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jeudi 23 décembre 2010

TOPS 2010 (4). Mon top 2010 à moi, 10 à 1

Voilà, c'est la dernière ligne droite. Voici les 10 premiers de mon Top 2010 !
Un choix subjectif et partial peut-être pas bien original - le Blake est un animal aux goûts forts classiques - mais reflet fidèle en tout cas des artistes qui m'ont bercé cette année. Pas l'année d'UN SEUL vrai disque, mais celle de nombreux plaisirs ajoutés, à chaque fois illustrés par une prestation live des artistes.

Cliquer sur le titre : lire la chronique. Cliquer sur le lien à droite : écouter sur deezer ou spotify.

Je m'en serai voulu de ne pas faire apparaître ici le dernier opus de la plus discrète et plus délicieuse des formations folk. Illuminée par la voix radieuse de Karen Peris, The Innocence Mission publie régulièrement depuis près de vingt ans des perles intemporelles, où la douceur le dispute à la tristesse.
C'est toujours le même disque ? Pas de changement chez eux ? Tant mieux, on ne touche pas aux choses parfaites.
Mon disque français de l'année est un disque nocturne et intrigant. L'insaisissable Bertrand Belin dépouille sa musique pour nous convier à une fascinante balade en terre inconnue.
Un disque comme l'eau qui dort : apparemment distant ou hermétique, en fait d'une familiarité évidente au fil des écoutes. Poétique et épuré, à l'image de sa fascinante chanson-titre, Belin en petit frère alternatif de Manset devrait prochainement acquérir une place convoitée au sein de la scène française.

Un vrai maître de l'archet en la personne du violoniste virtuose américain Owen Pallett qui, avec son album-concept "Heartland", nous embarque dans un enchaînement de mini-symphonies pop baroques parfois expérimentales de toute beauté.
Un album résolument ambitieux mais accessible et audible (Sufjan Stevens devrait l'écouter) sur lequel plane l'ombre "Beach Boysienne" du légendaire Brian Wilson, pas le moindre des compliments à mes yeux.
Vous pensiez vous, qu'on pouvait marier si bien le folk et la musique classique ? Contre toute attente, la formation folk d'Ari Picker l'a réussi pour une enthousiasmante envolée lyrique, féerique et symphonique.
D'un constant équilibre entre la rudesse écorchée du folk et la sophistication des cordes classiques, leur projet charme, envoûte et touche durablement. Une réussite à saluer.
Outsider déboulé sans prévenir, le jeune irlandais Conor O'Brien caché derrière le pseudo de Villagers, tient le pari d'une pop littéraire et flamboyante typiquement britannique.
Ses armes ? Un fort brillant song writing à tiroirs et l'une des voix les plus souples et expressives de l'année.
Pas bien convaincu au début, le premier album de ce très attachant newcomer qui promet n'a fait que s'imposer à moi au fur et à mesure de l'année.



5. Caribou - "Swim"
Électro et élégant. Dansant et cérébral. Charnel et hypnotique. Sophistiqué et immédiat. Ethéré et incarné. Doué et canadien.
Les deux derniers adjectifs concernent Dan Snaith, Caribou pour la scène. Les précédents essayaient juste de cerner la richesse de ce disque addictif et inoxydable.
Quand on croit s'en lasser, il vous étonne encore. Sacré animal ! (préféré à LCD Soundsystem comme disque électro 2010)


4. MGMT - "Congratulations"
N'en déplaise à ceux qui prédisaient la disparition programmée de MGMT après la hype de 2008, ces blancs-becs d'Andrew et Ben en avaient manifestement sous le pied et prolongent sur leur deuxième opus les délires soniques de leur inédit "Metanoia", annonciateur de cet album néo-sixties stratosphérico-bien barré.
En conviant l'auditeur à un voyage au long cours à bord de leur progressive pop songs à tiroirs, plus sinueuses que des anguilles et spatiales à souhait (la déjà culte Siberian Breaks), MGMT s'assure une confortable avance sur tous ses concurrents psyché rock, présents ou à venir.



