Dans la grande famille de l'indie folk pop, Matthew Ward dit M. Ward, fait depuis toujours figure de bon élève. Le compositeur et guitariste surdoué est capable de polir patiemment la pâte de l'Americana éternelle, dégaînant au fil de ses albums (persos ou en aventures collectives, Monsters Of Folk, She & Him), complaintes folk intimistes, rock song alternatives ou bubble songs rétros.
Comme la version folk d'un Jack White alternatif en plus intéressant,difficile de reprocher à ce confrère - ou rival - d'Andrew Bird ou Cass McCombs, son bon goût ou sa virtuosité multi-fonctions, surtout depuis ses irréprochables Post-War et Hold Time.
On n'est donc pas surpris de le retrouver sur son petit dernier, A Wasteland Companion, caracoler d'une bombinette pop (Primitive Girl) à une rock song indie (Me & My Shadow) jusqu'à une ballade western dépouillée (Wild Goose).
Pourtant, si rien n'est nouveau, tout atteint ici à une sorte de plénitude tranquille, une douceur palpable mâtinée d'une malicieuse jubilation :
Visiblement épanoui, d'humeur à la fois joueuse et tendre, le multi-instrumentiste de Portland relit les figures imposées du genre avec une aisance modeste, manifestement en confiance. Celui qui joue au crooner rétro au sein de She & Him s'autorise autant récréations pop néo-sixties que, surtout, ballades cabossées (Crawl After You) ou touchantes bulles folk épurées (There's A Key) chantées avec une suavité désarmante :
Le tout sans volonté d'épate, d'une maîtrise et luminosité modeste, mais d'une vraie évidence mélodique et musicale. Une dentelle toute en finesse, vers laquelle on revient sans faillir, croyant avoir frôlé ici ou là l'ombre de vieux amis (Idaho,notamment) ou version idéale de jeunes espoirs (Timber Timbre sans affeterie).
Définitivement de bonne compagnie, la virée sans nouveauté aucune, mais cette fois en-tiè-re-ment délicieuse proposée par l'américain, est ce celles qu'on ne refuse pas. "Pure Joy", nous indique le beau morceau final : on ne saurait dire mieux.
1. Clean Slate
2. Primitive Girl
3. Me And My Shadow
4. Sweetheart
5. I Get Ideas
6. The First Time I Ran Away
7. A Wasteland Companion
8. Watch The Show
9. There's A Key
10. Crawl After You
11. Wild Goose
12. Pure Joy
M. Ward.A Wasteland Companion (Bella Union /Cooperative Music)paru le 9 avril
♥♥♥♥ écouter surspotify et deezer lire sur la musique à papa avis de magic
Malgré l'avalanche de nouveautés qui semblent vouloir nous ensevelir ces derniers temps, ce jour-ci sera l'occasion de s'en détacher temporairement et d'ouvrir une nouvelle rubrique, que j'espère la plus régulière possible. Un prétexte à retrouver vieilleries oubliées ("Memory Of The 80's" pas encore morte!), ressortir disques oubliés, déterrer bizarreries étranges ou revisiter albums non repérés lors de leur sortie. Ainsi, le premier objet de cette série (?) appartient-il à la dernière catégorie.
Honteusement loupé par votre serviteur en 2009, la musique de Cheval Sombre, taciturne animal musical, navigue en cavalier solitaire entre folk et psychédélisme rock, passé et présent, voire futur pour un opus à la singularité somme toute intemporelle.
L'album de ce discret équidé, déjà auteur d'une poignée de EP négligemment égrenés, est un bloc de sérénité flottante et d'accueillante obscurité. Rejeton calme et tranquille du Velvet Underground ayant croisé le folk décharné d'Elliott Smith, le tout ressuscitant le cocon shoegaze aux couleurs psyché rock inventé par lesgéniaux frères Reid de Jesus & Mary Chain :
Rien de surprenant alors de retrouver aux manettes de producteur-organisateur de cet hypnotique voyage immobile façonné avec patience le nom du sorcier sonore Peter Kember a/ka/ Sonic Boom : l'ex-Spacemen 3, producteur en vue (Panda Bear, MGMT) et maître de la transe néo-psychédélique, a habillé avec sa science de l'écho réverbéré et des dérives électroniques les longues pièces flottantes du très secret Christopher Porpora a/k/a Cheval Sombre.
