samedi 12 février 2011

CINÉMA. "Black Swan" de Darren Aronofsky

Impossible de l'ignorer cette semaine : l'évènement cinéma annoncé, à grand renfort d'affiches étalées partout et d'articles, c'était la sortie de "Black Swan" le nouveau film de l'auteur de "Requiem For A Dream" avec un Oscar normalement prévu à la clef pour son actrice-vedette Natalie Portman.

Et l'on se réjouissait de voir l'inégal, mais doué Darren Aronofsky concrétiser un de ses vieux projets grâce au succès du pourtant décevant "The Wrestler", en confiant par la même occasion un rôle porteur à Natalie Portman.

"Black Swan" c'est d'abord l'histoire d'une ballerine trop parfaite déterminée à obtenir le rôle-titre du Lac des Cygnes, obligée affronter des rivales, et qui semble se perdre elle-même dans cette confrontation.
"Black Swan" c'est aussi une fable métaphorique, qui revisite les figures du conte à l'ancienne, en pervertissant les figures et en exacerbant la sexualité omniprésente.

"Black Swan" c'est surtout le cas d'un metteur en scène formaliste qui n'a peur de rien et revisite sans complexe les figures du thriller mental paranoïaque.

À ce jeu-là sa mise en scène fiévreuse, avec caméra à l'épaule qui suit sans relâche sa fragile ballerine, pose un cadre de cinéma parfaitement oppressant et anxiogène (photo nocturne, ambiance grise) développant un climat mortifère où se développent les cauchemardesques visions de la danseuse.

Jouant à fond la carte du film horrifique, Aronofsky enserre à chaque scène un peu plus la fragile Nina/Natalie infantilisée et trop "couvée" par sa mère dont le destin se confond avec celui de son rôle, "cygne blanc" forcé à affronter, voire devenir son "cygne noir" dans la logique du ballet de Tchaïkovski.

Mais en fait, "Black Swan" est un curieux cas de film d'une efficacité redoutable quoique prévisible, flirtant volontairement, on espère avec l'éxagération. À la fois spectaculaire ET grotesque, impressionnant ET grand-guignolesque.

Carburant surtout à l'énergie, Aronosfky brosse de très simplistes seconds rôles (Vincent Cassel le maître de ballet tyrannique, lourd comme souvent, Mila Kunis la rivale sexy, Winona Ryder la danseuse déchue), surligne trop lourdement la lecture sexuelle des blocages de Nina (mère surprotectrice, dégoût de la sensualité) et ne se refuse aucun effet voyant digne d'une série B (sang, hallucinations, mutations du corps).
Pas vraiment subtil, le Darren...

Avec son goût du baroque, voire du kitsch et de l'excessif, "Black Swan" s'aliénera une partie du public que rebuteront ses excès.

Mais ce qui le rend presque attachant en dépit de ses gros défauts, c'est la foi dans le cinéma qui semble animer son auteur, à son apogée dans le dernier et assez puissant tiers du récit où la machine paranoïaque s'emballe, conclu par un final grandiloquent mais logiquement tragique. Une fin de cinéma qui donne son sens à cette réflexion sur ce qu'un artiste peut sacrifier à son art...

Quant à Natalie Portman, à l'impeccable port de tête - et de TOUS les plans - l'osmose a dû être profonde entre le réalisateur et sa comédienne. Car on a rarement vu synergie si intense entre un film et une actrice, où l'on ne sait si c'est l'actrice qui nourrit le film ou le film lui-même qui l'emporte dans son énergie. Une performance surtout physique, son jeu étant à l'image du film, plus puissante que subtile, toute en force.

Mais au final ce qui peut sauver le film en-dehors de son thème, c'est la foultitude des références cinéma identifiables auxquelles il renvoie. Manière de dire poliment qu'il recycle énormément d'éléments déjà vus ailleurs, mais leur richesse en fait justement l'intérêt.

Petit jeu :
L'univers des ballets et le style thriller baroque : "Les Chaussons Rouges" de Michael Powell et le cinéma de Dario Argento, "Suspiria" au hasard.
La symbolique sexuelle et la mère castratrice : "Marnie" d'Hitchock et "Carrie" de De Palma.
La névrose paranoïaque et la perte d'identité : "Répulsion" de Polanski et "Possession" de Zulawski.
Les mutations du corps et la schizophrénie : tout Cronenberg et Lynch...





















