Pour ce "Memory of the 80's" de la semaine, encore un groupe avec une chanteuse, tiens... je fais une toute petite entorse à l'intitulé de cette rubrique, puisque le premier album du groupe concerné est sorti au tout début de l'année1990. Mais je m'en sors en vous précisant que le premier single de ce groupe formé dans les eighties a vu le jour en 1989.
Et, avant tout, leur première et toujours aussi emballante chanson, petite merveille de pop indé, ce "Can't Be Sure" tant aimé :
"Can't Be Sure" ou "comment écrire la meilleure chanson desSmithsà leur place", ce qu'ont réussi The Sundays, un des meilleurs souvenirs musicaux de la fin de cette décennie :
The Sundays, fruit artistique du couple David Gavurin-Harriet Wheeler, duos d'amoureux qui signèrent un classique instantané à sa sortie avec ce "Reading, Writing & Arithmetic".
Un album qui a du rendre ce vieux Morrissey des Smiths envieux, tant il renferme dix perles pop radieuses enluminées d'un son de guitare ligne claire d'une fluidité à rendre le virtuose Johnny Marr également vert de jalousie.
Et que dire de la grâce de la voix gracile de la douce muse Harriet, l'une des plus jolies chanteuses de la pop toutes époques confondues, et dont le groupe, fort élégant, n'exploita cependant jamais l'image, préférant un visuel discret et sobre pour ses pochettes d'album ?
Tout dans cet opus inspiré respire la grâce et la fraîcheur, qui, de la production sobre et acoustique à l'écriture rigoureuse, constitue une sorte d'aboutissement de l'école pop indépendante britannique de l'époque. Et qui consacra Harriet Wheeler comme l'une des plus jolies voix de l'époque, à l'instar de Tracey Thorn (Everything But The Girl) et Liz Fraser (Cocteau Twins).
Fleuron du célèbre label alternatif Rough Trade (il serait bien long de lister tous leurs artistes, allez si, un récent : Antony & the Johnsons),The Sundays alternent sur ce disque sensibilité pop (Can't Be Sure), énergie rock (A Certain Someone), titre atmosphérique (Joy) et magnifique mélancolie (You're Not The Only One That I Know)...
... sans oublier le splendide et bien nommé pour finir ce billet, "Here's Where The Story Ends" :
Et même si le parcours des Sundays ne s'est pas arrêté là, puisque ils signèrent encore deux albums d'excellente tenue (Blind - 1992 et Static & Silence - 1997) avant de clore leur carrière pour aller élever leurs enfants, avouons qu'ils ne retrouvèrent jamais vraiment la limpidité et la grâce de cet album quasi parfait.
Une très intime Madeleine de Proust musicale douce à mes oreilles et qui ressuscite cette période de post-adolescence, à la fois floue, fragile et tellement vivace malgré tout.
Tracklist :
1. Skins & Bones
2. Here's Where The Story Ends
3. Can't Be Sure
4. I Won
5. Hideous Towns
6. You're Not The Only One I Know
7. A Certain Someone
8. I Kicked A Boy
9. My Finest Hour
10. Joy
Encore un petit manque de temps cette semaine qui raréfie un peu mes interventions...
Mais l'actualité cinéma joue plutôt en ma faveur, puisque sont sortis récemment deux films que votre serviteur a vus cet été en avant-première et dont je vous avais touchéun rapide mot ici. L'occasion de redire tout le bien que j'en pense, sans me répéter j'espère...
Deux films qui abordent au fond chacun deux éléments fondamentaux de nos vies à tous...
L'amour d'abord avec le deuxième film du québécois Xavier Dolan "Les Amours Imaginaires", qui confirme son jeune talent avec cette chronique des affres de l'amour en forme de (faux) film branché maniéré.
Au final, un vrai petit bonheur de cinéma, et une analyse assez pertinente des illusions amoureuses.
Sur un sujet parcouru de long en large par le cinéma, souvent français et parisien - deux jeunes gens, Marie et Francis, amoureux du même troisième, Nicolas -Dolan règle un réjouissant et ironique ballet des sentiments de ces jeunes gens encore plus amoureux du sentiment amoureux que de l'être aimé.
