Voilà une période de sorties d'excellents crus (Jay-Jay Johanson, Cass McCombs, Fleet Foxes) qui ne doit pas masquer les plus petits, les imprévisibles et peu connus, source de plaisirs différents. Ainsi, le cas du nouvel album des Dark Dark Dark. Qui ça, qui ça, qui ça, me direz-vous ?
Déjà auteur d'un premier LP en 2008 "The Snow Magic" et de "Bright Bright Bright", un EP paru l'année passée, Dark Dark Dark, cette formation américaine atypique, mérite avec leur nouvel opus toute l'attention de vos oreilles.
Il faut dire qu'avec comme carte de visite un single aussi imparable que le bien nommé "Daydreaming", difficile de passer à côté. Ballade intimiste addictive, basée sur un piano scintillant et une voix féminine épanouie qui évoque tout de suite la Cat Power de "The Greatest":
Chanson lumineuse, écoutable en boucle, petite perle qui ne doit pas faire oublier le reste de l'album, même si celui-ci est dans l'ensemble assez différent. Car Dark Dark Dark produit un curieux mélange de tradition musicale populaire venue des Balkans (accordéon, cuivres, cordes et nombreux choeurs) et de compositions très "indie pop".
À l'image d'un groupe multiforme, collectif venu de tous les États-Unis pour un résultat très libre, sorte de folk collectif oscillant, entre joie de l'instant (Celebrate, In Your Dreams) et intimisme dépouillé invitant à l'introspection.
Avouons que ce côté-là du groupe me séduit immédiatement, flattant mon vieux goût pour la mélancolie, (splendides RobertetSomething For Myself) mais la fraîcheur et la simplicité irradiant de leur musique très acoustique, invite à une légèreté de saison qu'il serait sot de refuser.
Groupe qui semble encore en pleine évolution, évoquant par moments une musique de music-hall ou de fanfare de rue alternative, nos jeunes américains sonnent très intimiste et les flon-flons parfois envahissants de l'accordéon peuvent être un peu dommageables.
Mais ils ont l'intelligence d'offrir de somptueux titres atmosphériques (toujoursSomething For Myself) portés par le seul piano où rayonne la voix de leur chanteuse Nona Marie Invie, pourtant au look pas bien glamour, cachée derrière son accordéon avec ses grosses lunettes de sécu, parfois renforcée par la voix de Marshall LaCount.
Mais qu'importe, de sa voix chaude, souple et expressive, notre néo-Chan Marshall indé a assez d'atouts pour ravir à la fois les amateurs de Beirut et Fiona Apple, deux références à laquelle leur musique peut renvoyer, même si je suis d'accord, je n'ai pas trouvé ça tout seul ! voir par ici
Ce "Wild Go" au charme juvénile encore un peu frais n'est pas encore promis à devenir un classique, et n'a pas encore de quoi détrôner les Fleet Foxes au palmarès de mes meilleurs albums du moment, mais constitue une jolie recréation porteuse de promesses pour des artistes en devenir.
Que voilà donc une bande (et surtout UNE d'entre eux) à surveiller désormais de très près.
Track list :
1. In Your Dreams 2. Daydreaming 3. Heavy Heart 4. Celebrate 5. Nobody Knows 6. Something For Myself 7. Right Path 8. Robert 9. Say The Word 10. Wild Go
Dark Dark Dark. "Wild Go" (Melodic) ♥♥♥ sorti le 4 mai 2011
en écoute sur spotify ainsi que le EP Bright Bright Bright
Le groupe est en concert le 27 mai au même programme que Elysian Fields et Emily Jane White au VIP de St-Nazaire.
Pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, cette semaine voit la sortie du deuxième album très attendu d'un groupe très en vue, les Fleet Foxes. Et, au risque d'être insistant, puisque j'ai déjà pas mal parlé ici-même de ce disque qui me berce depuis déjà moult semaines, permettez-moi de recommencer en remettant abusivement le couvert.
Je ne pense pas que "Helplessness Blues" soit le disque le plus novateur de l'année. Aucune idée si c'est ou pas le meilleur album du moment. Mais nul doute que cette nouvelle livraison des jeunes folkeux barbus de Seattle menés par Robin Pecknold soit à l'origine de ma plus belle émotion musicale de cette saison. Tout simplement mon must-à-moi-du-moment.