Entre léthargie onirique, échos musicaux tirés du sommeil paradoxal et lambeaux de folk séminal en lévitation, l'album faussement monolithique de Cheval Sombre tricoté avec patience pendant plus de trois ans, s'il emprunte certes des voies déjà connues, résonne d'une paradoxale fraîcheur. Imposant avec langueur un temps étiré, dilaté, ouvrant une brèche temporelle, une accueillante bulle dégagée d'effets superflus, aux tournures quasi élisabéthaines gentiment mystiques parfois proches d'un Cass McCombs :
Une hypnotique traversée hautement recommandable dont je dois la connaissance grâce aux deux loustics de MGMT et leur copieux choix de titres sélectionnés pour la récente compilation LateNightTales. Comme des étudiants studieux repentants, il n'est rien de mieux parfois que de rattraper son retard, même par les voies détournées les plus inattendues. Plaisir ineffable de la découverte, même à contre-temps.
1. It’s A Shame
2. Little Bit Of Heaven
3. Troubled Mind
4. Julie Don’t Go Down
5. I Get Around
6. I Found It Not So
7. I Sleep
8. Hyacinth House
9. The World Is Wrong
10. I’ve Been All Around This World
11. The Strangest Thought I Never Had
Terre idéale pour trouver la satisfaction musicale, voici que la production folk pop arrive à notre secours. Du folk en toute saison, je ne suis pas contre, surtout quand il est pratiqué par de valeureuses formations comme ici.
Avec "The Errant Charm", voilà la galette parfaite en vue d'un week-end paisible. Avec ce cinquième album de Vetiver, la bande d'Andy Cabic nous offre l'une des haltes musicales les plus harmonieuses du moment.
Car nos trop discrets baladins californiens, compagnons de route de Joanna Newsom et Devendra Banhart, n'ont jamais eu pour ambition de rien révolutionner, dans la folk, la pop, ni même dans leur trajectoire musicale. Et pas de raison de le regretter, tellement le voyage s'avère ici rayonnant.
Avec cette radieuse collection de vignettes folk très pop, "The Errant Charm" propose la plus décontractée des virées, au son délicat et accueillant en compagnie de la voix doucement feutrée de Cabic. Entre guitares limpides évoquant les Byrds, folk du Buffalo Springfield et luminosité de la sunshine pop fin sixties. Peaufinées avec modestie et soin, les compositions touchées par l'élégance pop de Cabic s'avèrent d'une allégresse toujours vivifiante (Wonder Why, Fog Emotion) serties dans l'écrin d'une belle production s'autorisant à ses heures un peu de fantaisie sonore (l'atypiqueSoft Glass).
Un art pour l'écriture intimiste peaufiné avec une fluidité de maître-artisan porté à son épanouissement (ces guitares fondantes!). Qui a dit qu'on ne pouvait pas écrire de bonnes chansons sur les sentiments positifs ? Assertion démentie ici avec une modeste assurance communicative et qu'on se gardera pour les jours dociles au coeur léger.
La bande-son parfaite de vos siestes d'été à venir, notez-le donc.
Tracklist :
1. It's Beyond Me
2. Worse For Fear
3. Can't You Tell
4. Hard To Break
5. Fog Emotion
6. Right Away
7. Wonder Why
8. Ride Ride Ride
9. Faint Praise
10. Soft Glass
Autant l'art de Vetiver incite à l'insouciance ensoleillée, autant la bande de The MiddleEast, nous invite à un voyage plus désorientant et qu'aucun GPS ne vous indiquera jamais.