Air connu : il soigne donc la forme, illustre en vrai styliste pop leurs fantasmes et projections - toute cette cristallisation sur des petits riens, objets, rites, moments où les amoureux se rêvent en néos-James Dean ou Audrey Hepburn - enveloppe le tout d'une bande originale ironique (Bach, The Knife et ... Dalida!), sans oublier ces vrais-faux témoignages d'anonymes (?) québécois dissertant sur leur vie sentimentale, souvent hilarants.
Volontiers poseur et dandy, à l'image de son auteur-acteur, ce film qui a tout pour agaçer et en agaçera de fait certains est tout de même assez irrésistible, car drôle et triste à la fois, et d'une férocité et justesse assez étonnantes pour un si jeune metteur en scène.
Xavier Dolan, tout narcissique tête-à-claques qu'il soit, a réussi un film pop mélancolico-euphorisant.
Peuplé de citations cinéphiles - ralentis Wong Kar-waïens, couleurs Almodovariennes, plans Gus Van Santiens - qui n'empêchent cependant pas cette promenade aux (faux) airs superficiels d'être un film malicieux, finalement personnel, et plus amer qu'il n'y paraît.
Et une mention spéciale à l'épatante Monia Chokri, attachante Marie...
De courts extraits du film:
"Les Amours Imaginaires" (Québec, 2009) Réalisation et scénario : Xavier Dolan. Chef-Opérateur : Stéphanie Weber-Biron. Production : Remstar Media Partners. Distribution : MK2 Diffusion. Durée : 95 mn. Avec : Xavier Dolan (Francis) ; Monia Chokri (Marie) ; Niels Schneider (Nicolas) ; Anne Dorval (la mère de Nicolas) ; Perrette Souplex (la coiffeuse) ; l'invité (Louis Garrel)
... Le travail ensuite, denrée primordiale car fragile, dans une société qui le maltraite de plus en plus.
Sur le sujet, rien ne remplace le regard du documentaire, d'autant que le film Entre nos mains", bénéficie du regard précieux de la documentariste Mariana Otero, auteur entre autres, du magnifique film familial "Histoire d'un secret."
Plantant sa caméra dans une entreprise de lingerie féminine à l'heure de son dépôt de bilan dû au patron indélicat que l'on ne verra jamais à l'écran, c'est grâce à sa patience et sa discrétion que nous assistons aux multiples échanges et questionnements qui secouent les employé(e)s : doivent-ils (elles) soutenir financièrement ce projet de SCOP (Société Coopérative de Production) qui leur permettrait de prendre en main la société, et leur avenir ?
S'immiscant avec complicité dans ce quotidien pétri de doutes, Mariana Otero filme en douceur la progression possible de l'individu isolé, doutant, hésitant, consultant les collègues, se méfiant de leurs délégués, soupesant le pour et le contre ... jusqu'à pourquoi pas, la reprise effective possible de l'entreprise en un collectif durable.
Belle utopie qui rassemble les ouvrières, à l'origine éclatées en clans, beaux portaits de femmes à la spontanéité et au naturel radieux qui figurent parmi les plus beaux moments d'un film toujours digne, car respectant toujours ses intervenants filmés.
Sans trop craindre de rompre le suspense, on peut révéler que, face aux manoeuvres tordues du patron, qui préfère sacrifier la viabilité de sa boîte plutôt que de la voir perdurer sans lui, l'utopie fera long feu...
Dur retour à la réalité, amer et pourtant pas désen-chanté, puisque la réalisatrice a le courage de clore son film sur une séquence douce-amère, dernier élan collectif qui voit ces héroïnes du quotidien sublimer leur déception.
Soudain, c'est le cinéma de Jacques Demy qui fait son irrruption, jolie conclusion d'un film élégamment et éminemment politique, où l'on se plaît à espérer pour nos lendemains à tous, sans angélisme, plus d'élans collectifs qui permettraient à chacun de passer d'instrument anonyme à seul maître de son destin. ... C'est trop demander ?
Vu en avant-première en présence des principales "actrices" de l'histoire, ce filmà voir sans restriction prenait de fait pleinement toute sa dimension sociale et humaine.
Bande-annonce et extrait :
"Entre nos mains" (France, 2010). Documentaire. Réalisation et photographie : Mariana Otero. Musique : Fred Fresson. Producteur : Denis Freyd (Archipel 33). Distribution : Diaphana Distribution. Durée : 90 mn. sorti le 6 octobre2010
Retour au tout début de la décennie 1980, les "early eighties"pour ce "Memory of The 80's" du jour. Où l'on retrouve un joli souvenir, petit vent de fraîcheur pop qui soufflait alors en Grande-Bretagne en 1981.