Références non exhaustives qu'on résumera pourtant en une seule...
Car "Black Swan" est surtout le quasi jumeau d'un autre film, plus convaincant, sur le double et l'identité, la réalité et la folie : "Perfect Blue" le splendide thriller d'animation du regretté Satoshi Kon où une jeune chanteuse japonaise affrontait son double schizophrénique déjà évoqué ici.
Les connaisseurs des deux films apprécieront ce parallèle troublant*... mais finalement logique qu'un film sur la dualité en renvoie à un autre, voire des Autres, non ?

* on lira l'excellent article qui met en évidence les 2 films sur distorsion.fr

Pour savoir si le sortilège de "Black Swan" opère ou non sur vous : vérifiez donc par vous-même dans les salles obscures. Et on en reparle après.

"Black Swan" (U.S.A.). Réalisation : Darren Aronosfsky. Scénario : Mark Heyman, Andres Heinz, John McLaughlin. Chef-Opérateur : Matthew Libatique. Musique : Clint Mansell. Production : Twentieth Century Fox. Durée : 110 mn.

Avec : Natalie Portman (Nina), Vincent Cassel (Thomas Leroy), Winona Ryder (Beth McIntyre), Mila Kunis (Lilly), Barbara Hershey (Érica, la mère).

interview de Natalie Portman chez Les Inrocks et critique sur distorsion.fr

chroniques sur De L'Autre Côté..., Silence Action!, Ma mère était hipster et Dr FrankNfurter, Tasca Potosina et Hop Blog

vendredi 11 février 2011

LADIES'S SONGS. Marianne Faithfull, Julia Stone, Karen Elson

Une petite sélection musicale, exercice que j'avais un peu abandonné ces temps-ci, pour un rapide tour d'horizon musical de quelques artistes féminines, parfois piochée dans l'actualité, parfois non ... alors que se profile à l'horizon le nouveau PJ Harvey...

Celle qui fut l'égérie stonienne des 60's, la Sister Morphine des 70's et depuis icône indiscutable du rock, Dame Marianne Faithfull continue, toute légende vivante qu'elle soit, à publier fort régulièrement des albums.

Mais qui peut prendre plaisir à écouter ses disques récents qui peinent à renouer avec la magie de ses "Broken English" ou "Strange Weather" de la grande époque ? Et ce n'est pas son cru 2011, "Horses and High Heels", disque peu inspiré au bluesy-rock pataud et aux accents stoniens paresseux, qui va répondre à la question.

Réussissant même à banaliser sa voix inimitable, ce disque ennuyeux et vieillot, entre nouveaux titres laborieux (que fait ici Laurent Voulzy ?) et reprises sans saveurs dignes d'un banal Joe Cocker est juste à mettre de côté. Le tout produit sans idées par Hal Willner et la présence d'un transparent Lou Reed à la guitare n'y changeant rien.

On sait que Lady Marianne survit à tout, elle survivra à cet album inutile. Mais une telle personnalité (et voix) mériterait une autre équipe pour mieux la servir ... sans parler de cette pochette qui bat en mauvais goût celle des Cocorosie de l'an dernier.

Marianne Faithfull. "Horses and High Heels" (Naïve) paru le 31 janvier écoute sur Spotify



Changement de style avec le timbre de voix enfantin de Julia Stone, la soeur du duo Angus & Julia Stone qui avec leur dernier album s'est offert en 2010 un joli succès public.
D'ou peut-être la raison de la publication de son premier album "The Memory Machine" ? Car cet opus solo a en fait été enregistré avant la publication de "Down The Way".

On y retrouve les mêmes ballades intimistes à l'atmosphère feutrée que celles chantées sur leur album commun, le tout servi sur des arrangements soignés d'un classicisme presque conformiste.

Des complaintes folk qui souvent charment (la jolie Maybe, l'allègre Catastrophe!) et irritent parfois un brin quand le spleen trop sentimental, la juvénilité de la voix et son affectation de femme-enfant l'emportent (What's Wrong With Me, justement...)

Une collection de bonbons doux-amers éminemment suaves, mais à l'enrobage parfois trop sucre-aigrelet. Pas une "Catastrophe" pour reprendre un de ses titres, mais Julia Stone en jeune cuisinière folk n'a pas encore complètement le dosage de ses ingrédients, ni l'entière maîtrise de sa recette. Mais voulez-vous y goûter tout de même ?