Un disque déroutant dont il n'est pas besoin de connaître le passé du groupe (un LP autoproduit en 2008, un EP depuis) pour apprécier le caractère intrigant.
Ébahi à juste titre par l'épure des deux morceaux d'entrée (saisissantBlack Death 1349 etnoirceur sépulcrale de My Grandmother Was Pearl Hillavec son piano désolé), les titres suivants brouillent l'identification, nous égarant sur des pistes plus variées : country, rock, bruitiste (les deux Mount Morgan). Puis plus loin tendent vers l'épanouissement pop (Months) ou la ballade slowcore (Deep Water) :
Étrange impression d'un album se refusant à toute catégorisation et qui logiquement nous résiste au début. Mais on ne peut que trouver étrangement familière la musique de ce collectif australien.
"I Want That You Are Always Happy" avec sa faute de grammaire volontaire et sa pochette au ludisme inquiétant est un disque au magnétisme noir et lumineux qui se mérite. Un laboratoire musical distillant un parfum singulier, dont les accents parfois rageurs ne sont qu'un des versants d'une même humeur. Celle-là même qui habite les albums de Smog, Red House Painters, Will Oldham ou Sparklehorse.
Un spleen aux allures folk, en fait plainte antique cachée derrière une Americana de guitares, violons ou harmonicas qui ne sont là que pour parer de séduisants atours les éternels tourments tapis dans le coeur humain, fut-il australien en l'occurrence. Grâce d'ailleurs soit rendue à la voix élégiaque du Middle-East-en-chef, Jordan Ireland, aérienne et irréelle :
"Dark Night Of The Soul" (sombre nuit de l'âme), aurait été le sous-titre parfait de cette équipée singulière. s'il n'avait déjà été le titre du projet collectif de Danger Mouse en 2009. Qui navigue à l'instinct entre brusques irruptions soniques (Mount Mountain) et ballades introspectives à la slide guitar d'une fraternelle évidence (somptueuxDeep Water et Ninth Avenue Reverie faitspour serrer le coeur).
Rêverie : voilà le mot juste pour cette belle révélation de la saison qui dépasse le petit cadre du folk. Disque parfait pourapprivoiser ou noyer son chagrin éventuel, et rêverie atmosphérique entre songe et cauchemar, parfois peuplée d'ombre inquiétante, parfois traversée de lumière apaisante. Un périple qui n'attend maintenant plus que vous.
Tracklist :
1. Black Death 1349
2. My Grandmother Was Pearl Hall
3. As I Go To See Janey
4. Jesus Came To My Birthday Party
5. Land Of The Bloody Unknown
6. Very Many 7. Sydney To Newcastle
8. Mount Morgan
9. Months
10. Dan’s Silverleaf
11. Hunger Song
12. Ninth Avenue Reverie
13. Deep Water
14. Mount Morgan End
The Middle East. " I Want That You Are Always Happy" (Play It Again Sam/PIAS) sorti le 6 juin ♥♥♥♥ en écoute sur spotify& deezer et 3 titres sur la Playlist Pop
Voilà une période de sorties d'excellents crus (Jay-Jay Johanson, Cass McCombs, Fleet Foxes) qui ne doit pas masquer les plus petits, les imprévisibles et peu connus, source de plaisirs différents. Ainsi, le cas du nouvel album des Dark Dark Dark. Qui ça, qui ça, qui ça, me direz-vous ?
Déjà auteur d'un premier LP en 2008 "The Snow Magic" et de "Bright Bright Bright", un EP paru l'année passée, Dark Dark Dark, cette formation américaine atypique, mérite avec leur nouvel opus toute l'attention de vos oreilles.