3. Syd Matters - "Brotherocean" 
Accrochez-vous, amis américains : une des merveilles folk pop de l'année est signée par un groupe français. Aboutissement de l'exigence de leur leader Jonathan Morali, avec "Brotherocean", Syd Matters marie le spleen et l'allégresse, le folk et l'électro, l'intime introspectif et le collectif ludique, le voyage intérieur et la pop immédiate et nage en eaux voisines de celles des grands Robert Wyatt ou Radiohead.
On n'est pas toujours fiers d'être français. Ici, on a vraiment le droit.

"Queen Of Denmark" ou le plus bel album des années 70 sorti en 2010. Avec l'album inespéré de sa résurrection, John Grant le rescapé du groupe Czars et épaulé par le groupe Midlake revisite de façon inattendue le meilleur du soft rock des seventies signant au passage parmi les plus belles chansons de l'année (Where The Dreams Go To Die, I Wanna Go To Marz, Caramel).
Un disque aussi amer dans son propos que simple et accompli dans sa forme, folk lyrique et électro vintage. Triste et beau, superbement arrangé et gorgé de mélodies à vous faire frissonner, même en été.




Le disque que j'ai le plus écouté est aussi le premier que j'ai chroniqué sur ce blog, lire la chronique. Bouclage logique du top musical d'une année où j'aurai rarement lâché ce disque lumineux, envoûtant nuage de mélancolie apaisante, aux allures de fête irréelle.

Façonné méticuleusement par les délicats orfèvres Micah Rabwin et Sean Ogilvie, "Hold This Ghost" est un superbe album de folk songs rêveuses et radieuses, remplies d'instruments anachroniques - scie musicale, harmonium, ondes Martenot - qui rendraient jubilatoires le spleen et la mélancolie. Si facile d'y rentrer, tellement difficile à quitter, une splendide bulle de douceur et de beauté fragile.



Voilà, vos remarques sont les bienvenues. Et si on ne se revoit pas avant, je souhaite à tous un

lundi 12 avril 2010

RADIO. Merci Bernard. "C'est Lenoir" sur France-Inter

Oui, juste prendre le temps de dire merci à Bernard.
"Écoutez la différence", c'était un slogan d'une ancienne campagne de pub pour France-Inter. On ne trouvera pas mieux pour caractériser le programme qu'anime depuis plus de trente ans l'irremplaçable Bernard Lenoir.

Depuis sa première émission Feedback, juste à la fin des années 70/début 80, qui accompagna la période post-punk et l'arrivée de la new wave, la cold-wave et de la pop indépendante, jusqu'à son actuel programme quotidien C'est Lenoir, l'homme mériterait d'être "déclaré d'utilité publique" !
Découvert il y a des lustres à l'été 83, la voix et les programmes de Lenoir m'ont sauvé - comme un nombre incalculable de ses auditeurs, je pense - des tubes fabriqués du Top 50, des programmes formatés de la bande FM, et d'une certaine médiocrité variéteuse française.

Appliquant en France la même démarche de défrichage que celle de John Peel, DJ historique de la BBC, Lenoir a façonné le goût et les oreilles de plusieurs générations au rock et à la pop indépendante, construisant un lien indéfectible avec tous ces jeunes (et moins jeunes) pop-rock maniaques reconnaissants, bercés grâce à lui par Joy Division, The Smiths, The Pixies et autres Cocteau Twins...
... ou, en France, Manset, Dominique A, Yann Tiersen, Jean-Louis Murat, Miossec, parmi les artistes hexagonaux dont il est fan inconditionnel.

Découvreur infatigable, tête chercheuse au goût exigeant, il est le parrain du festival La Route du Rock de Saint-Malo, inspira leur vocation aux journalistes des Inrockuptibles - journal de référence qui, sans lui, n'aurait jamais vu le jour il y a vingt ans - organise encore régulièrement les "Black Sessions", concerts gratuits en public à la Maison de la Radio, les "White Sessions", des enregistrements d'artistes sans public, et compte dans son public, une certaine ... Françoise Hardy, auditrice assidue de son programme !

