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samedi 24 décembre 2011

MERRY (POP) CHRISTMAS

Noyël, Noyël ! Malgré l'aspect plus qu'attendu, voire redouté par beaucoup, vous n'échapperez pas aux habituelles chansons de Noël avec carillons, traîneau et neige poudreuse.
Mais, afin de vaquer à la préparation de votre soirée du 24 sans craindre l'écoeurement avant même d'avoir commencé votre réveillon, on sacrifiera à ce rituel en compagnie de figures connues et estimées.

Dans le registre des traditions, on peut fréquenter sans risque le duo She and Him qui s'est prêté à l'exercice. Douze chants de saison aux refrains carillonnants repris avec élégance et style par M.Ward et la jolie Zooey Deschanel.

Ça s'écoute et se déguste tout seul, intemporel et plaisant. Je dirais même qu'avec sa classe sixties, cet interlude me paraît plus convaincant que les albums "sérieux" du duo.
Sans aucune surprise, c'est vrai, mais charmant :



Et pour un 24 décembre moins conventionnel, on peut toujours se tourner vers l'ostrogoth Gruff Rhys qui nous gratifie d'un très court mais réjouissant EP, Atheist Xmas.
En bon anglais, il prend le contrepied des bons sentiments avec trois vignettes pop à la couleur seventies bien glam sur lesquelles il raconte des gentilles petites horreurs : Noël délaissé d'un couple âgé, réveillon de réfugiés après la fin du monde, blues de célibataires solitaires.

Youpi, c'est la fête, quoi... Soigneusement décalé et savoureux, ce mauvais esprit. Merci bien, monsieur Gruff !



Me reste donc plus qu'à vous souhaiter à mon tour sans détour un très bon "vous-savez-quoi". C'est simple, il suffit de lire, c'est marqué plus bas.

Juste ici :













...
À TOUS !


mercredi 21 décembre 2011

MON TOP ALBUMS 2011. (3/5). N°s 21 à 30

Chapitre 3. Où nos héros découvrent avec joie les lauréats n°s 21 à 30 :

21. Zomby - Dedication
(4AD/Naïve)
Sélectionné tardivement, Dedication est le disque surprise de cette sélection. Album honteusement négligé ici à sa sortie, Zomby signe pourtant une singulière exploration en terre dubstep.
Électro machinique et glacée, la musique du jeune producteur anglais est une dérive fascinante, bande-son idéale de nos cauchemars intimes. Beats syncopés, samples et vocaux hantés (dont Panda Bear) dessinent un décor de fin du monde, dont cependant, on fouille avec curiosité les recoins. Petit regret : la brièveté du voyage et de ses courts morceaux.


22. Love Inks - E.S.P. (Hell, Yes!)
Minimaliste en diable, l'indie pop de Love Inks est l'illustration du "less is more", moins d'effets et peu d'instruments pour plus de plaisir. Épuré et direct, E.S.P. est illuminé par la voix sensuelle de Sherry LeBlanc, autour de laquelle ses complices ont tissé un écrin cotonneux envoûtant duquel on ne veut plus sortir.
Dans un créneau indie fort encombré, ce trio auquel on s'attache en un éclair, entre néo Young Marble Giants et The xx en plus dynamiques, ne révolutionne rien mais impose son évidence.


Curieuse célébration à laquelle nous invite John Maus, énigmatique ballade dans un radicalisme disco pop martelé à coups de claviers glacés et nappes de synthé vintage.
Entre relecture du post-punk 80's et new wave sépulcrale à la Joy Division, l'américain décalé célèbre les noces du minimalisme et de l'activisme, du romantisme pince-sans-rire et de l'intégrité rock. Rétro-futuriste et malicieuse, une bizarrerie à l'énergie diablement stimulante.
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 24. Gruff Rhys - Hotel Shampoo (Wichita/Turnstile)
Heureuse époque pour la pop anglaise qui compte un autre prétendant au titre de nouveau Brian Wilson ou Burt Bacharach en la personne de Gruff Rhys.
Avec son insouciant Hotel Shampoo, le gallois débonnaire vient de signer la plus radieuse carte postale pop de l'année, petite bulle d'insouciance et de légèreté intemporelle parfumée d'arrangements vintage craquants. Plus pop de luxe qu'easy listening kitsch, une lotion musicale à verser dans son bain musical et applicable dans toutes les occasions.
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25. Idaho - You Were A Dick (Talitres)
"Slowcore" pas mort, et tant mieux. Avec cet album inespéré, Jeff Martin, taciturne leader d'Idaho, perpétue l'art du rock introspectif dont il fut l'un des plus dignes artisans dans les années 90.
Pas sûr qu'il rameute les foules avec son album ouaté où s'épanouit l'air de rien sa douce mélancolie, distillant une harmonieuse lumière en demi-teintes, mais on s'en fiche. Un art subtil, réservant une collection de vraies perles habillées d'un piano rêveur et intimiste. Un peu de lumière en plein hiver, ça fait du bien.
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26. Connan Mockasin - Forever Dolphin Love (Because Music)