Il faut dire qu'avec comme carte de visite un single aussi imparable que le bien nommé "Daydreaming", difficile de passer à côté. Ballade intimiste addictive, basée sur un piano scintillant et une voix féminine épanouie qui évoque tout de suite la Cat Power de "The Greatest":
Chanson lumineuse, écoutable en boucle, petite perle qui ne doit pas faire oublier le reste de l'album, même si celui-ci est dans l'ensemble assez différent. Car Dark Dark Dark produit un curieux mélange de tradition musicale populaire venue des Balkans (accordéon, cuivres, cordes et nombreux choeurs) et de compositions très "indie pop".
À l'image d'un groupe multiforme, collectif venu de tous les États-Unis pour un résultat très libre, sorte de folk collectif oscillant, entre joie de l'instant (Celebrate, In Your Dreams) et intimisme dépouillé invitant à l'introspection.
Avouons que ce côté-là du groupe me séduit immédiatement, flattant mon vieux goût pour la mélancolie, (splendides RobertetSomething For Myself) mais la fraîcheur et la simplicité irradiant de leur musique très acoustique, invite à une légèreté de saison qu'il serait sot de refuser.
Groupe qui semble encore en pleine évolution, évoquant par moments une musique de music-hall ou de fanfare de rue alternative, nos jeunes américains sonnent très intimiste et les flon-flons parfois envahissants de l'accordéon peuvent être un peu dommageables.
Mais ils ont l'intelligence d'offrir de somptueux titres atmosphériques (toujoursSomething For Myself) portés par le seul piano où rayonne la voix de leur chanteuse Nona Marie Invie, pourtant au look pas bien glamour, cachée derrière son accordéon avec ses grosses lunettes de sécu, parfois renforcée par la voix de Marshall LaCount.
Mais qu'importe, de sa voix chaude, souple et expressive, notre néo-Chan Marshall indé a assez d'atouts pour ravir à la fois les amateurs de Beirut et Fiona Apple, deux références à laquelle leur musique peut renvoyer, même si je suis d'accord, je n'ai pas trouvé ça tout seul ! voir par ici
Ce "Wild Go" au charme juvénile encore un peu frais n'est pas encore promis à devenir un classique, et n'a pas encore de quoi détrôner les Fleet Foxes au palmarès de mes meilleurs albums du moment, mais constitue une jolie recréation porteuse de promesses pour des artistes en devenir.
Que voilà donc une bande (et surtout UNE d'entre eux) à surveiller désormais de très près.
Track list :
1. In Your Dreams 2. Daydreaming 3. Heavy Heart 4. Celebrate 5. Nobody Knows 6. Something For Myself 7. Right Path 8. Robert 9. Say The Word 10. Wild Go
Dark Dark Dark. "Wild Go" (Melodic) ♥♥♥ sorti le 4 mai 2011
en écoute sur spotify ainsi que le EP Bright Bright Bright
Le groupe est en concert le 27 mai au même programme que Elysian Fields et Emily Jane White au VIP de St-Nazaire.
Pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, cette semaine voit la sortie du deuxième album très attendu d'un groupe très en vue, les Fleet Foxes. Et, au risque d'être insistant, puisque j'ai déjà pas mal parlé ici-même de ce disque qui me berce depuis déjà moult semaines, permettez-moi de recommencer en remettant abusivement le couvert.
Je ne pense pas que "Helplessness Blues" soit le disque le plus novateur de l'année. Aucune idée si c'est ou pas le meilleur album du moment. Mais nul doute que cette nouvelle livraison des jeunes folkeux barbus de Seattle menés par Robin Pecknold soit à l'origine de ma plus belle émotion musicale de cette saison. Tout simplement mon must-à-moi-du-moment.
Aucune argumentation intellectuelle n'entre en compte, seul ici joue l'affectifet la sensibilité. À l'écoute des pièces de cet album lumineux, évocateur de grands espaces autant réels qu'intérieurs, une étrange exaltation autant physique que mentale passe à travers les enceintes et transforme la rituelle écoute d'un disque en expérience où se mêle joie, plaisir et émotion devant la beauté, lâchons le mot.