Julia Stone. "The Memory Machine" (Discograph) paru le 7 février écoute sur Spotify

2 titres en écoute sur la Playlist Automne-Hiver




Encore un premier album, mais pas le même univers avec "The Ghost Who Walks".
Le premier opus de Karen Elson sorti l'an dernier mais découvert ici tardivement (merci Rebecca Manzoni, le mmarsup et esprits critiques) par la grâce d'un seul titre, l'atmosphérique chanson-titre avec son ambiance 70's et cet orgue hanté ...comme si Mazzy Star chantait du Nancy Sinatra.

L'album dans son ensemble est d'une tonalité un peu différente, plus country-blues revisité, car la belle rousse est non seulement top-model star des podiums, mais ausi Madame Jack "White Stripes" White à la ville. Trop facile alors quand on est compagne d'une star de l'indie-rock de se lancer dans la musique ?

Pourtant la majorité des compositions est signé de la demoiselle et sa voix expressive, soigneusement mise en valeur par son producteur de mari, est bien de celles qui font les délices de l'indie music.

Si "The Ghost Who Walks" ne renouvelle pas la grammaire du genre, on peut prendre un plaisir évident à cette relecture des standards folk-country bien dans la logique des travaux de Jack White, moins un moderniste qu'un revivaliste respectueux.

Si mes oreilles sont plus accrochées par une poignée d'indie-pop songs atmosphériques (The Truth Is On The Dirt, Pretty Babies, 100 Years From Now et son côté néo-Kurt Weill) que par l'aspect plus roots, cette échappée revisitée au pays des slide guitar et violons country ne manque pas de grâce avec ces ballades qui parfois ressuscitent les Cowboy Junkies d'heureuse mémoire...

Et, tiens, me voilà surpris à réécouter encore le titre "The Ghost Who Walks". Doux fantôme...

Karen Elson. "The Ghost Who Walks" (XL Recordings) ♥♥ paru le 25 mai 2010 écoute sur Spotify et Deezer

2 titres en écoute sur la Playlist Automne-Hiver

samedi 5 février 2011

SOMETHING FOR THE WEEKEND. Tennis, The Luyas, Destroyer

Allez, un petit coin de ciel bleu en cette période de l'année où ils se font rares. Un peu de légèreté musicale pour votre week-end...

Une petite partie de tennis avec le groupe du même nom, un jeune couple de Denver, Patrick Riley et Alaina Moore qui proposent une pop récréative sans conséquence sur leur premier album "Cape Dory" disponible depuis le début de ce mois.
Plutôt light, mais sympathique et remplissant son office :





Tennis. "Cape Dory" (Fat Possum Records) sorti le 8 janvier
♥♥
en écoute intégrale sur Hype Machine

On continue dans la pure fiandise indie pop avec le groupe The Luyas.
Cette formation canadienne, qui compte la chanteuse Jessie Stein, membre du projet Miracle Fortress et aussi Pietro Amato un collaborateur d'Arcade Fire, sortira un second opus sur le label Dead Oceans ce mois-ci, "Too Beautiful To Work" avec des arrangements de cordes signés Owen Pallett.
Un exemple avec le titre du même nom et son indie pop acidulée fantaisiste :





The Luyas. "Too Beautiful To Work" (Dead Oceans) sortie 28 février prochain

en écoute intégrale sur Hype Machine

Et pour finir - oui c'est une escapade assez rapide - un voyage en Destroyer, plutôt une croisière en compagnie du groupe de Dan Bejar, hurluberlu canadien aux multiples projets.

Il nous convie ici avec son album "Kaputt" à un tranquille cabotage en eaux calmes, du style easy listening pop FM qui rappellera des souvenirs (bons ou mauvais!) aux amateurs du genre durant les eighties, entre échos de Steely Dan, réminiscences de Scritti Politti ou Prefab Sprout, une pure sucrerie musicale pleine de saxos et de claviers moelleux habillée de sa voix de funambule désabusé.
Gare à ne pas en abuser tout de même :





Destroyer. "Kaputt" (Merge Records) sorti le 25 janvier
♥♥♥
en écoute intégrale sur Hype Machine

Bon week-end à tous !

Et mille excuses aux lecteurs pour cette mise en ligne de samedi pleine de fautes et bâclée par manque de temps ce weeek-end, réparée et améliorée depuis.

jeudi 3 février 2011

DUBSTEP OR NOT DUBSTEP ? James Blake, l'album

Depuis belle lurette que le disque de James Blake circule sur le net, tourne sur les lecteurs mp3 et fait les gorges chaudes de la blogosphère musicale, nul surprise si je l'évoque avec une légère avance sur sa parution officielle ce lundi 7 février, puisqu'en fait je suis déjà en retard, si vous me suivez bien.

