vendredi 9 avril 2010

LIVRES. Les Beatles de l'écriture, épisode 2


Suite de ma petite rubrique incongrue : "Et si les Beatles avaient leur équivalent dans la littérature britannique contemporaine ?"

Après le distingué Julian Barnes comme équivalent potentiel de Paul McCartney, voici maintenant venir "l'enfant terrible des lettres anglaises" : Martin Amis, dans le (presque) rôle de John Lennon.


Un auteur à l’attitude très rock-star, avec ses mauvaises manières et sa morgue arrogante, mais au talent cinglant, fin analyste d'une Angleterre moderne impitoyable.

Une figure d'écrivain satirique et un vrai styliste dont les premiers livres relevaient de l'anticipation sociale ("London Fields", "La Flèche du Temps"), qui se cache derrière son cynisme, comme jadis John, l'auteur des classiques "Help", "Come Together" ou "Across The Universe".

Un écrivain ressemblant dans la forme à son modèle, mais bien éloigné dans le fond : à l'inverse de John Lennon, chantre du pacifisme et libertaire hippie, Martin Amis est un parfait conservateur, parfois réactionnaire, aux propos souvent provocateurs (récemment sur les musulmans et les Islamistes dans son dernier livre "Le Deuxième Avion").

L'homme est un pessimiste profond, sujet régulier à des addictions multiples - l'alcool surtout - "people-isées" en Grande-Bretagne, mais l'auteur est un observateur sans pitié de la nature humaine et ses bassesses.

En témoigne "L'Information", satire au vitriol de la société britannique, récit de la rivalité de deux écrivains, l'un génial mais sans succès, condamné à suivre l'ascension de son meilleur ami/ennemi, auteur de best-sellers faciles, le tout sur un mode cruel et humoristique.

Un écho peut-être de la profonde mésentente qui éclata entre Julian Barnes/McCartney et Martin Amis/Lennon, grands amis à leurs débuts, désormais sévèrement fâchés ? Mystère...

En tout cas, une coïncidence troublante avec leurs illustres modèles "Beatlesiens".

Pour finir, je vous recommande la lecture d'"Expérience", un passionnant livre autobiographique paru en 2003.

Une oeuvre assez différente, au ton moins satirique et cynique qu'à l'accoutumée.
Explorant ses rapports avec son écrivain de père, Kingsley Amis dit "Le King", et son histoire familiale chaotique - dont la figure douloureuse d'une cousine assassinée - l'ouvrage y révèle un homme plus touchant, plus émouvant, en proie aux épreuves du souvenir, du deuil et de l'héritage familial.

Un livre idéal pour aborder au mieux cet écrivain ambigü, parfois contestable, mais d'une lecture vivifiante, comme les immortelles chansons de Lennon, l'ex-Beatles assassiné il y a déjà trente ans...

"L'Information" et "Expérience" de Martin Amis, disponibles tous deux en poche chez folio Gallimard.

L'Information : folio n° 3129, 688 pages, 9,70 €. Expérience : folio n° 4162, 592 pages, 9,70 €.

Bientôt, l'épisode 3 : qui donc va endosser le costume du discret George Harrison ?

mardi 6 avril 2010

CINÉMA. Afrique, ma douleur : White Material de Claire Denis

Rencontre de "trois femmes puissantes" au générique du film "White Material" : Isabelle Huppert sur l'écran, Marie Ndiaye prix Goncourt 2009 au scénario, et la cinéaste Claire Denis derrière la caméra. Trois femmes de caractère pour une immersion sans concession dans le chaos d'une Afrique intemporelle plongée dans la guerre civile.

On y suit les efforts de Marie (Isabelle Huppert) déterminée, envers et contre tout, à conserver sa plantation de café. On croise aussi sur son chemin son ex-mari hagard (le revenant Christophe Lambert), son fils déconnecté de la réalité (Nicolas Duvauchelle), "le boxeur", un chef rebelle blessé (Isaac de Bankolé), le grand-père cloîtré (Michel Subor), autant de personnages assez fantômatiques, au milieu d'Africains luttant pour leur survie.
Claire Denis (Chocolat, Beau Travail, 35 Rhums) - qui connaît bien le continent africain car elle a grandi au Cameroun - est adepte d'un cinéma physique, libéré de toute convention scénaristique, de dramaturgie conventionnelle, encore moins de toute psychologie. Sa caméra nous embarque aux côtés de Marie, qui s'agite au milieu de l'apathie générale, suivant au plus près ses déambulations quotidiennes.