Et restons objectif ? Si leur premier disque éponyme de 2008 avait suscité la curiosité et mérité son succès (un des plus grands succès des labels Sub Pop et Bella Union), la folk musique vocale et pastorale de ces jeunes gens m'avait séduit et intéressé, mais sans plus...
Alors, qu'à l'inverse de médias plus circonspects devant ce nouvel essai maintes fois retardé et longtemps attendu, "Helplessness Blues" est pour moi une vraie splendeur, à l'image du morceau-titre, déboulant avec son énergie, son exaltation, ses choeurs en apesanteur et son refrain lyrique :
La belle porte d'entrée d'une musique héritière des grands artistes folk U.S. (évidemment Crosby Stills Nash & Young) mais aussi anglais (Donovan, John Martyn, le vétéran Van Morrison) où l'auteur Robin Pecknold a fait mûrir son song writing en y rajoutant son vécu et ses expériences.
Développant de somptueuses compositions qui se déploient en liberté, mêlant réflexions sur la vie (superbeGrown Ocean), la vieillesse (Montezuma), références bibliques (The Shrine) et exploration des relations intimes (Someone You'd Admire, court sommet d'émotion), le jeune chanteur au timbre nasal et élégiaque est à l'origine de beaux moments d'anthologie et de chair de poule :
"Helplessness Blues" : un disque épique, produit minutieusement par Phil Ek, à l'instumentation plus étoffée, à la profusion d'instruments (cordes, flûtes, percussions, comme dans l'orientalisant Bedouin Dress) et d'arrangements plus électriques. Mais toujours chantournés, ouvragés comme des chants de ménestrels médiévaux, à l’image de l'esthétique de sa superbe pochette.
Tout le monde, évidemment, ne partage pas ce sentiment (si, si, j'en entends certains) ... On me rétorquera que les Foxes sont juste des boy-scouts chantant en choeur, vêtus de laines et barbus comme des bûcherons, des néo-hippies et caricatures de folkeux qui n'inventeraient rien.
Je leur répondrai : et quand bien même ? L'écoute de ce disque intemporel et radieux, émaillé d'embardées "free-jazz" plus accidentées - les huit minutes de The Shrine/An Argument - où se balade la figure poétique d'un marcheur aux yeux grand ouverts, "The "Eyed Wide Walker", amène à se régaler d'un simple plaisir. Celui du partage d'une douce félicité, d'une chaleur, à l'image de leur sincérité et leur joie presque enfantines.
Ces gens-là ne semblent pas cyniques, invitant à une jolie fraternité humaine, comme des artisans-compagnons itinérants modernes, dégageant (osons encore le mot), un petit supplément d'âme et une sorte de modeste spiritualité.
Fleet Foxes - "Someone You'd Admire" :
Très loin de l'habituel cirque rock et bien naïf de croire à tout cela ? C'est peut-être aussi, en-dehors de toute considération musicale, que je remercie en secret les Fleet Foxes. Pour m'avoir touché par surprise et pour croire encore, juste durant l'écoute d'un disque, à l'existence modeste de valeurs humaines de moins en moins courues de nos jours.
Certains artistes rêveurs nous sont parfois indispensables, et je ne vous parle plus si vous passez à côté de ce disque-là !
La magnifique vidéo de "Grown Ocean" :
Tracklist : 1. Montezuma 2. Bedouin Dress 3. Sim Sala Bim 4. Battery Kinzie 5. The Plains/Bitter Dancer 6. Helplessness Blues 7. The Cascades 8. Lorelai 9. Someone You'd Admire 10. The Shrine/An Argument 11. Blue Spotted Tail 12. Grown Ocean
Fleet Foxes. "Helplessness Blues" (Bella Union) Coup de coeur ♥♥♥♥ SORTI LE 2 MAI
en écoute sur Deezer et Spotify et 5 titres sur la Playlist Pop
concert complet au Bataclan à Paris le 30 Mai, en première partie : Josh T. Pearson