Aucune argumentation intellectuelle n'entre en compte, seul ici joue l'affectifet la sensibilité. À l'écoute des pièces de cet album lumineux, évocateur de grands espaces autant réels qu'intérieurs, une étrange exaltation autant physique que mentale passe à travers les enceintes et transforme la rituelle écoute d'un disque en expérience où se mêle joie, plaisir et émotion devant la beauté, lâchons le mot.
Et restons objectif ? Si leur premier disque éponyme de 2008 avait suscité la curiosité et mérité son succès (un des plus grands succès des labels Sub Pop et Bella Union), la folk musique vocale et pastorale de ces jeunes gens m'avait séduit et intéressé, mais sans plus...
Alors, qu'à l'inverse de médias plus circonspects devant ce nouvel essai maintes fois retardé et longtemps attendu, "Helplessness Blues" est pour moi une vraie splendeur, à l'image du morceau-titre, déboulant avec son énergie, son exaltation, ses choeurs en apesanteur et son refrain lyrique :
La belle porte d'entrée d'une musique héritière des grands artistes folk U.S. (évidemment Crosby Stills Nash & Young) mais aussi anglais (Donovan, John Martyn, le vétéran Van Morrison) où l'auteur Robin Pecknold a fait mûrir son song writing en y rajoutant son vécu et ses expériences.
Développant de somptueuses compositions qui se déploient en liberté, mêlant réflexions sur la vie (superbeGrown Ocean), la vieillesse (Montezuma), références bibliques (The Shrine) et exploration des relations intimes (Someone You'd Admire, court sommet d'émotion), le jeune chanteur au timbre nasal et élégiaque est à l'origine de beaux moments d'anthologie et de chair de poule :
"Helplessness Blues" : un disque épique, produit minutieusement par Phil Ek, à l'instumentation plus étoffée, à la profusion d'instruments (cordes, flûtes, percussions, comme dans l'orientalisant Bedouin Dress) et d'arrangements plus électriques. Mais toujours chantournés, ouvragés comme des chants de ménestrels médiévaux, à l’image de l'esthétique de sa superbe pochette.
Tout le monde, évidemment, ne partage pas ce sentiment (si, si, j'en entends certains) ... On me rétorquera que les Foxes sont juste des boy-scouts chantant en choeur, vêtus de laines et barbus comme des bûcherons, des néo-hippies et caricatures de folkeux qui n'inventeraient rien.
Je leur répondrai : et quand bien même ? L'écoute de ce disque intemporel et radieux, émaillé d'embardées "free-jazz" plus accidentées - les huit minutes de The Shrine/An Argument - où se balade la figure poétique d'un marcheur aux yeux grand ouverts, "The "Eyed Wide Walker", amène à se régaler d'un simple plaisir. Celui du partage d'une douce félicité, d'une chaleur, à l'image de leur sincérité et leur joie presque enfantines.
Ces gens-là ne semblent pas cyniques, invitant à une jolie fraternité humaine, comme des artisans-compagnons itinérants modernes, dégageant (osons encore le mot), un petit supplément d'âme et une sorte de modeste spiritualité.
Fleet Foxes - "Someone You'd Admire" :
Très loin de l'habituel cirque rock et bien naïf de croire à tout cela ? C'est peut-être aussi, en-dehors de toute considération musicale, que je remercie en secret les Fleet Foxes. Pour m'avoir touché par surprise et pour croire encore, juste durant l'écoute d'un disque, à l'existence modeste de valeurs humaines de moins en moins courues de nos jours.
Certains artistes rêveurs nous sont parfois indispensables, et je ne vous parle plus si vous passez à côté de ce disque-là !
La magnifique vidéo de "Grown Ocean" :
Tracklist : 1. Montezuma 2. Bedouin Dress 3. Sim Sala Bim 4. Battery Kinzie 5. The Plains/Bitter Dancer 6. Helplessness Blues 7. The Cascades 8. Lorelai 9. Someone You'd Admire 10. The Shrine/An Argument 11. Blue Spotted Tail 12. Grown Ocean
Fleet Foxes. "Helplessness Blues" (Bella Union) Coup de coeur ♥♥♥♥ SORTI LE 2 MAI
en écoute sur Deezer et Spotify et 5 titres sur la Playlist Pop
concert complet au Bataclan à Paris le 30 Mai, en première partie : Josh T. Pearson
À peine un jour d'avance sur la sortie d'une petite nouveauté qui risque à tort de passer inaperçue parmi les galettes à venir de ce début mai, entre autres le second opus de certains renards barbus venus de Seattle...