Avec ce premier album attendu comme l'un des grands rendez-vous de ce début 2011, James Blake divise bel et bien, signe des attentes qu'il suscitait chez beaucoup.

Le single-carte de visite de l'album :


Alors, confirmation du talent de ce jeune londonien de 22 ans vu pour les amateurs d'électro comme son futur grand espoir ? Ou trahison de l'esprit inventif et underground du genre dubstep, dont il était considéré comme son petit génie il y a un an avec les remixes de Destiny's Child, Lil Wayne ou ses collaborations avec les Mount Kimbie ?












Tandis que ses précédents EP (The Bells Sketch, CYMK) déjà évoqués ici peaufinaient une électro à tendance expérimentale tissée d'un entrelacs complexe de samples vocaux et effets sonores répétitifs à tendance hypnotique, l'album s'avère fondamentalement construit sur les parties vocales.
Il y développe une sorte de gospel électro minimaliste à la fois sensuelle et désincarnée, basée sur les claviers et le piano et surtout sa propre voix où il maîtrise un vibrato de crooner black digne de celui d'un vieux briscard de la soul music.

Un choix qui n'aurait pas dû surprendre à l'écoute de son "Klaviewerke EP", où le virage gospel et soul s'amorçait déjà amplement, avec ces claviers résonnants et cette soul en apesanteur.

Une option qu'il a épurée à l'extrême sur l'album, créant une atmosphère de chants néo-gospel, de soul futuriste dépouillée (Limit To Your Love), voire de recueillement spirituel (Measurements).

"James Blake, l'album" instaure une atmosphère fortement addictive qui témoigne à l'évidence d'un tempérament solitaire, d'une maîtrise technique imposante et d'une aisance vocale qui convoque au détour des plages les échos des voix de Nina Simone, Al Green, Terry Callier, D'Angelo ou le voisinage vocal proche d'un Antony & The Johnsons. Sans omettre que l'album compte au moins deux moments de haute volée : l'obsessionnel "I Never Learnt To Share" et le crescendo sonore de "The Wilhem Scream".



Pour être juste, les arguments de certains détracteurs du LP qui lui reprochent un aspect "r'n'b blanc" ainsi que son usage parfois immodéré de l'auto tune ne sont pas toujours sans fondement, assez pertinents dans les deux "Lindisfarne" à mi-parcours du disque.

Mais paradoxalement, c'est aussi cet aspect de bloc uniforme où Blake semble creuser encore jusqu'à l'os (l'abstraction?) toutes ses fantomatiques complaintes soul se répondant entre elles qui lui confère son identité marquée, entre caresse soul et solitude désolée. Dans ses meilleurs moments, il y a de la grâce dans cette électro-soul mutante au temps suspendu.


Pour revenir à la mini polémique suscitée, le mécanisme est connu qui fait qu'un artiste essuie les foudres du cercle d'initiés auquel il échappe pour élargir son audience, mais je pense qu'il y a encore de la marge à ce que James Blake devienne une soupe marketing déclinée jusqu'à l'usure.

Loin d'être un puriste spécialiste du dubstep, mon avis n'est cependant que celui d'un mélomane anonyme séduit par l'épure et la classe d'un artiste à la griffe déjà affirmée.
Et, pour finir, on ne réfutera pas le caractère événementiel de la sortie de ce disque. Que cet album soit ou non novateur, et qu'il figure ou non dans les grands disques de l'année, le temps seul nous le dira.

Tracklist :
1. Unluck
2. The Wilhelm Scream
3. I Never Learnt To Share
4. Lindisfarne I
5. Lindisfarne II
6. Limit To Your Love
7. Give Me My Month
8. To Care (Like You)
9. Why Don’t You Call Me
10. I Mind
11. Measurements

James Blake. "James Blake" (Atlas/A&M) ♥♥♥♥
SORTIE LUNDI 7 FÉVRIER
2011

en écoute sur Deezer et Spotify

Ils en ont déjà parlé, les pour : arbobo, Des Oreilles dans Babylone, Esprits Critiques

les contre : Chroniques électroniques, Brainfeeders & Mindfuckers

et un peu agacés : The Drone

myspace James Blake

lundi 31 janvier 2011

STRANDED HORSE. Du sirocco sur le bocage


Alors voilà un disque que je n'aurai pas écouté sans l'existence d'Internet, et encore plus sans tous les blogs musicaux qui y figurent comme autant de précieux cailloux blancs indicateurs. Déjà une bonne chose, quand parfois il vous (nous) arrive de douter de l'intérêt du web...
Un album hors du temps, hors des contingences, hors des frontières...