D'où vient pour le spectateur le sentiment de rester extérieur à cette dérive longuette ? La chaleur de l'Afrique y est pourtant bien captée, ainsi que le sentiment de confusion et de perte de repères. Mais avouons qu'on se fatigue vite de suivre ces personnages énigmatiques, mûrés en eux-mêmes. On ose même avancer qu'Isabelle Huppert, ici, n'est pas toujours convaincante. Ou disons qu'on s'est lassé de la voir incarner un des ces énièmes personnages obsessionnels dont elle s'est trop fait la spécialité...

Même le basculement vers la sauvagerie et la violence (une des obsessions de Claire Denis) ne provoque pas le vertige qu'on aurait pu attendre : le fils perd rapidement la boule, jusqu'à se raser ... la boule... à zéro ! Un clin d'oeil à la prestation anthologique de Marlon Brando au crâne rasé dans Apocalypse Now ? Si oui, une référence écrasante et guère en faveur d'un film plutôt autiste qu'on regarde lointainement, comme vu derrière une vitre.
Les dommages collératéraux d'une démarche d'auteur respectable, mais il est vrai qu'on aurait aimé moins de pose et plus de souffle, plus de passion. Plus de vie tout simplement...

"White Material" (France, 2010). Réalisation : Claire Denis. Scénario : Claire Denis et Marie N'Diaye. Chef-Opérateur : Yves Cape. Musique : Stuart Staples (The Tindersticks). Production : Why Not Productions. Durée : 100 mn.
Avec Isabelle Huppert, Christophe Lambert, Nicolas Duvauchelle, William Nadylam, Isaac de Bankolé. Sorti depuis le 24 mars 2010.

La bande-annonce du film :

samedi 3 avril 2010

MUSIQUE. La vie en rose. Alain Chamfort, Broken Bells, Goldfrapp, French Cowboy

Petite sélection musicale de nouveautés dont le seul dénominateur commun est la couleur rose qui figure sur la pochette de chacun des albums ! Pas une volonté de ma part, mais le hasard le plus complet...

On commence en chanson avec "La vie Saint-Laurent", le dernier opus d'Alain Chamfort, album-concept retraçant la vie et la carrière du couturier Yves Saint-Laurent. Une sorte de biopic musical taillé sur mesure (je sais, elle est facile...)
On y retrouve tout l'art de mélodiste habituel de Chamfort dans un écrin sonore remarquablement soigné, aux textures musicales différentes selon les époques évoquées, accompagné d'un livre-album. Noble démarche et bel objet...

Mais j'avoue ne pas être entièrement convaincu par le projet. La faute au côté linéaire trop appliqué du projet, collé à la vie de Saint-Laurent. Et surtout aux textes assez peu inspirés, plutôt souvent maladroits.
L'ensemble est à la fois séduisant et bien trop sage. À l'image d'Alain Chamfort lui-même, musicien irréprochable mais souvent trop corseté (oui, facile encore...)

Alain Chamfort. "La Vie Saint-Laurent" (Tessland/pierre&eau) en écoute sur Deezer

"À la droite de Dior", le premier extrait :


Deuxième album en rose : "Broken Bells", nouveau projet musical du musicien hyper-actif Brian Burton alias Danger Mouse, l'âme de Gnals Barkley (le tube Crazy) associé ici au chanteur James Mercer du groupe The Shins.
Une sorte de super-groupe donc, concept souvent effrayant sur le papier. Mais ici, l'alchimie est probante dès le premier titre The High Road.

Un album à la fois pointu et référencé (soul années 60, production électro, hip-hop, B.O. de film) mais immédiatement accessible à tous. Un grand écart réussi entre son de super-pros et efficacité pop grand public (le tubesque The Ghost Inside).

Manque peut-être un grain de folie, mais voilà un disque assurément cohérent du début à la fin, hautement habité par la voix chaude de James Mercer et musicalement très haut de gamme.

Broken Bells. "Broken Bells" (Columbia) ♥♥♥ en écoute sur Deezer

The Ghost Inside et Mongrel Heart en écoute sur la Playlist printemps-été

La vidéo du single "The High Road" :


Grosse déception par contre pour "Head First", la dernière livraison du groupe Goldfrapp, composé de Will Gregory, musicien tête-pensante & Alison Goldfrapp, chanteuse autrefois envoûtante.

Jadis auteur de merveilles pop, en l'occurrence le fascinant "Felt Mountain" (2000) et le vaporeux "Seventh Tree" (2008), le duo se lance sans vergogne à l'assaut des charts commerciaux et des dance-floors avec un disque hyper-formaté, au son néo-disco assez assommant, sans aucune fantaisie ni originalité.