À savoir le retour parmi nous d'une vieille connaissance, le crooner suédois Jay-Jay Johanson, star de l'indie-pop des années 90 et 2000 avec son huitième album "Spellbound" sous le bras, et désormais barbu aux cheveux longs.
Si les débuts de notre crooner nouveau genre furent irréprochables (ses deux premiers Whiskey, 1996 et Tattoo, 1998 se réécoutent volontiers avec plaisir, mélange de spleen sur fond de trip-hop malgré des affèteries de production d'époque), ce ne fut pas toujours le cas des albums du dégingandé suédois.
Avouons que son virage électro et dance-floor, à l'aube des années 2000, accompagné d'un calamiteux look de néo Aladdin Sane, genre Bowie-du-pauvre ou créature trans-genre contribua sans doute à changer passagèrement les fondamentaux de son easy listening de luxe, mais n'incita pas à croire au potentiel artistique de l'individu à long terme.
Déserté, voire oublié au profit d'autres plaisirs du moment, on s'était lassé de lui... Mais notre dandy suédois n'a pas passé la dernière décennie à jouer les sous-Antony & The Johnsons.
Discrètement, l'oiseau était reparti parfaire ses mélodies remplies de spleen langoureux, comme en témoignent ses deux derniers opus, le dernier "Self-Portrait" de 2009 s'avérant un fort beau témoignage de la forme retrouvée de l'artiste qui, mine de rien, a bel et bien développé un style.
Est-ce l'effet conjugué de retrouvailles inattendues(comme avec Neil Hannon de Divine Comedy) et du printemps actuel florissant, mais la musique quasi inchangée depuis 15 ans du bonhomme affiche une belle santé et une inspiration mélodique intacte.
"Spellbound" est un excellent cru très épuré, d'un classicisme et d'une intemporalité déjà notables où s'exerce encore la séduction musicale de sa voix délicate, souvent maniérée, posée sur ses rythmes (trip) pop qui savent tout ce qu'ils doivent au jazz, à la bossa et à la pop la plus sophistiquée.
L'ami Jay-Jay y fréquente encore plus franchement le fantôme du touchant Chet Baker (omniprésent sur un An Eternity hanté par sa trompette ou un Blind somptueux tapissé de cordes irréelles) tout en frayant avec une easy listening sentimentale digne du Francis Lai époque seventies.
Album épanoui et doux, volontiers fleur bleue, moins doloriste qu'avant mais simplement nostalgique, ce "Spellbound" ensorcelant affiche même une des plus jolies reprises du grand standard "Suicide Is Painless" écrit par le fils de Robert Altman pour le film M.A.S.H., immortelle ballade triste que le suédois aurait sans doute voulu écrire lui-même.
Même si j'ai un faible pour la ballade "On The Other Side", au faux air de vieux standard seventies avec son piano solitaire et sa mélodie désuète, touchante ballade sur la séparation finale.
Bref, je ne saurais trop vous conseiller de débuter ce joli mois avec cet opus délectable du grand flandrin suédois, dont on dira qu'il a, l'air de rien, le don de rendre délicieuse la mélancolie, voire de trouver la lumière dans les complaintes les plus apparemment désolées ou abattues. Seulement apparemment, on dit bien.
Tracklist : 1. Driftwood 2. Dilemma 3. Shadows 4. On The Other Side 5. Suicide Is Painless 6. Monologue 7. Blind 8. The Chain 9. An Eternity 10. Spellbound 11. Out Of Focus
Jay-Jay Johanson. "Spellbound" (Universal Music AB) ♥♥♥♥
SORTIE LUNDI 2 MAI en écoute sur deezer (+ 1 CD LIVE) et 3 titres sur la Playlist Pop chronique sur adnsound, hop blog et compte-rendu sur les zindés
Pourquoi ne l'ai-je pas découvert avant ? Pourquoi parle-t-on de lui à l'occasion de la sortie de "Wit's End" son cinquième album, le troisième pour l'excellent label Domino ?
Après tout, qu'importe, l'important est que cet artiste et ces chansons soient parvenues jusqu'à mes oreilles. Une chanson d'abord plus particulièrement, "County Line" interceptée sur un programme de l'indispensable Bernard Lenoir.
