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mercredi 21 décembre 2011

MON TOP ALBUMS 2011. (3/5). N°s 21 à 30

Chapitre 3. Où nos héros découvrent avec joie les lauréats n°s 21 à 30 :

21. Zomby - Dedication
(4AD/Naïve)
Sélectionné tardivement, Dedication est le disque surprise de cette sélection. Album honteusement négligé ici à sa sortie, Zomby signe pourtant une singulière exploration en terre dubstep.
Électro machinique et glacée, la musique du jeune producteur anglais est une dérive fascinante, bande-son idéale de nos cauchemars intimes. Beats syncopés, samples et vocaux hantés (dont Panda Bear) dessinent un décor de fin du monde, dont cependant, on fouille avec curiosité les recoins. Petit regret : la brièveté du voyage et de ses courts morceaux.


22. Love Inks - E.S.P. (Hell, Yes!)
Minimaliste en diable, l'indie pop de Love Inks est l'illustration du "less is more", moins d'effets et peu d'instruments pour plus de plaisir. Épuré et direct, E.S.P. est illuminé par la voix sensuelle de Sherry LeBlanc, autour de laquelle ses complices ont tissé un écrin cotonneux envoûtant duquel on ne veut plus sortir.
Dans un créneau indie fort encombré, ce trio auquel on s'attache en un éclair, entre néo Young Marble Giants et The xx en plus dynamiques, ne révolutionne rien mais impose son évidence.


Curieuse célébration à laquelle nous invite John Maus, énigmatique ballade dans un radicalisme disco pop martelé à coups de claviers glacés et nappes de synthé vintage.
Entre relecture du post-punk 80's et new wave sépulcrale à la Joy Division, l'américain décalé célèbre les noces du minimalisme et de l'activisme, du romantisme pince-sans-rire et de l'intégrité rock. Rétro-futuriste et malicieuse, une bizarrerie à l'énergie diablement stimulante.
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 24. Gruff Rhys - Hotel Shampoo (Wichita/Turnstile)
Heureuse époque pour la pop anglaise qui compte un autre prétendant au titre de nouveau Brian Wilson ou Burt Bacharach en la personne de Gruff Rhys.
Avec son insouciant Hotel Shampoo, le gallois débonnaire vient de signer la plus radieuse carte postale pop de l'année, petite bulle d'insouciance et de légèreté intemporelle parfumée d'arrangements vintage craquants. Plus pop de luxe qu'easy listening kitsch, une lotion musicale à verser dans son bain musical et applicable dans toutes les occasions.
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25. Idaho - You Were A Dick (Talitres)
"Slowcore" pas mort, et tant mieux. Avec cet album inespéré, Jeff Martin, taciturne leader d'Idaho, perpétue l'art du rock introspectif dont il fut l'un des plus dignes artisans dans les années 90.
Pas sûr qu'il rameute les foules avec son album ouaté où s'épanouit l'air de rien sa douce mélancolie, distillant une harmonieuse lumière en demi-teintes, mais on s'en fiche. Un art subtil, réservant une collection de vraies perles habillées d'un piano rêveur et intimiste. Un peu de lumière en plein hiver, ça fait du bien.
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26. Connan Mockasin - Forever Dolphin Love (Because Music)