L'oiseau rare de l'année. On n'oublie pas comme ça le lutin Connan Mockasin, néo-zélandais à la voix de pantin suraigüe avec son Forever Dolphin Love déroutant, porte d'entrée de sa pop aquatique décalée qui fit sensation au printemps.
Peu convaincu alors par l'aspect malsain de son grand disque malade, force est d'avouer que je suis revenu depuis régulièrement à son indie pop barrée, zébrée de jazz et de psychédélisme Pink Floydien.
Si sa formule aurait mérité à être un peu moins délayée, avouons que cette parade inquiétante, mise au service souvent de vraies perles pop, a de quoi fasciner durablement.
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27. Vetiver - The Errant Charm (Sub Pop/Bella Union)
L'harmonie : voilà ce qui caractérise The Errant Charm, disque le plus fondant de l'année. Certainement l'opus le plus pop de Vetiver, ce disque modeste distille sans y toucher la plus radieuse des vignettes folk pop signés du paisible Andy Cabic.
Une grâce d'artisan au service de compositions d'une fluidité chaleureuse et sensuelle. Une élégance peu vue depuis la sunshine pop des sixties, qui ne changera pas le monde de la pop, mais délicieuse comme votre sieste en été.
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28. Erland And The Carnival - Nightingale (Full Time Hobby)
Pop sixties ou psyché rock légèrement décadent, c'est une curieuse parade de printemps que les anglais d'Erland And The Carnival nous ont offerte.
Un song writing apparemment classique en fait déréglé par un goût du baroque et de l'étrange qui fait se balader le groupe d'Erland Cooper entre Doors alternatifs et héritiers des tocades sonores de Syd Barrett. Déroutante fête au parfum de douce étrangeté, mais inventif et accueillant Nightingale.
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29. Part Time - What Would You Say ? (Mexican Summer)
Avec What Would You Say?, spleen électro-rock droit sorti des brumes des soirées blêmes des années 80, Part Time signe la plus désabusé mais attachante des virées.
Autant hommage à l'électro-pop des pionniers de Suicide et relecture de l'italo-disco que journal de bord des déambulations de son leader David Speck, une échappée qui échappe au simple flash-back pour proposer la relecture bien actuelle d'un genre inspirant décidément toujours le monde de l'indie rock.
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30. The Middle East - I Want That You Are Always Happy (Play It Again Sam/PIAS)
Album déroutant, aussi sombre et désolé que solaire et lumineux, I Want That You Are Always Happy est un voyage folk au long cours sans boussole dans les territoires libres d'une Americana ancestrale.
Perles au spleen slowcore, pièces expérimentales et ballades fraternelles émaillent le parcours de cette équipée peut-être hétéroclite. Mais qui témoigne du caractère singulier de la bande menée par Jordan Ireland, formation folk imprévisible attachante, comme Lost In The Trees.
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zu folgen (à suivre)

dimanche 20 février 2011

POP EN SOLO. Gruff Rhys et Bright Eyes

Autant l'avouer tout de go, j'avais plutôt mal suivi les parcours respectifs des deux énergumènes qui nous occupent ici, pas inconnus de moi pour autant, mais mal identifiés et peu fréquentés.
Bonne occasion de se rattraper avec les derniers opus respectifs de ces deux solitaires publiés tous deux lundi 14 février dernier, Gruff Rhys et Bright Eyes.

Petit prince de l'indie folk américain, Conor Oberst, l'homme planqué derrière Bright Eyes, est du genre hyper productif : plus d'une dizaine d'albums depuis 1998, un projet alternatif "Mystic Valley Band", un album solo sorti sous son nom, un peu difficile de suivre tous ses faits et gestes.

"The People's Key" sera, paraît-il, son dernier album sous l'appellation Bright Eyes. Et avouons-le franchement, faut-il le regretter ?
Car cet album décevant n'est sans doute pas le meilleur moyen de découvrir l'univers de cet oiseau, connu aux Etats-Unis pour ses prises de position politiques (à l'époque anti-Bush).