Ce qu'on peut appeler un bon vieux slow, au rythme lent, clavier atmosphérique et voix de velours. Quasiment presque vieillot, ambiance entre Steely Dan et Ten CC, mais immédiatement séduisant et intemporel. Déjà un classique en fait. Mais chez Cass McCombs, nulle volonté de réhabiliter la soft-pop seventies :
L'imprévisible song writer venu de Baltimore est bien un singulier créateur, adepte ici de compositions volontiers plus intimistes.
C'est ce qui frappe sur ce "Wit's End", en-dehors d'une production scintillante basée sur des claviers et surtout un piano omniprésent : un minimalisme de fond et de forme. Comme en suspension, les huit lents titres de ce disque faussement tranquille distillent un calme épanoui et un isolement assumé évidents.
"Saturday’s Song", "Buried Alive" avec ses airs de ballade moyenâgeuse à la Donavan, la délicate "Memory’s Stain", la nostalgique "A Knock Upon The Door" de neuf minutes. Autant de pièces faussement douces, à la sérénité inquiète, éclairées par la voix chaude d'un solitaire serein, et destinées à devenir le bréviaire musical des nombreux mélancoliques à l'âme saturnienne :
Finalement, si Cass McCombs ne m'est connu que maintenant, quoi de plus logique ?
Si le song writer itinérant, croisement moderne du spleen d'un Leonard Cohen et de la fraîcheur d'un Jonathan Richman affichait une belle nature de folkeux indie, audible sur son précédent opus "Catacombs", McCombs, en ralentissant le rythme et épurant jusqu'à l'os ses ballades fragiles qui sonnent plus spatiales, semble avoir réuni sur ce disque plus secret, l'âme d'un Elliott Smith qui voisinerait parfois avec l'ambient épurée d'un Mark Hollis.
Deux références parmi d'autres, peut-être bien discutables. Mais en fait, nul n'est besoin de sortir le bottin du rock pour apprécier aux mieux ce disque évident, à la fois insaisissable et finalement indispensable. Du style apparemment anodin mis pour détendre l'atmosphère un après-midi radieux mais qui vous obsédera jusqu'à la nuit tombée avec sa mystérieuse luminosité, son étrange quiétude extrêmement séduisante.
Tracklist : 1. County Line 2. The Lonely Doll 3. Buried Alive 4. Saturday Song 5. Memory's Stain 6. Hermit's Cave 7. Pleasant Shadow Song 8. A Knock Upon The Door
Allez, retour de "la rubrique trois pour le prix d'un." Un rapide petit tour (comme Joris de Tasca Potosina aime le faire) de quelques artistes récents qu'on peut regrouper sous l'intitulé de "mal-aimés de la pop." Trois disques un peu passés inaperçus à tort ou à raison? en cette saison discographique finalement bien fournie.
On commence avec le dernier opus des trois suédois Peter Bjorn and John, artistes souvent résumés à leur méga-succès sifflotant "Young Folks" sur leur "Writer's Block" de 2006.
Un arbre qui cache trop la maison pop à facettes multiples de ce trio productif et changeant, entre autres le travail de production du fort doué Bjorn Yttling, maître d'oeuvre sonore des meilleures galettes des chanteuses Anna Ternheim ou Lykke Li.
Après leur "Living Thing"de 2009, volontiers plus électro-tribal, les voilà partis sur d’autres chemins de traverse. En l’occurrence, selon une formule plus simple : batterie, rock basique et riffs de guitare ad hoc...
D'après eux, "pour enregistrer leur premier disque punk". Mais vu l’indéniable limpidité mélodique de nos oiseaux, voici du punk et garage-pop joyeux qui reste un vrai album de P B & J. Autrement dit, un ensemble de bombes pop d'une immédiateté et efficacité assez irrésistibles.
Un disque à l'image des premiers jours du printemps, du genre néos-The Knack et procurant une légère euphorie, chansons toutes dans la joie du moment ([Don't Let Them] Cool Off, le single Second Chance) voire une relecture pop express du shoegaze (I Know You Don't Love Me).
Pas sûr qu'aux premiers mauvais jours, on y prenne autant de plaisir, c'est possible, mais parfois la pop et le rock ne cherchent pas la complication et se savourent (vite) juste dans l'instant.