La rencontre du bocage normand et des plaines d'Afrique, le musicien Yann Tambour l'a rêvée et développée depuis quelques années sous forme de son projet musical Thee, Stranded Horse (un LP en 2007) et d'une fructueuse collaboration avec Ballaké Sissoko (un EP en 2008), autre maître, avec Toumani Diabaté, de la kora africaine.












Les arpèges de kora - la harpe africaine - cristallins, aériens et éthérés irriguent l'espace sonore, caressants et hypnotiques compagnons incitant autant au grand voyage qu'à un plus intime voyage intérieur. Noces des cordes rêches de la guitare folk et celles délicates de la kora, ce "Humbling Tides" est d'une entière cohérence artistique.

Un projet qui fascine surtout par la qualité de son épure, retirant tout inutile, tout superflu à la musique, la musique de Stranded Horses aspire à une simplicité, une intemporalité, presque une abstraction, conférant un rôle primordial au silence, élément trop souvent négligé dans la musique.
Du coup, après écoute du disque, tout semble vous agresser l'oreille... 
 
Et pourtant, pourtant, je ne m'avoue pas aussi ému, ou autant transporté que beaucoup d'avis lus un peu partout sur des blogs amis et voisins : Hop Blog, Les chroniques de Charlu, Jhiki, Tasca Potosina.

Peut-être est-ce dû à un certain côté uniforme des thèmes, où une nouvelle composition semble être la continuation de la précédente ... Ou plus encore la voix timide un peu blanche, voire sans relief de l'interprète, qui peine à rajouter parfois de l'intensité aux morceaux, détail relevé par le fort pertinent Mmarsu de Little Reviews. Autre avis mitigé sur Le sous-marin jaune

Ainsi, peu convaincu par son chant en français scolairement sous influence "Dominique Anienne" sur deux titres, je me pose des questions sur l'utilité de sa reprise du classique des Smiths (What Difference Does It Make), et me lasse vite du morceau trop monotone "Jolting Moon" aux accents folklore français années 70...

... pour finalement rendre les armes sur les deux titres accompagnés de cordes - violons et violoncelles de Carla Palone et Joseph Roumier - en particulier le somptueux "Shields" où l'alchimie est parfaite entre les accords de guitare, les arpèges de kora et les arrangements magiques de cordes, où chaque coup d'archet est un ravissement. J'avoue de manière générale ne pas résister aux cordes.



Voilà donc un voyage que je ne regrette pas d'avoir effectué, beau parcours en apesanteur au caractère méditatif paru sur le vaillant label bordelais Talitres, tout en déplorant parfois l'aspect plus plat de certaines escales ou l'absence de surprises qui auraient pu épicer l'excursion pour mieux en relever le caractère fort rare.

Mais il est bien possible qu'on se surprenne à refaire l'itinéraire et à y prendre goût.
Qui sait, l'addiction au voyage commence-t-elle à peine ?


Stranded Horse "Humbling Tides" (Talitres Records) ♥♥(♥) paru le 21 janvier dernier à découvrir sur Deezer et Spotify

2 titres en écoute sur la Playlist Automne-Hiver

myspace de Stranded Horse
Talitres.com

vendredi 28 janvier 2011

COMING SOON. Bientôt entre vos oreilles...

Voici un petit choix d'une dizaine de sorties à venir dans l'année 2011, une sélection prospective déterminée en toute subjectivité évidemment, sinon quel intérêt ? Et éclectique : pop, folk, rock, électro, bricolo, dubstep, un peu de tout.

D'abord quelques "hypothétiques", ceux dont on annonce les albums sans savoir quand il sortiront, et si toutefois ils sortiront bien en 2011 :

Le talentueux duo Beach House est d'ores et déjà attendu de pied ferme pour la suite de leur impeccable "Teen Dream" qui fit l'unanimité des tops indé 2010. Chance : on annonce déjà un album à venir chez Bella Union. Quand ? Quel titre ? Quel style ? Mystère et boule de gomme.
Moi, j'aime pas les boules de gomme.