Rien ne dépasse de ces neuf morceaux sans aspérités qui semblent vouloir empiéter sur le territoire de Madonna. Ambitions bien revues à la baisse, donc pour un duo jouant ici les mercenaires et qui perd son âme en chemin.
Une démarche musicalement sans aucun intérêt. Passez votre route sans regret...

Goldfrap. "Head First" (Mute Records) Je vous épargne le clip, encore plus nul que la musique.

Dernier album de cette mini-sélection, celui-ci était l'outsider français de ma petite sélection : "(Isn't my bedroom) A Masterpiece" des French Cowboy.
La couronne (rose) sur la pochette appartient à Federico Pellegrini, créateur du groupe Little Rabbits, parfois complice des folies de Katerine en scène. Ici, c'est son dernier projet en date, "French Cowboy."

Un disque très anglophile, référencé et éclectique (rock garage, new wave, folk ombrageux) mais d'une dimension à la fois sérieuse et ludique.
Un disque de chambre (le "My Bedroom" du titre n'est pas là pour rien) comme un album-portrait de son auteur, miroir de ses influences multiples.
Comme toutes les chambres, c'est parfois un foutoir, disons le mot, mais un plutôt beau foutoir, inspiré quoique inégal, sombre et lumineux à la fois. Plaira surtout aux amateurs de pop torturée.

French Cowboy. "(Isn't My Bedroom) A Masterpiece" (Havalina Records) en écoute sur Deezer



Une sélection rose pâle, donc : deux disques - surtout l'un, devinez lequel - fort recommandables pour deux autres, décevants.

À vous de les écouter maintenant en cliquant sur les liens, et de vous forger vos avis...

vendredi 2 avril 2010

RADIO. Blanche est la nuit

La nuit à la radio est propice aux confidences et au dévoilement intime. Caroline Dublanche le sait bien, elle qui anime tous les soirs de 23h à 1h du matin une libre antenne ouverte à tous, sur l'antenne d'Europe 1.

Pas forcément ma radio préférée à l'origine, je vous l'avoue - vu la vocation commerciale de cette station périphérique - mais ayant atterri par hasard sur cet espace d'échanges confidentiels, je suis tombé sous le charme de ce rendez-vous feutré et la qualité d'écoute dont fait preuve Caroline Dublanche, psychologue de formation et animatrice attachante.
Une émission, de plus, quasi exempte de publicité à cette heure tardive.

À l'instar de ses consoeurs passées Ménie Grégoire ou Macha Béranger, mais de façon plus proche, elle écoute, guide et conseille en douceur ses auditeurs et fait preuve d'une empathie et d'une clairvoyance rassurantes.
Pourtant, on entend de tout chez elle, et parfois des plus graves maux dont souffre notre société impitoyable : isolement, séparation, esseulement affectif, dépendances de toute sorte, maladie, deuil...

Non, ne partez pas ! Si le tableau semble bien noir, Caroline Dublanche l'allège tout au long de ces douces soirées par sa totale humanité, sa disponibilité et cette légereté dispensée par sa voix gracile, chantante et musicale.

Chaque soir, il retrouvera une petite communauté de fidèles qui utilisent au mieux l'interaction de l'émission : mails, SMS, appels téléphoniques, un rendez-vous très fréquenté...
Le Subversif, Petite Plume, Le Valet de Coeur, et Georges dit le râleur : voici quelques-uns des habitués intervenant régulièrement chaque soir, composant une vraie petite famille chaleureuse et souvent de bon conseil.
Et entendre Caroline partir dans un de ces fous rires dont elle a le secret est un des plaisirs de l'auditeur qui veillera tard pour l'écouter. Ou bien désannoncer les disques en anglais, langue qu'elle maîtrise mal, en riant d'elle-même...

Et puis, une femme qui aime autant Françoise Hardy et Benjamin Biolay - si cela ne dépendait que d'elle, on les entendrait tous les soirs - est décidément une femme de goût !
Pour finir, je vous engage tous à prêter l'oreille un soir, cette émission a le don d'adoucir les inquiétudes qui parfois surviennent à la tombée du soir. Douces nuits à tous ...

jeudi 1 avril 2010

FESTIVAL. Francofolies ou Francos finies ?

Je vous le dis tout de go : au fur et à mesure des années, la programmation des Francofolies de La Rochelle me parle de moins en moins...

Est-ce un effet prématuré du grand âge qui s'avance ? (très très prématuré, alors !) Ou le paysage de la chanson française qui s'étiole de plus en plus ?
Ou plus simplement le fait, qu'habitant dans la région même où se tient chaque année l'évènement, il fait désormais partie du paysage comme une chose établie, donc moins excitante...