Deuxième album de cette sélection, c'est ni plus ni moins le nouvel album de la moitié du légendaire duo Simon & Garfunkel qui nous occupe, "So Beautiful Or So What", la dernière oeuvre du baladin pop Paul Simon.
Un artiste, pour ma part, perdu de vue depuis quelques lustres et que je retrouve ici avec un regard nouveau. Est-ce de la nostalgie mal placée, alors que l'on décèle trace de son influence dans de nombreux groupes indie-folk-pop actuels (Vampire Weekend, Kings Of Convenience, etc) et que le célébrissime dernier album du duo '"Bridge Over Troubled Water" est ressorti récemment, titillant par là-même la fibre du passé qui sommeille en nous (moi) ?
En tout cas, avec le vieux Paulo, c'est à un travail d'artisan qu'on a affaire : retour à des espaces sonores connus, proches du Paul Simon des années 80 d'heureuse mémoire. Un mélange de folk acoustique mélodique greffé sur des rythmes world marqués (musique africaine, gospel, percussions indiennes) qui témoignent de la maîtrise du bonhomme.
Tout en saluant quelques réussites (Dazzling Blue, digne de la tradition indienne soufie ou Getting Ready For Christmas Day au rythme inventif), le plaisir de retrouver la voix douce inchangée de cet auteur subtil n'empêche pas de trouver ce disque au bout du compte plutôt sans surprise.
Du travail bien fait, mais sans réel enjeu ni vrai coup d'éclat. On y savoure surtout le jeu de guitare toujours cristallin de l'auteur de "Sound of Silence" tout en constatant trop de similarités avec son "Graceland" de 1986 dont il ne semble toujours pas remis, musicalement parlant.
Toujours plus authentique que les productions high-tech d'un Peter Gabriel, mais sans réelle nouveauté. Reste la trace d'un auteur attachant, et le souvenir d'harmonies vocales irréelles, il y a longtemps dans le New York des années 60.
Paul Simon. "So Beautiful Or So What" (Universal Music/StarCon) ♥ sorti le 11 avril en écoute sur deezer et spotify
Last, but not least, voici venir le groupe des High Llamas qui vont fermer la marche et cette rubrique. Un autre groupe et artiste que je retrouve après pas mal d'années d'absence de ma part.
Est-ce la raison du plaisir ressenti à l'écoute de "Talahomi Way" le nouvel album de ces atypiques anglais, oeuvrant dans l'ombre depuis les années 90 ? La bande de trop discrets orfèvres pop menés par le talentueux Sean O'Hagan, ex-leader dans les eighties de Microdisney, et qui perpétue avec inspiration et constance les canons pop des années 60.
La musique de nos "Hauts Lamas" (en VF), c'est un mélange des mini-symphonies pop autrefois ciselées par le génial Brian Wilson et ses Beach Boys, d'easy listening suave à la limite du kitsch et de B.O. savoureuses de films lounge, entre Henry Mancini et Lalo Schifrin.
Si l'on concédera que l'ami Sean n'invente rien, semblant se réfugier dans un certain âge d'or pop désormais révolu, avouons qu'il le fait avec une légèreté, une grâce et une élégance dont certains jeunes groupes feraient parfois bien de s'inspirer.
Un disque au charme discret qui semble au premier abord anecdotique, voire décoratif, genre musique d'ambiance, mais qui distille une évidente magie et félicité pop lumineuse, évocateur de soleil, de Riviera (tiens, comme Metronomy) et de temps suspendu.
Rempli de claviers scintillants, de cordes aériennes et d'harmonicas désuets, émaillé de perles pop intemporelles (Take My Hand, Fly Baby Fly), "Talahomi Way" sera un must pour les amateurs de pop vintage, aussi savoureux que le récent champion du genre Gruff Rhys avec son délicieux "Hotel Shampoo".
Avouons qu'il est des retrouvailles qu'on savoure plus que d'autres.
Tracklist : 1. Berry Adams 2. Wander, Jack Wander 3. Take My Hand 4. Woven and Rolled 5. The Ring of Gold 6. Talahomi Way 7. Fly Baby, Fly 8. Angel Connector 9. To The Abbey 10. A Rock in May 11. Crazy Connector 12. Calling Up, Ringing Down
The High Llamas. "Talahomi Way" (Drag City/PIAS) ♥♥♥♥ sorti le 11 avril