toi, assez irritantes) notre ami situationniste fan de l'Oulipo livre une sorte de pétard un peu mouillé, certes éminemment sympathique, mais trop volatile car vite digéré.


Plus touchant quand il brode sur des détails qu'on devine intimes (Parivélib', Sac en plastique ou Vieille chaîne), on en arriverait à préférer le Katerine qui s'éclate musicalement dans son exercice de reprises hebdomadaires auxquel il s'adonne depuis janvier dernier, disponible en cliquant ici.

Excusez du peu : des "classiques" inscrits dans la mémoire collective comme Capri c'est fini, C'est la ouate, Maman a tort, Papayou, C'est lundi, etc... repris avec des potes musiciens méchamment barrés. Anecdotique sans doute, mais finalement plus vivant et plus jouissif.
 
Allez, sans rancune, Philippe. À vérifier sur scène, peut-être plus propice à un joyeux délire festif...
 
Katerine. "Philippe Katerine" (Universal Music) ♥
à découvrir en digital sur Deezer et sortie de l'album le 27 septembre
chroniqué sur Hop Blog et Des Oreilles dans Babylone




Autant vous le dire : difficile de faire plus différent que Katerine avec le disque de l'outsider Bertrand Belin.

Guitariste doué ayant collaboré avec des artistes comme Néry, Nosfell et même ... Bénabar (mais il y a prescription), le discret Bertrand nous invite à un étrange voyage musical sur son nouvel album "Hypernuit".

Étrange car feutré, et comme détaché des contingences terrestres, le musicien nous convie en des terres qui semblent de prime abord arides et désolées, accompagnement musical dépouillé oblige.

Sur le magnifique "Hypernuit" morceau qui donne son nom à l'album, le titre ne ment pas : le climat est bien à la nuit tombée, du style voyageur égaré en rase campagne.
Texte évocateur d'une vengeance à venir, mystérieux et elliptique, accords folk de guitare obsédants et surtout voix profonde de Belin, grave et détachée, au phrasé déstabilisant découpant curieusement les syllabes, seule afféterie qui risque d'agacer certains.
Certains citent déjà Bashung pour quelques similitudes musicales et vocales, mais cela me rappelle aussi le climat entre chien et loup des albums de Rodolphe Burger, sans compter la voix.

Expérience envoûtante, le disque ne se laisse pourtant pas apprivoiser si vite. Il faut y revenir car son apparente monotonie pourrait laisser croire qu'il n'est pas vraiment habité par son auteur.
 
Aspect trompeur : les très abordables "Avant les forêts" ou "La chaleur" ourlés d'une jolie voix féminine séduisent de suite, mais une longue pièce comme "Tout a changé" ou le sombre "Ne sois plus mon frère" intriguent encore plus, par l'hermétisme des textes peut-être - Belin dit avoir créé et chanté les textes directement sur les musiques - mais aussi par le caractère d'intensité distante, un peu inquiétante, mais toujours élégante.
Avec ce troisième album, après Bertrand Belin (2005) et La Perdue (2007), Belin s'inscrit dans le renouveau d'artistes comme Arman Méliès, Bastien Lallemand, Florent Marchet ou Arnaud Fleurent-Didier, jeunes chanteurs développant chacun à leur façon une chanson d'auteur, étoffant année après année leur univers.

En dépouillant sa musique et son inspiration, l'insaisissable Belin pose ici le jalon d'une carrière à venir qui devrait s'avérer plus que prometteuse...
 
Bertrand Belin. "Hypernuit" (Wagram Music/Cinq 7) ♥♥♥

Résultat : victoire finale de la rigueur Belinesque sur la fantaisie Katerinesque

samedi 26 juin 2010

CHANSON. K... le farfelu nous parle...

Un petit jeu :

1) Reconnaissez-vous ce regard ?
2) Et ce visage, vous dit-il quelque chose ? 3) Bon, là, vous ne vous pouvez pas vous tromper, bien sûr, c'est ...... Philippe KATERINE évidemment ...

4) Oh, la belle pochette de disque que voilà : raffinée, tellement mode, super-classe !

C'est pourtant bien la pochette du prochain album de notre hurluberlu préféré, le chanteur dadaïste vendéen de la scène française, disque qui paraîtra le 27 septembre prochain.
Une photo qui nous renvoie aux plus belles heures de l'élégance française, entre Les Bidochons, la Rubrique-À-Brac de Gotlib ou les Deschiens. On n'en attendait pas moins de cet original, dont je soupçonne que ce soient ses vrais parents qui l'encadrent fièrement sur la photo...
 