Avec son mélange pop-new wave ludique sans prétention, et la voix fraîche et acidulée de sa teen-ager de chanteuse, le groupe Altered Images faisait preuve d'une réjouissante insouciance, due certainement à leur jeune âge, insouciance incarnée ici par leur sautillant tube "I Could Be Happy" :
Autour de leur jeune star Clare Grogan (18 ans à l'époque) à la voix de gamine mutine, les Altered Images développèrent une pop juvénile et pétillante, mais d'excellente tenue, sorte d'équivalent teen-ager British de Blondie.
D'efficaces pop songs, résolument énergiques et hédonistes, publiées sur leur premier LP "Happy Birthday", au moment même où sévissaient les nuages gris de la new wave anglaise.
Ce morceau titre est une autre bulle pop, au refrain minimaliste enfantin plutôt simpliste, mais qui devrait vous rester en tête longtemps :
Ce qui n'empêche pas le reste de leur musique, même résolument pop, d'afficher une vitalité et spontanéité effectives encore de nos jours, car bénéficiant d'une vraie orientation rock. Une recette qui semble moins évidente de nos jours, semble-t-il.
Penchez-vous donc ce "Dead Pop Stars" très emblématique, aux guitares tricoteuses et à l'énergie rock presque digne d'un garage band. On pourrait ainsi croire que ce sont les ténébreux corbeaux batcave de Bauhaus qui ont signé les arrangements de ce titre à l'ambiance quasi cold wave...
... et que dire de la prestation vocale de la p'tite Clare, soudain métamorphosée en précoce Siouxsie & The Banshees ? :
Pour aussi sympathique qu'elle soit, l'aventure d'Altered Images ne dura que le temps de trois albums (Happy Birthday - 1981, Pinky Blue - 1982 et Bites - 1983) qui vit Caesar, l'un des musiciens, aller ensuite former le groupe The Wake.
Clare Grogan se maria avec Steve Lironi, autre membre du groupe et reste populaire aujourd'hui en Grande-Bretagne comme comédienne et récemment présentatrice sur la télévision britannique.
À redécouvrir avec curiosité - et indulgence - sur une de leurs nombreuses compilations, par exemple : Reflected Images, The Best of Altered Images.
Un groupe à voir aussi comme la photo musicale d'un courant passager où d'autres éphémères formations (Haircut One Hundred, Missing Persons, Bow Wow Wow, Martha & The Muffins), tentèrent une sorte de troisième voie entre rock pur et pop mainstream, dans cette décennie pas si maudite musicalement qu'on veut bien le penser.
Tracklist :
1. Intro : Happy Birthday
2. Dead Pop Stars
3. Happy Birthday
4. Love & Kisses
5. Real Toys
6. I Could Be Happy
7. See Those Eyes
8. Pinky Blue
9. Forgotten
10. See You Later
11. Don't Talk to Me About Love
12. Bring Me Closer
13. Love To Stay
14. Change Of Heart
15. Thinking About You
16. Happy Birthday
17. Don't Talk To Me About Love
18. Love To Stay
19. Bring Me Closer
20. Last Goodbye
21. Outro : Happy Birthday
La simplicité en art étant finalement plus difficile à atteindre qu'on ne le pense et donc peu courante, je salue d'autant plus, à travers cette petite séance de rattrapage DVD, l'un des plus beaux filmsréalisés ces dernières années, "Still Walking" du subtil réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda.
Chaque été à Yokohama, une famille se réunit pour fêter le souvenir d'un événement important. Dans la maison, la mère (Toshiko) et la fille préparent le repas en plaisantant alors que le père, ancien médecin entouré de ses petits-enfants, ronchonne.
Le fils (Ryota) et sa nouvelle femme arrivent, manifestement peu enthousiastes. Tous attendent un invité particulier.
Rien de plus revivifiant, chaleureux et universel que ce film pourtant si japonais qui confirme tout le talent de chroniqueur impressionniste du sensible Hirokazu Kore-Eda, auteur du mémorable "Nobody Knows" (2004), touchant film sur de jeunes enfants livrés à eux-mêmes après le départ de leur mère.