Artistiquement, Oberst semble encore chercher la bonne formule, évitant certes de reconduire la même formule musicale - en 2005 il publiait deux albums, l'un folk acoustique, devenu petit classique "I'm Wide Awake This Morning", l'autre quasi électro new wave, le bizarre "Digital Ash In Digital Turn".

Une schizophrénie qu'il tente de réconcilier ici en un seul disque, aux titres plus pop teintés parfois de synthés voyants (Shell Games, Beginner's Mind).


Un choix un peu tiède qui tire vers une pop plus banale, presque mainstream, dont seule reste la voix en avant reconnaissable de l'artiste.
Làs, sa voix plaintive aux accents pathétiques de post-adolescent tourmenté ne me séduit guère voire m'irrite, sauf dans ses meilleurs moments pop (One For You, One For Me), sans oublier certains titres introduits par la voix d'un obscur narrateur ennuyeux (Firewall).


Autrement dit, j'ai du mal à écouter jusqu'au bout le disque de ce Conor-là, alors qu'un autre Conor anglais, à la sensibilité voisine, m'envoûte depuis l'an dernier.
Qui sait ? Si j'avais été plus familier de Bright Eyes avant la découverte de Conor O'Brien des Villagers, j'aurais peut-être été plus indulgent avec cet album (et artiste) honorable, mais qui ici n'a pas su me convaincre.

Sans rancune, Conor l'américain.

Bright Eyes. "The People's Key" (Saddle Seek Records) ♥

avis mitigé sur Esprits Critiques et décu sur Brainfeeders & Mindfuckers

myspace de Bright Eyes

Autant Conor Oberst m'a laissé plutôt froid, autant je suis heureux de m'enflammer pour le dernier album de Gruff Rhys, l'ex-leader des Super Fury Animals, très sous-estimé groupe gallois de la fin des années 90.

Si l'aventure du groupe est finie, leur sympathique leader Gruff Rhys continue bel et bien puisqu'il en est à son troisième album solo, un "Hotel Shampoo" ainsi nommé soi-disant à cause de la fâcheuse manie de son auteur de "collecter" les échantillons de shampooing proposés dans les hôtels.
Mais qu'importe l'emballage du flacon, puisque ce shampooing-là procure une ivresse bien réjouissante.

Un vrai tonifiant pop régénérant, petite bulle aux parfums enivrants qui ressuscite avec goût et inspiration tout un âge d'or de la pop vintage désormais révolue.



Des mini-symphonies pop élégiaques des Beach Boys à la somptueuse pop de luxe de Burt Bacharach, en passant par les compositions radieuses de Sean O'Hagan des cultes High Llamas, tous les amateurs d'une certaine harmonie pop qu'on ne croise pas si fréquemment seront ravis de cette nouvelle.













Nul doute que les journalistes pop-maniaques Mishka Assayas et Christophe Conte n'en aient déjà fait leur disque de chevet.


Bonne surprise inattendue de ce début 2011, doit-on aussi la réussite de ce voyage au stylé producteur Andy Votel aux manettes de cette lotion-miracle?

Qu'il s'agisse des cordes de "Vitamin K" d'esprit Divine Comedy, des délires mariachis du tonique "Sensations In The Dark" digne d'XTC, des effets psyché pop sixties du mini-tube "Christopher Colombus", de la classe soyeuse de "Space Dust #2" qui invite la chanteuse d'El Perro Del Mar, l'élégance de la production, référencée et inventive sans être passéiste, n'est jamais prise en défaut :

Ainsi que, plus généralement, la qualité des compositions dignes des Beach Boys d'un Gruff Rhys inspiré : c'est bien simple, notre hurluberlu barbu vient peut-être de signer le meilleur album ... de Brian Wilson ! Celui que l'ex-génie abîmé des années 6o est malheureusement incapable de pondre lui-même.

En tout cas, un disque salutaire annonciateur du printemps, qui devrait faire le bonheur de beaucoup, on l'espère.

D'ailleurs, c'est bien simple, si vous ne l'écoutez pas (l'aimer, on verra après), mais si vous ne prenez même pas la peine de l'écouter, je ne sais pas si je vous parlerai encore.

Gruff Rhys. "Hotel Shampoo" (Turnstile) ♥♥♥♥
en écoute sur Deezer et Spotify

chronique sur Hop Blog et articles sur les Inrocks et Magic
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