The Durutti Column ou le groupe d'un seul homme, instrumentiste atypique et guitariste virtuose, autrement dit, Vini Reilly. Éthérée, cotonneuse et intimiste, sa musique fragile distille un charme persistant, aussi tenace aujourd'hui qu'il le fut à l'orée des années 80.En témoigne "Never Known", sans doute un des plus beaux morceaux instrumentaux de l'histoire, avec ses cascades d'arpèges tournoyants et désolés, présent sur le mythique album "LC" paru il y a exactement 30 ans :
cold wave qui avait pourtant le culte de cet instrument en horreur.Musicien autodidacte à l'allure inquiétante de brigand moyenâgeux ayant développé un jeu de guitare empruntant au jazz, alors découvert par le manager Tony Wilson et produit par Martin Hannett, Vini Reilly est un fleuron de l'époque légendaire de la Factory période Joy Divison et le son de Durutti Column était un véhicule parfait pour son âme tourmentée, tentée par la dépression et l'anorexie.
Pourtant bien que profondément mélancolique, The Durutti Column (ainsi nommé en hommage aux révolutionnaires espagnols de 1936) avec son minimalisme ascétique hérité du post-punk, distille un étrange sensation d'apaisement, de recueillement introspectif et de délicatesse diaphane qu'ont peut aussi résumer sous le simple terme de beauté.
Un nouveau genre à lui tout seul, entre ambient alternative, cold wave introspective et new wave automnale, déjà arrivé à sa perfection sur "LC" en 1981.
Bien que farouchement indépendant et à la tête d'une rebondissante carrière - plus d'une bonne trentaine d'enregistrements dont certains pour le défunt label belge "Les Disques du Crépuscule" - le surdoué solitaire Vini Reilly a depuis longtemps reçu l'hommage de ses pairs.Ainsi, Brian Eno jure que "LC" est son album préféré de tous les temps, John Frusciante (Red Hot Chili Peppers) le tient pour le meilleur guitariste vivant et Martin Gore de Depeche Mode a reconnu son influence en reprenant son magnétique "Smile In The Crowd" sur son célèbre premier album de reprises, "Counterfeit" :


Une intemporalité toujours de mise puisque la jeune génération reconnaît à son tour son héritage : le chanteur des Drums Jonathan Pierce le citait dans Magic comme modèle d'intégrité et les MGMT l'ont salué en incluant un de ses titres sur leur récente LateNightTales.
Quand, en plus, la compilation toute fraîche "Fac. Dance" ressuscite les grandes heures de la Factory de Manchester (à lire sur Pop Revue Express), devinez qui trouve-t-on au détour des plages entre New Order et autres Section 25 ?The Durutti Column et son spleen atmosphérique aussi troublant en 2011 qu'il le fut il y a trente ans. Comme une bulle de tristesse apprivoisée aspirant au calme et au silence dans un monde bruyant et trop agité.
Tracklist :
1. Sketch For Dawn
3. Jacqueline
4. Messidor
5. Sketch For Dawn II
6. Never Known
7. The Act Committed
8. Detail For Paul
9. The Missing Boy
10. The Sweat Cheat Gone
"LC" (1981) ♥♥♥♥titres en écoute sur la Mini Playlist 80's
critiques de "LC" sur xsilence.net et inside rock
The Durutti Column.com
Factory Records
Une joyeuse bande menée par 