Mélange d'observation, de relative cruauté et de tendresse, "Still Walking" porte un regard perpétuellement juste et affûté sur la cellule familiale,sujet inépuisable s'il en est.
Dévoilé discrètement en cours de film, l'identité du fameux tiers - ancien enfant sauvé de la noyade par l'autre fils de la famille, disparu à cause de lui - éclairera d'un jour nouveau, plus douloureux, ce qu'auparavant on pouvait prendre pour une modeste chronique familiale.
Tout l'art de Kore-Eda est justement dévoluer sur le fil, en équilibre délicat entre quotidienneté et tragique.
L'ombre du fils/du frère disparu plane sur tous, faisant renaître autant de regrets, de ressentiments, de petites douleurs jamais guéries.
Une journée d'été ensoleillée où rien n'a l'air grave, mais où tout se joue sous l'apparente décontraction : la culpabilité des survivants, un père qui a du mal à accepter les choix de vie de son fils (excellent Hiroshi Abe dans la peau de Ryota), une mère consciente de "torturer" le maladroit survivant car à jamais inconsolable, le temps qui passe et éloigne les générations...
En peintre subtil des sentiments, Kore-Eda brosse un tableau émouvant des relations parents-enfants, entre amour et déception, attachements profonds et besoin d'émancipation.
Comme la mélodie discrète mais tenace évoquée dans l'histoire, ce film attachant et jamais cérémonieux car souvent drôle et plein d'humour, entonne une musique d'une justesse universelle où chaque spectateur ne pourra qu'y retrouver certaines similitudes troublantes avec sa propre tribu, comme s'il était un membre caché de cette famille de Yokohama.
Une oeuvre qui s'inscrit dans la pure tradition du cinéma japonais à la Ozu, mais en plus attachant, ou plus vibrant, et qui rappelle la justesse et la douceur des mangas du grand dessinateur Jirô Taniguchi.
Sans aucune démonstration ou tour de force spectaculaire, ce film humaniste doux-amer touche au coeur.
C'est la vie comme elle va, mais comme illuminée par la subtilité de touche d'un vrai artiste.
Décupler la vie et en révéler toutes les beautés et fragilités, c'est bien là le signe d'une réelle oeuvre d'art.
"Still Walking" (Japon, 2009). Réalisationet scénario : Hirokazu Kore-Eda. Chef-opérateur : Yutaka Yamazaki.Musique : Gontiti. Production : Cine Qua Non Films. Distribution : Pyramide Films.Durée : 115 mn.
AvecHiroshi Abe(Ryota) ; Yoshio Harada(Kyohei, le père) ; Kirin Kiki(Toshiko, la mère) ; Yui Natsukawa(Yukari, la femme de Ryota) ; You (Chinami, la soeur de Ryota).
Malgré un petit manque de temps ces jours-ci, retour aux p'tites chroniques...
Celle-ci pourrait très bien être sous-titrée "le réveil du distrait", car pour les auteurs des deux premiers disques évoqués, j'avoue n'avoir que très vaguement identifié leur nom et leur musique ces dernières années.
Il aura fallu la sortie de leurs nouveaux albums respectifs pour que j'écoute réellement leur production. Ce qui, dans le cas de Deerhunter, prouve que Pitchfork et moi, ça fait vraiment deux, puisqu'il paraît que la bible du rock indé U.S. fait une légère fixation sur ce groupe venu d'Atlanta.
Et j'aurai eu tort, car il m'a suffi l'écoute d'un seul titre, "Desire Lines" - rock séminal de plus de six minutes, croisement de Pavement qui ferait du Swell avec The Mabuses - pour aller parcourir Halcyon Digest, le 4ème albumde la formation du très tourmenté Bradford Cox.
Deerhunter s'inscrit en terrain familier, en digne continuateur des rêveries noisy à l'atmosphère brumeuse de ses aînés shoegaze (Jesus and Mary Chain, Sonic Youth) et expérimentations psyché à la Spiritualized, parfait exutoire sonore aux angoisses de leur fragile leader.
Signant au passage une des perles de l'année, l'irrésistible "Helicopter" aux arrangements "aquatico-noisy baroques" et au refrain plaintif addictif, Deerhunter aurait mis de l'eau dans sa noisy rock en l'allongeant avec plus de pop...