Pourtant, on en a des souvenirs aux Francos : par exemple, ce concert de Lavilliers à St-Jean d'Acre, qu'on pouvait voir gratuitement la 1ère ou 2ème année, parce que les programmateurs n'avaient pas songé à en occulter l'accès visuel en face de l'autre côté du port ! Chose vite impossible dans les éditions suivantes...

D'autres souvenirs de concerts au hasard : une prestation rageuse de Dominique A en 1ère partie d'une Brigitte Fontaine fantasque à souhait en un mois de juillet caniculaire ; Véronique Sanson et son grand orchestre symphonique, ballottée et trempée sous une pluie torrentielle ; une mer de costumes blancs saluant les 80 ans d'un Salvador fiérot, mais finalement ému ; un Rachid Taha destroy et envapé, plombé par une météo venteuse et glaciale, mais sauvé par ses musiciens ; un concert explosif jusqu'au bout de la nuit d'un "M" bonne période et en grande forme.








Et aussi, les concerts que l'on a ratés : celui de Gainsbourg en 1989, deux ans avant que notre aquoiboniste national ne s'éteigne ; idem pour Bashung en 2008 (là, je m'en veux de ne pas l'avoir salué, l'Alsacien).

Mes meilleurs souvenirs ? Deux concerts mémorables de Christophe au Grand Théâtre, surtout le premier, en 2002, moment d'esthétisme et d'émotion inoubliable...

Et ces foules de gens attablés au terrasses des cafés du port jusqu'à pas d'heure dans la nuit, cette ambiance survoltée, entre kermesse populaire et Fête de la Bière à Munich ! L'été, quoi !

Bon, à bien y regarder, il y a peut-être des choses à glaner dans cette édition 2010 qui se tiendra du 13 au 17 juillet prochain, même si j'y regrette, par exemple, l'absence de Benjamin Biolay. Dernière minute : Jacques Higelin sera présent le 13 juillet le même soir que Jacques Dutronc !

Côté têtes d'affiche, en vrac : Alain Souchon le 15, Mathieu "M" Chédid le 14, Vanessa Paradis en acoustique le 14 (concert déjà complet !) ou encore Miossec le 17.
Et voilà une soirée qui a l'air plutôt prometteuse : le vendredi 16 juillet à St-Jean d'Acre, un plateau pop-rock assez pointu réunissant Dominique A (hé oui, encore lui), Charlotte Gainsbourg, et le seul groupe pop-rock français vraiment "successfull" aux U.S.A. : Phoenix.












Allez, je réfléchis bien : après coup, on m'y verra peut-être au moins une fois cette année aux Francos. Quoique les tarifs, prohibitifs sur les concerts en extérieur, ont de quoi refroidir un brin les ardeurs. À voir, donc...

Et vous, comment ressentez-vous l'évolution des Francofolies ? Et le programme de cette année consultable avec le lien officiel que voici ? Projetez-vous d'y voir des concerts ? Ou bien resterez-vous chez vous à bouder la fête ?
C'est à vous de parler...

LIVRES. Les Beatles de l'écriture, épisode 1

Parmi tous les trésors du patrimoine national de la Grande-Bretagne, outre la marmelade à l'orange, Big Ben, le thé Earl Grey et les bijoux de la Couronne, il est un autre joyau dont les anglais peuvent à juste titre être fiers…

Oui, Mesdames et Messieurs, l'Angleterre est le pays qui a donné naissance aux Beatles !

Référence absolue de la pop-music, le célébrissime groupe n'en finit pas depuis quarante-huit ans de fasciner le monde entier, sorte d'Himalaya musical indépassable, aux mélodies admirables et à la production inventive et révolutionnaire qui a fait de ses quatre membres (John, Paul, George et Ringo, cela va sans dire), des légendes à juste titre idolâtrées.

Mais il est un autre quatuor anglais, littéraire celui-là, que l'on pourrait comparer aux Fab Four et qui font montre d'un talent tout aussi étonnant (ou presque).

Quatre écrivains contemporains brillants et reconnus, dont les personnalités ont de curieuses similitudes avec celles de nos ex-garçons dans le vent.
Surtout, quand, à l'instar de nos héros pop, ils se connaissent très bien et se sont même sérieusement brouillés, pour certains d'entre eux... Curieux, non ?


Premier d'entre eux : Julian Barnes, écrivain très gentleman, aux bonnes manières et à la bonne éducation. Un auteur au talent séduisant, cultivé, un amoureux fou de la culture française - il a consacré un livre entier à Flaubert, "Le Perroquet de Flaubert".