Indissociable de mon adolescence et fondateur de mon goût pour la musique, je l'ai pourtant un temps perdu de vue (ou d'oreille) quelques années, au détour des années 2000... Mais pour mieux le retrouver quelques 6-7 ans après, rempart réconfortant contre le formatage culturel intensif de ces dernières années.

Vous imaginerez donc mon plaisir quasi enfantin, quand récemment, j'envoyai un mail à l'émission au sujet de l'excellent groupe Musée Mécanique, pour savoir s'il passerait bientôt à l'antenne. Aussitôt dit, aussitôt fait : une chanson dans le poste, accompagnée de la lecture de mon mail. Une vraie distinction, plus importante à mes yeux qu'une légion d'honneur !

Blague à part, je souhaite longue route (du rock) à ce programme indispensable qui a accompagné ma vie et l'accompagnera, je le souhaite, longtemps encore : j'espère que la limite d'âge n'atteindra pas bientôt notre Bernard national.
Car la succession n'étant pas vraiment préparée, je vois mal une quelconque relève reprendre le flambeau indie. Ce jour-là, je prévois beaucoup d'auditeurs orphelins de cette heure quotidienne de "musique pas comme autres."
En attendant, merci vraiment, Bernard...

Allez, "caresses et bises à l'oeil" (formule rituelle "lenoirienne" de fin d'émission que les habitués reconnaîtront)


et le site de la route du rock 2010 avec, à l'affiche, à partir du 15 août, entre autres : Massive Attack, The National, Yann Tiersen, The Flaming Lips. Bref, rien que du bon.

vendredi 19 mars 2010

FOLK-POP. Musée Mécanique "Hold This Ghost"

Au rayon "découverte du printemps", ce disque dû à un duo américain au curieux nom français de Musée Mécanique est une vraie pioche miraculeuse !

Dès la première écoute, on est transporté sur un petit nuage de félicité. Est-ce la voix calme et recueillie, les arrangements originaux pointus mais très accessibles, le caractère intemporel de ce folk d'archiviste, l'atmosphère rêveuse ouatée parfois aquatique, la grâce de ces douces mélodies ?


En tout cas, un chaleureux voyage en dix magnifiques titres, dans une Amérique éternelle réinventée, fantomatique (le "Ghost" du titre) et inspirée, aussi fascinant que leur magnifique photo de pochette.

Aussi gracieux que la musique du violoniste folk-pop Andrew Bird, autre artisan intimiste d'une Americana alternative - dont le dernier album "Noble Beast" fut l'un des musts de l'année 2009 - voici un album méticuleusement tricoté par deux délicats alchimistes du son : Sean Ogilvie & Micah Rabwin.

Un duo de musiciens discrets originaires de Californie mais volontairement basés à Portland pour sa mélancolie, amoureux de leurs harmoniums, scies musicales, slide guitars, accordéons et autres ondes Martenot, déposant leurs mélodies mélancoliques et sensibles dignes du mythique Nick Drake dans un écrin sonore proche du Grandaddy de la grande époque, le tout réellement envoûtant. Un électro folk ou folktronica atmosphérique d'une grande limpidité et d'une fragile beauté.  

Une des merveilles du moment, idéale pour quitter l'hiver et accueillir les premiers jours du printemps. On n'a que l'embarras du choix, je retiendrai donc en toute subjectivité ces deux petits chefs-d'oeuvre de finesse : "The Propellors" et "Under Glass." On parie que cette merveille de disque devrait vous accompagner une bonne partie de l'année ?

Un album qui mérite bien d'être le premier coup de coeur de ce blog, à découvrir sur spotify ou en écoute intégrale sur deezer
 
Musée Mécanique. "Hold This Gost" (Souterrain Transmissions) sorti le 22 janvier 2010

♥♥♥♥♥ COUP DE COEUR

 "Like Home" le premier titre de l'album et premier single ... :


... et "Our Changing Skins" qui clôt l'album :