L'oiseau rare de l'année. On n'oublie pas comme ça le lutin Connan Mockasin, néo-zélandais à la voix de pantin suraigüe avec son Forever Dolphin Love déroutant, porte d'entrée de sa pop aquatique décalée qui fit sensation au printemps.
Peu convaincu alors par l'aspect malsain de son grand disque malade, force est d'avouer que je suis revenu depuis régulièrement à son indie pop barrée, zébrée de jazz et de psychédélisme Pink Floydien.
Si sa formule aurait mérité à être un peu moins délayée, avouons que cette parade inquiétante, mise au service souvent de vraies perles pop, a de quoi fasciner durablement.
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27. Vetiver - The Errant Charm (Sub Pop/Bella Union)
L'harmonie : voilà ce qui caractérise The Errant Charm, disque le plus fondant de l'année. Certainement l'opus le plus pop de Vetiver, ce disque modeste distille sans y toucher la plus radieuse des vignettes folk pop signés du paisible Andy Cabic.
Une grâce d'artisan au service de compositions d'une fluidité chaleureuse et sensuelle. Une élégance peu vue depuis la sunshine pop des sixties, qui ne changera pas le monde de la pop, mais délicieuse comme votre sieste en été.
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28. Erland And The Carnival - Nightingale (Full Time Hobby)
Pop sixties ou psyché rock légèrement décadent, c'est une curieuse parade de printemps que les anglais d'Erland And The Carnival nous ont offerte.
Un song writing apparemment classique en fait déréglé par un goût du baroque et de l'étrange qui fait se balader le groupe d'Erland Cooper entre Doors alternatifs et héritiers des tocades sonores de Syd Barrett. Déroutante fête au parfum de douce étrangeté, mais inventif et accueillant Nightingale.
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29. Part Time - What Would You Say ? (Mexican Summer)
Avec What Would You Say?, spleen électro-rock droit sorti des brumes des soirées blêmes des années 80, Part Time signe la plus désabusé mais attachante des virées.
Autant hommage à l'électro-pop des pionniers de Suicide et relecture de l'italo-disco que journal de bord des déambulations de son leader David Speck, une échappée qui échappe au simple flash-back pour proposer la relecture bien actuelle d'un genre inspirant décidément toujours le monde de l'indie rock.
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30. The Middle East - I Want That You Are Always Happy (Play It Again Sam/PIAS)
Album déroutant, aussi sombre et désolé que solaire et lumineux, I Want That You Are Always Happy est un voyage folk au long cours sans boussole dans les territoires libres d'une Americana ancestrale.
Perles au spleen slowcore, pièces expérimentales et ballades fraternelles émaillent le parcours de cette équipée peut-être hétéroclite. Mais qui témoigne du caractère singulier de la bande menée par Jordan Ireland, formation folk imprévisible attachante, comme Lost In The Trees.
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zu folgen (à suivre)

lundi 28 novembre 2011

Le doux hiver de YOUTH LAGOON

Plonger tête la première dans un lagon en cette période frisquette, ça vous tente? C'est ce que nous propose avec un brin d'insolence Youth Lagoon, révélation du moment qui a tous les atouts pour être une vraie sensation dans les prochains mois et années.

Pseudo étrange qui sonne comme un curieux mélange entre le Black Lagoon de la créature années 50 du même nom et nos vieux amis de Sonic Youth. Photos zarbies qu'on croirait tirées d'un film de David Lynch (qui vient de sortir son album solo officiel, décevant). Et surtout, musique vaporeuse entre lo-fi sonore et indie pop songs coconneuses.

Derrière Youth Lagoon se cache en fait un "one man band", Trevor Powers, jeunot de 22 ans venu d'Idaho, planqué derrière ses chansons bricolées comme un spationaute isolé dans une navette spatiale oubliée.

Ou un ermite pot-adolescent transformant son isolement par la magie des claviers en pépites musicales :



Troublant album qui sonne très vite comme familier, dans le bon sens du terme, entre minimalisme à la The xx et échos réverbérés de shoegaze ou dream pop aérienne de la meilleure new wave (évident sur Cannon, Daydream ou Montana).

Ainsi, nulle surprise en apprenant que l'historique Treasure de mes Cocteau Twins préférés est le disque fétiche de notre musicien introspectif. Une raison imparable pour s'enticher de ce nouveau venu, même si la musique des illustres écossais ne ressemble pas tout à fait à celle de ce nouveau venu.

Qui, bien que pratiquant un revival indie fort couru ces derniers temps, emporte la conviction par le minimalisme sonore de son univers épuré. Et surtout, par la beauté floue de ses chansons de poche, aux vraies qualités mélodiques qu'on découvre vite sous la carapace sonore au son caverneux que s'est construite l'oiseau (prod saturée, voix fêlée à la Patrick Watson, guitares désolées) qui confère son identité musicale touchante, entre eighties revisitées et home studio fissuré :



Bel album surprise, cette "année d'hibernation", Powers partage avec bonheur sa solitude et adoucit de fait la nôtre, devient rapidement un compagnon , d'hiver idéal qui devrait bousculer pas mal les tops et listes de la fin d'année.

Voisin des vagabondages solo de Bradford Cox quand il s'appelle Atlas Sound, de la mélancolie de Perfume Genius, des rêveries néo eighties de John Maus ou Part Time, un disque-journal de bord à l'évidence très intime pour son auteur, tellement accueillant et immédiat qu'il est vite devenu le nôtre, enfin le mien !



Et comment mieux vous donner envie de l'écouter sans tarder qu'en vous conseillant, vous ordonnant, de poser une oreille sur "Montana", déjà une des plus belles chansons de l'année ?