Pour indice*, lisez-donc la liste des chansons qui nous attendent sur cette nouvelle galette :
 
01. Je m'éloigne d'autant que je m'approche
02. Bla Bla Bla
03. La Reine d'Angleterre
04. Les derniers seront toujours les premiers
05. Des bisoux
06. Bien Mal
07. Liberté
08. La Banane
09. J'aime tes fesses (avec Jeanne Balibar)10. Philippe
11. Il veut faire un film (avec mes parents) *12. Moustache
13. Sac en plastique
14. Té-lé-phone
15. À Toi-À Toi (avec ma fille Edie) *16. Parivélib'
17. La musique
18. Vieille chaîne
19. Morts-vivants
20. Cette mélodie
21. Le rêve
22. Juifs Arabes
23. Musique d'ordinateur
24. Le Champ de blé

Ce nouvel opus se présente comme un recueil de chansonnettes-vignettes, dont certainement beaucoup de loufoqueries (j'attends d'écouter "J'aime tes fesses" ou "La Banane"), mais j'espère que notre ami ne se contente pas de jouer le maboule décalé de service, et n'a pas oublié sa mélancolie et sa poésie personnelle. On peut l'espérer avec des titres comme "Cette Mélodie" ou "Le Champ de Blé".
Premier extrait (un brin minimal, mais efficace) avec "Bla Bla Bla" :
 

 
le site du nouvel album (mais bon, là, je vous ai déjà tout révélé)
 
Et pour ceux qui l'ignoreraient encore, retrouvez Katerine dans son exercice de 52 reprises dans l'espace, entreprise hautement ubuesque de relecture de classiques (?) du répertoire français. Et pour ceux qui veulent tout savoir, rendez-vous sur le site de l'artiste que vous trouverez, tiens, dans la liste de sites en bas à droite du blog.
 
Une bonne raison d'aller y voir par-là-bas. Eh, je ne vais pas vous mâcher tout le travail quand même ! Bonnes découvertes.

lundi 29 mars 2010

CHANSON. Les reprises du lundi de Katerine

Les amateurs d'exercice de style musicaux, à la limite de la plaisanterie absurde, seront peut-être titillés par l'information suivante : le chanteur Philippe Katerine s'est donné comme projet, cette année, d'enregistrer, avec des acolytes aussi déjantés que lui, 52 reprises de chansons françaises, accommodées à sa sauce toute personnelle.

Katerine, vous savez, le dandy décadent qui accèda à la notoriété en 2005 en s'exhibant en sous-pull et en slip, tout en hululant d'une voix de fausset : "Louxor, J'adooooore !!" sur le tube technoïde du même nom...

Je simplifie, mais c'est l'image que le grand public a de lui. Un drôle d'oiseau, un électron libre dans le paysage de la nouvelle chanson française depuis plus de 15 ans.

Capable de surjouer ainsi les extravertis à talons hauts, mais aussi de publier de délicats albums de bossa intimiste (L'Éducation anglaise, 1994) de produire une pop pétillante référencée années 60 (Mes mauvaises fréquentations, 1996) ou de composer un album entier pour une de ses idoles du grand écran, Anna Karina (Une Histoire d'amour, 1999).








Or, donc, depuis peu, l'hurluberlu vous incite à découvrir sur son site internet son choix de reprises de standards du patrimoine français : des classiques de Salvador, Jonasz, Voulzy, Liane Foly, Mireille...
Mais aussi : Thierry Pastor (!), Bézu (!!), et les 2Be3 (!!!) et d'autres encore, sortis des oubliettes du Top 50.

Euh, là, je vous avoue, le terme "classiques" n'est plus vraiment approprié.
Il n'y a bien que lui pour oser reprendre le "Papayou" de Carlos de glorieuse mémoire (hem !) sans rougir !

Pour apprécier toute la démarche du bonhomme, c'est simple : vous cliquez sur le lien internet ici-même, vous atterrirez sur une page web où s'affiche un nuage avec le texte reproduit ci-contre.

Cliquez dessus encore une fois de bon coeur, admirez la belle nuit étoilée qui s'ouvre à vous.
Pointez sur les quelques étoiles qui luisent, et appréciez alors ces reprises d'anthologie que vous n'entendrez nulle part ailleurs, c'est certain.

Blague à part, ce zigoto est quasi-fou mais, justement, ç'est ça qui fait un bien fou ! J'attends vos avis...

Katerine, Francis et ses peintres, 52 reprises dans l'espace à surveiller sans relâche chaque lundi de l'année