Un extrait de "Teen Dream" :



On espère aussi cette année le deuxième opus des jeunes folkeux amoureux des harmonies vocales, les très attendus Fleet Foxes depuis leur premier album éponyme gracieux de 2008.
Un titre d'album "Helplessness Blues", deux-trois titres de chansons : "Bedouin Dress", "Battery Kinzie" et une vague période de parution chez Bella Union : au printemps.

download gratuit du titre "Helplessness Blues" sur leur site

 Vivement le printemps donc :




Les anglais un peu escrocs de The Big Pink, pour éviter d'être les hommes d'un seul disque, ce "A Brief History of Love" un peu shoegaze et tapageur sorti fin 2009, récidivent avec un album à paraître avant l'été chez 4AD. Vivement l'été pour vérifier. Ah, non, je supporte pas bien l'été c'est vrai. 
Quelques titres : 'England', 'Rubbernecking', '77 Ways To Say No.
 

Un extrait du LP précédent :


Viennent ensuite ceux, moins mystérieux, qui affichent titres d'album et dates de sortie

Ainsi le jeune groupe de folk anglais, Noah and The Whale s'apprête à donner une suite à son beau folk atmosphérique en publiant un "Last Night on Earth" plus pop chez Mercury le 7 mars prochain dont voici un extrait alléchant :

download gratuit du titre "Wild Thing" sur Soundcloud



Nouvelle venue en provenance de Toronto, la jeune Austra s'impose déjà catégorie électro envoûtante, entre The Knife et Fever Ray (logique !) rien qu'avec un imparable single "Beat And The Pulse", disponible le 21 février chez Domino.
Et pourquoi pas un album dans la foulée ?

download gratuit sur Soundcloud




Après 12 ans d'existence avec son plus qu'estimable groupe folk-pop Bright Eyes, le jeune et tourmenté Conor Oberst passe à autre chose, non sans d'abord publier "The People's Key" une ultime livraison à découvrir dès le 14 février et dont voici un avant-goût :



Les amateurs d'électro néo-eighties se pourlèchent déjà les babines : l'anglais Joseph Mount à la tête de son joyeux gang néo-new wave Metronomy débarque vers la mi-avril avec un "English Riviera" sous le bras, publié chez Because Music.

Pour patienter voici l'atmosphérique "She Wants" :



L'hurluberlu islandais auparavant connu sous le nom de Sin Fang Bous avec son inventif album de pop bricolo "Clangour" simplifie son nom pour n'être plus que Sin Fang.
O.K. mon gars, du moment que tu nous sors un nouvel album "Summer Echoes" prévu le 4 mars chez Moor Music aussi bon - sinon mieux, vu les échos élogieux - que le précédent, nous on est content !

En avant-goût "Because Of The Blood

download gratuit de l'extrait "Always Everything"



Et pour terminer, ou plutôt pour commencer car ces 2 albums arrivent incessamment sous peu, deux sorties très attendues au coin du bois

D'abord, celui qui est déjà considéré comme la nouvelle merveille du folk, James Vincent McMorrow publie son premier album "Early In the Morning" fin février.
Ce jeune Irlandais semble rallier les coeurs de ceux qui ont écouté son disque, apparemment prêt à déjà remplacer Ray Lamontagne ? Son EP éponyme sorti fin 2010 chez Believe semble prometteur, mais on vérifiera ça dès le 28 février :







Oubliez les débats récents sur Anna Calvi ou Iron and Wine : celui que déclenche sur la blogosphère le petit prodige anglais du dubstep James Blake, déjà évoqué ici avec ses EP de 2010, avec son premier LP qui débarque dès le lundi 7 février fait déjà grand bruit.

Premier grand disque novateur de l'année ou supercherie musicale ? Je prendrai ma part modeste au débat, mais comme je n'aurai pas la patience d'attendre le 7, une p'tite chronique du Blake par ... Blake ne saurait tarder la semaine prochaine :



Et pour terminer, "The Human Octopus" le très attendu premier album du prodige français Cascadeur initialement prévu ces jours-ci chez Mercury est reporté en mars prochain.
On l'aime déjà beaucoup notre acrobate vocal, mais s'agirait de ne pas trop user notre patience, cher casse-cou :




En espérant que cette petite sélection très très partielle vous ait ouvert l'appétit. Un exercice à renouveler, peut-être ?

source principale : site du NME