Tracklist :
1. Posters
2. Cannons
3. Afternoon
4. 17
5. July
6. Daydream
7. Montana
8. The Hunt
9. Bobby (Bonus Track)
10. Ghost To Me (Bonus Track)

Youth Lagoon. "The Year Of Hibernation" (Fat Possum Records) Sorti le 27 septembre
♥♥♥♥♥ COUP DE COEUR

en écoute sur & deezer et spotify avec titres bonus
article sur magic
chroniques sur la musique à papa et pop revue express
interview en anglais sur new raleigh

facebook Youth Lagoon

vendredi 9 septembre 2011

PART TIME. Souvenir du futur


Permettez-moi de ne pas trop aimer les étiquettes. Pas celles, même réductrices - pop, électro, folk, dubstep - qui aident à se frayer un chemin dans la jungle musicale actuelle. Non, celles collées à vitesse grand V sur les disques et qui vous tromperaient plutôt sur la marchandise.

Ainsi, que fait celle, à la pointe de la hype, de "chillwave" collée sur le premier album du groupe Part Time? Drivé par le flandrin David Speck, ce combo venu de San Francisco aurait plus à voir avec une relecture du post-punk et du rock minimaliste années 80 qu'avec la pop électro volontiers easy listening de Toro Y Moi, Memory Tapes ou consorts, tenants officiels du courant chillwave, devenu un grand fourre-tout plutôt envahissant.

"Chillwave" ou pas, erreur d'étiquetage ou non, il aurait été dommage de passer à côté de "What Would You Say?", nonchalant recueil de vignettes rock portées par des synthés minimalistes et d'antiques boîtes à rythmes.

Une vraie curiosité spatio-temporelle ressuscitant l'esprit des soirées des early eighties, entre fêtards désabusés et spleen blême. Troublant retour en arrière jusque dans la voix lasse de David Speck, qui rappellera bien des souvenirs à ceux que bercèrent la voix d'Alan Vega de Suicide :



On arguera qu'on ne manque pas de formations néo-pop 80's dont l'esthétique cheap et synthétique n'en finit pas de nous revenir depuis quelques années. Mais intelligent, nostalgique et finalement très attachant, le flash-back musical de Part Time distille un charme triste évident, loin de l'opportunisme marketing souvent de mise (à vous de mettre les noms) et plus à ranger du côté des vraies réussites du genre, celles récentes de John Maus, Destroyer, Twin Shadow ou des Metronomy période "Nights Out".













Proche de l'esprit du label Italians Do It Better (l'album des Chromatics), la virée italo-disco et pré new wave de David Speck retrouve l'esprit d'un certain underground d'époque, artisanal et alternatif, entre pop synthético-neurasthénique très Depeche Mode et rock désabusé à la Suicide ou Psychedelic Furs :



Malgré le nombre de références qu'il évoquera sans doute à chacun, "What Would You Say" est en fait assez grand pour sortir tout seul et une virée en sa compagnie ne se refusera pas. Plus proche de la gueule de bois d'après-soirée arrosée que d'un philtre euphorisant, pas sûr qu'il vous guérisse du spleen causé par l'actuelle rentrée. Mais comment résister à son charme froissé ?

Tracklist :
1. Thunderbolts Of Love
2. I Wanna Take You Out
3. Living In Pretend (My Girl Imagination)
4. She's Got The Right
5. In This Filthy City
6. What Would You Say?
7. Hey Kareen
8. Riots In The Streets
9. 19
10. Shes' Playing With Your Mind
11. Cassie (Won't You Be My Doll)

Part Time. "What Would You Say?" (Mexican Summer/Universal Music)
♥♥♥
depuis juillet en digital, paru en CD le 29 août

en écoute sur spotify & deezer
3 titres
sur la Playlist Pop
à lire sur des chips et du rosé et hartzine

Mexican Summer
Italians Do It Better

mercredi 22 juin 2011

JOHN MAUS et SCOTT MATTHEW, outsiders en liberté

Grâce soit rendue au net qui vous fait découvrir si vite l'existence d'artistes dont il y a quelques semaines à peine vous ne soupçonniez même pas l'existence.
L'occasion de jeter un oeil (une oreille, plutôt) sur le parcours de créateurs oeuvrant en solo dans une relative confidentialité, laquelle ne devrait pas durer longtemps.

Prenez d'abord le cas du dit John Maus. Déjà le troisième album pour cet olibrius et néanmoins docteur en philosophie et sciences politiques.
Un parcours atypique pour un oiseau rare ayant déjà commis deux LP et collaboré avec son ami proche, l'ostrogoth Ariel Pink. Et qui accouche d'un disque énigmatique qui mêle dans le même mouvement, comme un situationniste moderne, radicalisme des idées ("Let's kill the cops tonight" sur Cop Killer) et radicalisme musical.