Il partage avec Paul McCartney un style classique rassurant et un don de séduction immédiate, ainsi que les mélodies imparables écrites par le célèbre ex-bassiste des Beatles (And I Love Her, Let It Be, Penny Lane, Yesterday, et tant d'autres).

Parmi sa production, "Love Etc", "England, England" et "Rien à craindre" témoignent de son univers chaleureux, avec ses intrigues sentimentales touchantes, à l'auto-ironie brillante et aux personnages excentriques "typically British".
Un petit Mozart de la plume, comme Sir Paul l'est pour la musique.

Je vous recommande particulièrement son avant-dernier livre, paru en 2007, d'un style légèrement différent, proche du policier :
"Arthur & George", qui met en scène l'auteur de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle.

Le récit véridique de George Edalji, jeune avoué d'origine indienne, condamné pour le meurtre d'un cheval puis relâché sans avoir été innocenté.
Envers et contre tous, Conan Doyle, un des hommes les plus célèbres de son temps, va défendre sa cause, en menant une enquête digne de son héros et prouver son innocence.

Un roman-réquisitoire édifiant contre l'Angleterre bien-pensante victorienne, d'une écriture constamment savoureuse.

"Arthur & George" de Julian Barnes, disponible en poche chez folio Gallimard.

Arthur & George : folio n° 4793, 608 pages, 8, 70 €.

dans l'épisode 2 : mais qui va donc incarner John Lennon ? Suspense ...

mercredi 31 mars 2010

DVD-TV. Mon ami Miyazaki

Allez, séance imposée de rattrapage DVD pour ceux qui auraient raté "Ponyo sur la falaise", le dernier Hayao Miyazaki sorti en salles en avril de l'année dernière !

"Dieu vivant au Japon", et sans nul doute le plus grand réalisateur de films d'animation vivant au monde (avec son ami Isao Takahata), ce créateur de génie construit, de film en film, une oeuvre d'une imagination et d'une liberté rares.

Maître de l'émerveillement et des fables transgressives, tout chez lui est susceptible de métamorphoses : les êtres comme les choses, et on y croise des jeunes filles qui vieillissent en un éclair (Le Château ambulant), des aviateurs romantiques à tête de cochon (Porco Rosso), ou des princesses guerrières écolos (Princesse Mononoke). Au spectateur de s'y retrouver...

Fasciné par les machines aériennes, la nature et les héroïnes féminines à fort caractère, il n'enchante pas que le jeune public...
Même si "Ponyo" est son film le plus clairement destiné aux plus petits (vers 5/6 ans), ne le boudez pas pour autant : cette version modernisée et enfantine de La Petite Sirène est d'abord un enchantement pour la beauté de ses couleurs et la fraîcheur de ses jeunes héros.

Ponyo, petite fille-poisson d'un enchanteur sous-marin, irrésistiblement attirée par la surface, croise la route de Sosuke, petit garçon de 5 ans vivant avec sa mère dans une maison au bord d'une falaise, et va tout faire pour rester avec lui, quitte à devoir devenir humaine...

Un festival de couleurs pures, et une apologie de la beauté de la nature qui culmine dans une scène de tempête marine quasi wagnérienne. Assez magique ! Il est vrai que l'ensemble n'atteint toutefois pas le niveau de ses classiques que sont "Le Voyage de Chihiro" ou "Mon Voisin Totoro."


Mais, - et qu'elle en soit remerciée - la chaîne arte dont le site est ici-même propose à partir du lundi 5 avril un cycle de 6 films, parmi les plus beaux, qui culminera le jeudi 8 à 22 h, avec un documentaire exceptionnel consacré à Miyazaki et à ses célèbres Studios Ghibli.

À voir absolument : "Le Voyage de Chihiro", diffusé dès le lundi 5. Son chef-d'oeuvre absolu, son Alice aux Pays des Merveilles à lui, merveilleux conte initiatique inquiétant, surprenant, entre féerie et cauchemar, fulgurant de poésie et d'inattendu.
Quoi de mieux pour s'immerger en beauté dans le monde si peu cartésien d'un si fascinant magicien ?
Cycle Miyazaki en avril sur arte les lundi et jeudi à 20h35 :
Le Voyage de Chihiro : lundi 5 ; Mon Voisin Totoro : jeudi 8. Le Château Ambulant : lundi 12 ; Nausicaa de la Vallée du Vent : jeudi 15. Princesse Mononoke : lundi 19 ; Le Château dans le Ciel : jeudi 22.
La bande-annonce de "Ponyo sur la falaise" :