net, tourne sur les lecteurs mp3 et fait les gorges chaudes de la blogosphère musicale, nul surprise si je l'évoque avec une légère avance sur sa parution officielle ce lundi 7 février, puisqu'en fait je suis déjà en retard, si vous me suivez bien.Avec ce premier album attendu comme l'un des grands rendez-vous de ce début 2011, James Blake divise bel et bien, signe des attentes qu'il suscitait chez beaucoup.
Le single-carte de visite de l'album :
Alors, confirmation du talent de ce jeune londonien de 22 ans vu pour les amateurs d'électro comme son futur grand espoir ? Ou trahison de l'esprit inventif et underground du genre dubstep, dont il était considéré comme son petit génie il y a un an avec les remixes de Destiny's Child, Lil Wayne ou ses collaborations avec les Mount Kimbie ?


Tandis que ses précédents EP (The Bells Sketch, CYMK) déjà évoqués ici peaufinaient une électro à tendance expérimentale tissée d'un entrelacs complexe de samples vocaux et effets sonores répétitifs à tendance hypnotique, l'album s'avère fondamentalement construit sur les parties vocales.
Il y développe une sorte de gospel électro minimaliste à la fois sensuelle et désincarnée, basée sur les claviers et le piano et surtout sa propre voix où il maîtrise un vibrato de crooner black digne de celui d'un vieux briscard de la soul music.
Un choix qui n'aurait pas dû surprendre à l'écoute de son "Klaviewerke EP", où le virage gospel et soul s'amorçait déjà amplement, avec ces claviers résonnants et cette soul en apesanteur.
Une option qu'il a épurée à l'extrême sur l'album, créant une atmosphère de chants néo-gospel, de soul futuriste dépouillée (Limit To Your Love), voire de recueillement spirituel (Measurements).
Pour revenir à la mini polémique suscitée, le mécanisme est connu qui fait qu'un artiste essuie les foudres du cercle d'initiés auquel il échappe pour élargir son audience, mais je pense qu'il y a encore de la marge à ce que James Blake devienne une soupe marketing déclinée jusqu'à l'usure.
Loin d'être un puriste spécialiste du dubstep, mon avis n'est cependant que celui d'un mélomane anonyme séduit par l'épure et la classe d'un artiste à la griffe déjà affirmée.Et, pour finir, on ne réfutera pas le caractère événementiel de la sortie de ce disque. Que cet album soit ou non novateur, et qu'il figure ou non dans les grands disques de l'année, le temps seul nous le dira.
Tracklist :
1. Unluck
2. The Wilhelm Scream
3. I Never Learnt To Share
4. Lindisfarne I
5. Lindisfarne II
6. Limit To Your Love
7. Give Me My Month
8. To Care (Like You)
9. Why Don’t You Call Me
10. I Mind
11. Measurements
en écoute sur Deezer et Spotify
Ils en ont déjà parlé, les pour : arbobo, Des Oreilles dans Babylone, Esprits Critiques
les contre : Chroniques électroniques, Brainfeeders & Mindfuckers
et un peu agacés : The Drone
myspace James Blake