Avouons que cela ne me déplaît pas, l'album ayant un côté patchwork disparate maisaccessible ayant la particularité de proposer des climats variés : pop (Memory Boy), pur hommage "jesusandmarychainsien" (Fountain Stairs), ambient (Earthquake, très atmosphérique titre d'ouverture), et titres plus inégaux (Basement Scene ou le trop? calme Sailing).
Un condensé en tout cas représentatif de la maîtrise sonique d'un groupe s'inscrivant dans un courant déjà bien balisé du rock indé, mais au potentiel assez fort pour inventer ses propres repères.
"No one cares for me..."(personne ne s'occupe de moi) chante Bradford Cox dans Helicopter. Pas tout à fait vrai, et ça devrait vite changer.
Un peu le même topo concernant les Blonde Redhead : longtemps mal identifiés, voilà que je les écoute avec leur nouvel opus, au moment où le trio new yorkais, (la chanteuse Kazu Makino et les frères Amedeo & SimonePace) semble mettre la pédale douce sur leur noisy rock expérimental sous influence de Sonic Youth, avec lesquels ils ont débuté.
Hanté par la voix claire et éthérée de la petite Kazu, Penny Sparkle est une plongée en apesanteur dans une électro pop atmosphérique intimiste, voyage immobile aux accents mélancoliques et volontiers neurasthéniques. Moins dérangé que Deerhunter, c'est sûr.
Une pop à la production (trop?) travaillée où se reconnaît, sur Here Sometimes ouOslo, la patte synthétique d'Alan Moulder (Depeche Mode, Smashing Pumpkins), ci-devant remixer de l'album. Étonnant de la part d'un groupe dont la récente prestation live très intense sur France-Inter ne laissait pas présager un disque si recueilli.
Une atmosphère qui ne manque pas d'attrait et un climat indéniable, même si cela peut manquer peut-être de relief et d'aspérités au risque de lasser un peu sur la longueur.
Car finalement, les titres les moins pop s'avèrent plus attachants, tous ceux de la seconde partie en fait, au climat plus dramatique (Penny Sparkle, Spain ou Black Guitar, le plus beau titre de l'album, troublant duo Kazu-Amadeo).
Avec en ligne de mire les climats hypnotiques des musiques d'Angelo Badalamenti pour David Lynch, Blonde Redhead touche souvent (mais pas toujours) de la même façon que les vocalises évanescentes d'une Julee Cruise pour ce dernier ou les langueurs mystérieuses d'une Hope Sandoval.
Voilà du coup un album à ressortir et à explorer plus longuement cet hiver, propice à la rêverie et au cocooning introspectif.
Blonde Redhead. "Penny Sparkle" (4AD) ♥♥♥ sorti le 13 septembre en écoute sur Spotify
Quant au dernier choix de cette petite sélection du moment, rien à voir avec un groupe que j'aurais longtemps ignoré et découvert sur le tard, c'est même le contraire : une petite nouvelle toute fraîche, la jeune californienneCameron Mesirow qui débarque avec Ring.
Un premier album qu'on pourrait aisément ranger, entre les School of The Seven Bells ou la hype passagère d'une Florence And The Machine, dans le créneau "dream pop féminine baroque", un genre plutôt encombré ces derniers temps.
Basé sur sa voix claire dédoublée en choeurs entêtants et des rythmes et percussions d'inspiration tribales, son univers électro-planant d'évidente ascendance Björkienne évoque surtout Natasha Kan de Bat For Lashes, sans le décorum hippie chic et les affèteries vocales assez agaçantes de cette dernière.
L'atout de Glasser est surtout la clarté et la luminosité de sa production - comme son nom l'indique - soignée sans être envahissante, qui rappelle un peu le groupe norvégien Bel Canto. L'atmosphère cristalline constamment cohérente de sa musique ne révolutionnera certes pas la pop, mais charme de fait les oreilles et l'esprit sans assommer de prétention. Juste un peu trop de "ouaou ouaou" répétitifs sur la fin, quand même. Un disque à l'aspect assez bonbon à la menthe. Comme ce dernier, l'effet se dissipera bien à un moment - qui va vite arriver - mais vous aura cependant agréablement rafraichi un certain temps. Parfois, on (je) ne demande pas plus...