En revisitant à coup de claviers glacés et voix réverbérée toute la new wave minimaliste et clinquante des années 80, John Maus semble prendre un malin plaisir à balader son auditoire, lequel risque de le ranger à tort dans l'habituel revival eighties pratiqué par une certaine indie pop.



Si cette épopée néo vintage, trop courte, ne peut que satisfaire l'éternel accro des années 80 qui dort (?) en moi, cette galette à la fausse distanciation révèle un original prêt à se confronter au fantôme glacé de Joy Division, la new wave synthétique de Human League ou les moulinettes robotiques des ancêtres Kraftwerk.












Le tout évoquant les folies post-punk et pré-électro d'originaux comme Suicide ou Fad Gadget et recouvert à l'occasion d'un vernis d'italian disco pour une synth pop bien minimaliste balancée par de bonnes vieilles boîtes à rythme.



Une bizarrerie oscillant entre revival distancié et folie d'artiste, mais qui repose sur la qualité brute des compositions et la rigueur de son auteur (fantastiques Believer et Quantum Leap).
Un album qui démontre toutes ses facettes changeantes au fur et à mesure des écoutes pour se révéler, bien que trop succint dans sa durée, un plaisir rétro-futuriste diablement addictif, comme récemment dans des registres différents mais voisins, Twin Shadow ou Destroyer.

Ballade non exempte d'un romantisme noir, d'un activisme politique et d'une simple foi dans la musique pop, fut-elle déguisée en réhabilitation des codes et sonorités d'une époque révolue, l'aventure révèle un personnage en dehors des normes que je surveillerai désormais de près.

John Maus - "Keep Pushing On"

Tracklist :
1. Streetlight
2. Quantum Leap
3. ... And The Rain
4. Hey Moon
5. Keep Pushing On
6. The Crucifix
7. Head For The Country
8. Cop Killer
9. Matter Of Fact
10. We Can Break Through
11. Believer

John Maus. "We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves" (Upset The Rhythm) ♥♥♥♥
à écouter sur spotify
à lire
sur La Musique à Papa et article sur Magic

John Maus

Autre découverte personnelle de saison, le dénommé Scott Matthew déambule lui aussi en solo sur la scène musicale.
Arpentant des terrains plus fréquentés, entre crooner indie et songwriter solitaire, cet australien à la sensibilité et la voix proches d'un Antony Hegarty s'adonne lui aussi au plaisir de succomber à la muse mélancolie.

"Gallantry's Favorites Son", ensemble de ballades recueillies conçues comme des confessions de blessures intimes et aux arrangements précieux est surtout, dans mon cas, la découverte d'une voix qui ne peut que rappeler la trace d'illustres aînés, crooners undergrounds et stars atypiques.



Impossible à l'écoute de cette élocution stylée et ce timbre androgyne de ne pas songer à la grandeur dramatique de Scott Walker ou la flamboyance vocale de David Bowie lui-même. Saines influences auxquelles on peut rajouter le vibrato émotionnel d'un Terry Callier ou le timbre élégant d'un Perry Blake (oui, oui, Blake...).























Car on ne peut nier la distinction et le charme de cet album qui ne révolutionnera pas le genre mais qui alterne avec harmonie plages de mélancolie désolée (Buried Alive, True Sting) et titres d'humeur plus légère, presque easy listening (Felicity, No Place Called Hell). Mais d'inspiration et de tonalité élégantes, genre pop sixties, entre choeurs spectoriens, influences gospel et ambiance Burt Bacharach. "The Wonder Of Falling In Love", perle du disque, en est le parfait exemple :



Pourtant à la longue, le timbre plaintif et affecté de Matthew et la couleur sombre, voire désespérée de son spleen parfois complaisant peuvent finir par lasser (à l'instar de Antony & The Johnsons) et on aurait aimé que le disque soit toujours aussi fluide que ce morceau ou intense comme certaines torch songs épurées (Duet).

Restrictions relevées qui n'empêchent pourtant pas le plaisir de ce détour australien plus que fréquentable en compagnie d'un de ces outsiders préférant les chemins de traverse. De ceux qui ont souvent parsemé l'histoire du rock et de la pop, toujours pour notre bonheur.



Tracklist :
1. Black Bird
2. True Sting
3. Felicity
4. Duet
5. Buried Alive
6. Devil's Only Child
7. Sinking
8. The Wonder Of Falling In Love
9. Seedling
10. Sweet Kiss In The Afterlife
11. No Place Called Hell

Scott Matthew. "Gallantry's Favorite Son" (Glitterhouse Records) ♥♥
sorti le
14 juin
en écoute sur spotify et "The Wonder Of Falling In Love" sur la Playlist Pop
article sur les inrocks
Scott Matthew